C’est la saison des amours dans le marais

Pour la rainette faux-grillon, le printemps marque le début de la saison de reproduction. Les mâles s’installent dans des flaques d’eau et chantent sans relâche. Ils espèrent l’arrivée rapide des femelles.

Pour cette espèce en voie d’extinction, la vie est une course contre la montre. Les rainettes doivent pondre rapidement pour que la nouvelle génération ait le temps nécessaire pour se développer complètement et qu’elle soit ainsi prête à geler sous la neige, l’hiver suivant.

La rainette faux-grillon est la plus petite grenouille du Québec.  Elle mesure entre 2 et 3 cm.  Il ne reste plus qu’une dizaine de populations de cet amphibien chez nous.  Autrefois espèce très nombreuse, elle a été décimée par l’étalement urbain et la pollution.  Aujourd’hui, elle doit en plus faire face aux bouleversements climatiques.

Chaque printemps, je retourne à sa rencontre.  Un animal si fragile et en même temps si résilient ne peut faire autrement que de stimuler chez moi un fort sentiment d’admiration.

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Une sortie de nuit bouleversante

Hier, durant la nuit, j’ai vécu une expérience spectaculaire et bouleversante à la fois.

Ma nouvelle amie Isabelle Picard, une biologiste spécialisée en faune aquatique et qui m’aide pour mon projet de film sur la rainette faux-grillon, m’avait dernièrement parlé d’un endroit dans le coin de Magog où les amphibiens sortent la nuit.  Ils sortent lorsque le temps est relativement chaud et pluvieux, au printemps, pour se rendre sur les sites de reproduction.  Ils font ensuite la route inverse pour retourner sur les sites où ils passeront l’été.  Lorsqu’ils migrent, il est facile de les apercevoir…et de les prendre en photo!

Des centaines et des centaines de salamandres maculées, de rainettes crucifères, des grenouilles vertes et léopards, de tritons verts et autres crapauds sont à cet endroit très nombreux, à chaque fois que le soir est propice à leur sortie.  Hier, le contexte était parfait.  Il n’en fallait pas plus pour que je saute dans ma voiture et que j’aille retrouver Isabelle à cet endroit afin qu’elle me fasse découvrir cette réalité que je ne connaissais aucunement.

Cet endroit, plus précisément, c’est Fitch Bay.   Ça se trouve au Lac Memphrémagog.  Isabelle y était hier, dans la nuit, avec des équipes de l’organisme Memphrémagog Conservation Inc. (MCI)  Leur travail était de recenser tous les individus qu’il serait possible d’apercevoir en se promenant sur le bord de la route et de tout noter ça minutieusement dans des documents qui devaient être remis par la suite au Ministère des Transports du Québec.

Que vient faire le Ministère des Transports dans cette histoire, me direz-vous!  Je parle de ce ministère parce qu’il est directement concerné par un grave problème.

À Fitch Bay, pour se rendre sur les sites de reproduction, les amphibiens doivent traverser une route de campagne…

Comme on peut facilement se l’imaginer, de si petits animaux sont très difficiles à apercevoir sur l’asphalte, la nuit.  Qui plus est, ils se déplacent très lentement.  Le résultat étant que les voitures qui circulent là les écrasent en grand nombre.

Lors du décompte d’hier, un tronçon de route de 3,1 km était visé.  Environ 240 amphibiens traversant la rue ont été aperçus vivants par les troupiers d’Isabelle.  Mais 146 ne sont pas parvenus à atteindre l’autre côté de la rue.  Ils ont tout simplement été écrasés par des voitures.  On parle d’un taux de mortalité de 60% !  C’est énorme!

carcasse

Alors que nous étions sur l’accotement pour réaliser des images, Geneviève et moi  entendions les amphibiens éclater sous les roues des voitures qui passaient.  C’était franchement bouleversant et déprimant.  De si spectaculaires animaux mourraient ainsi pour strictement aucune raison valable.

