Rainette faux-grillon: un projet documentaire

Évidemment, lorsque la chaude saison est de retour, c’est dans les marais que je pars à la chasse aux amphibiens.   Et non dans un terrarium…

L’espèce que j’apprécie tout particulièrement est la rainette faux-grillon (Pseudacris triseriata).   Au Québec, cette minuscule grenouille est menacée de disparition.  À cause principalement, de la destruction de son habitat par l’étalement urbain et l’agriculture industrielle.

Depuis quelques années, je me rends dans les marais qui se trouvent en périphérie de Montréal afin de réaliser des images de cette espèce fabuleuse lors de sa saison de reproduction.  C’est à peu près le seul moment où on peut l’apercevoir.  Les mâles qui chantent, c’est l’occasion qui se présente pour les repérer efficacement. Mais la saison de reproduction ne dure pas longtemps.  Quelques semaines tout au plus.  Alors il faut être là, au bon moment.

Mon but, à terme, est de parvenir à réaliser un documentaire sur cette grenouille.

On a d’ailleurs fait une démo afin de convaincre les acteurs de l’industrie d’embarquer avec nous.  Mais on galère beaucoup.  Cette grenouille dérange beaucoup.  Derrière l’étalement urbain se dissimule la spéculation foncière.  Et qui dit spéculation foncière dit politique.  Alors…

Si vous aimez cette démo, abonnez-vous à ma chaîne Youtube et partagez-la.

Merci!

Capture d’écran, le 2020-01-22 à 10.07.23

Publicités

Hyperolius concolor au flash

À venir jusqu’à maintenant, les photos que j’ai prises l’ont presque toutes été en bénéficiant de la lumière offerte par la barre Led qui trône au-dessus du terrarium.

IMG_1965

J’aime beaucoup l’ambiance qu’une telle lumière procure aux photos ainsi réalisées.  Cette lumière est douce.  Intéressante pour la photo.  Mais le problème, c’est qu’elle n’est pas très forte.  Je dois donc composer mes images en tenant compte d’une faible lumière.  Ça veut dire que je dois monter les ISO, ou ralentir la vitesse d’obturation, ou ouvrir le diaphragme.  Ou faire un petit peu de tout ça en même temps.  Par exemple, j’ai réalisé ces photos avec un ajustement ISO de 800, une vitesse d’obturation de 1/25s et un diaphragme ouvert à F4,5.

Les ISO à 800, avec les caméras Sony, ça ne provoque pas beaucoup de bruit.  On peut donc vivre avec un tel ajustement et obtenir de belles photos quand même.  1/25s, par contre, ça implique de ne vraiment pas bouger lorsqu’on travaille à main levée.  Le moindre petit tremblement provoquera des flous de bougé qui détruiront la netteté de l’image.  Et une ouverture de F4,5, en macro, n’offrira pas une grande zone de focus.

Je voulais donc essayer une autre méthode.  Au flash cette fois.  J’ai travaillé avec mon flash Sony HVL 43m que j’ai incliné afin de déporter au maximum la lumière.  J’ai aussi utilisé un diffuseur Gary Fong.  Cela permet de ne pas produire une lumière trop dure. J’ai ajusté mon flash en mode TTL.  C’est un mode automatique.  C’est le flash qui décide de la puissance de l’éclair qui sera nécessaire dans les conditions X.  Ça fonctionne bien.

Avec une telle méthode, on obtient des images considérablement différentes que celles réalisées à l’aide du seul Led.  D’une part, parce que la lumière est beaucoup plus directe (même si le flash est incliné) et beaucoup plus forte.  Ça permet d’ajuster la caméra différemment.  Pour obtenir l’image ici bas, j’ai pu fermer le diaphragme à F11.  La zone floutée s’en trouve considérablement réduite.  Et la lumière fait voir beaucoup mieux les détails de la grenouille.  Ça donne par contre une ambiance beaucoup plus documentaire qu’artistique.

rainette46

Je vais maintenant réfléchir à une façon de déporter plus grandement le flash afin d’obtenir une lumière moins dure sur le sujet.  Pour ce faire, je devrai utiliser un fil d’extension entre la caméra et le flash.  On y reviendra!

Hyperolius concolor: maintenir une bonne température nocturne

L’hyperolius concolor est une toute petite grenouille africaine.  Elle affectionne particulièrement les températures avoisinant les 25-26-27 degrés celsius.

