Plonger avec les baleines à bosse

Il n’y a pas si longtemps, j’étais à l’autre bout du monde, sur le Saint-Laurent, avec des animaux extraordinaires. D’année en année, j’y demeure de juin à octobre, avant de rentrer à Montréal.

Mais l’année 2018 a été une année particulière. Parce qu’il y a eu ce jour de septembre! Un jour incroyable! Que je n’oublierai jamais!

Le temps était à la pluie ce jour-là. Mon chum Steeve Labrie, qui plonge souvent avec moi, a par conséquent décidé de laisser sa caméra dans l’auto, afin d’éviter de l’endommager. Mais moi, je la traîne partout, ma caméra. Beau temps, mauvais temps. Ça m’a permis de faire des photos de baleines à bosse!!!

Steeve, lui, n’avait que son cellulaire sur le bateau alors que les baleines à bosse nous encerclaient. Il a de ce fait pu mettre en vidéo ce que moi je ne faisais que poser. Ça permet de mieux saisir toute la grandeur de ce moment unique.

Il vient de m’envoyer un montage de cette journée-là. Montage qui me rappelle encore une fois à quel point j’aime ce Saint-Laurent grandiose!

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Retour vers Montréal…et le blogue

Voilà!  Mon été sur la Côte-Nord est presque terminé.  Je suis présentement à Montréal, afin de préparer la transition vers ma vie d’hiver.  Ce qui veut dire qu’il ne me reste plus qu’un aller-retour à effectuer sur la Côte-Nord (pour hiverniser ma roulotte et mon zodiac).  Je n’y retournerai ensuite que l’été prochain.

Ce qui veut dire que je serai plus disponible pour entretenir mon blogue au cours des prochaines semaines.

Je suis bien content de la saison que j’ai passé sur le Saint-Laurent et dans la forêt boréale.  Je suis parvenu à réaliser plusieurs photos que j’aime beaucoup.  Particulièrement des photos de poissons.  Je crois que ma préféré est celle d’une grosse poule de mer, bien dissimulée parmi les anémones plumeuses.

J’ai aussi vécu plusieurs beaux moments avec les baleines.  Je me souviens de cette fois où une cliente, regardant par-dessus bord, me dit qu’il y avait quelque chose de fluorescent dans l’eau.  Je me suis penché pour regarder à mon tour.  Et c’est alors que j’ai aperçu un petit rorqual qui était à quelques pieds seulement sous la surface et qui s’était tourné sur le côté pour mieux nous observer.  Le fluorescent était tout simplement son ventre blanc qui prenait une teinte tout à fait spectaculaire avec l’eau verte du Saint-Laurent.

Mais cela n’est rien en comparaison de cette fois où des rorquals à bosse ont sauté à côté du bateau.  C’était hallucinant.  Il y avait deux baleines.  Et elles ont sauté deux fois chacune.  Par la suite, j’ai plongé et j’ai pu les apercevoir sous l’eau.  C’était une première pour moi.  Malheureusement, la visibilité n’était pas terrible ce jour-là.  Ce qui fait que je n’ai pas pu rapporter des images très intéressantes.  Mais celles qui se trouvent dans ma tête y seront à jamais.

J’ai aussi fait beaucoup de piégeage photographique cet été.  J’espérais poser un ours au grand-angle.  Je n’y suis malheureusement pas parvenu (celle que j’ai obtenue est hors focus).  Ce sera pour l’an prochain.  Mais j’ai tout de même réalisé de belles images de lièvres, de campagnols et de petite buse.  J’aime de plus en plus cette approche en photo.  Cela nous réserve très souvent de belles surprises.  D’ici l’an prochain, je compte bien améliorer ma méthode pour éviter de ramener trop de photos hors focus.  Je vous tiendrai au courant de ma progression durant l’hiver qui vient.

