Des rencontres extraordinaires!

Lorsque je m’amène avec moi des clients pour plonger les eaux du Saint-Laurent, j’essaie toujours de leur faire vivre les moments les plus extraordinaires possible.

Le seul fait de visiter les profondeurs du Saint-Laurent marque les mémoires pour longtemps.  Mais j’essaie d’en faire un peu plus.  C’est pourquoi lors de l’intervalle de surface (moment de pause que l’on doit prendre entre deux plongées), je place mon zodiac à des endroits où la visite de rorquals à bosse sera possible.

Les rorquals à bosse sont des animaux curieux.  Il arrive fréquemment qu’ils s’approchent du bateau!  Au plus grand bonheur des humains à bord.

Ceci étant dit, il est illégal de se propulser, à l’aide de son moteur, à moins de 100 mètres des espèces de cétacé non-menacées.  Quand il s’agit d’espèces menacées, on ne peut se propulser à moins de 400 mètres.  Pour les espèces non-menacées, comme le rorqual à bosse, si des individus s’approchent du bateau de 1 à 100 mètres, on n’est pas obligé de quitter les lieux.  On peut profiter du moment.  Si une espèce menacée s’approche du bateau (moins de 400 mètres), on doit démarrer le bateau et quitter les lieux.  On ne doit donc pas laisser un béluga ou un rorqual bleu interagir avec notre bateau.

Quand il s’agit de juvéniles, peu importe que l’espèce soit menacée ou pas, on ne doit pas s’approcher à moins de 400 mètres.  Si un juvénile d’une espèce non menacée s’approche du bateau, on ne doit pas prolonger le contact.

Ceci étant dit, profitez bien des images qui suivent 🙂

Les rorquals à bosse nous visitent

Omniprésence des rorquals à bosse

L’été, je quitte Montréal et je retourne dans ma Côte-Nord natale.  C’est là que j’y guide des humains, sous les flots du Saint-Laurent, à la découverte des splendeurs de ce monde méconnu.

Depuis quelques étés, on note des changements importants dans le Saint-Laurent.  L’eau se réchauffe, notamment.  Ce qui déstabilise certaines espèces d’ici comme le crabe des neige ou la crevette nordique.

Mais ce réchauffement des eaux lié aux bouleversements climatiques a aussi des incidences plus au Sud.  Résultat, certaines populations de micro-faune comme les copépodes s’effondrent.  Cela laisse là-bas moins de nourriture aux petits poissons qui s’en nourrissent.  Et aux plus gros animaux qui se nourrissent de ces petits poissons.  Comme les rorquals à bosse par exemple.  Ceux-là n’ont d’autre choix que de migrer toujours plus au nord, là où les stocks planctoniques tiennent encore le coup (on a quand même mesuré une diminution de 30% du plancton dans le golfe Saint-Laurent en 10 ans environ).

De ce fait, je croise la route d’un nombre toujours plus important de ces cétacés lorsque je pilote mon zodiac vers mes sites de plongée.  Au grand bonheur des clients qui sont avec moi…Bien sûr, il y en a toujours eus des rorquals à bosse dans le Saint-Laurent.  Mais ils étaient moins nombreux.  Et depuis quelques étés, on note la présence de nouveaux individus (car les cétacés sont photographiés et catalogués dans le Saint-Laurent.  On connaît donc les individus qui ont l’habitude de revenir ici année après année).

Le spectacle que ces animaux nous offrent est tellement beau qu’on en vient qu’à oublier que les nouveaux venus dans le Saint-Laurent sont d’abord et avant tout des réfugiés climatiques.

L’été dernier, un duo de rorquals à bosse avait pris en affection mon zodiac.  Ces baleines venaient jouer avec le bateau des demi-heures durant.  Chaque jour.  Cela m’a permis de tourner des images vidéo époustouflantes!

thumb baleines

Il y a quelques étés de cela, il nous est même arrivé de croiser la route de baleines adultes accompagnées d’un baleineau.

(Ce sont les baleines qui viennent au zodiac.  Et non le contraire)

rorqual à bosse2

Les rorquals à bosse ne forment présentement pas une population menacée d’extinction.  Cette espèce se redresse lentement mais sûrement de la chasse que l’homme a dirigée contre elle des décennies durant.

