Un trio de rorquals à bosse

Hier, je dois bien le dire, nous avons vécu une journée en mer mémorable.  Le Saint-Laurent était d’un calme olympien.  Sans vagues.  Le soleil était au rendez-vous.  Ce qui permettait d’admirer ce cours d’eau de la plus belle façon qui soit.

Et les rorquals à bosse étaient présents!  Un trio de ces animaux impressionnants croisaient allègrement la route du zodiac.  De si près que nous recevions en plein visage l’humidité produite par leur respiration!

Je les voyais sur le sonar.  Elles plongeaient jusqu’à une profondeur de 130 mètres!

Parmi le trio de cétacés, il y avait un veau.  Depuis quelques décennies, les rorquals à bosse qui fréquentent le Saint-Laurent sont de moins en moins souvent accompagnés de veaux.  Cela inquiète les biologistes qui suspectent des problèmes de reproduction chez cette espèce qui fut grandement malmenée, jadis, par les baleiniers.  Des dizaines de milliers de rorquals à bosse ont été tués au XXe siècle pour en extraire une huile qui permettait d’allumer des réverbères ou de lubrifier des machines capricieuses.

Pour en savoir plus sur les problèmes qui semblent affecter cette baleine, les biologistes de la station de recherche de Mingan ont débuté une opération consistant à prélever des échantillons de gras sur le dos des femelles rorquals à bosse.  Question de connaître leur état de santé et de vérifier si elles sont enceintes.  On aura des nouvelles de tout ça dans les prochaines années, j’imagine.

Cela étant dit, voir un veau tout juste devant notre zodiac ne nous permet assurément pas d’être rassurant par rapport à l’avenir de cette baleine, mais ça reste quand même une bonne nouvelle.  Et ce fut un spectacle tellement extraordinaire!

 

On prépare le zodiac

Le printemps a beau nous laisser sur notre faim, il n’en demeure pas moins que je dois quand même préparer le zodiac pour la prochaine saison de photo sous-marine.

En juin, je quitterai la métropole montréalaise pour m’installer dans notre roulotte, sur le bord du Saint-Laurent.  Ma mission?  Témoigner de la beauté de ce grand fleuve à l’aide de ma caméra.

L’an dernier, je n’ai pratiquement pas fait de photos sous-marines.  Tout mon temps était investi dans notre projet documentaire.  Maintenant que le film est à toutes fins pratiques terminé, je peux me concentrer sur d’autres projets.

Parmi eux, il y a la photo sous-marine.  Pour en faire un second livre.  Fort probablement.

Avec mes photos, je veux vous entraîner avec moi, via ce blogue, dans mon quotidien d’exploration du Saint-Laurent.  Par les années passées, je gardais davantage mes images pour mes projets de livre ou de film.  Cette année, bien sûr que je conserverai encore du matériel pour ces supports, mais je veux quand même vous partager des photos beaucoup plus régulièrement.  Pour que vous n’ayez pas à attendre quelques années avant de voir mon travail sur l’écran de votre téléviseur.

Mais pour faire de la photo sous-marine, dans le secteur qui est le mien (estuaire et golfe Saint-Laurent), ça prend un bateau.

Le mien, c’est un zodiac de 6 mètres.  Propulsé par un moteur Yamaha 115 forces.  Ce bateau me permet de faire de la distance et d’aller là où je sais que les animaux sont particulièrement intéressants à photographier.

L’hiver dernier, Patrice, Alex et moi avons complètement modifié le bateau afin qu’il soit plus pratique pour les tournages.  Cet été, j’attends encore des confirmations pour des projets de film, mais il est clair que le zodiac me sera bien utile pour la photo.

La présente préparation du bateau pour la saison qui vient n’est pas simple.  L’été dernier, le toit se faisait drôlement brasser sur les flots du Saint-Laurent.  J’effectue environ 100 sorties par été, et très souvent, dans de la bonne vague.  La structure d’acier du toit en a pris pour son rhume.  On a donc décidé de lui ajouter quelques renforts.  Ça veut dire qu’on a dû retirer le toit du bateau.  Et souder les nouveaux renforts.   Prochainement, je devrai sabler l’acier pour le repeindre.  Tout ça devrait prendre deux ou trois fins de semaines selon nos évaluations en temps toujours très fiables (bon, mettons plutôt 3-4 fins de semaine tout de suite 😉 ).