J’ai de ce fait passé une partie de la nuit à prendre les amphibiens dans mes mains pour les reconduire de l’autre côté de la rue.  Normalement, je ne touche jamais les sujets que je pose.  Mais dans un tel cas, le stress engendré chez mes sujets par mes manipulations n’était rien à côté de la possibilité énorme de se faire écraser par une automobile; alors j’ai sciemment violé une des règles que je m’impose normalement.

 

Les quelques dizaines d’amphibiens que j’ai ainsi pu sauver ne changent pas grand chose au bout du compte, me direz-vous. Mais au moins cela m’a donné bonne conscience.  Il faut quand même savoir qu’en une seule saison de reproduction, on parle facilement de milliers d’amphibiens qui meurent écrasés sur cette route seulement.  Une meilleure solution que la mienne doit dès maintenant être envisagée.  C’est l’évidence même!

C’est pourquoi Isabelle et la belle gang du MCI s’investissent dans ce dossier.  Avec les informations qu’ils récoltent, ils veulent convaincre le Ministère des Transports d’agir enfin.  Et agir dans un tel cas, ça veut dire entre autres construire des passages fauniques.  Plusieurs stratégies, à ce chapitre, peuvent être employées afin de couronner le tout de succès.  Entre autres choses, des barrières servant à conduire les animaux à des tunnels leur permettant de passer sous la route peuvent être érigées.  Et des étangs devant convaincre les animaux de rester d’un seul côté de la route, évitant de ce fait de traverser la zone mortelle que constitue la route pour eux, pourraient être construits.

Bref, il y a des solutions pour mettre enfin un terme à ce carnage.  Et elles doivent être appliquées le plus rapidement possible.

Je vous encourage d’ailleurs à vous rendre sur le site du MCI et de les appuyer!

***

Afin de me remonter le moral, après avoir vu tous ces amphibiens morts sur la route, je me suis  rendu sur le site de reproduction des rainettes crucifères.  En tant que « chasseur » de rainettes faux-grillon, quand je suis entré dans les buissons trempés, les pieds dans l’eau, je cherchais les rainettes crucifères au sol, sous une herbe ou une autre.  Je les cherchais là où j’aurais normalement trouvé une faux-grillon, quoi.  J’avais pourtant beau scruter l’environnement de tous mes yeux grands ouverts, je n’apercevais rien.  Les crucifères étaient pourtant là.  Je les entendais chanter si fort dans mes oreilles.

Mais pourquoi ne pouvais-je les apercevoir alors que j’étais si proche!?  En me grattant le dessus de la tuque, je relevai le regard et j’ai alors aperçu toutes ces rainettes accrochées aux branches des arbustes qui m’entouraient!  Elles grimpaient dans les arbres pour mieux chanter et appeler de plus loin les femelles, voilà pourquoi je ne les voyais pas!  C’était hallucinant.  Je me serais pratiquement cru dans une forêt du Costa Rica… enfin tel aurait pu être le cas si la pluie n’avait pas été si froide!

Ces animaux magnifiques méritent qu’on fasse quelque chose pour eux.  La première étape est de faire connaître le problème de Fitch Bay autour de vous.  Plus nombreux nous serons à savoir, et plus grandes seront les chances que le problème soit corrigé rapidement.

Alors je compte sur nous!

Projet rainette: c’est parti!

L’un de mes amis qui se bat pour la protection de la rainette faux-grillon depuis des décennies maintenant (Tommy Montpetit pour ne pas le nommer) m’a contacté il y a quelque 24 heures de cela pour m’annoncer que les rainettes faux-grillon avaient commencé à chanter dans un secteur de la rive-sud de Montréal.

Tommy m’informe au sujet de la rainette car il sait que je travaille sur un projet de film sur le sujet.

Quand il m’a dit que les rainettes avaient déjà commencé à chanter, j’ai été d’abord fort surpris.  Il reste encore beaucoup de neige par endroits, et l’eau est glacée.  Il faut que cette espèce soit d’une résistance sans nom pour lancer sa saison de reproduction alors qu’il gèle encore dehors!

