La libellule: grand prédateur du marais!

J’aime beaucoup les libellules.  Tant à leur stade larvaire qu’une fois adulte, elles sont les grands prédateurs du monde des insectes.

En vol, la libellule file à vive allure.  À peu près aucun insecte volant ne peut lui échapper.  Il faut dire que la libellule peut atteindre une vitesse de près de 100km/h.  Et qu’elle peut effectuer des changements de direction brusques.  Ou encore voler sur place.

Elles s’attaquent surtout aux diptères (les mouches).  La technique est foudroyante:  de ses grands yeux, la libellule repère sa proie.  L’approche se fait généralement par en-dessous de celle-ci.  Elle l’attrape de ses pattes d’en avant.  Elle se pose ensuite pour la déchiqueter avec ses puissantes mandibules.

La larve de la libellule est un prédateur tout aussi redoutable.  Elle chasse à la vue.  Et peut consommer des proies aussi grosses que des tétards de grenouille! Ou même des petits poissons!

10 mues seront souvent nécessaires avant que le stade adulte ne soit atteint.

La larve de la libellule est appelée odonate.  Elle possède un appendice buccale fort étonnant et qui rappelle le film Alien.  En effet, la larve de la libellule peut projeter cet appendice très rapidement vers l’avant pour ainsi frapper de plein fouet ses proies.

Hier, j’ai enfin aperçu ma première libellule de la saison.  Si je ne m’abuse, il s’agissait d’un digne représentant de l’espèce épithèque canine (Epitheca canis).  Cette libellule mesure près de 40 mm.  Elle est majoritairement sombre avec une série de motifs jaunes sur le côté de l’abdomen. Mâle et femelle sont semblables.

L’été dernier, j’étais parvenu à poser la cousine de la libellule avec sa collecte du jour.  Une belle demoiselle avait capturé, devant mes yeux, un gerry, plus communément appelé le patineur.  Elle s’était ensuite posée sur une tige près de moi pour mieux le consommer.

Je vais essayer de vous rapporter des images similaires cette saison-ci!

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Projet rainette: c’est parti!

L’un de mes amis qui se bat pour la protection de la rainette faux-grillon depuis des décennies maintenant (Tommy Montpetit pour ne pas le nommer) m’a contacté il y a quelque 24 heures de cela pour m’annoncer que les rainettes faux-grillon avaient commencé à chanter dans un secteur de la rive-sud de Montréal.

Tommy m’informe au sujet de la rainette car il sait que je travaille sur un projet de film sur le sujet.

Quand il m’a dit que les rainettes avaient déjà commencé à chanter, j’ai été d’abord fort surpris.  Il reste encore beaucoup de neige par endroits, et l’eau est glacée.  Il faut que cette espèce soit d’une résistance sans nom pour lancer sa saison de reproduction alors qu’il gèle encore dehors!

Car oui, ce sont les mâles qui chantent.  Pour appeler les femelles.

À l’annonce du début de la saison de reproduction, je n’ai fait ni une ni deux et me suis rendu dans le marais.  Et en effet, quelques rainettes chantaient déjà.  Timidement il faut bien le dire.  Et ce, parce qu’elles ne sont pas encore complètement dégelées.

Cette première journée passée sur le terrain, je n’ai pas vu de rainettes par contre.  Lorsqu’elles sont aussi frigorifiées, elles sont encore plus farouches que d’habitude.  Elles cessent donc de chanter au moins petit bruit.  Je n’ai conséquemment pu n’en approcher aucune.

J’ai par contre vu quelques grenouilles des bois, des araignées-pêcheuses (et autres araignées) et même un cerf de Virgine.  À travers les branches, il semblait se demander ce que je recherchais aussi attentivement parmi les brins d’herbe.

Au marais,  j’y suis retourné ce matin.  Pour faire des images de matin de printemps. Les rainettes ne chantaient pas encore quand je suis parti vers 10h.  Mais je suis parvenu à filmer le carouge à épaulettes mâle alors qu’il lance ses chants d’amour du haut de son perchoir.  Je voulais cette scène!  Car le film que je veux faire sur la rainette, c’est aussi un film sur un écosystème et ses habitants.

