Découverte d’un hibernacle

Hier, j’explorais des milieux humides en périphérie de Montréal quand je suis tombé sur un phénomène que j’espérais observer depuis des années.  La sortie printanière des couleuvres de l’hibernacle!

La couleuvre rayée (Thamnophis sirtalis) est un animal ectotherme.  Ça signifie que la température de son corps varie en fonction de la température ambiante.  L’hiver, elle doit donc se mettre à l’abri. Et pour ce faire, elle peut parcourir des kilomètres pour retrouver son hibernacle.

En guise d’hibernacle, la couleuvre peut choisir des éboulements de roches, des crevasses dans la terre, des terriers de mammifères abandonnés.  Ce qui est important pour elle, c’est que la température de son repaire ne franchisse jamais la barre du zéro degré celsicus, ce qui marquerait bien sûr son arrêt de mort.  C’est que contrairement à certains amphibiens du Québec, comme la grenouille des bois (lithobates sylviaticus), la couleuvre rayée ne possède pas de substances antigels qui protègent ses cellules en cas de gel.  Une fois congelée, la couleuvre meurt.  Pas la grenouille des bois!

La température idéale de l’hibernacle est de 3 ou 4 degrés.  Les cachettes sont recherchées et il n’est pas rare de retrouver des dizaines de couleuvres dans le même hibernacle.

Hier, l’hibernacle que j’ai repéré était un simple trou dans la terre.  Des dizaines de couleuvres en sortaient toutes en même temps.  Les réserves de graisse s’épuisant tout le long de l’hiver, les températures clémentes du printemps lancent donc la nécessité de s’alimenter.  Et de se reproduire aussi!

Ç’a été tout un spectacle.  Je me suis couché sur le sol.  Les couleuvres sortaient et sortaient d’un trou à peine plus gros qu’une seule d’entre elles (la couleuvre rayée peut mesurer jusqu’à 60-70 centimètres).  Elles étaient si peu farouches que plusieurs sont venues à ma rencontre.  Certaines passaient sur mon corps.  Alors que d’autres m’inspectaient de leur langue sur la peau de mes mains et des mes bras.

hibernacle

Le phénomène a duré des heures.

Tout un souvenir!

 

 

La mue chez sphodromantis lineola

Ça faisait quelques jours que je trouvais que ma mante africaine (sphodromantis lineola) se comportait étrangement. En fait, elle était très peu active.

Je suspectais qu’elle préparait une mue.

Et ce matin, mes prévisions ont été confirmées. J’ai trouvé l’enveloppe de ma mante au fond du vivarium.

Il s’agit d’un processus qui permet à l’insecte, en l’occurrence ici une mante africaine, de produire une nouvelle cuticule en se débarrassant de l’ancienne. L’insecte va ainsi grandir en taille.  Il peut simultanément acquérir de nouveaux organes ou se métamorphoser.

Chez sphodromantis lineola, la durée de vie est d’environ un an pour la femelle. Un peu moins pour le mâle. Le mâle muera 7 fois avant d’atteindre la taille adulte. La femelle, elle, muera 8 fois. Elle atteindra une taille de 10 centimètres. Ce qui fait d’elle un insecte trop lourd pour voler. Le mâle, plus petit, possède quant à lui des ailes et peut s’en servir.

C’est une bonne idée, considérant que la femelle dévorera très souvent le mâle à l’issue de l’accouplement. Dans pareilles circonstances, aussi bien s’envoler rapidement une fois l’acte consommé 😉

Cucumaria frondosa et caprella sp

Aujourd’hui, je vous présente cucumaria frondosa ainsi que caprella sp. En alimentation.
 
Le concombre de mer, pour s’alimenter, s’accroche au décor, à un endroit où il y a beaucoup de courant. Avec ses bras, il capture des éléments du plancton. Il plonge ensuite ses bras dans son système digestif. On dirait alors qu’il lèche ses doigts!
 