On estime qu’au moment d’adopter le moratoire sur la chasse à la baleine en 1986, il ne restait plus que 20 000 rorquals à bosse.  Aujourd’hui, il y en aurait quelque 35 000 éparpillées un peu partout dans le monde.

L’été prochain, j’aurai encore la chance de les observer de près.  Pour combien de temps encore?  Car si cesser la chasse afin de les sauver était un geste assez simple à réaliser au bout du compte, il sera beaucoup plus difficile de les sauver des bouleversements climatiques.

 

Plonger avec les baleines à bosse

Il n’y a pas si longtemps, j’étais à l’autre bout du monde, sur le Saint-Laurent, avec des animaux extraordinaires. D’année en année, j’y demeure de juin à octobre, avant de rentrer à Montréal.

Mais l’année 2018 a été une année particulière. Parce qu’il y a eu ce jour de septembre! Un jour incroyable! Que je n’oublierai jamais!

Le temps était à la pluie ce jour-là. Mon chum Steeve Labrie, qui plonge souvent avec moi, a par conséquent décidé de laisser sa caméra dans l’auto, afin d’éviter de l’endommager. Mais moi, je la traîne partout, ma caméra. Beau temps, mauvais temps. Ça m’a permis de faire des photos de baleines à bosse!!!

Steeve, lui, n’avait que son cellulaire sur le bateau alors que les baleines à bosse nous encerclaient. Il a de ce fait pu mettre en vidéo ce que moi je ne faisais que poser. Ça permet de mieux saisir toute la grandeur de ce moment unique.

Il vient de m’envoyer un montage de cette journée-là. Montage qui me rappelle encore une fois à quel point j’aime ce Saint-Laurent grandiose!

Retour vers Montréal…et le blogue

Voilà!  Mon été sur la Côte-Nord est presque terminé.  Je suis présentement à Montréal, afin de préparer la transition vers ma vie d’hiver.  Ce qui veut dire qu’il ne me reste plus qu’un aller-retour à effectuer sur la Côte-Nord (pour hiverniser ma roulotte et mon zodiac).  Je n’y retournerai ensuite que l’été prochain.

Ce qui veut dire que je serai plus disponible pour entretenir mon blogue au cours des prochaines semaines.

Je suis bien content de la saison que j’ai passé sur le Saint-Laurent et dans la forêt boréale.  Je suis parvenu à réaliser plusieurs photos que j’aime beaucoup.  Particulièrement des photos de poissons.  Je crois que ma préféré est celle d’une grosse poule de mer, bien dissimulée parmi les anémones plumeuses.

J’ai aussi vécu plusieurs beaux moments avec les baleines.  Je me souviens de cette fois où une cliente, regardant par-dessus bord, me dit qu’il y avait quelque chose de fluorescent dans l’eau.  Je me suis penché pour regarder à mon tour.  Et c’est alors que j’ai aperçu un petit rorqual qui était à quelques pieds seulement sous la surface et qui s’était tourné sur le côté pour mieux nous observer.  Le fluorescent était tout simplement son ventre blanc qui prenait une teinte tout à fait spectaculaire avec l’eau verte du Saint-Laurent.

Mais cela n’est rien en comparaison de cette fois où des rorquals à bosse ont sauté à côté du bateau.  C’était hallucinant.  Il y avait deux baleines.  Et elles ont sauté deux fois chacune.  Par la suite, j’ai plongé et j’ai pu les apercevoir sous l’eau.  C’était une première pour moi.  Malheureusement, la visibilité n’était pas terrible ce jour-là.  Ce qui fait que je n’ai pas pu rapporter des images très intéressantes.  Mais celles qui se trouvent dans ma tête y seront à jamais.

J’ai aussi fait beaucoup de piégeage photographique cet été.  J’espérais poser un ours au grand-angle.  Je n’y suis malheureusement pas parvenu (celle que j’ai obtenue est hors focus).  Ce sera pour l’an prochain.  Mais j’ai tout de même réalisé de belles images de lièvres, de campagnols et de petite buse.  J’aime de plus en plus cette approche en photo.  Cela nous réserve très souvent de belles surprises.  D’ici l’an prochain, je compte bien améliorer ma méthode pour éviter de ramener trop de photos hors focus.  Je vous tiendrai au courant de ma progression durant l’hiver qui vient.

