Les insectes prennent la place

La chaleur a eu un effet instantané dans le marais.  Les oiseaux sont maintenant très actifs.  Les grenouilles et les couleuvres sont de retour.  Et les insectes commencent à occuper la place. Toute la place!

Et c’est heureux qu’il en aille ainsi.  Car les insectes sont super importants.  Ils sont à la base de la chaîne alimentaire.  Sans eux, il n’y aurait pas grand chose dans nos forêts. Dans nos marais encore moins.

De voir les grenouilles et les couleuvres de retour est un très bon signe.  Aujourd’hui, les grenouilles des bois et les grenouilles léopards étaient facilement apercevables près des mares.  Elles ne semblent pas trop avoir souffert du froid des dernières semaines. Les tétards qu’elles ont mis au monde non plus.  J’en ai vus des légions aujourd’hui.

Ces amphibiens qui s’animent est bien sûr un signal pour la couleuvre rayée.  Au cours de l’année, celle-ci prendre quatre ou cinq repas.  Souvent constitués d’amphibiens.  Après un rude hiver, j’imagine qu’elles ont maintenant l’estomac dans les talons.  Ok, ok, voilà une drôle d’expression à employer quand on parle d’un animal sans patte !  Peu importe, elles doivent quand même pourchasser les grenouilles.  J’aimerais bien filmer la prédation d’une couleuvre sur une grenouille.  Ça serait spectaculairement instructif!

Aujourd’hui, je me suis fait rappeler à l’ordre par une couleuvre en tentant de me mordre.  Elle m’avait pourtant envoyé plusieurs signes comme quoi j’étais trop près d’elle  Je n’ai pas écouté, trop concentré que j’étais à récolter des images. Et quand elle a tenté de mordre mon doigt, elle a plutôt mordu ma lentille.  La dernière fois qu’un animal m’avait envoyé le même message, c’était un gros homard dans le Saint-Laurent.  Il avait frappé ma caméra de sa grosse pince pour me signifier qu’il était temps de reculer.

Dans les prochains jours, je me promets de retourner au marais beaucoup plus tôt.  J’y étais aujourd’hui à 9h.  La lumière était déjà dure.  Ce qui permet difficilement de faire de belles images.  Demain, je tenterai de me lever aux aurores.  Ce qui n’est pas gagné pour un lève-pas-si-tôt que je suis!

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Une journée difficile

Le printemps est froid.  Et pluvieux.  Et sur le terrain, ça commence à se faire sentir.  Les insectes bougent peu.  Ou ne sont pas encore sortis.  La reproduction des amphibiens tourne au ralenti.  Et les oiseaux sont très souvent aux abris.  Enfin, c’était comme ça dans mon coin, ce matin.

Ça faisait quelques heures que j’étais dans mon abri.  Et je commençais à craindre de revenir bredouille à la maison. Je n’étais parvenu qu’à photographier un troglodyte.  Et de loin!

troglodyte (1 sur 1)

J’ai donc abandonné l’idée de photographier le castor ou un rat musqué dans l’étang devant moi et suis sorti de ma cache.  Pour faire un peu de macro aux alentours.

Et le bonheur m’a souri.

J’ai enfin pu photographier une couleuvre rayée, la langue sortie!

Dans les films, on donne l’impression que les serpents tirent constamment la langue.  Dans la réalité, il en va autrement.  En tout cas, lorsqu’il est question de la couleuvre rayée.  Celle-ci ne sort vraiment pas souvent sa langue. Elle le fait pour prendre connaissance de son environnement.  Ce matin, la langue de la couleuvre a fini par sortir après que j’eus bougé.  La couleuvre a utilisé sa langue afin d’identifier l’intrus.  C’est-à-dire moi.

Tout juste à côté de la couleuvre, une minuscule fourmi faisait des acrobaties au bout d’une nouvelle pousse d’un vert tendre.  Une mouche butinait alors qu’une autre se posait sur mon sac.

Lorsque je me suis redressé pour mieux examiner les alentours, j’ai repéré une tique à pattes noires sur ma main.  Ladite espèce de tique qui peut potentiellement transmettre la maladie de lyme!

Je me suis alors dit que c’était assez pour la journée.  Qu’il était temps de rentrer.