Docu sur le St-Laurent: la bande-annonce

Ça fait quand même longtemps que j’en parle.  Et ça arrive enfin.  Notre film sur le Saint-Laurent marin sera diffusé le 25 avril sur les ondes de Canal D.  Il sera ensuite diffusé à quelques autres reprises durant la même semaine.

Pour vous faire patienter, je vous propose de visionner la bande-annonce!

QUÉBEC PROFOND | Bande annonce officielle from Catbird Productions on Vimeo.

 

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Le Saint-Laurent, l’hiver

Depuis 10 ans maintenant, je multiplie les plongées dans les profondeurs du Saint-Laurent. Et je suis toujours étonné de constater que bien des animaux qui s’y trouvent, et qui vivent bien souvent à quelques centaines de mètres seulement de nos maisons, demeurent profondément méconnus.  Méconnus de tous, et même des biologistes et océanographes!

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Pour essayer de comprendre un peu mieux ce milieu de vie spectaculaire que je fréquente assidûment une bonne partie de l’année, j’ai acheté les guides disponibles sur le marché.  En fait, je me suis procuré « le » guide car il y en a vraiment qu’un seul, celui de Pierre-Henry Fontaine.  Je consulte régulièrement ce livre intitulé Beautés et richesses des fonds marins du Saint-Laurent.  M. Fontaine a plongé des décennies durant dans ces eaux et en a rapporté des informations précieuses.  Son guide l’est par conséquent tout autant.  Mais il demeure incomplet.  Comme le sont tous les livres du monde.

Ce qui fait que chaque été, je croise la route d’animaux que je ne connais pas et qui ne figurent pas dans ce guide.  Ou j’assiste, sous les flots, à des comportements que je ne pourrais expliquer, et ce, parce qu’ils ne le sont dans aucun livre.

Afin de m’aider à mieux comprendre la vie qui s’installe dans la colonne d’eau du Saint-Laurent, je me suis dernièrement procuré le magnifique ouvrage de Christian Sardet et édité par l’Ulmer.  Le titre:  Plancton.  Aux origines du vivant.  C’est grâce à ce livre que j’ai pu identifier les appendiculaires qui foisonnaient dans les eaux du Saint-Laurent, l’été dernier.  Il a enrichi considérablement mes connaissances eu égard à ce grand fleuve car il traite d’animaux que passe sous silence le guide de Pierre-Henry Fontaine. Mon arsenal de connaissances s’est enrichi, mais ça demeure seulement deux livres quand même.

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J’explore le Saint-Laurent au cours des mois « chauds ».  C’est-à-dire du mois de mai au moins d’octobre.  On dit chaud, mais ce ne l’est pas vraiment.  La température de l’eau est en moyenne de zéro à quatre degrés.  Je n’ai plongé qu’une seule fois l’hiver dans le Saint-Laurent.  Et à cette saison, le Saint-Laurent demeure encore plus méconnu qu’il ne l’est l’été.

Heureusement, une équipe de recherche s’affaire ces jours-ci à étudier le Saint-Laurent, l’hiver.  Pour plus de détails, on peut lire cet article:

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Forte mortalité chez les petits rorquals

On a appris dernièrement que les petits rorquals qui fréquentent la côte est américaine avaient été victimes d’un taux de mortalité plus important qu’à l’habitude l’an dernier.  En fait, on parle du double d’animaux retrouvés morts (28 contre 14 l’année précédente).  Et la plupart des carcasses présentaient des marques d’interactions avec les humains.

Dit plus clairement:  ces petits rorquals ont été victimes de l’activité humaine.

Dans le Saint-Laurent, là où je fais de la photo sous-marine, c’est principalement le petit rorqual qui croise notre route. En zodiac, on en voit à presque toutes les sorties en mer.

Il y a deux étés de cela déjà, j’ai été contacté par Pêche et Océans Canada pour aller échantillonner une carcasse de petit rorqual, animal qui s’était noyé à cause d’une corde.  J’avais pris plusieurs photos de l’incident.

Nous avions même plongé sous la carcasse pour découvrir ce qui l’avait précisément tué:  des engins de pêche.  (vous pourrez voir tout ça dans mon documentaire qui sortira en avril prochain).

Comme quoi, les petits rorquals souffrent aussi de la présence humaine dans notre grand fleuve.

Pour plus de détails à ce sujet, je vous propose une entrevue accordée par le biologiste Robert Michaud:

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Des animaux sur d’autres animaux

Plonger le Saint-Laurent dans l’objectif d’observer des animaux nous amène à développer toutes sortes de stratégies pour bien y parvenir.