À force d’explorer les profondeurs du Saint-Laurent, j’ai remarqué que caprella sp. (la caprelle) ciblait régulièrement le dos des concombres de mer pour installer ses affûts. Le courant qui plaît au concombre de mer plaît donc aussi à la caprelle.
 
De ses bras qui rappellent ceux de la mante religieuse, elle capture elle aussi des éléments du plancton transportés par le courant.
 
Dans la dernière scène, remarquez la caprelle gravide.
 
Bon visionnement 😉

Faute de marais, on se contente des terrariums

Comme un peu partout ailleurs sur la planète, on vit actuellement une période de confinement au Québec.  Il nous est recommandé de sortir le moins possible.  Au lieu de sortir, je fais plutôt de la photo dans la maison.  En me tournant vers mes terrariums.

À l’intérieur de ceux-ci, je conserve des hyperolius fusciventris, des correlophus ciliatus, des dryopsophus caeruleus et des sphodromantis lineola.  Dans les prochains jours, j’ajouterai quelques espèces.

Afin de donner un aperçu de la vie qui évolue dans mes vivariums, j’ai sorti mes caméras vidéo.  Et je tourne.

Hier, je voulais présenter la façon dont s’alimentent les caeruleus.  Il s’agit d’un gros amphibien australien.  J’ai deux bébés de cette espèce, bien sûr nés en captivité.  Je les nourris à l’aide de grillons ou de vers cirés.  Je les nourris à la pince, afin d’éviter que ces rainettes n’avalent du substrat en même temps que leurs proies, ce qui pourrait occasion des blocages du système digestif.

Vidéo rainettes de White

Un mâle pointe le bout de son nez

Chez les grenouilles et autres rainettes, les femelles sont généralement plus grosses que les mâles.  C’est le cas chez hyperolius fusciventris.  Qui plus est, la femelle de cette espèce est  beaucoup plus colorée que le mâle.

Ce qui peut étonner de prime abord.  Chez les oiseaux, des animaux que l’on connaît beaucoup mieux, nous sommes habitués de voir des mâles présenter des plumages beaucoup plus attrayants que les femelles.

Je ne sais pas si c’est à cause de la taille très modeste des deux mâles hyperolius fusciventris que je possède, mais ceux-là sont très discrets.  Ils ne sortent que lorsque la nuit est vraiment bien installée.  Contrairement aux femelles qui sortent déjà à la brunante pour se nourrir.  Et lorsque les mâles sont en patrouille, ils se déplacent toujours discrètement.  Bien à l’abri dans le feuillage.  Résultat:  je ne parviens presque jamais à les photographier.

La nuit d’hier a fait exception.  J’ai pu avoir un bon point de vue sur un mâle qui était juché sur le dessus du feuillage de mon vivarium.  J’ai pu prendre une photo, mais à travers le verre du vivarium, ce qui altère bien sûr la qualité de l’image récoltée.  Pourquoi n’ai-je pas ouvert la porte?  Tout simplement parce que le mâle se serait recaché illico…

La femelle hyperolius fusciventris:

Le mâle hyperolius fusciventris:

Des rencontres extraordinaires!

Lorsque je m’amène avec moi des clients pour plonger les eaux du Saint-Laurent, j’essaie toujours de leur faire vivre les moments les plus extraordinaires possible.

Le seul fait de visiter les profondeurs du Saint-Laurent marque les mémoires pour longtemps.  Mais j’essaie d’en faire un peu plus.  C’est pourquoi lors de l’intervalle de surface (moment de pause que l’on doit prendre entre deux plongées), je place mon zodiac à des endroits où la visite de rorquals à bosse sera possible.

Les rorquals à bosse sont des animaux curieux.  Il arrive fréquemment qu’ils s’approchent du bateau!  Au plus grand bonheur des humains à bord.