Ce matin, j’ai aussi eu la visite d’une belle bernache.  Et d’un sympathique pic mineur.

Restaurer un milieu humide: tout un défi!

Les bonnes nouvelles se font assez rares en environnement par les temps qui courent.  Plus souvent qu’autrement, à cette époque-ci, on entend parler du déclin des espèces, de pollution, de bouleversements climatiques et que sais-je encore.  Mais rarement de solutions mises en branle.  Tout, quoi, pour démoraliser le plus endurci des écologistes.

Heureusement, il y a parfois une histoire qui vient à nos oreilles et qui nous permet de croire encore en une amélioration des choses.  C’est le cas de la belle initiative pilotée par la Fiducie de conservation des écosystèmes de Lanaudière.  Une Fiducie qui ne reste pas les bras croisés, mais qui agit pour vrai, qui prend vraiment soin de la nature.

Fiducie Lanaudière6

En 2015, un boisé de Lanaudière leur a été concédé.  Jadis, il y avait eu là exploitation de la tourbe.  Aussi bien dire que le boisé, à cause de cette activité industrielle du passé, était dans un état peu propice à l’établissement d’une biodiversité digne de ce nom.  Comme si ce n’était suffisant, le phragmite australis, un roseau provenant d’Asie et qui est au Québec une espèce envahissante extrêmement agressive, avait pris possession des lieux.  Le boisé – baptisé des terres noires à cause de son passé lié à la tourbe- était dans un piteux état.  C’est le moins que l’on puisse dire.

Mais le groupe de la Fiducie de conservation des écosystèmes de Lanaudière n’a pas eu peur de la tâche se dressant devant lui, et depuis quelques mois travaille à la réalisation d’un projet de restauration de ce milieu naturel.

Ces jours-ci, le travail de terrain s’est enclenché et les pelles mécaniques ont de ce fait commencé le retrait vigoureux du phragmite, et ce, en construisant entre autres des mares et des remblais destinés à éliminer cette espèce envahissante des lieux.

Fiducie Lanaudière2

J’ai eu la chance, il y a quelques jours, d’aller sur le terrain en compagnie de responsables du projet. Ils m’ont présenté en détails les travaux effectués dans ce boisé et m’ont parlé de la calamité que représente le phragmite.

Leur plan de restauration ne se fera pas du jour au lendemain; bien sûr.  Des chercheurs participent au projet et testent les meilleures méthodes pour éradiquer le phragmite.  Ce qui représente tout un défi. Beaucoup plus imposant que je ne l’aurais cru de prime abord. Cette mission implique des investissements humains et monétaires considérables.  Et aux dires de Yannick Bilodeau, biologiste impliqué dans le projet et la Fiducie, la restauration devrait rendre tous ses fruits d’ici quelques décennies seulement.

Un tel délai m’a amené à réfléchir au drame qui consiste à détruire les milieux humides.  Dans la région de Montréal, ils ont déjà été détruits à 85%.  Ces écosystèmes riches ne peuvent être restaurés en deux temps trois mouvements.  C’est très long avant que la vie ne se redresse complètement dans un tel milieu qu’on a écrasé pour une raison x ou y.  Il faut y penser à deux fois avant d’y installer une tourbière, une route ou un bloc de condos…

Lorsque j’étais sur le terrain avec les gens de la Fiducie, j’ai évidemment sorti ma caméra.  Et je vous ai rapporté une vidéo présentant ce très beau projet.  Bon visionnement!  Et n’hésitez pas à partager cette histoire autour de vous!  Remonter le moral des gens, c’est important!

Enfin, des tortues!

Je me souviens lorsque j’étais enfant encore et que j’appris qu’il y avait des tortues au Québec.  C’était lors d’un voyage chez un oncle dans la région de Montréal.  En auto, nous avions traversé un petit pont qui enjambait la rivière aux tortues.  J’avais demandé aux adultes dans la voiture pourquoi ce nom?  Puisque dans ma tête, il n’y avait des tortues que dans les pays chauds.  C’était par conséquent étrange de trouver une rivière aux tortues au Québec.

