La grive fauve: le meilleur chanteur de nos forêts!

Le chant de la grive fauve est, à mon point de vue, le plus beau de nos forêts.

Écouter son chant

Ce petit oiseau est un grand migrateur.  S’il passe ses étés chez nous, au Québec, l’hiver, il se trouve au centre du Brésil.  La migration s’effectue de nuit.  En 24h, la grive fauve peut parcourir près de 300km.  Les vols de migration s’effectuent à une altitude d’environ 200 à 1000 mètres.  Mais les biologistes ont déjà étudié des groupes de grives qui volaient jusqu’à 2000 mètres d’altitude!

Ce petit oiseau aime les sous-bois des forêts mixtes.  Qu’ils soient denses de préférence.  En zone marécageuse, aussi.  Il consomme les petits invertébrés qui fréquentent ces zones.  On voit alors la grive effectuer de courtes plongées à partir des branches basses pour ainsi mieux fondre sur ses proies.

La grive fauve est timide.  Et la plupart du temps solitaire.  On peut l’apercevoir en couple au temps de la reproduction qui s’étend du mois de mai au mois d’août.  Considérant ce laps de temps, il peut arriver qu’il y ait deux nichées.

Le nid est assez volumineux.  Il est fabriqué par la grive à l’aide de feuilles mortes, d’herbes sèches et de morceaux d’écorce. Dans les zones humides, l’oiseau construira une genre de petite plateforme pour solidifier encore davantage son nid. Le nid n’est jamais très élevé dans les arbres.  La grive fauve fréquente les sous-bois pour s’alimenter, et c’est là aussi qu’elle place son nid.  On retrouve parfois même le nid directement sur le sol.  La grive fauve pond généralement trois ou quatre oeufs.  Les oeufs sont bleu pâle, voire bleu turquoise.  L’incubation est courte.  Elle dure de 10 à 15 jours. Les oisillons quittent le nid environ 11 jours après l’éclosion.

Le nid de la grive fauve est visé par le vacher à tête brune.  Ce dernier oiseau pond son oeuf parmi ceux de la grive.  Quand l’oisillon vacher sort de son oeuf, il pousse les oeufs de la grive en bas du nid.  Conséquence:  l’oisillon vacher pourra profiter seul du travail de ses parents d’adoption qui le nourriront jusqu’à ce qu’il soit prêt à voler de ses propres ailes.

Nous avons six espèces de grive au Québec. La grive à joues grises, la grive de Bicknell, la grive à dos olive, la grive solitaire, la grive des bois et bien sûr la grive fauve.

La plupart des espèces de grives sont en déclin plus ou moins importants.  Ce déclin est provoqué par la destruction de leurs habitats.  La fragmentation des forêts rend les nids de la grive fauve plus facilement accessibles aux prédateurs.  Et un habitat réduit produit moins de nourriture pour ces oiseaux.

 

 

 

Publicités

Une journée avec les mésanges

Ma sortie au coyote ne fut pas couronnée de succès.  La météo ne m’a pas fait de cadeaux durant les jours où j’étais sur la piste de ce canidé magnifique.

Pourtant, quelques jours seulement avant mon arrivée sur le site retenu pour l’opération photo, les coyotes étaient très actifs.  Mais la mauvaise météo qui nous a frappés dès mon arrivée semble les avoir convaincus de ne plus bouger d’un poil, de se mettre bien à l’abri d’ici le retour du temps doux.

Décidément, ces coyotes me donnent du fil à retordre.  Mais je n’ai pas dit mon dernier mot.  Je vous en passe un papier.

Au moment d’écrire ces lignes, une caméra de surveillance enregistre les informations concernant un spot où circulent activement les coyotes. Cette caméra sera en place environ deux semaines.  Sans qu’un humain ne passe dans le secteur durant cette période.  Car personne n’y passe jamais, à part moi bien sûr.  Cette tranquilité devrait rassurer les canidés.  Et un coyote devrait de ce fait passer directement devant la caméra d’ici à ce que j’y retourne. Enfin je l’espère.

Si tel est le cas, les informations que je prélèverai me permettront de placer un piège photographique plus efficacement. Et d’obtenir ainsi une photo digne de ce nom.