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Évidemment, toutes les images que je rapporte sont à vendre.  Et au courant de la belle saison, je suis parvenu à en vendre quelques-unes.  Mon meilleur vendeur demeure fort probablement la crinière de lion.  Cette photo-ci est celle que j’ai vendue le plus régulièrement.

crinière surface

J’entrevois aussi de belles ventes avec cette photo-ci.  Encore une crinière de lion.  Mais la photo fut cette fois prise à environ 80 pieds de profondeur.

crinière7

Finalement, j’ai remporté la première place du concours de photo du Festival marin des Escoumins.  Et je suis très heureux d’y être parvenu à l’aide d’une photo d’une « modeste » stichée arctique.  J’aime bien gagner des concours avec des animaux qui sont un peu moins sexys que les grands mammifères ou les oiseaux de proie !

stichée escoumins

Bref, un été bien rempli!

Passons maintenant aux photos en milieu péri-urbain!

Forte mortalité chez les petits rorquals

On a appris dernièrement que les petits rorquals qui fréquentent la côte est américaine avaient été victimes d’un taux de mortalité plus important qu’à l’habitude l’an dernier.  En fait, on parle du double d’animaux retrouvés morts (28 contre 14 l’année précédente).  Et la plupart des carcasses présentaient des marques d’interactions avec les humains.

Dit plus clairement:  ces petits rorquals ont été victimes de l’activité humaine.

Dans le Saint-Laurent, là où je fais de la photo sous-marine, c’est principalement le petit rorqual qui croise notre route. En zodiac, on en voit à presque toutes les sorties en mer.

Il y a deux étés de cela déjà, j’ai été contacté par Pêche et Océans Canada pour aller échantillonner une carcasse de petit rorqual, animal qui s’était noyé à cause d’une corde.  J’avais pris plusieurs photos de l’incident.

Nous avions même plongé sous la carcasse pour découvrir ce qui l’avait précisément tué:  des engins de pêche.  (vous pourrez voir tout ça dans mon documentaire qui sortira en avril prochain).

Comme quoi, les petits rorquals souffrent aussi de la présence humaine dans notre grand fleuve.

Pour plus de détails à ce sujet, je vous propose une entrevue accordée par le biologiste Robert Michaud:

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Un trio de rorquals à bosse

Hier, je dois bien le dire, nous avons vécu une journée en mer mémorable.  Le Saint-Laurent était d’un calme olympien.  Sans vagues.  Le soleil était au rendez-vous.  Ce qui permettait d’admirer ce cours d’eau de la plus belle façon qui soit.

Et les rorquals à bosse étaient présents!  Un trio de ces animaux impressionnants croisaient allègrement la route du zodiac.  De si près que nous recevions en plein visage l’humidité produite par leur respiration!

Je les voyais sur le sonar.  Elles plongeaient jusqu’à une profondeur de 130 mètres!

Parmi le trio de cétacés, il y avait un veau.  Depuis quelques décennies, les rorquals à bosse qui fréquentent le Saint-Laurent sont de moins en moins souvent accompagnés de veaux.  Cela inquiète les biologistes qui suspectent des problèmes de reproduction chez cette espèce qui fut grandement malmenée, jadis, par les baleiniers.  Des dizaines de milliers de rorquals à bosse ont été tués au XXe siècle pour en extraire une huile qui permettait d’allumer des réverbères ou de lubrifier des machines capricieuses.

Pour en savoir plus sur les problèmes qui semblent affecter cette baleine, les biologistes de la station de recherche de Mingan ont débuté une opération consistant à prélever des échantillons de gras sur le dos des femelles rorquals à bosse.  Question de connaître leur état de santé et de vérifier si elles sont enceintes.  On aura des nouvelles de tout ça dans les prochaines années, j’imagine.

Cela étant dit, voir un veau tout juste devant notre zodiac ne nous permet assurément pas d’être rassurant par rapport à l’avenir de cette baleine, mais ça reste quand même une bonne nouvelle.  Et ce fut un spectacle tellement extraordinaire!