Évidemment, nos maisons ne sont pas assez chaudes pour procurer de telles températures à cet amphibien.  Il faut donc chauffer le terrarium.J’y parviens en utilisant des ampoules incandescentes.  Dans mon système, j’utilise une 60w et une 25w.

Durant le jour, la température du terrarium est correcte pour hyperolius concolor.  Au point chaud, la température atteint les 27 degrés.  Et au point froid, elle descend à 24 degrés.  C’est parfait!

Il est important de vérifier la température à différents endroits du terrarium.  Pour ce faire, j’utilise un thermomètre permanent qui est près de la porte, et au point le plus loin des ampoules.  C’est là que se trouve le point froid.  Mais je vérifie également la température à différents endroits avec un thermomètre numérique à sonde.

Étant donné que je passe beaucoup de temps devant le terrarium alors que la nuit s’est installée, et ce, parce que ces grenouilles sont nocturnes, je me suis rendu compte que la température du terrarium descend trop bas durant la nuit.  Les ampoules n’effectuant plus leur travail, la température ambiante atteint les 21 degrés.  Il est normal de faire chuter les températures durant la nuit.  C’est comme ça qu’on imite le mieux les conditions naturelles.  Mais 21 degrés, pour cette grenouille, c’est définitivement trop peu.  Je ne voudrais pas que ça descende en bas de 22-23 degrés.

J’achète le matériel sur le marché de l’usager.  Ce terrarium est arrivé chez moi avec un tapis chauffant en prime.  Un tout petit tapis qui se trouve sous le terrarium.  Je croyais que ce serait suffisant pour maintenir une bonne température nocturne.  Mais je me trompais.  Je devrai donc me procurer un second tapis, plus grand que le premier, et que je placerai sur le côté du terrarium cette fois. Ça va en plus cacher l’envers du décor 😉

IMG_1959

Je devrais régler mon problème de température ainsi.  Je vous tiens au courant.

D’ici là, voici quelques photos prises la nuit dernière.

 

Hyperolius concolor: toujours aussi difficile!

Ça fait maintenant quelques nuits que je travaille sur le cas des hyperolius concolor.  Je rappelle que cette grenouille mesure moins de 3cm pour le mâle.  Et moins de 4cm pour la femelle.  Pour l’heure, les individus qui se trouvent dans mon terrarium sont des juvéniles.  Elles mesurent environ 2cm!

Je dirais qu’elles sont tout aussi farouches que les rainettes faux-grillon que je pose, au printemps, dans les marais en périphérie de Montréal.rainette13

Les concolor sont un peu plus grosses que la faux-grillon (taille adulte s’entend), et dès que je m’approche, tout comme une faux-grillon, elles se dissimulent.  Bien sûr, les concolor peuvent aller moins loin dans un terrarium qu’une faux-grillon dans un marais, mais ce qui complique ma mission, c’est que la concolor est nocturne (et pas la faux-grillon).

Ça veut dire que je dois m’installer dans le studio, dans le noir, et ne conserver qu’un faible jet de lumière de type nocturne pour éclairer l’intérieur du terrarium.  Quand j’aperçois une concolor en activité, je hausse l’intensité lumineuse et j’ai alors quelques secondes pour prendre mes photos.  Après ces quelques secondes, la grenouille retourne se cacher.  Elle ressortira quelques dizaines de minutes plus tard.  Ce n’est vraiment pas simple.

Je vais essayer de vous filmer ma méthode pour photographier les concolor dans les prochains jours.

Malgré les embûches, je suis hier soir parvenu à réaliser quelques nouvelles photos.

Macrophoto: hyperolius concolor

Comme je l’appréhendais, c’est tout un défi de photographier cette espèce!  Elle est minuscule, discrète et nocturne!

Mais hier, j’ai quand même pris mon courage à deux mains, et je suis parvenu à réaliser quelques photos.

Pour entendre le chant de cette espèce, c’est par ici: Chant de la concolor

Et dans cette vidéo, je vous explique ma méthode et la façon dont je conserve cette espèce: vidéo

 

Ai-je fait une première erreur?

Depuis le retour des fêtes, je m’implique à fond dans mon plan consistant à monter un studio de photographie macro-animalière à la maison. J’ai commencé par concevoir un terrarium pour un correlophus ciliathus (gecko à crêtes). Et préparer un endroit où je pourrais le poser efficacement.  J’ai bien réussi cette mission.  Il faut dire que le ciliathus est un sujet photo parfait, car très volontaire et calme il est.