Ensuite, je devrai descendre à Baie-Comeau.  Pour aller chercher le camion et ensuite revenir à Montréal pour cueillir le bateau.  Et retour à Baie-Comeau jusqu’en septembre!

Que de travail tout ça.  Mais explorer le Saint-Laurent me passionne tellement que ces tâches ne me sont pas lourdes du tout!

L’équipement pour filmer sous l’eau

Mon terrain de jeux sous-marin, c’est la Côte-Nord.  C’est là que je trouve que les fonds marins du Saint-Laurent y sont les plus spectaculaires.  Et en plus, vers la fin de l’été, l’eau y est claire.  Ce qui facilite les captations au grand-angle.

Mais dans le Saint-Laurent nord-côtier, l’eau est FRETTE !  Je plonge dans des eaux dont les températures avoisinent le zéro degré celsius.  Ce qui signifie que je dois me prémunir contre le froid.

Il n’y a que la combinaison étanche qui soit ici envisageable.  Ou le drysuit comme on dit en latin.  Pour ma part, j’utilise un dry trilaminé.  Ce qui veut dire que je porte tout simplement une coquille imperméable par-dessus bien des sous-vêtements chauds.  J’aime mieux le trilaminé que le dry en néoprène car il est plus confortable et maniable.  Et moins chaud dans le bateau. Mais plus froid sous l’eau (comme quoi, y’a rien de parfait) Car s’il faut se prémunir du froid, il faut encore plus faire attention aux coups de chaleur qui peuvent survenir dans le bateau.  D’où le trilaminé à la place du dry en néoprène.

Mais ce n’est pas tout.  Je dois en plus utiliser dans gants secs.  Les gants humides, lorsqu’on manie une caméra dans le Saint-Laurent, sont beaucoup trop froids.  Il m’est arrivé à plusieurs occasions de remonter dans le zodiac les mains complètement gelées.  Je devais les frotter contre le caoutchouc noir du bateau qui attirait les chauds rayons du soleil pour les dégeler.  C’est très douloureux, j’vous en passe un papier!

C’est pourquoi maintenant j’utilise des gants secs, avec des gants north face – pour ne pas nommer de marque – en-dessous de ceux-ci.  On peut imaginer que ça devient assez difficile de manipuler les boutons d’une caméra quand on a deux paires de gants dans les mains!

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Je plonge avec un cylindre d’acier de 100 pieds cubes.  J’aime beaucoup la flottabilité négative constante que me procure ce cylindre.  Au fond de l’eau, je suis beaucoup plus stable qu’avec un cylindre d’aluminium qui termine sa plongée en flottabilité positive.  Fini l’effet du bouchon dans le dos en fin de plongée grâce à mes cylindres d’acier!!

Et j’utilise une veste stabilisatrice de type « aile ».  Elle facilite la position à l’horizontale.  Ce qui est un plus quand on filme sous l’eau.

Voilà pour les quelques particularités de mon équipement pour la captation vidéo en eau glaciale.

Et bien sûr, pour me rendre sur mes sites de plongée, j’ai besoin d’un bateau. Les sites de la Côte-Nord sont très difficiles d’accès.  On n’y plonge pas du bord.  Ça prend donc une bonne embarcation pour naviguer sur les eaux parfois tumultueuses du Saint-Laurent.  Et le zodiac, bien sûr, a été configuré pour faciliter les opérations de plongée.  Ça veut dire que j’ai un porte-bouteilles, un sonar et toutes une série de lampes qui me permettent de sortir la nuit.

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Mon matériel sous-marin

En lançant ce blog, je me dis qu’il est pertinent de le faire en se présentant.  Je vais le faire en parlant tout d’abord de ce qui m’occupe le plus en ce qui concerne la captation d’images: c’est-à-dire la captation sous-marine.  Je parlerai des autres volets de ma passion pour l’image et la nature dans un autre billet.

Je suis instructeur de plongée.  Je suis arrivé à la plongée assez tard.  J’avais la mi-trentaine.  C’était une façon pour moi de renouer avec mes rêves d’enfance.  J’ai passé beaucoup de temps, à une époque assez lointaine, à contempler les documentaires de Cousteau.  J’espérais un jour faire comme lui.  En vieillissant, je me suis éloigné de mes rêves d’enfance que je trouvais quelque peu utopiques…pour mieux y revenir quand le temps fut venu.  Comme quoi, quand on rêve très fort, il est possible de faire bien des choses qui semblent inatteignables.