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Évidemment, toutes les images que je rapporte sont à vendre.  Et au courant de la belle saison, je suis parvenu à en vendre quelques-unes.  Mon meilleur vendeur demeure fort probablement la crinière de lion.  Cette photo-ci est celle que j’ai vendue le plus régulièrement.

crinière surface

J’entrevois aussi de belles ventes avec cette photo-ci.  Encore une crinière de lion.  Mais la photo fut cette fois prise à environ 80 pieds de profondeur.

crinière7

Finalement, j’ai remporté la première place du concours de photo du Festival marin des Escoumins.  Et je suis très heureux d’y être parvenu à l’aide d’une photo d’une « modeste » stichée arctique.  J’aime bien gagner des concours avec des animaux qui sont un peu moins sexys que les grands mammifères ou les oiseaux de proie !

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Bref, un été bien rempli!

Passons maintenant aux photos en milieu péri-urbain!

Forte mortalité chez les petits rorquals

On a appris dernièrement que les petits rorquals qui fréquentent la côte est américaine avaient été victimes d’un taux de mortalité plus important qu’à l’habitude l’an dernier.  En fait, on parle du double d’animaux retrouvés morts (28 contre 14 l’année précédente).  Et la plupart des carcasses présentaient des marques d’interactions avec les humains.

Dit plus clairement:  ces petits rorquals ont été victimes de l’activité humaine.

Dans le Saint-Laurent, là où je fais de la photo sous-marine, c’est principalement le petit rorqual qui croise notre route. En zodiac, on en voit à presque toutes les sorties en mer.

Il y a deux étés de cela déjà, j’ai été contacté par Pêche et Océans Canada pour aller échantillonner une carcasse de petit rorqual, animal qui s’était noyé à cause d’une corde.  J’avais pris plusieurs photos de l’incident.

Nous avions même plongé sous la carcasse pour découvrir ce qui l’avait précisément tué:  des engins de pêche.  (vous pourrez voir tout ça dans mon documentaire qui sortira en avril prochain).

Comme quoi, les petits rorquals souffrent aussi de la présence humaine dans notre grand fleuve.

Pour plus de détails à ce sujet, je vous propose une entrevue accordée par le biologiste Robert Michaud:

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Un trio de rorquals à bosse

Hier, je dois bien le dire, nous avons vécu une journée en mer mémorable.  Le Saint-Laurent était d’un calme olympien.  Sans vagues.  Le soleil était au rendez-vous.  Ce qui permettait d’admirer ce cours d’eau de la plus belle façon qui soit.

Et les rorquals à bosse étaient présents!  Un trio de ces animaux impressionnants croisaient allègrement la route du zodiac.  De si près que nous recevions en plein visage l’humidité produite par leur respiration!

Je les voyais sur le sonar.  Elles plongeaient jusqu’à une profondeur de 130 mètres!

Parmi le trio de cétacés, il y avait un veau.  Depuis quelques décennies, les rorquals à bosse qui fréquentent le Saint-Laurent sont de moins en moins souvent accompagnés de veaux.  Cela inquiète les biologistes qui suspectent des problèmes de reproduction chez cette espèce qui fut grandement malmenée, jadis, par les baleiniers.  Des dizaines de milliers de rorquals à bosse ont été tués au XXe siècle pour en extraire une huile qui permettait d’allumer des réverbères ou de lubrifier des machines capricieuses.

Pour en savoir plus sur les problèmes qui semblent affecter cette baleine, les biologistes de la station de recherche de Mingan ont débuté une opération consistant à prélever des échantillons de gras sur le dos des femelles rorquals à bosse.  Question de connaître leur état de santé et de vérifier si elles sont enceintes.  On aura des nouvelles de tout ça dans les prochaines années, j’imagine.

Cela étant dit, voir un veau tout juste devant notre zodiac ne nous permet assurément pas d’être rassurant par rapport à l’avenir de cette baleine, mais ça reste quand même une bonne nouvelle.  Et ce fut un spectacle tellement extraordinaire!