Patrouille papillon: je commence la distribution

Il y a deux mois de cela, j’ai été sélectionné par la Fondation David-Suzuki afin d’intégrer les rangs de la patrouille papillon 2018.  Cette patrouille a pour mission de donner un coup de pouce au papillon monarque dont les populations ont chuté de 90% depuis quelques décennies.

Il y a plusieurs facteurs qui expliquent ce déclin.  Et parmi ceux-ci on retrouve l’élimination de la plante asclépiade.  Le monarque ne pond ses oeufs que sur cette plante qui est vénéneuse.  C’est un stratagème que le monarque a conçu au fil de l’évolution afin de rendre ses chenilles impropres à la consommation pour les oiseaux.

Partant de là, il est assez simple de comprendre qu’il faut resemer de l’asclépiade à grande échelle si on veut aider le monarque, ce que la patrouille papillon s’efforce de faire.  La patrouille le fait en sensibilisant les gens à l’importance de cette plante pour les monarques.  Et en distribuant aussi des semences et des plantules.

il y a deux mois, j’ai lancé la stratification de mes graines d’asclépiade.  La stratification a pour but d’imiter l’hiver et le dégel.  On place donc les graines au réfrigérateur quelques semaines.  Plus c’est long, mieux ça germe une fois l’opération terminée.  Pour ma part, j’ai laissé les graines au frigo deux mois.

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Aujourd’hui, j’ai débuté ma distribution. Et j’ai commencé en visant un bon ami à moi qui est aussi un fervent défenseur de la rainette faux-grillon.  Tommy Montpetit, parce que c’est de lui dont il est question, se bat en faveur de ce petit amphibien depuis 20 ans maintenant.  C’est lui qui m’a tout appris à son sujet.

Maintenant, Tommy plantera de l’asclépiade sur son terrain afin d’aider une autre espèce menacée:  le papillon monarque.

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D’ici peu, je lancerai un appel à tous.  Je vous donnerai rendez-vous à quelque part (je dois encore décider où) pour que vous veniez me rencontrer afin que je vous donne des plantules d’asclépiade.  Sur votre terrain, vous pourrez les planter.  Plus de détails à venir d’ici peu!

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Le bleu argenté

Hier, en me promenant dans mon marais, j’ai aperçu de tout petits papillons bleutés.  Ils virevoltaient autour de moi.  Et sur une branche, deux d’entre-eux étaient engagés dans un comportement de reproduction.

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Je trouve toujours assez difficile d’identifier les insectes.  De retour chez moi, je me suis mis à la recherche de l’identité de ce beau petit papillon.  Et suis tombé sur la réponse:  Glaucopsyche lygdamus.  Ou en langage familier:  le bleu argenté.

Car le dessus des ailes du mâle est d’un beau bleuté pastel.  Je ne suis pas parvenu à poser les papillons de façon à voir le dessus des ailes, mais le simple fait de pouvoir observer leurs antennes bigarrées m’a suffit.

L’envergure des ailes de ce papillon dépasse à peine les 3 centimètres.

Comme tous les papillons, le bleu argenté passe par les quatre stades successifs:  oeuf, chenille, chrysalide et adulte.  Le bleu argenté passe l’hiver sous forme de chrysalide.  Il quitte sa capsule dès que le printemps est bien entamé; il se lance dès lors à la recherche d’un partenaire pour donner naissance à une nouvelle génération de bleus argentés.

Les femelles pondent leurs oeufs un à un, sur un bourgeon.  Les chenilles mueront plusieurs fois durant l’été.  Avant de se transformer en chrysalide, en prévision de la froide saison.

Les jours se suivent et se ressemblent

Le mercure est monté aujourd’hui.  Et dans le marais, ça s’est fait sentir.  L’activité a repris de plus belle.  Les mâles sont de retour sur les promontoires afin de chanter et attirer les femelles.  Le problème est que les femelles ne sont toujours pas au rendez-vous.  Les jours commencent à se ressembler.  Et les images que je recueille aussi.

Ça fait maintenant une semaine que je passe dans le marais.  Ce qui veut dire que j’ai investi environ 40 heures à observer ma flaque d’eau.  Et durant tout ce temps, je n’ai vu des femelles rainettes que durant environ une heure.  C’est peu.

Mais j’imagine que ce temps relativement chaud aura un impact positif aussi sur les femelles. Qu’elles se pointeront bientôt dans le marais. Et que je pourrai ainsi emmagasiner beaucoup d’images d’accouplement.

Les rainettes faux-grillon se reproduisent par fécondation externe.  Le mâle s’accroche sur la femelle et lorsqu’elle se met à pondre ses oeufs, il expulse sa semence.  Le mâle peut rester accrocher à la femelle plusieurs heures avant que ça ne se passe. Ce qui veut dire que je devrai m’armer de patience.

Pour le moment, je suis parvenu à filmer des scènes où la femelle se dirige vers le mâle pour mieux le laisser s’accrocher à son dos.  J’ai aussi des images d’oeufs.  Mais je ne suis pas parvenu à filmer la ponte en tant que telle.  Et c’est ça que j’aimerais réussir.  Je ne sais pas si c’est réaliste de penser y parvenir, mais en tout cas j’essaie.  Et le meilleur moyen d’y parvenir, je crois bien, c’est à l’aide de la gopro que je cache par ci et par là, sous l’eau, dans le marais.  Si je suis chanceux, je parviendrai bien à recueillir les images qui me font tant rêver.  Ce qui serait un moment très fort pour le film que je suis en train d’imaginer, bien assis dans mon marais.

En attendant, je garde l’oeil ouvert et je le dirige à la surface. J’espère ainsi filmer un prédateur de la rainette.  Cette espèce d’amphibien finit souvent ses jours dans l’estomac de la couleuvre rayée.  J’en ai vu une la semaine dernière, près de ma flaque.  Mais ne suis pas parvenu à la filmer.  Ce reptile aime bien se réchauffer sur les roches au soleil au petit matin ou le soir venu.  Ça devra faire partie de ma stratégie.

La rainette est aussi dévorée par des oiseaux comme le merle d’Amérique.  Pour l’instant, je n’en ai aperçu aucun près de ma mare. Alors que j’en voyais souvent, à la fin de l’hiver.

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Mais bon, je vais investir plus d’énergie sur la captation de ces scènes de prédateur quand j’aurai vraiment bien filmé la rainette.

Pour m’encourager à persévérer, un papillon morio est venu me saluer aujourd’hui.

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