On m’avait répondu que ce nom avait été donné à cette petite rivière car elle était remplie de tortues.  J’étais abasourdi! Je n’en croyais pas mes oreilles.  J’ai par la suite tellement regardé dans la rivière pour voir un digne représentant de ces reptiles.  Sans succès.

Il aura fallu 30 ans pour que je finisse par croiser la route de ces fameuses tortues.  La rencontre a eu lieu hier, à Boucherville.  Un beau coin de pays où la rivière aux pins se jette dans le Saint-Laurent.  Ce qui procure un milieu de vie intéressant pour les tortues.

On y retrouve là trois espèces.  La serpentine, la géographique et la tortue peinte.  C’est la dernière que j’ai hier aperçue.

En tant qu’animaux à sang froid, celles-ci aiment bien le soleil pour les aider à réguler leur température corporelle.  Elles se juchent alors sur des branches près de l’eau pour profiter des chauds rayons du soleil.

Hier, la matinée fut froide.  C’était donc un bon temps pour voir les tortues.  Et nous n’avons pas été déçus.  Les tortues étaient bel et bien au rendez-vous. Nous en avons vues quatre ou cinq. Mais toujours trop loin, ou à contre-jour, pour donner de belles photos.

La journée tirait à sa fin.  J’étais sur le point de rentrer sur l’île de Montréal, et j’ai alors décidé que ça me prenait une photo de tortue digne de ce nom.  J’ai alors rampé entre les branches, dans la vase, pour me donner un point de vue sur une de ces fameuses tortues peintes qui me permettrait d’en tirer une photo intéressante.  Le soleil était alors haut dans le ciel, procurant une lumière dure.  Mais la tortue était sous des broussailles.  Ce qui bloquait suffisamment les rayons pour que ma photo ne soit pas complètement brûlée.  J’ai appuyé sur le déclencheur.  Et j’ai obtenu une photo que j’aime bien!

Dans ce secteur de Boucherville, j’ai également croisé la route d’une grenouille léopard qui était bleue.  C’est très rare de rencontrer un tel spécimen.  Il s’agit certes d’un simple problème de pigmentation, mais ça donne quand même des individus spectaculaires!

Les grenouilles doivent y garder l’oeil ouvert et le bon car les prédateurs pullulent dans le coin.  Entre autres les grands hérons.  On en a aperçus plusieurs qui ne ménageaient aucun effort pour attraper une barbote ou une autre espèce de petits poissons.  Une grenouille, dusse-t-elle être bleue, aurait subi le même sort si elle s’était trouvée trop près du grand bec du volatile!

Parmi les autres espèces présentes hier dans le marais, il y avait des gallinules poules d’eau.  C’était la première fois que j’apercevais cet oiseau.  Les adultes arborent une belle couleur gris ardoisée alors que les juvéniles sont plutôt beige-brun.  J’ai pu prendre quelques photos de cette espèce.  Mais les individus se tenaient assez loin de nos points d’observation, ce qui mine de ce fait les détails affichés sur les photos.  Il faut dire qu’il y a beaucoup de gens qui circulent dans ce parc minuscule.  Les oiseaux semblent avoir compris où se placer pour conserver une bonne distance avec les bipèdes bruyants du coin et avoir ainsi un peu de paix.

Les milieux humides me surprennent à chacune de mes nouvelles visites par la grande diversité qu’ils affichent.  Et dire que dans la région de Montréal, ils ont presque tous été détruits pour faire place à des maisons, des centre-d’achat ou des autoroutes.  C’est triste quand on y pense quand même.

Le grand défi de l’animalier: les comportements

Ce qui est le plus difficile dans le domaine de l’image animalière, c’est de capter des comportements.

Trouver l’animal qu’on veut coucher sur une photo, ça peut être facile ou très difficile, tout dépendant de l’espèce recherchée.  Mais le repérer n’est rien en comparaison de pouvoir le placer devant sa caméra alors qu’il fait autre chose que nous regarder parce que stupéfait ou inquiet.  Être en mesure de capter les comportements animaliers, ça veut dire trouver l’animal, être là au bon moment, et être très discret pour que l’animal se sente suffisamment en confiance pour vaquer normalement à ses activités.

Il faut bien connaître notre sujet, c’est clair.

Et il faut avoir le bon matériel et très bien le connaître aussi.