***

Pendant que j’attendais le passage des coyotes au cours de la dernière semaine, j’ai quand même pu observer bien des oiseaux, dont les sympathiques mésanges à tête noire.  Elles semblaient se demander à quel jeu je jouais.  Avec mon appeau électronique imitant le cri des coyotes. Ou d’un animal blessé.  Cris qui les attirent, je ne sais trop pour quelle raison d’ailleurs.  Les mésanges semblaient trouver tout aussi étrange ma peluche imitant un lapin en détresse qui se trémousse (au bout d’une baguette métallique) 😉

lapin (1 sur 1)

Les mésanges, elles, au moins, se sont laissées facilement photographier 😉

Le gros-bec errant: que de souvenirs!

Lorsque j’étais encore enfant, je pris la décision de nourrir les oiseaux derrière chez nous.  Je devais avoir 9 ou 10 ans quand j’ai commencé.  Et à l’époque, nourrir les oiseaux n’était vraiment pas à la mode.

Afin de parvenir à mes fins, je construisis moi-même mes mangeoires. Il s’agissait de plateaux rudimentaires que j’avais peints d’un bon brun années 1980.  D’accord, c’était tout croche.  Mais on peut l’excuser puisque c’est un enfant qui les avait fabriqués.

N’en demeure pas moins que j’eus du succès très rapidement.  Comme j’étais à peu près le seul dans le quartier à nourrir les oiseaux, ceux-ci accoururent très rapidement dans mes mangeoires.  Résultat:  mes plateaux se vidaient très rapidement.

Je pris mon argent de poche et je me rendis à la pépinière du coin où ils vendaient des grosses poches de graines de tournesol. Il faut dire que les gros-becs errants venaient chez moi, chaque jour, et qu’ils étaient plusieurs dizaines à consommer les graines de tournesol que je plaçais à leur disposition.  Comme on peut l’imaginer, une poche de graines ne fut pas suffisante.  Je dus en acheter quelques-unes durant l’hiver.

Au printemps, le terrain n’était pas beau à voir.  Il y avait des écales de graines de tournesol partout.  Ma mère, bien que mécontente, m’aida à nettoyer le terrain.  Et mon père me fabriqua une mangeoire plus modeste que les plateaux que j’utilisais jusque-là. Je poursuivis ma mission et continuai de nourrir les oiseaux.  Mais de manière plus raisonnable 😉

Je me souviens aussi d’avoir pris conscience que ce que les gens disaient à cette époque, c’est-à-dire que les oiseaux du Québec étaient tous bruns-laids, était archi-faux.  Les gros-becs errants sont les premiers oiseaux que j’ai vus chez moi et qui étaient aussi colorés.  J’ai alors su que nous aussi on avait des oiseaux au plumage resplendissant!

Ce sont tous ces souvenirs qui me revinrent à l’esprit ces derniers temps lorsque les gros-becs errants furent de retour autour de ma maison du fond des bois.

Quelques jours avec les tarins des pins

La semaine dernière, les tarins des pins ont fait leur apparition dans les boisés derrière chez moi.  Il y en avait des dizaines et des dizaines.  Je ne les avais point aperçus jusqu’ici, cet hiver.  Leur arrivée en grand nombre fut par conséquent assez surprenante!

Le plumage de l’oiseau peut apparaître quelconque au premier regard.  Ça demeure un petit oiseau brun, avec un peu de jaune sur la base des rectrices.  Mais il est tellement sympathique, cet oiseau, qu’on en oublie rapidement le peu d’éclat de son apparence.

C’est un oiseau très peu farouche qui se laisse approcher facilement.  Il s’agit donc d’un bon sujet pour la photo.  Et comme il forme de grands groupes, ce ne sont jamais les sujets de photo qui manquent lorsqu’il est dans les parages.

Si la nourriture se faire rare certains hivers, le tarin de pins prendra la décision de migrer vers le sud.  En rangs serrés, il pourra se rendre aussi loin du Québec que la Floride.