Mais des lézards, on n’en a pas au Québec. Et mon but est quand même de préparer cet hiver le terrain pour la photographie d’espèces du Québec. Je voulais donc concevoir un second terrarium, dans lequel je voulais placer des amphibiens, espèces que je pose régulièrement dans la nature de chez nous.  Le terrarium que j’avais sous la main mesure 45cm par 45cm par 45 cm.  C’est un terrarium de taille moyenne, donc.

J’ai étudié plusieurs espèces qui auraient pu trouver leur place dans ce terrarium.  J’avais vraiment le goût de jeter mon dévolu sur Agalychnis callidryas (rainette aux yeux rouges).   Mais la femelle peut atteindre 10 cm de long.  C’est un peu trop gros à mon goût pour un terrarium de 45-45-45.  J’ai peut-être accepté de travailler en partie avec des animaux en captivité (car je continue bien sûr mon travail en nature), il n’en demeure pas moins que je veux malgré tout leur procurer des conditions de maintenance les plus confortables possibles.  Et cela commence par leur procurer des espaces suffisants.

C’est alors que Hyperolius Concolor (rainette de Reed) a attiré mon attention.  Il s’agit d’une toute petite grenouille africaine.  Elle ne mesure que 2 ou 3 cm.  Parfait, donc, pour mon terrarium.  Je me suis par conséquent mis à la tâche.  C’est-à-dire que j’ai commencé à préparer un terrarium de type tropical.  Avec une petite chute.  De la mousse.  Des plantes naturelles.  Et bien des cachettes.

Une fois la mission terminée, je me suis rendu à l’animalerie de Montréal qui se spécialise dans les reptiles et amphibiens.  J’ai acheté trois rainettes de Reed.  Et du moment où je les ai placées dans le terrarium…elles se sont volatilisées!

J’ai tellement bien conçu un univers naturel avec plein de cachettes que les rainettes ont su s’extraire à mon regard très rapidement.  J’ai tout juste eu le temps de prendre 2-3 photos de l’une d’entre-elles qui est demeurée dissimulée quelques instants sous une petite branche une fois sortie de sa boîte de transport (et pas très bonnes qui plus est).  Et après, pouf, disparue elle aussi.

Avec une taille inférieure à 3cm, on peut facilement imaginer que cet animal parvient à se dissimuler très efficacement, même si l’espace n’est que de 45-45-45 (J’aurais quand même dû y penser avant…)

Le gecko à crêtes se dissimule lui aussi durant le jour, et même s’il est passé maître dans l’art de se cacher, il n’en demeure pas moins que le retrouver dans un terrarium prend au maximum quelques secondes.  Les rainettes de Reed, elles par contre, ça doit bien faire une heure que je les cherche, et impossible de les apercevoir.  Bien sûr, il s’agit d’un animal nocturne.  Il faudra vérifier le degré d’activité de celles-ci une fois la lumière de jour du terrarium éteinte.  J’espère être en mesure de prendre de bonnes photos une fois la noirceur installée, mais une chose est sûre, c’est que ça sera tout un défi.

Et contrairement au gecko à crêtes, il s’agit ici d’un animal beaucoup trop fragile pour être manipulé par un photographe.  Je ne pourrai pas les prendre et les placer à un endroit qui me plaît pour prendre une photo.  Je devrai attendre que la magie opère, sans mon intervention.  Mon petit doigt me dit que je devrai quasiment faire de l’affût dans mon studio 🙂

Farces à part, ce blogue a pour but de vous communiquer mes essais et de vous partager mes erreurs.  Avec le recul de la journée, je me dis que j’en ai probablement fait une première importante, parce que j’aurais dû choisir une espèce plus grande que la rainette de Reed comme seconde espèce pour mon studio.  Le fait est que j’investis quand même des sous dans cette opération, et ce, même si j’achète les terrariums et accessoires sur le marché de l’usager.  Si je ne parviens pas à faire de bonnes photos de cette espèce, le jeu n’en vaudra pas la chandelle.  Et j’aurai en quelque sorte gaspillé mes dollars.

Je vous tiens au courant de la suite de l’aventure 😉

 

C’est la saison des amours dans le marais

Pour la rainette faux-grillon, le printemps marque le début de la saison de reproduction. Les mâles s’installent dans des flaques d’eau et chantent sans relâche. Ils espèrent l’arrivée rapide des femelles.

Pour cette espèce en voie d’extinction, la vie est une course contre la montre. Les rainettes doivent pondre rapidement pour que la nouvelle génération ait le temps nécessaire pour se développer complètement et qu’elle soit ainsi prête à geler sous la neige, l’hiver suivant.

