Rainette le film: Une étape de plus

Voilà, je viens de remettre un nouveau document dans le cadre d’une nouvelle demande de subvention pour la réalisation d’un autre documentaire animalier.  Il porte sur la rainette faux-grillon celui-là.

La rainette faux-grillon est une magnifique grenouille d’au plus deux centimètres vivant dans la grande région de Montréal.  Et elle connaît des jours affreux, la spectaculaire rainette.  Parce que l’étalement urbain et l’agriculture industrielle ont détruit ses habitats.  Et parce que les changements climatiques lui rendent les printemps plutôt inconfortables.  Il ne reste aujourd’hui plus qu’une dizaine de populations au Québec de rainettes faux-grillon.

Alors aussi bien le dire crûment: cette grenouille pourrait disparaître au cours des prochaines années!

La rédaction de cette demande de subvention m’a rappelé mon printemps dernier.  Et tout le défi que mon repérage printanier visant ladite rainette a été.  J’ai passé de très nombreuses heures à geler assis dans des flaques d’eau pour être en mesure de filmer la rainette comme je le voulais.  Et pour observer et capter ses comportements qui me sont dignes d’intérêt. J’ai réussi à faire ce que je voulais.  Mais j’ai travaillé très fort!

Un tel sujet ferait le plus beau des films animaliers il me semble.  Et un film qu’il est urgent de faire considérant le statut précaire de l’animal en question.

Bref, je touche du bois et j’espère obtenir des sous pour le faire, ce fameux film!  C’est à suivre, donc!

 

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Il faut payer le prix!

Le marais est actuellement envahi par les moustiques.  Il suffit de marcher dans l’herbe haute pour faire lever des nuées de moustiques qui ne manquent pas de s’attaquer à nos chairs tendres.

Prendre des photos en macro, dans ces conditions, ce n’est pas de la tarte.  Le temps pris pour faire le focus sur l’oeil d’un insecte et voilà qu’une horde de moustiques a déjà commencé à nous piquer.

Mais n’en demeure pas moins que le temps est fructueux pour la macro.  Les insectes sont enfin bien présents.  Dans une belle diversité.

Aujourd’hui, j’ai eu le bonheur de photographier l’une des espèces d’araignées-sauteuses que l’on trouve au Québec.  Il y en a 43 espèces au Québec.

Je peux me tromper, mais je crois que c’est une araignée Erin flava que j’ai posée.

Ce sont ces araignées qui ont la meilleure vision dans le monde des arthropodes.  Et pour cause, avec de tels yeux, on comprend facilement qu’elles doivent bien voir ce qui se passe autour d’elles.

Grâce à leur vision fine, ces araignées sautent sur leurs proies.  Ou pour échapper à leurs prédateurs.  Étant donné l’importance de la vue dans leur vie, ce sont des araignées diurnes.  Et plutôt petites.

On dit qu’elles pourraient apercevoir un mouvement qui s’effectue à deux mètres d’elles!

Voici le reste de ma récolte d’aujourd’hui:

Aucun respect!

À déambuler dans les boisés qui se trouvent au coeur de nos villes, on découvre des choses choquantes. Des déchets abandonnés de ci ou de là, des camps de fortune, des restes de feux de joie, des clous plantés dans les arbres ou encore des miradors servant aux braconniers.  Et dans le cas du boisé du Tremblay, tout ça se passe dans une réserve naturelle, faut-il le mentionner.

Mais aujourd’hui, le manque de respect de certains a franchement dépassé les bornes!

Je me promenais le long de la ligne d’Hydro-Québec, au coeur du boisé du Tremblay, dans l’espoir de capturer le portrait d’un animal ou d’un autre.  Quand un hélicoptère s’est mis à tournoyer au-dessus de ma tête. À basse altitude.  Le vacarme ainsi provoqué n’a pas dérangé que moi.  Mais bien tous les oiseaux autour qui mènent autant de parades nuptiales par les temps qui courent. Ils se sont tous tus. Le temps que l’hélico fasse son manège.

Mais ce n’était pas encore assez pour le pilote.  Il s’est alors mis à descendre encore davantage.  Je me suis dit qu’il arrêterait quand il me verrait.  Mais il ne cessait pas de descendre même si j’étais là.  À l’évidence, il ne me voyait pas.  Je me suis alors éloigné.  Et ahuri que j’étais, j’aperçus l’hélicoptère se poser tout juste de l’autre côté des arbres, près de la ligne électrique.  Je recevais toutes sortes de bourgeons et de feuilles projetés par le vent produit par les pales de l’hélicoptère.