D’emblée, on est plutôt portés à chercher les gros poissons.  Un peu comme on le fait lorsqu’on se rend dans les mers du Sud.  Mais on se rend rapidement compte que cette façon de faire n’est pas la meilleure pour notre grand fleuve.

Ici, ce qui est souvent le plus intéressant à voir est minuscule.  Au lieu de chercher les poissons gros comme des ballons de basket, on est mieux de scruter les environs dans la perspective de cibler des animalcules gros comme des grains de riz.

Nudibranches, petites poules de mer, lucernaires et compagnie font d’excellents sujets de photographie.  Enfin moi je trouve.

Mais ce dont je me rends de plus en plus compte, c’est qu’il est en plus très efficace de regarder sur le dos des animaux pour y repérer des sujets uniques.  Là se trouvent très souvent d’autres animaux qui ne retiennent pas l’attention de ceux qui passent trop vite ou qui n’ont pas l’oeil assez aguerri.

C’est le cas des bernard-l’ermite.  Ces genres de petits crabes transportent sur leur dos une coquille qu’ils ramassent de ci et de là sur le récif.  Le fait qu’ils se promènent d’un bord et de l’autre permet à des animaux qui s’accrochent à leur dos de se nourrir sans trop d’efforts.

C’est le cas de la fourrure d’escargot.  Il s’agit en fait d’une colonie de petits hydroïdes qui se nourrissent en capturant des éléments du plancton.

Les balanes adoptent souvent la même stratégie.  Elles aiment se faire promener sur le dos d’une autre espèce pour attraper leurs proies avec le filet qu’elles brandissent tout le jour durant.  Mais comme la balane est généralement plus grosse que les hydroïdes, elle choisit des moyens de transport plus volumineux.  Comme des crabes par exemples.

Les éponges font de même.  Ces colonies de cellules profitent des meilleures occasions pour filtrer l’eau des particules dont elles se nourrissent.  Il arrive fréquemment de les voir sur les crabes.

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D’autres animaux préfèrent quant à eux récolter les restes qui tombent de la gueule des animaux plus gros.  Dans les profondeurs du Saint-Laurent, l’anémone rouge du nord est un prédateur redoutable.  J’en ai vues dévorer des lançons vivants.  De tels repas produisent des miettes et des restes.  Des genres de gammaridés ont bien compris le profit qu’elles pouvaient tirer de la situation.  Elles vivent donc entre les tentacules des anémones.

Alors que des copépodes préfèrent eux vivre tout près des buccins.  Pour profiter des restes des repas eux aussi.

Et il y a ces animaux qui ne se cassent pas la tête du tout.  S’accrocher aux yeux des poissons pour consommer les fluides corporels de l’hôte, voilà une stratégie rentable!

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Des anémones retrouvées

Je devais aujourd’hui fouiller dans mes anciens fichiers afin de trouver du matériel qui pourrait nous servir pour notre film sur le Saint-Laurent.  En fouillant, je suis tombé sur des vieilles photos qui dormaient sur un disque dur oublié.

J’ouvre les photos…  La plupart ne sont pas intéressantes.  Elles ont été mises de côté pour une bonne raison, je dois bien le dire.  Mais dans le lot, j’ai trouvé deux photos d’anémones rouges du nord qui me plaisent bien.

Elles ont été prises avec une simple caméra compacte.  Une Sony Rx100 première génération pour ne pas la nommer.  Mais le résultat est quand même bien intéressant.  On voit bien les détails de l’animal.  De sa bouche surtout.

Cet été, j’ai pu filmer cette espèce d’anémone en chasse.  Elle capturait des lançons, un petit poisson fourrage, qu’elle se dépêchait d’avaler avant qu’ils ne parviennent à se sauver.  Il faut dire que l’anémone rouge du nord met les chances de son côté.  Dès que le lançon la touche, elle lui injecte du venin à l’aide de ses tentacules qui le paralyse progressivement.

Ces images de chasse sont très impressionnantes.  Vous pourrez les voir dans notre film.

L’été prochain, je me promets bien de faire davantage de photos.  Au cours des derniers mois, je me suis plutôt concentré sur la vidéo.  Mais la photographie dans le Saint-Laurent permet elle aussi de récolter toutes sortes d’images assez uniques.  Et c’est plus facile de les partager que la vidéo.

Il faut juste avoir un bon flash et savoir le positionner correctement pour ne pas prendre en photo, en plus de son sujet, le plancton qui dérive partout.