Car oui, ce sont les mâles qui chantent.  Pour appeler les femelles.

À l’annonce du début de la saison de reproduction, je n’ai fait ni une ni deux et me suis rendu dans le marais.  Et en effet, quelques rainettes chantaient déjà.  Timidement il faut bien le dire.  Et ce, parce qu’elles ne sont pas encore complètement dégelées.

Cette première journée passée sur le terrain, je n’ai pas vu de rainettes par contre.  Lorsqu’elles sont aussi frigorifiées, elles sont encore plus farouches que d’habitude.  Elles cessent donc de chanter au moins petit bruit.  Je n’ai conséquemment pu n’en approcher aucune.

J’ai par contre vu quelques grenouilles des bois, des araignées-pêcheuses (et autres araignées) et même un cerf de Virgine.  À travers les branches, il semblait se demander ce que je recherchais aussi attentivement parmi les brins d’herbe.

Au marais,  j’y suis retourné ce matin.  Pour faire des images de matin de printemps. Les rainettes ne chantaient pas encore quand je suis parti vers 10h.  Mais je suis parvenu à filmer le carouge à épaulettes mâle alors qu’il lance ses chants d’amour du haut de son perchoir.  Je voulais cette scène!  Car le film que je veux faire sur la rainette, c’est aussi un film sur un écosystème et ses habitants.

Ce matin, j’ai aussi eu la visite d’une belle bernache.  Et d’un sympathique pic mineur.

Un coup de pouce pour un concours

C’est rare que j’agis de la sorte, mais comme on dit, une fois n’est pas coutume.

J’ai soumis une photo de rainette faux-grillon au concours de l’Ecomuseum.  Et il y a un prix du public.  C’est simple, la photo qui recueille le plus de votes gagne.

J’aimerais évidemment gagner.  Voir mon travail apprécié et récompensé.  C’est quelque chose de positif en soi.

Mais faire gagner la rainette faux-grillon dans le cadre de ce concours, une grenouille au bord de l’extinction, ça ne peut pas être une mauvaise chose que je me dis.

Alors, svp, prenez quelques secondes pour voter pour ma photo.  On peut le faire une fois par jour!

Histoire de la photo en question:  le mâle rainette chante pour attirer les femelles. Pendant ce temps, un moustique femelle en profite pour lui prélever du sang afin de nourrir les oeufs que l’insecte a dans le ventre.

http://ecomuseum.pgtb.me/JnfQ8X/mMVpl?w=59965553&e=171492526

Rainette le film: Une étape de plus

Voilà, je viens de remettre un nouveau document dans le cadre d’une nouvelle demande de subvention pour la réalisation d’un autre documentaire animalier.  Il porte sur la rainette faux-grillon celui-là.

La rainette faux-grillon est une magnifique grenouille d’au plus deux centimètres vivant dans la grande région de Montréal.  Et elle connaît des jours affreux, la spectaculaire rainette.  Parce que l’étalement urbain et l’agriculture industrielle ont détruit ses habitats.  Et parce que les changements climatiques lui rendent les printemps plutôt inconfortables.  Il ne reste aujourd’hui plus qu’une dizaine de populations au Québec de rainettes faux-grillon.

Alors aussi bien le dire crûment: cette grenouille pourrait disparaître au cours des prochaines années!

La rédaction de cette demande de subvention m’a rappelé mon printemps dernier.  Et tout le défi que mon repérage printanier visant ladite rainette a été.  J’ai passé de très nombreuses heures à geler assis dans des flaques d’eau pour être en mesure de filmer la rainette comme je le voulais.  Et pour observer et capter ses comportements qui me sont dignes d’intérêt. J’ai réussi à faire ce que je voulais.  Mais j’ai travaillé très fort!

Un tel sujet ferait le plus beau des films animaliers il me semble.  Et un film qu’il est urgent de faire considérant le statut précaire de l’animal en question.

Bref, je touche du bois et j’espère obtenir des sous pour le faire, ce fameux film!  C’est à suivre, donc!

 

On se régale!