C’est un oiseau qui est régulièrement victime d’accidents avec les voitures.  Il est attiré vers le bord des routes par les sels de déclaçage qui sont ici épandus l’hiver afin de faire fondre la glace.  Son caractère peu farouche le dessert alors car il ne s’envole qu’au dernier moment lorsqu’une voiture se dirige vers lui.  Et pas tout le temps dans la bonne direction…

Le marais revit ! (un peu)

Depuis que le mercure a chuté, les grenouilles étaient disparues de mon écran-radar. Je ne les voyais plus en forêt. Ce qui était drôlement inquiétant quand on connaît l’importance de cette famille d’animaux.

Aujourd’hui, j’étais dans le boisé du Tremblay avec Tommy Montpetit, un expert de ces milieux.  Et lui aussi est très inquiet quant au printemps que l’on connaît cette année.  Les grenouilles se font très discrètes.  Les insectes prennent du temps à occuper l’espace.  Et les oiseaux trouvent encore peu de nourriture.  Je m’en rends compte.  Et lui aussi, bien sûr.

Dans de telles circonstances, on ne croyait pas voir ce qu’on a vu aujourd’hui.  C’est-à-dire un marais qui revit peu à peu.  D’accord, les oiseaux sont encore peu nombreux.  Surtout les insectivores comme les parulines.  Les insectes aussi.  Mais au moins, ça commence à verdir.  Et à fleurir.  Nous sommes d’ailleurs aujourd’hui tombés sur un tapis de claytonies. Hallucinant! Il y en avait à perte de vue! Et nous avons vu aussi des trilles et des érythrones! Et les fougères commencent à sortir vraiment du sol. C’est bon signe!

Mais la découverte la plus encourageante de la journée fut très certainement ces flaques d’eau remplies de…tétards!  Plusieurs (dont nous) s’inquiètent de l’actuelle saison de reproduction des amphibiens dans la grande région de Montréal.  Il fait tellement froid que les chants ont cessé depuis plusieurs jours maintenant.  De voir des tétards, même si ce furent les seuls que nous avons aperçus jusqu’à maintenant cette saison, c’est quand même rassurant.  Faudra attendre de voir pour la suite des choses.  De voir si l’impact de la météo ne sera pas trop dévastateur sur les grenouilles…et la rainette faux-grillon spécialement.  Rainette qui est en voie d’extinction au Québec, je le rappelle.

Parmi les fleurs, des insectes commencent enfin à faire leur apparition.  Bien campé sur un trille, j’ai d’ailleurs vu un impressionnant réduve.  Celui-ci frappe ses proies à l’aide de son rostre (genre de trompe qui lui fait office de bouche).  Il injecte de la sorte dans l’insecte ainsi capturé une genre de salive toxique.  Il consomme ensuite bien tranquillement son repas.

Plus loin, une mouche velue se faisait chauffer au soleil, lui qui peinait vraiment à percer le couvert nuageux.  Alors qu’un peu plus loin des escargots des bois se reproduisaient frénétiquement quoique bien lentement.

L’escargot des bois (Cepeae nemoralis) est une espèce exotique au Québec.  Elle provient d’Europe.  L’espèce a été introduite aux États-Unis en 1857.  Au Québec, elle est présente depuis une douzaine d’années mainteant.  Elle ne cause cependant guère de problèmes ici car elle dévore surtout des plantes mortes.

L’escargot des bois est hermaphrodite.  Mais il a quand même besoin d’un collègue pour donner naissance à une nouvelle génération.

Tout le long de nos pérégrinations en forêt, un beau tyran huppé nous suivait.  Cet oiseau curieux aime les forêts de feuillus relativement clairsemées.  Il les égaie de son chant mélodieux.

Des oiseaux sous la pluie

J’ai hésité longtemps, hier, avant d’aller observer les animaux autour de mon étang.  Les conditions météorologiques n’annonçaient rien de bon.

Une fois le travail de bureau terminé, j’ai quand même décidé d’aller au front.  Et de la pluie, j’en ai reçu des torrents.  Mais bien caché sous mon abris en toile, je pouvais poser tout en protégeant mon matériel.