Je prends pour exemple une grenouille léopard que j’ai filmée et photographiée cette semaine.  Il y avait beaucoup de moustiques.  Et ma grenouille semblait à l’affut.  Je me suis dit qu’elle devait être en alimentation.  Je me suis approché tout doucement.  Et me suis assis face à elle, le soleil dans le dos.  Et j’ai passé 3 heures dans l’herbe à attendre que la grenouille capture un insecte.

Je ne vous cacherai pas que les résultats sont meilleurs en vidéo.  En photo, ma caméra n’a pas un mode rafale super performant.  Ce qui fait que souvent la photo se prenait au mauvais moment dans la séquence d’attaque.

C’est très difficile de placer le focus au bon endroit quand on essaie de photographier une action qui se déroule en une fraction de seconde.  Il faut le placer là où la grenouille attaquera, pour qu’on puisse vraiment bien voir l’action.

N’en demeure pas moins que je suis parvenu à monter la séquence d’attaque en combinant des photos prises dans plusieurs attaques.

Voici ce que ça donne:

Le chant des crapauds

Voilà, c’est parti.  Un mois environ après la rainette faux-grillon, c’est maintenant au tour du crapaud d’Amérique d’entrer en reproduction.

Le crapaud est l’un des amphibiens que l’on voit le plus souvent en forêt.  Mais pour ma part, je ne l’avais jamais vu chanter.  Jamais avant aujourd’hui!

Le chant est un long trille aigu.  Le crapaud produit ce son en gonflant sa gorge.

Les mâles s’installent dans de petites mares pour appeler les femelles.

Contrairement à ce que j’ai observé dans le cas de la rainette, c’est-à-dire que je n’ai vu que très peu de femelles, la situation semble beaucoup plus positive dans le cas de la population de crapauds du boisé Tremblay.  Déjà aujourd’hui les femelles étaient au rendez-vous, auprès des mâles.  Et la ponte est déjà débutée.

Le crapaud pond deux filaments remplis de ses oeufs.  Il les enroule autour de la végétation.  Ou les laisse tomber carrément au fond de la flaque d’eau.

Pendant qu’il se reproduit, le crapaud doit garder l’oeil ouvert.  Car la couleuvre rayée le consomme en grand nombre.  Et ce, malgré les glandes remplies de liquide toxique qu’il a sur le dos.  Cette substance peut même tuer un petit mammifère qui l’ingérerait.

Le ballet des moustiques est lui aussi bien enclenché.  Il y en a maintenant partout dans le marais.  En quantité.

 

J’ai vraiment eu le tyran!

Aujourd’hui, journée chaude.  Gros soleil plombant. Les animaux s’animent.  Et le photographe fond de toute cette chaleur.  Car il n’enlève pas son p’tit manteau de plastique…noir [en plus].  Malgré le fort soleil dont je parlais justement tantôt.  Alors pourquoi ne pas l’enlever?  Par peur des tiques à pattes noires voyons!

Malgré les frayeurs du petit photographe peureux, n’en demeure pas moins que les oiseaux s’activent [enfin] et virevoltent dans tous les coins.  Ils ont du temps à rattraper, faut dire.  Les nids doivent se construire au plus vite.  Et les oeufs être pondus au plus sacrant. Pour que les oisillons soient fins prêts pour affronter l’hiver qui ne nous oubliera pas.  Ou pour voler jusqu’où l’hiver ne se rendra pas.  Avec le temps qui se réchauffe constamment, c’est peut-être plus si loin que ça finalement.

Près de mon étang, un couple de tyrans tritri s’est installé.  Un oiseau que je ne croise pas sur la Côte-Nord, là où je pense toujours vivre malgré mon enracinement à Montréal.  Peut-être parce que je ne regarde pas bien parmi les épinettes rabougries. Car la carte de répartition du tyran dit qu’il occupe bien ce territoire.

Le tyran tritri, c’est un oiseau qui aime se percher bien haut afin de surveiller le vol des insectes qui passent par là. Insectes dont il se nourrit. Évidemment. C’est bien l’fun pour l’oiseau. J’veux dire d’avoir une aussi bonne position. Mais pour le photographe, cette position, c’est pas terrible.  En contre-plongée, il est bien difficile de témoigner de la beauté de l’oiseau.