Avec l’apparition des nuées d’insectes piqueurs, c’est tout l’écosystème du marais qui est en effervescence.  Et en effervescence, ça veut dire que la prédation bat son plein.

Les grenouilles sont bien installées aux abords des mares pour attraper des insectes volants.  Les araignées tissent leur toile.  Et les oiseaux s’en donnent à coeur joie en sautant d’une branche à l’autre pour mieux attraper leurs proies.

Ces comportements de prédation donnent naissance à des images fort intéressantes.

Aujourd’hui, j’ai assisté au repas d’un faucheux sur une feuille.  Il avait attrapé une mouche.  Et s’en délectait.

Le faucheux fait partie de la famille des arachnidés.  Mais contrairement aux autres araignées, il n’a que deux yeux (les autres espèces d’araignées en ont huit ou six).

Je n’avais jamais été trop sûr de ce que consommait le faucheux.  J’ai maintenant ma réponse!

Un peu plus loin, je suis tombé sur une punaise assassine.  Elle avait elle aussi capturé un insecte.  L’angle ne me permet pas de savoir de quelle espèce il s’agit.  La plupart des punaises sont végétariennes. Mais pas l’assassine, comme son nom l’indique.  Celle-là consomme des insectes.  Et certaines espèces de punaises assassines (il y en a plusieurs) boivent même du sang.  D’ailleurs, il semblerait que sa piqure soit drôlement douloureuse.

Mais il n’y a pas que les insectes qui arpentent les buissons et les hautes herbes dans l’espoir de capturer leur repas.  Les rainettes crucifères également.

Cette rainette est normalement observée au printemps, alors que les mâles entonnent leur chant d’amour.  Il est très difficile de les observer autrement.

À la recherche des insectes dissimulés sous une feuille ou derrière une tige j’ai eu la chance aujourd’hui de rencontrer plusieurs rainettes.  C’était une première pour moi de les voir ainsi assez loin des étangs et mares.

Voici les photos du jour:

 

Déversement dans le boisé du Tremblay

Je m’apprêtais à rentrer à la maison après plusieurs heures passées auprès de ma mare à rainettes quand je reçus un appel.  C’était Tommy Montpetit, l’expert québécois de la rainette faux-grillon avec qui je collabore pour mon projet de film.  Il voulait m’annoncer qu’un déversement de produits chimiques avait eu lieu ce matin dans le boisé du Tremblay, tout juste dans un habitat critique de la rainette faux-grillon.

Je m’empressai de me rendre sur les lieux.  À mon arrivée, l’eau était toujours bleutée.  Les pompiers étaient déjà sur place et tentaient d’endiguer la dispersion de cette substance qui tuait les poissons sur son son passage.  Les gens d’Environnement Canada étaient là aussi et tentaient de comprendre la situation et d’identifier le responsable.

Le ruisseau touché traverse le boisé du Tremblay et coule sur des kilomètres jusqu’à la rivière Richelieu qui se jette elle-même dans le fleuve Saint-Laurent.  Le ruisseau était déjà bleu sur des kilomètres!

Qu’est-ce que cette substance au juste?  Je ne suis pas un expert en la matière.  Et je ne le sais donc pas.  Je puis dire que ça ne sentait pas très fort.  Et que ça ne semblait pas visqueux.  On a dit que ça pourrait être de la teinture.  Du savon.  Ou des huiles quelconques.  Je laisse le soin aux experts de nous l’indiquer précisément.

J’ai marché le plus loin que je l’ai pu vers l’origine de la fuite et je me suis rendu ainsi à la rue.  De l’autre coté de celle-ci  se trouve un gros centre pour camions lourds.  Est-ce de ce côté qu’il faut lorgner afin de trouver le responsable de ce drame?  Je ne le sais pas.  Il faudra attendre les résultats de l’enquête pour le savoir (je vous les communiquerai).  Mais une chose demeure:  il est bien périlleux d’avoir des industries chimiques tout juste à côté de la réserve naturelle qu’est le boisé du Tremblay.  Un jour ou l’autre, les accidents ne manqueront pas de survenir.  Il y en eut un aujourd’hui.  Il est assuré qu’il y en aura d’autres dans le futur.

