Docu sur le St-Laurent: la bande-annonce

Ça fait quand même longtemps que j’en parle.  Et ça arrive enfin.  Notre film sur le Saint-Laurent marin sera diffusé le 25 avril sur les ondes de Canal D.  Il sera ensuite diffusé à quelques autres reprises durant la même semaine.

Pour vous faire patienter, je vous propose de visionner la bande-annonce!

QUÉBEC PROFOND | Bande annonce officielle from Catbird Productions on Vimeo.

 

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Un trio de rorquals à bosse

Hier, je dois bien le dire, nous avons vécu une journée en mer mémorable.  Le Saint-Laurent était d’un calme olympien.  Sans vagues.  Le soleil était au rendez-vous.  Ce qui permettait d’admirer ce cours d’eau de la plus belle façon qui soit.

Et les rorquals à bosse étaient présents!  Un trio de ces animaux impressionnants croisaient allègrement la route du zodiac.  De si près que nous recevions en plein visage l’humidité produite par leur respiration!

Je les voyais sur le sonar.  Elles plongeaient jusqu’à une profondeur de 130 mètres!

Parmi le trio de cétacés, il y avait un veau.  Depuis quelques décennies, les rorquals à bosse qui fréquentent le Saint-Laurent sont de moins en moins souvent accompagnés de veaux.  Cela inquiète les biologistes qui suspectent des problèmes de reproduction chez cette espèce qui fut grandement malmenée, jadis, par les baleiniers.  Des dizaines de milliers de rorquals à bosse ont été tués au XXe siècle pour en extraire une huile qui permettait d’allumer des réverbères ou de lubrifier des machines capricieuses.

Pour en savoir plus sur les problèmes qui semblent affecter cette baleine, les biologistes de la station de recherche de Mingan ont débuté une opération consistant à prélever des échantillons de gras sur le dos des femelles rorquals à bosse.  Question de connaître leur état de santé et de vérifier si elles sont enceintes.  On aura des nouvelles de tout ça dans les prochaines années, j’imagine.

Cela étant dit, voir un veau tout juste devant notre zodiac ne nous permet assurément pas d’être rassurant par rapport à l’avenir de cette baleine, mais ça reste quand même une bonne nouvelle.  Et ce fut un spectacle tellement extraordinaire!

 

Des animaux sur d’autres animaux

Plonger le Saint-Laurent dans l’objectif d’observer des animaux nous amène à développer toutes sortes de stratégies pour bien y parvenir.

D’emblée, on est plutôt portés à chercher les gros poissons.  Un peu comme on le fait lorsqu’on se rend dans les mers du Sud.  Mais on se rend rapidement compte que cette façon de faire n’est pas la meilleure pour notre grand fleuve.

Ici, ce qui est souvent le plus intéressant à voir est minuscule.  Au lieu de chercher les poissons gros comme des ballons de basket, on est mieux de scruter les environs dans la perspective de cibler des animalcules gros comme des grains de riz.

Nudibranches, petites poules de mer, lucernaires et compagnie font d’excellents sujets de photographie.  Enfin moi je trouve.

Mais ce dont je me rends de plus en plus compte, c’est qu’il est en plus très efficace de regarder sur le dos des animaux pour y repérer des sujets uniques.  Là se trouvent très souvent d’autres animaux qui ne retiennent pas l’attention de ceux qui passent trop vite ou qui n’ont pas l’oeil assez aguerri.

C’est le cas des bernard-l’ermite.  Ces genres de petits crabes transportent sur leur dos une coquille qu’ils ramassent de ci et de là sur le récif.  Le fait qu’ils se promènent d’un bord et de l’autre permet à des animaux qui s’accrochent à leur dos de se nourrir sans trop d’efforts.

C’est le cas de la fourrure d’escargot.  Il s’agit en fait d’une colonie de petits hydroïdes qui se nourrissent en capturant des éléments du plancton.

Les balanes adoptent souvent la même stratégie.  Elles aiment se faire promener sur le dos d’une autre espèce pour attraper leurs proies avec le filet qu’elles brandissent tout le jour durant.  Mais comme la balane est généralement plus grosse que les hydroïdes, elle choisit des moyens de transport plus volumineux.  Comme des crabes par exemples.

Les éponges font de même.  Ces colonies de cellules profitent des meilleures occasions pour filtrer l’eau des particules dont elles se nourrissent.  Il arrive fréquemment de les voir sur les crabes.

oeil crabe araignée (1 sur 1)

D’autres animaux préfèrent quant à eux récolter les restes qui tombent de la gueule des animaux plus gros.  Dans les profondeurs du Saint-Laurent, l’anémone rouge du nord est un prédateur redoutable.  J’en ai vues dévorer des lançons vivants.  De tels repas produisent des miettes et des restes.  Des genres de gammaridés ont bien compris le profit qu’elles pouvaient tirer de la situation.  Elles vivent donc entre les tentacules des anémones.