Mais aujourd’hui, le tyran m’a fait plaisir.  Il s’est perché bas.  À hauteur de yeux.  Faut dire qu’il était très tôt quand c’est arrivé.  6h30 du matin, heure du marais. À cette heure, les insectes n’étaient peut-être pas assez nombreux en vol à son goût. Ou le tyran n’avait peut-être pas envie de déjeuner. Peu importe. En ce qui me concerne, c’était une situation parfaite. Et j’ai enfin pu prendre une photo du tyran qui me plaît!

Faut dire que j’aime de plus en plus cet oiseau.  D’accord, il n’est que gris-foncé et blanc.  Son chant intéressant, mais pas tellement mélodieux.  On peut faire mieux.  Mais il a de la gueule ce foutu tyran.  Et le nom!  Quel nom! Tout pour attirer l’attention!

Gris et blanc.  Le tyran.  C’est ça que je vous disais.  Mais c’est quand même pas brun tout ça.  Quand j’y pense, ça me rappelle un souvenir de jeunesse, alors que je grandissais, là-bas sur la Côte-Nord, et que j’entendais les gens autour de moi dire que les animaux qu’on avait au Québec étaient ternes.  Que nos poissons étaient rien de moins qu’invisibles dans notre fleuve noir.  Et nos oiseaux: tous bruns.  Voilà ce qu’on disait dans le temps.  Et qu’on dit encore, sûrement. Or, c’est bien le contraire!

Dans mes explorations du Saint-Laurent, masque sur le bout du nez, j’ai rencontré une vie ultra colorée. Qui n’a rien à envier aux mers du sud que j’ai visitées. Et les oiseaux d’ici sont plus souvent qu’autrement flamboyants.  Tout le contraire de ce que mes gens disaient à mon époque de plus en plus lointaine.  Je vous l’disais!

Cette conception erronée de nos animaux démontre bien une chose.  Nos gens d’ici connaissent bien mal les habitants de ce territoire.  Ils se connaissent tout d’abord mal eux-mêmes.  Faut bien le dire.  Tout comme ceux qui les entourent. Encore plus s’ils ont des plumes et [beaucoup] de poils.

Partant de là, ça va bien mal pour protéger ce territoire qui est si grand… et le libérer !

***

Mes images du jour, récoltées quelque part près de vos maisons de banlieue:

Le printemps froid fait des victimes

Au risque même de peut-être radoter, je vous entretiens régulièrement dans mon blogue du printemps froid que nous connaissons cette année au Québec et des répercussions que cela peut avoir.  Je vous en parle surtout en lien avec les amphibiens.  Puisque mon projet de film porte sur eux.

Mais le printemps a aussi des impacts sur bien d’autres espèces animales.  Ce matin, en me rendant au marais, j’ai aperçu une bernache qui couvait encore.  Ça fait pas mal longtemps qu’elle couve je trouve.  Serait-ce que les oeufs sont morts?  Et qu’elle se refuse de les abandonner.  On aura la réponse bientôt.

bernache au nid (1 sur 1)

Pendant que je regardais la bernache couver, mon regard a été attiré par une drôle de tache claire tout près d’elle. Je me suis approché, et la tache s’est révélée être la carcasse d’une tortue serpentine.  Et une grosse!

La carcasse était intacte.  Elle n’avait pas été attaquée par quoi que ce soit.  La mort était très récente.  La tortue était maigre.  Tout porte à croire qu’elle serait morte de froid;  ou de faim; ou les deux à la fois.

La tortue-serpentine est le plus gros reptile du Québec.  Elle se reproduit au printemps ou à l’automne.  Plus rarement au cours de l’été.  Son bec est très puissant.  Elle se nourrit d’insectes, d’amphibiens, de crustacés et de petits poissons.  Ses populations sont en déclin au Québec.

Il est par conséquent très triste de voir un individu ainsi succomber au printemps.  Et tout ça se passe dans nos cours.  À quelques pas seulement de nos maisons.

Quand je vous dis que le printemps n’est pas facile pour les animaux, en voici une bonne preuve.