Quand je suis arrivé sur les lieux, les rainettes chantaient tout juste à côté du ruisseau empoisonné.  On image ce qui arrivera à celle qui osera mettre le bout de l’orteil dans l’eau polluée.  Sur les berges du ruisseau, on trouvait des empreintes de rats musqués et de cerfs de Virginie.  Ce n’est vraiment pas une bonne nouvelle pour la faune de ce secteur!

Pour avoir plus de détails, vous pouvez visionner ma vidéo:

Les jours se suivent et se ressemblent

Le mercure est monté aujourd’hui.  Et dans le marais, ça s’est fait sentir.  L’activité a repris de plus belle.  Les mâles sont de retour sur les promontoires afin de chanter et attirer les femelles.  Le problème est que les femelles ne sont toujours pas au rendez-vous.  Les jours commencent à se ressembler.  Et les images que je recueille aussi.

Ça fait maintenant une semaine que je passe dans le marais.  Ce qui veut dire que j’ai investi environ 40 heures à observer ma flaque d’eau.  Et durant tout ce temps, je n’ai vu des femelles rainettes que durant environ une heure.  C’est peu.

Mais j’imagine que ce temps relativement chaud aura un impact positif aussi sur les femelles. Qu’elles se pointeront bientôt dans le marais. Et que je pourrai ainsi emmagasiner beaucoup d’images d’accouplement.

Les rainettes faux-grillon se reproduisent par fécondation externe.  Le mâle s’accroche sur la femelle et lorsqu’elle se met à pondre ses oeufs, il expulse sa semence.  Le mâle peut rester accrocher à la femelle plusieurs heures avant que ça ne se passe. Ce qui veut dire que je devrai m’armer de patience.

Pour le moment, je suis parvenu à filmer des scènes où la femelle se dirige vers le mâle pour mieux le laisser s’accrocher à son dos.  J’ai aussi des images d’oeufs.  Mais je ne suis pas parvenu à filmer la ponte en tant que telle.  Et c’est ça que j’aimerais réussir.  Je ne sais pas si c’est réaliste de penser y parvenir, mais en tout cas j’essaie.  Et le meilleur moyen d’y parvenir, je crois bien, c’est à l’aide de la gopro que je cache par ci et par là, sous l’eau, dans le marais.  Si je suis chanceux, je parviendrai bien à recueillir les images qui me font tant rêver.  Ce qui serait un moment très fort pour le film que je suis en train d’imaginer, bien assis dans mon marais.

En attendant, je garde l’oeil ouvert et je le dirige à la surface. J’espère ainsi filmer un prédateur de la rainette.  Cette espèce d’amphibien finit souvent ses jours dans l’estomac de la couleuvre rayée.  J’en ai vu une la semaine dernière, près de ma flaque.  Mais ne suis pas parvenu à la filmer.  Ce reptile aime bien se réchauffer sur les roches au soleil au petit matin ou le soir venu.  Ça devra faire partie de ma stratégie.

La rainette est aussi dévorée par des oiseaux comme le merle d’Amérique.  Pour l’instant, je n’en ai aperçu aucun près de ma mare. Alors que j’en voyais souvent, à la fin de l’hiver.

merle (1 sur 1)

Mais bon, je vais investir plus d’énergie sur la captation de ces scènes de prédateur quand j’aurai vraiment bien filmé la rainette.

Pour m’encourager à persévérer, un papillon morio est venu me saluer aujourd’hui.

papillon (1 sur 1)

Trop froid pour la reproduction des rainettes

Les mâles chantent toujours dans ma flaque d’eau.  Mais les femelles ne se pointent plus au rendez-vous vocaux.  Elles doivent se dire qu’il est inutile de pondre des oeufs dans de l’eau si froide.