La rainette faux-grillon est la plus petite grenouille du Québec.  Elle mesure entre 2 et 3 cm.  Il ne reste plus qu’une dizaine de populations de cet amphibien chez nous.  Autrefois espèce très nombreuse, elle a été décimée par l’étalement urbain et la pollution.  Aujourd’hui, elle doit en plus faire face aux bouleversements climatiques.

Chaque printemps, je retourne à sa rencontre.  Un animal si fragile et en même temps si résilient ne peut faire autrement que de stimuler chez moi un fort sentiment d’admiration.

Une sortie de nuit bouleversante

Hier, durant la nuit, j’ai vécu une expérience spectaculaire et bouleversante à la fois.

Ma nouvelle amie Isabelle Picard, une biologiste spécialisée en faune aquatique et qui m’aide pour mon projet de film sur la rainette faux-grillon, m’avait dernièrement parlé d’un endroit dans le coin de Magog où les amphibiens sortent la nuit.  Ils sortent lorsque le temps est relativement chaud et pluvieux, au printemps, pour se rendre sur les sites de reproduction.  Ils font ensuite la route inverse pour retourner sur les sites où ils passeront l’été.  Lorsqu’ils migrent, il est facile de les apercevoir…et de les prendre en photo!

Des centaines et des centaines de salamandres maculées, de rainettes crucifères, des grenouilles vertes et léopards, de tritons verts et autres crapauds sont à cet endroit très nombreux, à chaque fois que le soir est propice à leur sortie.  Hier, le contexte était parfait.  Il n’en fallait pas plus pour que je saute dans ma voiture et que j’aille retrouver Isabelle à cet endroit afin qu’elle me fasse découvrir cette réalité que je ne connaissais aucunement.

Cet endroit, plus précisément, c’est Fitch Bay.   Ça se trouve au Lac Memphrémagog.  Isabelle y était hier, dans la nuit, avec des équipes de l’organisme Memphrémagog Conservation Inc. (MCI)  Leur travail était de recenser tous les individus qu’il serait possible d’apercevoir en se promenant sur le bord de la route et de tout noter ça minutieusement dans des documents qui devaient être remis par la suite au Ministère des Transports du Québec.

Que vient faire le Ministère des Transports dans cette histoire, me direz-vous!  Je parle de ce ministère parce qu’il est directement concerné par un grave problème.

À Fitch Bay, pour se rendre sur les sites de reproduction, les amphibiens doivent traverser une route de campagne…

Comme on peut facilement se l’imaginer, de si petits animaux sont très difficiles à apercevoir sur l’asphalte, la nuit.  Qui plus est, ils se déplacent très lentement.  Le résultat étant que les voitures qui circulent là les écrasent en grand nombre.

Lors du décompte d’hier, un tronçon de route de 3,1 km était visé.  Environ 240 amphibiens traversant la rue ont été aperçus vivants par les troupiers d’Isabelle.  Mais 146 ne sont pas parvenus à atteindre l’autre côté de la rue.  Ils ont tout simplement été écrasés par des voitures.  On parle d’un taux de mortalité de 60% !  C’est énorme!

carcasse

Alors que nous étions sur l’accotement pour réaliser des images, Geneviève et moi  entendions les amphibiens éclater sous les roues des voitures qui passaient.  C’était franchement bouleversant et déprimant.  De si spectaculaires animaux mourraient ainsi pour strictement aucune raison valable.

J’ai de ce fait passé une partie de la nuit à prendre les amphibiens dans mes mains pour les reconduire de l’autre côté de la rue.  Normalement, je ne touche jamais les sujets que je pose.  Mais dans un tel cas, le stress engendré chez mes sujets par mes manipulations n’était rien à côté de la possibilité énorme de se faire écraser par une automobile; alors j’ai sciemment violé une des règles que je m’impose normalement.

 

Les quelques dizaines d’amphibiens que j’ai ainsi pu sauver ne changent pas grand chose au bout du compte, me direz-vous. Mais au moins cela m’a donné bonne conscience.  Il faut quand même savoir qu’en une seule saison de reproduction, on parle facilement de milliers d’amphibiens qui meurent écrasés sur cette route seulement.  Une meilleure solution que la mienne doit dès maintenant être envisagée.  C’est l’évidence même!