Il s’agissait d’un hélicoptère appartenant à une école de pilotage.  J’imagine que le prof demandait à l’élève de se poser dans une zone à risque (arbres et fils électriques).

C’est franchement débile qu’une école de pilotage utilise une réserve naturelle pour mener de telles activités (je ne la nommerai pas, mais on voit le nom de l’école sur ma photo), mais c’est en plus franchement dangereux.  Il y a des gens qui se promènent par là.  Et à l’évidence, les pilotes de cette école n’ont pas de très bons yeux…

hélico (1 sur 1)

Le bruit dérange beaucoup les animaux.  Et dans un boisé en milieu urbain, il y a quand même des animaux très farouches.  Qui aimeraient vivre tranquilles.

Parmi eux, il y a le lapin à queue blanche.  Ça fait des jours et des jours que je me positionne à un endroit où ces lapins viennent se nourrir, espérant de ce fait le poser.  Et les lapins s’arrangent toujours pour venir quand je n’y suis pas.  Sauf ce matin!

Ce n’est pas une photo exceptionnelle, mais j’ai quand même ma photo de lapin à queue blanche.

J’ose imaginer la tête que le lapin aurait fait s’il avait vu l’hélicoptère se poser quasiment sur sa tête! Et la mienne!


Le reste de ma collecte du jour:

Le chant des crapauds

Voilà, c’est parti.  Un mois environ après la rainette faux-grillon, c’est maintenant au tour du crapaud d’Amérique d’entrer en reproduction.

Le crapaud est l’un des amphibiens que l’on voit le plus souvent en forêt.  Mais pour ma part, je ne l’avais jamais vu chanter.  Jamais avant aujourd’hui!

Le chant est un long trille aigu.  Le crapaud produit ce son en gonflant sa gorge.

Les mâles s’installent dans de petites mares pour appeler les femelles.

Contrairement à ce que j’ai observé dans le cas de la rainette, c’est-à-dire que je n’ai vu que très peu de femelles, la situation semble beaucoup plus positive dans le cas de la population de crapauds du boisé Tremblay.  Déjà aujourd’hui les femelles étaient au rendez-vous, auprès des mâles.  Et la ponte est déjà débutée.

Le crapaud pond deux filaments remplis de ses oeufs.  Il les enroule autour de la végétation.  Ou les laisse tomber carrément au fond de la flaque d’eau.

Pendant qu’il se reproduit, le crapaud doit garder l’oeil ouvert.  Car la couleuvre rayée le consomme en grand nombre.  Et ce, malgré les glandes remplies de liquide toxique qu’il a sur le dos.  Cette substance peut même tuer un petit mammifère qui l’ingérerait.

Le ballet des moustiques est lui aussi bien enclenché.  Il y en a maintenant partout dans le marais.  En quantité.

 

J’ai vraiment eu le tyran!

Aujourd’hui, journée chaude.  Gros soleil plombant. Les animaux s’animent.  Et le photographe fond de toute cette chaleur.  Car il n’enlève pas son p’tit manteau de plastique…noir [en plus].  Malgré le fort soleil dont je parlais justement tantôt.  Alors pourquoi ne pas l’enlever?  Par peur des tiques à pattes noires voyons!

Malgré les frayeurs du petit photographe peureux, n’en demeure pas moins que les oiseaux s’activent [enfin] et virevoltent dans tous les coins.  Ils ont du temps à rattraper, faut dire.  Les nids doivent se construire au plus vite.  Et les oeufs être pondus au plus sacrant. Pour que les oisillons soient fins prêts pour affronter l’hiver qui ne nous oubliera pas.  Ou pour voler jusqu’où l’hiver ne se rendra pas.  Avec le temps qui se réchauffe constamment, c’est peut-être plus si loin que ça finalement.

Près de mon étang, un couple de tyrans tritri s’est installé.  Un oiseau que je ne croise pas sur la Côte-Nord, là où je pense toujours vivre malgré mon enracinement à Montréal.  Peut-être parce que je ne regarde pas bien parmi les épinettes rabougries. Car la carte de répartition du tyran dit qu’il occupe bien ce territoire.

Le tyran tritri, c’est un oiseau qui aime se percher bien haut afin de surveiller le vol des insectes qui passent par là. Insectes dont il se nourrit. Évidemment. C’est bien l’fun pour l’oiseau. J’veux dire d’avoir une aussi bonne position. Mais pour le photographe, cette position, c’est pas terrible.  En contre-plongée, il est bien difficile de témoigner de la beauté de l’oiseau.