Pour ce faire, je me suis lancé à la découverte d’un fleuve qui me mystifie et à côté duquel j’ai grandi:  le Saint-Laurent!

J’adore l’eau froide et les espèces qu’elle abrite. J’aime surtout le fait que les endroits où je plonge, dans le Saint-Laurent, je suis toujours seul.  Ce ne sont pas des sites de plongée officiels.  Peu d’humains on vu ce que j’ai vu dans le Saint-Laurent! En fait, je me promène à bord de mon zodiac, et grâce au sonar, je découvre les infrastructures sous-marines qui semblent intéressantes.  C’est le sonar, et mon instinct, qui décident donc des endroits où je vais plonger.

Ce qui revient à dire que j’ai besoin d’une embarcation pour accomplir mon travail.

J’adore les zodiacs!  Pas parce que c’est agréable de faire des tours sur l’eau à l’intérieur de ceux-ci (ce sont plutôt des tape-fesses exemplaires), mais bien parce que ce sont des bateaux de plongée parfaits.  Jouissant d’un faible tirant d’eau, mon zodiac me permet de fréquenter tous les débarcadères de la Côte-Nord.  Et dieu sait si plusieurs d’entre eux sont endommagés!  Le zodiac me permet des mises-à-l’eau efficaces lorsque j’ai mon équipement de plongée sur le dos.  Et on a modifié le mien afin qu’il soit le plus efficace possible pour les tournages sous-marins.  Il y a des endroits pour accrocher les gopro un peu partout.  Il y a un plateau qui permet de monter les caissons sous-marins.  Et en dessous duquel on peut placer les valises des caméras quand on est en déplacement d’un site à l’autre.  Le toit permet de protéger les caméras lors d’intempéries.  Et il est équipé de tout un système d’éclairage pour les sorties nocturnes! Bref, c’est un bateau de tournage quasi parfait!

Comme tous les plongeurs-filmeurs, je crois, j’ai moi aussi commencé à filmer sous l’eau avec une gopro.  Le rendu est agréable avec cette petite caméra.  Mais les limites sont atteintes rapidement.  J’ai par la suite migré vers un compact de luxe de sony.  La RX100, que j’ai placé dans un caisson Ikelite.  L’éclairage était assuré par un flash Ikelite DS161 et une Ikelite Vega.  C’est vraiment là que j’ai commencé à aimer produire des images sous-marines.

Et c’est la macro-photographie qui m’a interpellé en premier.  Pour bien y parvenir, j’ai ajouté des loupes à mon caisson Ikelite.  Et je me suis procuré un trépied.  Un trépied sous l’eau!  Hé oui!  J’aime ça les plans compliqués!

Lorsque j’ai conclu un contrat avec Canal D, j’ai changé de caméra.  Encore une fois!  La RX100 ne permettait pas de faire du 4K.  Et elle imposait la charte des couleurs Sony.  Que je trouve un peu disco.

Nous avons par conséquent pris la décision de descendre sous l’eau une Sony A7Sii, agrémentée d’un enregistreur externe Atomos Shogun.  Le caisson de la caméra est un Aquatica.  Celui de l’enregistreur est un Nauticam.  Je travaille avec une lampe Light and Motion 8000.  Et j’utilise une Light and Motion 3000 pour travailler les ombrages.  Je me suis équipé d’un système macro d’Aquatica:  le flip holder qu’ils disent en latin!  Les lentilles que j’utilise sous l’eau sont la 90mm de Sony pour la macro.  Et la 16-35mm de Sony pour le grand-angle.  J’utilise toujours le trépied.  Mais seulement pour la macro.  En grand-angle, le caisson a une flottabilité à peu près nulle, ce qui me permet de travailler correctement sans avoir besoin d’appuyer le caisson.

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J’apporte souvent sous l’eau la Gopro Hero black 4.  Elle me permet de filmer facilement les environnements où je me trouve.

Ça ressemble pas mal à ça pour le matériel de captation sous-marine!

Dans le prochain billet, je vous parlerai de l’équipement de plongée dont j’ai besoin pour fréquenter mes sites de plongée!