Alors que des copépodes préfèrent eux vivre tout près des buccins.  Pour profiter des restes des repas eux aussi.

Et il y a ces animaux qui ne se cassent pas la tête du tout.  S’accrocher aux yeux des poissons pour consommer les fluides corporels de l’hôte, voilà une stratégie rentable!

chaboisseau oeil (1 sur 1)

Qui a vu le loup?

L’eau a maintenant repris sa teinte verdâtre.  À cause d’une belle couche de phytoplancton qui vient de reprendre possession des lieux.  Les fonds marins du Saint-Laurent sont par conséquent moins lumineux qu’au cours des derniers jours.  Et cela plaît grandement aux poissons.

Ils étaient beaucoup plus nombreux sur mes sites de plongée, hier.  Il faut dire que j’ai amené mon ami plongeur à l’un de mes endroits de prédilection.  Là où je croise toujours la route de gros chaboisseaux, de gros sébastes et de grosses morues.

Il est aussi possible d’y observer mon espèce fétiche dans le Saint-Laurent:  le loup Atlantique!

C’est un poisson qui peut mesurer jusqu’à tout près de deux mètres de long.  Il a une gueule puissante.  Et des dents broyeuses.  Ça lui est bien utile puisque le loup dévore crabes et oursins!

D’ailleurs, pour trouver sa cachette, il suffit de regarder devant les amoncellements de pierres pour apercevoir les restes de ses proies.  Quand on voit beaucoup de pattes de crabes dans un secteur qui se trouve assez creux, c’est souvent le signe que le loup atlantique se trouve dans les parages.

Trop souvent, cette espèce m’est impossible à photographier.  Le poisson aime rester bien caché tout au fond de sa cachette.  Le plongeur peut le voir, avec sa lampe.  Mais pour faire une belle photo, c’est une tout autre histoire.  C’est probablement pour ça que je ne vous présente pas beaucoup de photos de loups sur mon blogue.  Et ce, même si j’en vois assez souvent.

Mais hier, j’ai eu de la chance.  Un beau gros loup a croisé ma route.  Et il était sorti de sa cachette!  Ça m’a permis de le photographier comme je le voulais.

Le loup a souffert au fil de ans, au point de se faire classer sur la liste des espèces en péril.  Il se retrouvait régulièrement parmi les prises accidentelles des pêcheurs commerciaux.

J’ai aussi découvert sur ce site une belle colonie de vers de type branchiomma.  L’animal se construit un tube pour se protéger et il laisse flotter dans le courant un genre de balai qui lui permet de capturer ses proies.  Il les entraîne par la suite vers sa gueule.

Les eaux du Saint-Laurent sont tellement riches que même des colonies de parasites se forment dans les yeux des poissons.  Ce pauvre chaboisseau en avait tellement que ça devait finir par affecter sa vision.

chaboisseau oeil (1 sur 1)

La suite de la collecte du jour:

Le Saint-Laurent cristallin

À chaque jour que j’y retourne, je me dis que cette fois-ci, l’eau sera moins claire que la veille.  Que cette limpidité des eaux ne durera quand même pas tout l’été.  Et à chaque fois, je suis confondu.  Cette année, l’eau demeure très claire dans le Saint-Laurent.  Enfin, jusqu’ici.

Cette limpidité a un impact sur les écosystèmes.  Normalement, sur mes sites de plongée, je vois beaucoup de poissons. Dans le Saint-Laurent, il faut bien regarder pour les repérer car ils sont de couleur plutôt camouflage.  Et ils aiment bien rester cachés – enfin dans le jour – dans des crevasses et des espaces entre les pierres.

Mais pour celui qui sait où regarder, il y a toujours un poisson à observer.

Cette année, il en va franchement autrement.  Il n’y a pratiquement pas de poissons sur mes sites.  Hormis les petites poules de mer qui sont légion.  Mais en ce qui concerne les chaboisseaux, plies, hémitriptères, morues et compagnie, c’est le calme plat.

Il faut dire que cette eau limpide constitue un piège pour les poissons.  S’ils sont facilement observables dans de telles conditions par les plongeurs, ils le sont tout autant par leurs prédateurs.  D’où leur propension à demeurer beaucoup plus creux, là où c’est plus sombre.

Demain, je retourne en mer.  Et cette fois, je configurerai la caméra en super macro.  J’ai bien hâte de vous partager les résultats!

Un nouvel ordi de plongée

Je suis très heureux car la compagnie (Shearwater) qui fabrique les ordinateurs de plongée que j’utilise a lancé cet hiver un nouveau modèle.  C’est le même Perdix que j’utilisais l’été dernier, mais on lui a depuis adjoint un transmetteur!  Grosse amélioration pour ceux qui font de la photo sous-marine!

Qu’est-ce qu’un transmetteur?  C’est un petit bidule en forme de tube gris qu’on visse dans le premier étage de son détendeur (l’affaire avec un genre de code barre dessus).