Mais aujourd’hui, le tyran m’a fait plaisir.  Il s’est perché bas.  À hauteur de yeux.  Faut dire qu’il était très tôt quand c’est arrivé.  6h30 du matin, heure du marais. À cette heure, les insectes n’étaient peut-être pas assez nombreux en vol à son goût. Ou le tyran n’avait peut-être pas envie de déjeuner. Peu importe. En ce qui me concerne, c’était une situation parfaite. Et j’ai enfin pu prendre une photo du tyran qui me plaît!

Faut dire que j’aime de plus en plus cet oiseau.  D’accord, il n’est que gris-foncé et blanc.  Son chant intéressant, mais pas tellement mélodieux.  On peut faire mieux.  Mais il a de la gueule ce foutu tyran.  Et le nom!  Quel nom! Tout pour attirer l’attention!

Gris et blanc.  Le tyran.  C’est ça que je vous disais.  Mais c’est quand même pas brun tout ça.  Quand j’y pense, ça me rappelle un souvenir de jeunesse, alors que je grandissais, là-bas sur la Côte-Nord, et que j’entendais les gens autour de moi dire que les animaux qu’on avait au Québec étaient ternes.  Que nos poissons étaient rien de moins qu’invisibles dans notre fleuve noir.  Et nos oiseaux: tous bruns.  Voilà ce qu’on disait dans le temps.  Et qu’on dit encore, sûrement. Or, c’est bien le contraire!

Dans mes explorations du Saint-Laurent, masque sur le bout du nez, j’ai rencontré une vie ultra colorée. Qui n’a rien à envier aux mers du sud que j’ai visitées. Et les oiseaux d’ici sont plus souvent qu’autrement flamboyants.  Tout le contraire de ce que mes gens disaient à mon époque de plus en plus lointaine.  Je vous l’disais!

Cette conception erronée de nos animaux démontre bien une chose.  Nos gens d’ici connaissent bien mal les habitants de ce territoire.  Ils se connaissent tout d’abord mal eux-mêmes.  Faut bien le dire.  Tout comme ceux qui les entourent. Encore plus s’ils ont des plumes et [beaucoup] de poils.

Partant de là, ça va bien mal pour protéger ce territoire qui est si grand… et le libérer !

***

Mes images du jour, récoltées quelque part près de vos maisons de banlieue:

Un marais poussé dans ses derniers retranchements

Aujourd’hui, j’avais le goût de sortir mon drone.  Pour vous faire voir à quel point l’endroit où je prends mes photos est complètement écrasé par l’urbanité environnante.

Dans la région de Montréal, 85% des milieux humides ont été détruits.  Pour faire place à des quartiers résidentiels.  La plupart du temps.  Mais aussi à des entreprises agricoles.

Les milieux humides sont pourtant très importants et très riches.  Beaucoup d’espèces s’y reproduisent.  J’ai d’ailleurs aujourd’hui croisé la route d’un oisillon cardinal qui faisait ses premiers pas en dehors du nid.  Les parents étaient tout juste à côté, pour surveiller et s’assurer que tout se passe bien.

Quand on dit qu’un milliard d’oiseaux ont disparu depuis 30 ans en Amérique du Nord, c’est d’abord et avant tout parce qu’on a détruit les habitats où ils se nourrissent et se reproduisent.  Si on était intelligents, on chercherait des moyens pour reconstituer de tels milieux.  Mais au lieu de ça, des promoteurs cherchent toujours de nouveaux moyens de détruire les habitats humides qui restent et qui peinent à survivre envers et contre tous.

Aujourd’hui, j’avais le goût de vous raconter tout ça dans une vidée Facebook en direct:


Et pour bien montrer à quel point ces marais subissent une pression énorme de notre part, rien de tel que le drone.  J’ai ce soir fait un simple collage d’images qui illustrent assez bien, je crois, à quel point le marais ne peut plus perdre un seul pouce de terrain.

J’ai par la suite poursuivi mes explorations dans le marais.  J’ai croisé la route de toutes sortes d’oiseaux intéressants.  Dont le tyran tritri.  Il m’a donné du fil à retordre celui-là.  Il est pas mal plus farouche que le tyran huppé. Dur à approcher donc. Et  conséquemment, je n’ai pu prendre une photo que d’assez loin.  Ce qui tue les détails de la photo.  Mais bon, au moins je l’ai vu!