C’est pourquoi Isabelle et la belle gang du MCI s’investissent dans ce dossier.  Avec les informations qu’ils récoltent, ils veulent convaincre le Ministère des Transports d’agir enfin.  Et agir dans un tel cas, ça veut dire entre autres construire des passages fauniques.  Plusieurs stratégies, à ce chapitre, peuvent être employées afin de couronner le tout de succès.  Entre autres choses, des barrières servant à conduire les animaux à des tunnels leur permettant de passer sous la route peuvent être érigées.  Et des étangs devant convaincre les animaux de rester d’un seul côté de la route, évitant de ce fait de traverser la zone mortelle que constitue la route pour eux, pourraient être construits.

Bref, il y a des solutions pour mettre enfin un terme à ce carnage.  Et elles doivent être appliquées le plus rapidement possible.

Je vous encourage d’ailleurs à vous rendre sur le site du MCI et de les appuyer!

***

Afin de me remonter le moral, après avoir vu tous ces amphibiens morts sur la route, je me suis  rendu sur le site de reproduction des rainettes crucifères.  En tant que « chasseur » de rainettes faux-grillon, quand je suis entré dans les buissons trempés, les pieds dans l’eau, je cherchais les rainettes crucifères au sol, sous une herbe ou une autre.  Je les cherchais là où j’aurais normalement trouvé une faux-grillon, quoi.  J’avais pourtant beau scruter l’environnement de tous mes yeux grands ouverts, je n’apercevais rien.  Les crucifères étaient pourtant là.  Je les entendais chanter si fort dans mes oreilles.

Mais pourquoi ne pouvais-je les apercevoir alors que j’étais si proche!?  En me grattant le dessus de la tuque, je relevai le regard et j’ai alors aperçu toutes ces rainettes accrochées aux branches des arbustes qui m’entouraient!  Elles grimpaient dans les arbres pour mieux chanter et appeler de plus loin les femelles, voilà pourquoi je ne les voyais pas!  C’était hallucinant.  Je me serais pratiquement cru dans une forêt du Costa Rica… enfin tel aurait pu être le cas si la pluie n’avait pas été si froide!

Ces animaux magnifiques méritent qu’on fasse quelque chose pour eux.  La première étape est de faire connaître le problème de Fitch Bay autour de vous.  Plus nombreux nous serons à savoir, et plus grandes seront les chances que le problème soit corrigé rapidement.

Alors je compte sur nous!

Projet rainette: c’est parti!

L’un de mes amis qui se bat pour la protection de la rainette faux-grillon depuis des décennies maintenant (Tommy Montpetit pour ne pas le nommer) m’a contacté il y a quelque 24 heures de cela pour m’annoncer que les rainettes faux-grillon avaient commencé à chanter dans un secteur de la rive-sud de Montréal.

Tommy m’informe au sujet de la rainette car il sait que je travaille sur un projet de film sur le sujet.

Quand il m’a dit que les rainettes avaient déjà commencé à chanter, j’ai été d’abord fort surpris.  Il reste encore beaucoup de neige par endroits, et l’eau est glacée.  Il faut que cette espèce soit d’une résistance sans nom pour lancer sa saison de reproduction alors qu’il gèle encore dehors!

Car oui, ce sont les mâles qui chantent.  Pour appeler les femelles.

À l’annonce du début de la saison de reproduction, je n’ai fait ni une ni deux et me suis rendu dans le marais.  Et en effet, quelques rainettes chantaient déjà.  Timidement il faut bien le dire.  Et ce, parce qu’elles ne sont pas encore complètement dégelées.

Cette première journée passée sur le terrain, je n’ai pas vu de rainettes par contre.  Lorsqu’elles sont aussi frigorifiées, elles sont encore plus farouches que d’habitude.  Elles cessent donc de chanter au moins petit bruit.  Je n’ai conséquemment pu n’en approcher aucune.

J’ai par contre vu quelques grenouilles des bois, des araignées-pêcheuses (et autres araignées) et même un cerf de Virgine.  À travers les branches, il semblait se demander ce que je recherchais aussi attentivement parmi les brins d’herbe.

Au marais,  j’y suis retourné ce matin.  Pour faire des images de matin de printemps. Les rainettes ne chantaient pas encore quand je suis parti vers 10h.  Mais je suis parvenu à filmer le carouge à épaulettes mâle alors qu’il lance ses chants d’amour du haut de son perchoir.  Je voulais cette scène!  Car le film que je veux faire sur la rainette, c’est aussi un film sur un écosystème et ses habitants.

Ce matin, j’ai aussi eu la visite d’une belle bernache.  Et d’un sympathique pic mineur.