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Son travail?  Communiquer la pression du cylindre à l’ordinateur qui se trouve sur son poignet.  Dans les faits, ça veut dire qu’une fois sous l’eau, on a qu’à regarder son ordinateur pour savoir combien d’air il nous reste dans le cylindre.  Plus besoin donc de s’étirer le bras pour aller chercher la console sur laquelle se trouve la manomètre mécanique qui communique la même information, mais de façon moins confortable.  Il va sans dire.

Quand je suis sous l’eau, les deux mains sur la caméra, je trouve ça fatiguant de libérer une main pour aller chercher le manomètre qui me dit combien de temps sous l’eau il me reste.  Cet été, un simple coup d’oeil au poignet et bingo, j’aurai l’info.  Une fraction de seconde sera nécessaire au lieu de quelques-unes, en se contorsionnant, comme l’été dernier.

Au cours des derniers étés, je travaillais avec un ordinateur Sherwood avec transmetteur.  J’ai pris goût à cette configuration.  Mais l’ordinateur Sherwood, je l’aimais beaucoup moins que le Perdix de Shearwater.  J’ai donc changé d’ordinateur l’été dernier, sacrifiant de ce fait mon transmetteur Sherwood.  J’ai appris à vraiment aimer le Perdix.  Simple d’utilisation.  Performant. De lecture facile sous l’eau.  Mais je dois avouer que je m’ennuyais quand même d’un transmetteur.  Le problème est aujourd’hui réglé!

Maintenant, il pourrait être tentant de retirer la console avec le manomètre de notre premier étage.  Moins on a de stock sous l’eau, et mieux c’est après tout.  Mais je ne le conseille pas.  Un ordinateur, ça demeure de l’électronique.  Et qui dit électronique avec une pile, dit que ça peut tomber en panne.  Sous l’eau, s’il y a une information cruciale à posséder, c’est bien la pression du cylindre.  En conservant un manomètre mécanique sur son détendeur, en complément de notre ordinateur avec transmetteur, on s’assure de toujours posséder cette information, peu importe ce qui advient de l’ordinateur.

Une mesure de sécurité importante, quoi!

 

 

On prépare le zodiac

Le printemps a beau nous laisser sur notre faim, il n’en demeure pas moins que je dois quand même préparer le zodiac pour la prochaine saison de photo sous-marine.

En juin, je quitterai la métropole montréalaise pour m’installer dans notre roulotte, sur le bord du Saint-Laurent.  Ma mission?  Témoigner de la beauté de ce grand fleuve à l’aide de ma caméra.

L’an dernier, je n’ai pratiquement pas fait de photos sous-marines.  Tout mon temps était investi dans notre projet documentaire.  Maintenant que le film est à toutes fins pratiques terminé, je peux me concentrer sur d’autres projets.

Parmi eux, il y a la photo sous-marine.  Pour en faire un second livre.  Fort probablement.

Avec mes photos, je veux vous entraîner avec moi, via ce blogue, dans mon quotidien d’exploration du Saint-Laurent.  Par les années passées, je gardais davantage mes images pour mes projets de livre ou de film.  Cette année, bien sûr que je conserverai encore du matériel pour ces supports, mais je veux quand même vous partager des photos beaucoup plus régulièrement.  Pour que vous n’ayez pas à attendre quelques années avant de voir mon travail sur l’écran de votre téléviseur.

Mais pour faire de la photo sous-marine, dans le secteur qui est le mien (estuaire et golfe Saint-Laurent), ça prend un bateau.

Le mien, c’est un zodiac de 6 mètres.  Propulsé par un moteur Yamaha 115 forces.  Ce bateau me permet de faire de la distance et d’aller là où je sais que les animaux sont particulièrement intéressants à photographier.

L’hiver dernier, Patrice, Alex et moi avons complètement modifié le bateau afin qu’il soit plus pratique pour les tournages.  Cet été, j’attends encore des confirmations pour des projets de film, mais il est clair que le zodiac me sera bien utile pour la photo.

La présente préparation du bateau pour la saison qui vient n’est pas simple.  L’été dernier, le toit se faisait drôlement brasser sur les flots du Saint-Laurent.  J’effectue environ 100 sorties par été, et très souvent, dans de la bonne vague.  La structure d’acier du toit en a pris pour son rhume.  On a donc décidé de lui ajouter quelques renforts.  Ça veut dire qu’on a dû retirer le toit du bateau.  Et souder les nouveaux renforts.   Prochainement, je devrai sabler l’acier pour le repeindre.  Tout ça devrait prendre deux ou trois fins de semaines selon nos évaluations en temps toujours très fiables (bon, mettons plutôt 3-4 fins de semaine tout de suite 😉 ).

Ensuite, je devrai descendre à Baie-Comeau.  Pour aller chercher le camion et ensuite revenir à Montréal pour cueillir le bateau.  Et retour à Baie-Comeau jusqu’en septembre!

Que de travail tout ça.  Mais explorer le Saint-Laurent me passionne tellement que ces tâches ne me sont pas lourdes du tout!