Ceci étant dit, il est illégal de se propulser, à l’aide de son moteur, à moins de 100 mètres des espèces de cétacé non-menacées.  Quand il s’agit d’espèces menacées, on ne peut se propulser à moins de 400 mètres.  Pour les espèces non-menacées, comme le rorqual à bosse, si des individus s’approchent du bateau de 1 à 100 mètres, on n’est pas obligé de quitter les lieux.  On peut profiter du moment.  Si une espèce menacée s’approche du bateau (moins de 400 mètres), on doit démarrer le bateau et quitter les lieux.  On ne doit donc pas laisser un béluga ou un rorqual bleu interagir avec notre bateau.

Quand il s’agit de juvéniles, peu importe que l’espèce soit menacée ou pas, on ne doit pas s’approcher à moins de 400 mètres.  Si un juvénile d’une espèce non menacée s’approche du bateau, on ne doit pas prolonger le contact.

Ceci étant dit, profitez bien des images qui suivent 🙂

Les rorquals à bosse nous visitent

Dryopsophus caeruleus

Pour aujourd’hui, ça sera un portrait d’un amphibien de grande dimension et originaire d’Australie:  dryopsophus caeruleus, ou rainette de White!

C’est à la fin du XVIIIe siècle que l’espèce a été découverte par le naturaliste britannique John White.  Lorsqu’un spécimen fut envoyé en Angleterre, l’agent de conservation utilisé détruisit les pigments jaunes et donna une teinte bleutée à la grenouille.  D’où son nom caeruleus, qui signifie bleuté en latin.

Dryopsophus caeruleus est une grosse grenouille. Plutôt verte.  Mais elle peut aussi présenter des teintes brunes ou bleutées.  Certains individus présentent des taches blanches sur le dos.  Les femelles peuvent dépasser les 10 centimètres.  Les mâles sont un peu plus petits, et dépassent rarement 7 centimètres.  Et c’est là le seul critère permettant de distinguer les sexes qui sont, on l’aura compris, très semblables chez cette espèce.

L’espèce peut vivre de 10 à 15 ans.

Les mâles chantent bien sûr durant la saison de reproduction.  En tant que représentants d’une espèce arboricole, ils se choisissent un promontoire près d’une source d’eau, temporaire ou non.  Les oeufs seront pondus par la femelle dans cette eau.  La femelle peut pondre plus de 1000 oeufs par année.

Les mâles ne chantent pas seulement durant la période des amours.  Ils peuvent aussi chanter en début de soirée ou après une pluie.

Qui dit grosse grenouille dit gros appétit.  Dryopsophus caeruleus consomme de gros insectes, d’autres amphibiens et même de petits mammifères comme des souris.

C’est une grenouille que l’on retrouve dans les forêts tropicales du nord et de l’est de l’Australie.  Elle est aussi présente en Indonésie.  Malgré la destruction de ses habitats, ce n’est pas un animal menacé.

Litoria_caerulea_distribution

* Carte Wikipedia

En tant qu’amphibien, dryopsophus caeruleus a des poumons.  Mais l’animal respire aussi par la peau.  Celle-ci doit donc constamment être humide.  Ce qui est un certain désavantage pour cette famille animale, car l’humidité attire les agents pathogènes et ceux-ci peuvent pénétrer facilement la peau des amphibiens.  Mais la rainette de White a développé une stratégie pour se prémunir des bactéries et des virus.  Cette grenouille sécrète par la peau des substances antiseptiques qui la protègent bien.  Ces substances sont utilisées en pharmacologie.  Les scientifiques ont même démontré que des éléments contenus dans les substances antiseptiques de la rainette de White pouvaient combattre le VIH chez l’humain.

Vivarium

vivarium

De par sa longévité et sa robustesse, c’est un amphibien populaire dans le monde de la terrariophilie.

Cet amphibien calme et peu farouche évolue aisément en vivarium.  Ce dernier devra être au moins d’une dimension de 45cm x45cm x 60cm pour un couple.  On augmentera la dimension du vivarium chaque fois qu’on ajoutera un individu,  Comme c’est une grenouille arboricole, on s’assurera de lui offrir des structures pour grimper.