Le printemps froid fait des victimes

Au risque même de peut-être radoter, je vous entretiens régulièrement dans mon blogue du printemps froid que nous connaissons cette année au Québec et des répercussions que cela peut avoir.  Je vous en parle surtout en lien avec les amphibiens.  Puisque mon projet de film porte sur eux.

Mais le printemps a aussi des impacts sur bien d’autres espèces animales.  Ce matin, en me rendant au marais, j’ai aperçu une bernache qui couvait encore.  Ça fait pas mal longtemps qu’elle couve je trouve.  Serait-ce que les oeufs sont morts?  Et qu’elle se refuse de les abandonner.  On aura la réponse bientôt.

bernache au nid (1 sur 1)

Pendant que je regardais la bernache couver, mon regard a été attiré par une drôle de tache claire tout près d’elle. Je me suis approché, et la tache s’est révélée être la carcasse d’une tortue serpentine.  Et une grosse!

La carcasse était intacte.  Elle n’avait pas été attaquée par quoi que ce soit.  La mort était très récente.  La tortue était maigre.  Tout porte à croire qu’elle serait morte de froid;  ou de faim; ou les deux à la fois.

La tortue-serpentine est le plus gros reptile du Québec.  Elle se reproduit au printemps ou à l’automne.  Plus rarement au cours de l’été.  Son bec est très puissant.  Elle se nourrit d’insectes, d’amphibiens, de crustacés et de petits poissons.  Ses populations sont en déclin au Québec.

Il est par conséquent très triste de voir un individu ainsi succomber au printemps.  Et tout ça se passe dans nos cours.  À quelques pas seulement de nos maisons.

Quand je vous dis que le printemps n’est pas facile pour les animaux, en voici une bonne preuve.

Autour de la tortue morte, il y avait quand même des choses plus joyeuses à poser.  J’en ai profiter.

 

 

Documentaire sur le St-Laurent: la diffusion approche!

Depuis le mois de novembre, ma blonde Geneviève et moi sommes engagés dans le processus du montage de notre film portant sur nos aventures dans le Saint-Laurent marin.  Notre monteuse, Annie Leclair, a passé des semaines avec nous à chercher la meilleure façon de raconter cette histoire en images.

Ce ne fut pas toujours de tout repos tout ça.  Nous avions beaucoup de matériel visuel en banque.  Et nos explorations couvraient un très large territoire.  De plus, la plupart des animaux que j’ai filmés sous les flots de ce grand fleuve sont inconnus de la majorité.   Il fallait réussir à les présenter efficacement, sans prendre trop de temps pour le faire car le film devra compter, au final, 45 minutes!  Un beau casse-tête quoi!

La semaine dernière, nous avons remis une première version du montage aux gens de Canal D.  Aussi bien dire que j’étais très nerveux.  On avait beau être pas mal convaincus de l’efficacité de notre montage et de l’intérêt de notre histoire, il demeure qu’au final, c’étaient les gens de Canal D qui devaient aimer ça.

Et ils ont aimé!

Bien sûr, il reste des ajustements à faire.  Mais le gros du travail est maintenant complété et Canal D aime ça.  Même mieux, ils aimeraient qu’on explore de nouvelles avenues pour encore plus parler du Saint-Laurent.  C’est dire si leurs commentaires étaient positifs.  Et c’est dire si tout ça m’emballe.

D’ailleurs, je tiens à écrire un mot ou deux au sujet de Canal D.

Cette chaîne spécialisée est, à mes yeux, très précieuse.  La direction documentaire de celle-ci fait confiance aux réalisateurs.  Et soutient drôlement le documentaire québécois.  C’est d’ailleurs la dernière chaîne québécoise qui diffuse encore du documentaire unique.  Notre nature doit être vue à la télé d’ici, et c’est ce que je parviens à faire, grâce à cette chaîne.

Les prochains défis qui nous attendent consisteront tout d’abord à couper encore cinq minutes au dernier montage.  Et plus on se rapproche du 45 minutes, et plus il est difficile de couper les dernières minutes en trop.  On s’arrachera bien encore quelques cheveux Geneviève, Annie et moi.  Mais bon, ça rendra le tout encore meilleur!

Par la suite, il faudra envoyer le film à la colorisation et à la sonorisation.  Et en ce qui concerne cette dernière étape, nous avons l’immense chance de travailler avec un compositeur de talent (Alain Auger).  Au son de ses instruments, il parvient à donner une ambiance au film qui est vraiment unique.  Musique que Canal D aime aussi!