Le bouleau tout juste à côté d’où je me trouvais commençait à produire des graines. Il n’en fallait pas plus pour que mésanges, chardonnerets et roitelets à couronne rubis accourent.  Un pic s’arrêta quand à lui dans l’arbre mort face au bouleau.  Alors qu’un bruant chanteur prit position sur une branche pour mieux appeler ses congénères.

La journée tirait à sa fin.  J’étais transi.  Et bien humide.  Je décidai de remballer mon stock quand une grenouille léopard vint voir de plus près ce qu’était cette espèce de tente nouveau genre.  Ma lentille macro se trouvait dans ma poche.  En deux temps trois mouvements, elle se retrouva sur ma caméra.  Et le portrait de la grenouille léopard, quant à lui, sur la carte de ma caméra!

Après cette séance-photo en dehors de mon abri, j’étais cette fois bien frigorifié.  Je commençai donc à démonter mon trépied.  Quand j’aperçus une ombre marcher d’un pas décidé entre les tiges des quenouilles.  Je réinstallai mon téléobjectif et me mis à scruter les minces espaces libres entre les tiges devant moi.  Je vis alors un oeil.  C’était l’oeil du très furtif râle de Virginie!

râle de virginie (1 sur 1)

La photo n’est pas terrible.  Mais bon, comme c’est un oiseau assez difficile à observer, je me permets de vous la partager quand même!

Oiseaux du matin

Le boisé du Tremblay est parsemé d’étangs et de mares où les oiseaux barbotent avec joie.  Pour bien les observer, le mieux, c’est d’y aller tôt le matin.

L’étang où j’ai choisi de poser ma caméra ce matin est en fait un bassin constitué artificiellement par une famille de castors.  Ce qui attire, dans le secteur, des canards, des bernaches, des aigrettes, des butors, etc.

Ce matin, j’espérais capter l’image de la fameuse aigrette.  Je l’ai bien aperçue.  Mais malheureusement, elle a décidé de fréquenter un secteur un peu plus loin.  Et très difficile d’accès quand on a seulement des petites bottes.  Ce qui était mon cas.  Je me promets bien de récidiver et de coucher un autre jour le portrait de cette aigrette sur ma pellicule numérique.

Les couleuvres étaient aussi très présentes.  Mais la chaude température les a bien réveillées.  Elles filaient comme l’éclair entre les herbes.  Impossible pour moi de les poser.

Heureusement, des bernaches et des canards colverts ont accepté de poser pour moi!

Encerclé par les roitelets

Aujourd’hui, je me suis rendu dans le Boisé du Tremblay.  Un des derniers espaces verts de la couronne montréalaise.

J’y vais régulièrement car je travaille sur un projet documentaire qui concerne la rainette faux-grillon de l’Ouest.  Une espèce de batracien en voie d’extinction et qui vit justement dans le Boisé du Tremblay, à Longueuil.

La belle météo laisse présager que la rainette chantera très bien bientôt.  Et la saison des amours, chez cette espèce, dure très peu de temps.  Je dois donc surveiller ces marais de près.  Question de ne pas manquer le moment fatidique.

Aujourd’hui, j’ai entendu des chants de batracien.  Mais c’étaient des grenouilles vertes.  Je n’ai pas entendu la fameuse rainette.

Mais pas grave, j’ai trouvé de quoi égayer ma lentille quand même.

Il y avait énormément de roitelets à couronne dorée dans une section du marais.  J’aime cet oiseau.  Petit.  Vif.  Et l’oeil vigilant.  Le problème c’est qu’il n’arrête pas de bouger.  Alors le prendre en photo est tout un défi.  Mais je crois y être pas trop mal parvenu.

Mais dans la marais, aujourd’hui, les insectes commençaient aussi à se réveiller.  Les mouches.  Et les coléoptères.  Une belle journée passée dans la nature, les pieds mouillés, quoi!

Pointe-Yamachiche… la réserve naturelle

Dans les prochains jours, c’est par là qu’on va aller faire de la photo. Nous sommes dans la période des migrations, et j’espère prendre de belles photos d’oies blanches et de bernaches.  Probablement plus en chemin que directement à la réserve, mais bon, on verra.  Et je vous tiendrai bien sûr au courant.