Pour le terreau, on réalise un mélange de terre, de mousse de sphaigne et de fibre de coco qu’on installe sur un fond de billes d’argile (ces billes accueilleront l’eau en surplus, ce qui évitera le développement de moisissures).  L’idéal est d’y ajouter des plantes naturelles.  Et de confier le nettoyage aux colemboles et autres cloportes.  Si on fait fi de la bioactivité, on devra remplacer le terreau aux trois mois environ.

La température qui convient à dryopsophus caeruleus est de 24-26 degrés durant le jour.  Et de 22-23 degrés durant la nuit.  L’humidité idéale est d’environ 60%.  Il faut placer un éclairage UVB 2.0 dans le vivarium.  Ce spectre lumineux favorise l’assimilation du calcium par l’amphibien.

Question nourriture, c’est assez simple.  Dryopsophus caeruleus est vorace. Cette grenouille mange des grillons, des blattes, des vers.  Il faut que ses proies soient vivantes.  Un adulte peut manger deux ou trois par semaine.  On doit saupoudrer la nourriture de l’amphibien de suppléments de calcium et de vitamines.  Pourquoi?  Parce que même si on varie le plus possible son alimentation, il est impossible de parvenir à reproduire parfaitement le régime alimentaire de l’animal en nature.  Les surplus vitaminés évitent les carences chez nos pensionnaires.

On doit procurer de l’eau à dryopsophus caeruleus.  Soit on place un bol d’eau dans le fond du vivarium, soit on installe un système de vaporisation automatique.  Attention, on ne doit jamais utiliser l’eau du robinet.  Les amphibiens sont très vulnérables aux produits chimiques qui sont malheureusement contenus dans notre eau potable.

Si vous suivez ces quelques règles de base, vous devriez pouvoir observer des années durant dryopsophus caeruleus, un amphibien impressionnant de par sa taille et ses comportements.

Voici mon juvénile:

Boire, quand on est un gecko

Dans la nature, le gecko à crête (correlophus ciliatus) s’abreuve principalement en léchant la rosée ou l’eau de pluie qui se déposent sur les feuillages dans lesquels il vit.

Ce lézard est arboricole.  Il passe sa vie dans des arbustes.  Son altitude de prédilection?  Quelques mètres.  C’est là qu’il mange fruits et insectes (L’adulte consomme surtout des fruits).  Cet animal ne descend que très rarement au sol.  Les femelles s’y rendent pour pondre.  Et c’est à peu près tout.

C’est pourquoi les bols d’eau au sol ne sont pas d’une très grande utilisé avec cet animal qu’on garde en terrarium.  On peut évidemment accrocher de petits bols en hauteur, mais bon, en ce qui me concerne, je préfère les faire boire en vaporisant le feuillage.  Quelques fois par jour.  C’est à ces moments-là que je vois mon gecko s’abreuver.

Le plus souvent, il boit en léchant l’eau qui s’est déposée sur sa tête ou ses…yeux!

Et ce qui est bien, c’est que tout ça me procure  des moments intéressants pour la photo!

 

Le Saint-Laurent, ça ressemble à ça

Depuis plus d’une décennie maintenant, je suis engagé dans une démarche qui consiste à briser les préjugés à l’égard du Saint-Laurent.  Préjugés selon lesquels le Saint-Laurent ne serait qu’un trou noir, ne valant pas le détour.

Or, c’est tout le contraire.  Ce cours d’eau est riche.  Riche de vie et de beauté.

Tout l’été durant, je plonge afin d’en rapporter les plus belles images que je peux.

Et je les partage via les magazines et les réseaux sociaux.

Ici, un collage dont je me sers souvent afin de donner une idée en vidéo de ce à quoi ressemble ce grand Saint-Laurent.

N’hésitez pas à partager!

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Harfangs du printemps

Normalement, les harfangs des neiges quittent nos latitudes septentrionales quelque part en février ou mars.  Mais l’an dernier, j’ai aperçu des harfangs des neiges jusqu’en avril.

Est-ce que ce sera la même chose cette année?

Qui vivra verra…

En attendant, voici une petite vidéo que j’ai réalisée au printemps 2019

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