Autour de la tortue morte, il y avait quand même des choses plus joyeuses à poser.  J’en ai profiter.

 

 

Le moqueur-chat pointe le bout de son bec

Ces derniers jours, j’ai repéré un secteur où les râles de Virginie se nourrissent.  Je me suis dit ce matin que je tenterais à nouveau de prendre comme il faut cet oiseau en photo.

Aussi bien dire qu’il s’agit là d’un défi.  Le râle de Virginie a la réputation de se faire entendre beaucoup plus souvent que de se faire voir.  Il faut dire que l’oiseau est petit.  Il mesure environ 25 centimètres.  Et il fréquente des habitats franchement difficiles d’accès.   Les miens vivent dans de denses bosquets de phragmites qui poussent dans l’eau.  Y pénétrer est compliqué.  Et ça fait du bruit quand on le tente.  Ce qui effraie, bien entendu, les râles.  Et parlant de frayeur, je dois dire que c’est quand même stressant pour moi de pénétrer dans ces herbes hautes.  Il y a là des tiques porteuses de la maladie de lyme!

Encore aujourd’hui, le râle a eu le dessus sur moi.

J’ai pu m’approcher assez près de l’oiseau, mais les tiges des phragmites bloquaient presque complètement la vue de ma caméra.  La seule photo que j’ai pu prendre ne rend aucunement justice à la beauté du râle.

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Face au ô combien furtif râle, j’ai peut-être perdu une seconde bataille, mais je ne m’avoue pas vaincu pour autant!

En déambulant dans les bosquets de phragmites, j’ai par contre eu la chance de croiser le regard d’un moqueur-chat.  Un oiseau qui a un chant mélodieux.  Et un cri fort particulier (on peut les entendre ici).  Cri qui rappelle, dans certaines de ses intonations, le miaulement d’un chat.

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Lui aussi aime bien se dissimuler dans les herbes hautes.  Mais pas toujours au sol comme le râle.  Ce qui m’a donné la chance, ce matin, de l’apercevoir dans une percée parmi les herbes!

Pendant que j’étais assis près du marais, espérant l’arrivée du râle du côté de ma position, je prenais des photos du marais. Je le trouve très beau. Dans la région de Montréal, les terres humides ont presque complètement été détruites.  Ce sont pourtant des habitats très riches et variés.  Il faudra bien, un jour ou l’autre, apprendre à faire attention à ce qui nous entoure…

Des oiseaux sous la pluie

J’ai hésité longtemps, hier, avant d’aller observer les animaux autour de mon étang.  Les conditions météorologiques n’annonçaient rien de bon.

Une fois le travail de bureau terminé, j’ai quand même décidé d’aller au front.  Et de la pluie, j’en ai reçu des torrents.  Mais bien caché sous mon abris en toile, je pouvais poser tout en protégeant mon matériel.

Le bouleau tout juste à côté d’où je me trouvais commençait à produire des graines. Il n’en fallait pas plus pour que mésanges, chardonnerets et roitelets à couronne rubis accourent.  Un pic s’arrêta quand à lui dans l’arbre mort face au bouleau.  Alors qu’un bruant chanteur prit position sur une branche pour mieux appeler ses congénères.

La journée tirait à sa fin.  J’étais transi.  Et bien humide.  Je décidai de remballer mon stock quand une grenouille léopard vint voir de plus près ce qu’était cette espèce de tente nouveau genre.  Ma lentille macro se trouvait dans ma poche.  En deux temps trois mouvements, elle se retrouva sur ma caméra.  Et le portrait de la grenouille léopard, quant à lui, sur la carte de ma caméra!

Après cette séance-photo en dehors de mon abri, j’étais cette fois bien frigorifié.  Je commençai donc à démonter mon trépied.  Quand j’aperçus une ombre marcher d’un pas décidé entre les tiges des quenouilles.  Je réinstallai mon téléobjectif et me mis à scruter les minces espaces libres entre les tiges devant moi.  Je vis alors un oeil.  C’était l’oeil du très furtif râle de Virginie!

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La photo n’est pas terrible.  Mais bon, comme c’est un oiseau assez difficile à observer, je me permets de vous la partager quand même!