Une méduse parmi tant d’autres

Probablement la méduse la plus commune dans l’estuaire du Saint-Laurent: l’aurélie (Aurelia aurita).

C’est une toute petite méduse blanchâtre. Elle peut atteindre les 40 centimètres de diamètre, dit-on, mais moi, dans le Saint-Laurent, je n’en ai jamais vues qui dépassaient les 10-15 centimètres de diamètre.

On la reconnaît aux quatre gonades qu’elle arbore au niveau de sa « coupole ». L’aurélie traverse deux stades de développement. Un stade polype, accroché au fond de la mer. Et le stade méduse, où elle déambule au gré des courants.L’adulte est de sexe femelle ou mâle. C’est dire que la reproduction est sexuée. Le mâle libère ses spermatozoïdes qui rencontreront plus tôt que tard une femelle, plus au loin dans la colonne d’eau.

L’aurélie consomme des larves de poissons et des éléments planctoniques. Ses tentacules possèdent des capsules urticantes qui paralysent les proies. Un humain qui toucherait, à mains nues (on se demande bien ce qu’il ferait là sans gant 😉 ), l’un de ces tentacules ne sentirait rien dans la majeure partie des cas. Certaines personnes, plus sensibles, pourraient ressentir une petite inflammation sur la peau. C’est que le venin de l’aurélie n’est pas puissant. Ses proies, minuscules, se maîtrisent aisément, donc pas besoin d’y aller trop fort avec le venin!

À l’échelle des océans de la planète, les populations de méduses sont en forte croissance. Plusieurs facteurs peuvent l’expliquer. D’un, les populations de poissons fourrages disparaissent dans nos mers. Cela laisse plus de proies pour les méduses. Et la qualité de l’eau se dégrade. Le réchauffement, la chute des taux d’oxygène et l’acifification affectent les créatures océaniques, mais les méduses parviennent à mieux s’y adapter que les autres. Et finalement, les prédateurs des méduses, on pense aux tortues luth, sont en déclin.

Donc, plus de nourriture, moins de prédation et une capacité d’adaptation à des conditions difficiles plus grandes font qu’on a plus de méduses dans nos mers.

L’aurélie est l’un des animaux que j’ai le plus de difficulté à prendre en photo. L’on travaille alors avec un animal blanc qui est très instable (ou c’est le plongeur qui l’est quand il est dans le grand vert, sans repères) et qui a tendance à être attiré par la caméra. Conséquence: l’autofocus (car oui je travaille en autofocus quand j’ai une configuration grand-angle, alors que je travaille strictement en focus manuel quand je suis en macro) patine régulièrement. Il faut donc s’y reprendre à plusieurs reprises avant d’avoir une photo avec le focus à la bonne place. Et ce, tout en gardant un oeil sur sa propre profondeur. On peut facilement « suivre » la méduse trop creux, ou remonter trop rapidement vers la surface quand on est ainsi concentré sur sa caméra, en train de poser une toute petite méduse.

C’est dans ces moments qu’on sait si on maîtrise bien sa flottabilité 😉

Crinière de lion (Cyanea capillata)

Cette méduse est l’une des plus grandes du monde. Elle peut mesurer plus de deux mètres de diamètre. La plus longue qui fut observée mesurait presque 40 mètres!

Cet animal se nourrit de zooplancton et de petites créatures qui dérivent au gré des courants. Elle les empoisonne grâce à ses tentacules. Puis elle ramène ses proie vers son système digestif.

La crinière de lion est une méduse qui fréquente les eaux froides de la planète. Elle est bien présente dans les eaux du Saint-Laurent.

La piqûre de la crinière de lion peut provoquer des irritations, des crampes musculaires et même entraver les fonctions respiratoires ou cardiaques.

Une fois, en plongée, je me suis fait piquer sur la lèvre par une crinière de lion. La sensation que j’ai ressentie? Comme un gros coup de soleil, durant plusieurs dizaines de minutes.