Durant la nuit d’hier, le mercure est tombé à zéro.  Pour les rainettes, c’est froid.  Ce matin, quand je suis arrivé au marais, aucun son.  Les rainettes ne chantaient pas.  Il a fallu que le soleil se dresse et chauffe la mare pour que le concert ne débute.  Il était près de 10h!

Mais les mâles ont chanté en vain toute la journée.  Aucune femelle à l’horizon.

Il paraît que c’est assez tranquille dans la plupart des secteurs où l’on trouve des rainettes faux-grillon au Québec.  Tommy Montpetit, l’expert de la rainette qui se bat pour la sauver depuis des années, m’a dit être inquiet.  Les nouvelles conditions météo sont-elles en train de changer le comportement de cette espèce?  Voire pire, lui nuire encore davantage?  Je partirai dans le marais avec Tommy au cours des prochains jours.  J’aurai alors plus de réponses à vous apporter à ce sujet.

Mais aujourd’hui, ce n’est pas parce que les femelles n’étaient pas au rendez-vous qu’il n’y avait rien à faire autour de ma mare.  Oh que non puisque je voulais aujourd’hui tester ma lentille macro-grand-angle avec la rainette.  On s’entend que c’est un tour de force que de réussir une photo avec cette lentille avec la rainette faux-grillon.  Je devais approcher ma lentille à environ 2 centimètres de la grenouille.  Et j’y suis parvenu!

rainette grand-angle (1 sur 1)

Que de contorsions pour réussir cette photo!

J’ai bien tenté de filmer la rainette avec la même lentille, mais cette dernière n’est pas stabilisée.  Ça veut dire que c’est pas mal mieux de l’utiliser avec un trépied.  Mais là, c’était beaucoup trop demander à ma rainette qui a pris la clé des champs!

Pendant que je regardais les mâles s’époumoner en vain, j’ai aperçu une araignée.  Une dolomèdes triton.  C’est une araignée qui pêche.  Même des poissons!  Évidemment, dans la flaque, il n’y a pas de poissons.  Est-ce que les rainettes pourront figurer au menu?  Heureusement pour elles, l’araignée était une juvénile.  Donc trop petite même pour les minuscules rainettes.  J’ai quand même pu filmer l’araignée alors qu’elle s’attaquait à une fourmi qui a eu le malheur de tomber d’un arbre au mauvais endroit!

Les rainettes pondent déjà

marais panorama (1 sur 1)

Journée pluvieuse aujourd’hui.  Je ne suis pas resté longtemps dans le marais. C’était de toute façon prévu ainsi. Mais j’y allais quand même avec une mission bien précise en tête:  filmer des rainettes sous l’eau!

J’y suis pas trop mal parvenu lors de mon passage précédent dans le marais.  J’avais une Gopro au bout d’une perche.  Ce qui me permettait d’approcher ma caméra des rainettes alors qu’elles se déplaçaient sous l’onde.  Mais je n’aime pas l’effet d’image instable que ça procure.  Je me devais de recommencer.

Aujourd’hui, je voulais tester une autre stratégie.  Toujours la même Gopro, mais sur un trépied Gorillapod cette fois.  J’utilisais mon iphone pour voir ce qui passait devant la caméra immergée.  Je n’avais qu’à appuyer sur un bouton pour délencher l’enregistrement.

Le hic?  C’est que l’application à distance fonctionne très mal quand la caméra est dans l’eau.  Je perdais constamment le contact avec la caméra.  Je filmais donc plus souvent qu’autrement à l’aveuglette.  Mais j’ai été chanceux!  Et je suis parvenu à filmer une rainette nageant parmi les herbes.  Un gros 15 secondes de belles images stables!  Il a fallu que je laisse tourner la caméra 2 heures pour ce 15 secondes!

En visionnant mes images, j’ai eu une autre surprise.  À côté de la rainette submergée se trouvait des oeufs de rainette!  Le klondike!  Filmer le comportement de reproduction de la rainette et trouver en plus des oeufs, c’est super.

Ne manque maintenant plus que de voir une rainette pondre les oeufs.  Et les tétards sortir des oeufs et grandir.

Et oui, j’aime ça les défis!