Attention, tortues dans la rue!

En mai et juin, bon nombre d’espèces se reproduisent.  C’est le cas notamment des reptiles du Québec et de la fameuse tortue serpentine.

L’accouplement a lieu en automne chez les tortues serpentines.  Il se déroule dans l’eau.  L’hiver, la tortue serpentine hiverne au fond des étangs ou dans les terriers des rats musqués.  Quand mai arrive, c’est le signal pour la femelle.  Elle quitte alors les eaux stagnantes à la recherche d’un banc de sable, ou de gravier, où elle pourra pondre ses oeufs.  L’accotement des routes et les terrains résidentiels sont souvent ciblés.

Cette tortue est très sédentaire.  Elle ne se déplace guère au cours d’une année.  Exception faite de la femelle au moment de la ponte.  Elle peut alors parcourir plusieurs kilomètres dans l’eau et plus d’un kilomètres sur terre pour trouver un bon endroit où déposer ses oeufs.

Et c’est à ce moment-là que la tortue serpentine est la plus vulnérable.  Elle traverse alors les routes où elle peut se faire écraser, malgré sa grande taille.

L’éclosion des oeufs se produira de la fin août à octobre.  Et encore là, le risque sera grand.  Les petits pourront eux aussi se faire écraser par des voitures lorsqu’ils tenteront de regagner les marais où ils s’installeront.  Ils sont très difficiles à apercevoir sur la route puisqu’ils ne mesurent que quelques centimètres.

Tout comme dans le cas des amphibiens qui meurent en grand nombre sur la route, cette situation nous force à réfléchir à l’urgence d’installer des passages fauniques en grand nombre au Québec.

La tortue serpentine est vorace.  Elle dévore tout ce qui se présente devant elle; de son bec puissant elle attrape:  insectes, amphibiens, poissons, reptiles.  Elle peut même avaler des canetons alors qu’ils nagent.  La tortue les happe par en-dessous!  La serpentine peut aussi manger de la charogne ou des plantes aquatiques.

Cette tortue a peu de prédateurs.  Il faut dire qu’elle est agressive, bien protégée par sa carapace et que son bec est coupant comme des cisailles.  Le raton laveur, la mouffette, le vison et le renard roux s’attaquent toutefois à ses oeufs.

Cette tortue est commune dans tout le sud du Québec.  La modification des rives a toutefois des impacts néfastes sur l’espèce car cela contribue à l’élimination de ses lieux de ponte.  Résultat: l’espèce est en recul prononcé.

Cette tortue est active de jour comme de nuit.  Étant un animal à sang froid, on l’aperçoit régulièrement sur une branche les journées ensoleillées.  En se faisant ainsi chauffer au soleil, elle régule sa température corporelle.

Hier, alors que je me dirigeais vers ma voiture après une autre séance photo passée dans le marais, j’ai aperçu quelque chose qui déambulait dans le gravier du stationnement.  C’était une tortue serpentine!  Mais une juvénile pas plus grosse que la paume de la main (alors qu’un adulte peut peser facilement jusqu’à 34 kilos et vivre près de 50 ans)!

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Une dame était dans sa voiture et s’apprêtait à reculer…directement sur la tortue.  J’ai averti la dame qui ignorait même la présence de tortues au Québec.  Elle a gentiment accepté que je prenne des photos avant de reculer.  J’ai évidemment pris par la suite la tortue et l’ai reportée dans le marais, question qu’elle évite le pire.

Comme quoi, il faut toujours bien regarder avant de reculer avec son auto 😉

 

 

 

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Des tortues, toujours plus de tortues!

Il y a quelques jours, j’ai été faire un tour du côté du parc de la Frayère, à Boucherville.  Mon ami Tommy Montpetit me disait qu’il savait où trouver des tortues à cet endroit.  Depuis le temps que je rêvais d’en voir, je ne me suis pas fait prier pour l’accompagner.  Ma caméra sous le bras, bien évidemment.

Et j’ai bien vu des tortues en compagnie de Tommy.  Des peintes pour être plus précis.  Il s’agit de l’espèce indigène la plus commune au Québec.  On la retrouve surtout dans la région de Montréal et de l’Outaouais.  Mais des observations sont aussi effectuées du côté de l’Abitibi et même du Lac-St-Jean.

Je suis parvenu à prendre quelques photos de ces fameuses tortues.  Mais je n’en étais pas satisfait.  Trop loin que j’étais pour obtenir un point de vue intéressant sur celles-ci.  Et en plus, la photo que j’aimais le plus souffrait d’un flou de bougé disgracieux.  Je n’en étais donc pas content et je désirais y retourner pour prendre de meilleures photos.

C’est hier que j’y suis retourné.  Et j’ai encore vu des tortues peintes.  Au même endroit.  Elles se faisaient chauffer au soleil, sur une branche à demi-immergée.

Comme je suis arrivé sur place avant qu’il ne fasse chaud, j’étais déjà installé sur les bons spots quand les tortues se sont mises à apparaître, attirées par les rayons du soleil.   Il ne me restait donc plus qu’à ramper dans la vase pour m’en approcher suffisamment et prendre les photos que je voulais.

L’attente et l’approche durèrent tout près de trois heures.   Ma présence n’a aucunement dérangé les tortues. En fait, elles étaient tellement à l’aise que l’une d’entre elles est tombée endormie à tout juste 15-20 pieds de moi!

Pour faire ces photos, j’ai utilisé un zoom téléobjectif Tamron 150-600mm.  La caméra était accrochée à un monopode puisque la lentille Tamron est lourde.  En utilisant un monopode, je pouvais prendre mes photos de façon suffisamment stable pour éviter les flous de bougé.

Voici les photos de tortues de la journée d’hier.

Les autres photos du jour:

Le printemps froid fait des victimes

Au risque même de peut-être radoter, je vous entretiens régulièrement dans mon blogue du printemps froid que nous connaissons cette année au Québec et des répercussions que cela peut avoir.  Je vous en parle surtout en lien avec les amphibiens.  Puisque mon projet de film porte sur eux.

Mais le printemps a aussi des impacts sur bien d’autres espèces animales.  Ce matin, en me rendant au marais, j’ai aperçu une bernache qui couvait encore.  Ça fait pas mal longtemps qu’elle couve je trouve.  Serait-ce que les oeufs sont morts?  Et qu’elle se refuse de les abandonner.  On aura la réponse bientôt.

bernache au nid (1 sur 1)

Pendant que je regardais la bernache couver, mon regard a été attiré par une drôle de tache claire tout près d’elle. Je me suis approché, et la tache s’est révélée être la carcasse d’une tortue serpentine.  Et une grosse!

La carcasse était intacte.  Elle n’avait pas été attaquée par quoi que ce soit.  La mort était très récente.  La tortue était maigre.  Tout porte à croire qu’elle serait morte de froid;  ou de faim; ou les deux à la fois.

La tortue-serpentine est le plus gros reptile du Québec.  Elle se reproduit au printemps ou à l’automne.  Plus rarement au cours de l’été.  Son bec est très puissant.  Elle se nourrit d’insectes, d’amphibiens, de crustacés et de petits poissons.  Ses populations sont en déclin au Québec.

Il est par conséquent très triste de voir un individu ainsi succomber au printemps.  Et tout ça se passe dans nos cours.  À quelques pas seulement de nos maisons.

Quand je vous dis que le printemps n’est pas facile pour les animaux, en voici une bonne preuve.

Autour de la tortue morte, il y avait quand même des choses plus joyeuses à poser.  J’en ai profiter.