Tout ça pour dire que le processus tire maintenant à sa fin.  Et que le film devrait être diffusé sur les ondes de Canal D quelque part au début de l’année 2018.

*Chaque été, Geneviève, notre fils Simon et moi quittons Montréal en direction de la Côte-Nord.  Nous vivons alors deux mois dans une roulotte, près du Saint-Laurent.  Le but étant d’explorer ce grand fleuve afin de faire connaître les beautés qui y vivent.  Ces aventures nous ont permis de remporter la bourse Canal D des Rendez-vous internationaux du documentaire de Montréal en 2015.   Depuis, nous ne ménageons aucun effort afin de réaliser le plus efficace documentaire qui soit sur le Saint-Laurent marin.  Pour plus de détails sur cette aventure:  www.quebecprofond.com

Oiseaux du matin

Le boisé du Tremblay est parsemé d’étangs et de mares où les oiseaux barbotent avec joie.  Pour bien les observer, le mieux, c’est d’y aller tôt le matin.

L’étang où j’ai choisi de poser ma caméra ce matin est en fait un bassin constitué artificiellement par une famille de castors.  Ce qui attire, dans le secteur, des canards, des bernaches, des aigrettes, des butors, etc.

Ce matin, j’espérais capter l’image de la fameuse aigrette.  Je l’ai bien aperçue.  Mais malheureusement, elle a décidé de fréquenter un secteur un peu plus loin.  Et très difficile d’accès quand on a seulement des petites bottes.  Ce qui était mon cas.  Je me promets bien de récidiver et de coucher un autre jour le portrait de cette aigrette sur ma pellicule numérique.

Les couleuvres étaient aussi très présentes.  Mais la chaude température les a bien réveillées.  Elles filaient comme l’éclair entre les herbes.  Impossible pour moi de les poser.

Heureusement, des bernaches et des canards colverts ont accepté de poser pour moi!

Déversement dans le boisé du Tremblay

Je m’apprêtais à rentrer à la maison après plusieurs heures passées auprès de ma mare à rainettes quand je reçus un appel.  C’était Tommy Montpetit, l’expert québécois de la rainette faux-grillon avec qui je collabore pour mon projet de film.  Il voulait m’annoncer qu’un déversement de produits chimiques avait eu lieu ce matin dans le boisé du Tremblay, tout juste dans un habitat critique de la rainette faux-grillon.

Je m’empressai de me rendre sur les lieux.  À mon arrivée, l’eau était toujours bleutée.  Les pompiers étaient déjà sur place et tentaient d’endiguer la dispersion de cette substance qui tuait les poissons sur son son passage.  Les gens d’Environnement Canada étaient là aussi et tentaient de comprendre la situation et d’identifier le responsable.

Le ruisseau touché traverse le boisé du Tremblay et coule sur des kilomètres jusqu’à la rivière Richelieu qui se jette elle-même dans le fleuve Saint-Laurent.  Le ruisseau était déjà bleu sur des kilomètres!

Qu’est-ce que cette substance au juste?  Je ne suis pas un expert en la matière.  Et je ne le sais donc pas.  Je puis dire que ça ne sentait pas très fort.  Et que ça ne semblait pas visqueux.  On a dit que ça pourrait être de la teinture.  Du savon.  Ou des huiles quelconques.  Je laisse le soin aux experts de nous l’indiquer précisément.

J’ai marché le plus loin que je l’ai pu vers l’origine de la fuite et je me suis rendu ainsi à la rue.  De l’autre coté de celle-ci  se trouve un gros centre pour camions lourds.  Est-ce de ce côté qu’il faut lorgner afin de trouver le responsable de ce drame?  Je ne le sais pas.  Il faudra attendre les résultats de l’enquête pour le savoir (je vous les communiquerai).  Mais une chose demeure:  il est bien périlleux d’avoir des industries chimiques tout juste à côté de la réserve naturelle qu’est le boisé du Tremblay.  Un jour ou l’autre, les accidents ne manqueront pas de survenir.  Il y en eut un aujourd’hui.  Il est assuré qu’il y en aura d’autres dans le futur.

Quand je suis arrivé sur les lieux, les rainettes chantaient tout juste à côté du ruisseau empoisonné.  On image ce qui arrivera à celle qui osera mettre le bout de l’orteil dans l’eau polluée.  Sur les berges du ruisseau, on trouvait des empreintes de rats musqués et de cerfs de Virginie.  Ce n’est vraiment pas une bonne nouvelle pour la faune de ce secteur!

Pour avoir plus de détails, vous pouvez visionner ma vidéo: