Les lièvres ont été coopératifs!

Depuis quelques jours, je tente d’enrichir ma banque d’images de lièvres en pelage d’hiver.

La neige recouvre déjà les paysages sur mes sites de photo, alors c’est le temps de se consacrer à cette espèce commune qui demeure tout de même très difficile à poser.  Car c’est une espèce nocturne.

Pour parvenir à mon objectif, j’ai de ce fait recours au piégeage photographique.

Dans un premier temps, je cherche les sentiers des lièvres.  Le lièvre aménage des sentiers l’été comme l’hiver entre ses sites de repos et d’alimentation. Il entretient minutieusement ses sentiers, car il doit pouvoir fuir rapidement si un prédateur se pointe. Et dieu sait que les prédateurs qui visent le lièvre sont nombreux.

Ces sentiers sont faciles à repérer l’hiver.

Une fois que j’ai repéré les sentiers, je réfléchis à l’endroit qui ferait une bonne photo. On veut un endroit dégagé. Mais avec un arrière-plan intéressant. J’installe à cet endroit mon piège photographique. Ensuite, je place quelques graines de tournesol sous la neige. Parce que ce n’est pas beau si on les voit dans la photo.

Finalement, j’installe des petites branches pour forcer le lièvre à aller aux graines en s’installant devant la caméra.

Pour les lièvres de nuit, je travaille avec deux flash.  Et le système de détection de mouvements de Captraption.

Ensuite, on croise les doigts!

J’ai été bien chanceux cette semaine.  Je suis parvenu à récolter des images de lièvres qui me plaisent bien!

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La mue

J’ai commencé les premiers tests de piégeage photographique dans la forêt derrière ma maison du fond des bois.  J’utilise cette fois-ci un système à détection active et non un système PIR comme précédemment.

La différence, c’est que le système actif déclenche la caméra seulement quand un animal passe entre le récepteur et l’émetteur.  C’est plus facile d’ajuster le focus ainsi qu’avec un système PIR qui projette un rayon à 5 mètres vers l’avant.

J’ai eu une seule nuit pour tester la chose actuellement.  Et ça fonctionne bien.  J’y retourne dès demain.  Je pourrai vous présenter davantage de résultats.

En marchant dans la forêt pour réaliser mon repérage ces jours-ci, j’ai trouvé une musaraigne qui venait tout juste de mourir.  L’animal ayant mis fin à ses jours l’a probablement abandonnée en m’entendant arriver sur les lieux, car la musaraigne était encore chaude.

Je l’ai récupérée et placée au centre de mon système de détection active.

Je m’attendais à la venue d’une hermine ou d’une martre, attirées qu’elles auraient été par un repas aussi facile, mais à ma surprise, c’est plutôt un lièvre d’Amérique qui a fait déclencher mon système.  Le lièvre a profité de l’obscurité de la nuit pour venir renifler la musaraigne.

Ça m’a permis de constater que les lièvres ont déjà bien entamé leur mue.  Bientôt, ils seront tout blancs.  Ce qui leur permettra de passer facilement inaperçus dans un paysage hivernal.

C’est la durée des jours qui déclenche la mue chez les lièvre d’Amérique.  Lorsque les jours raccourcissent en septembre et en octobre, et lorsqu’ils s’allongent au printemps, le signal est envoyé dans le corps de l’animal pour opérer le changement de couleur.  À l’automne, il deviendra blanc.  Alors qu’au printemps, il redeviendra brun.

Novembre est une bonne période de l’année pour poser les lièvres d’Amérique.  Souvent, ils deviendront blancs avant que la neige ne recouvre durablement les paysages.  Conséquence:  le camouflage prévu pour l’hiver trahi à l’automne la présence du petit rongeur dans une forêt toute brune et sans feuille.  Au plus grand plaisir du photographe, bien sûr!

Des lièvres, la nuit

Dans la forêt derrière ma maison du fond des bois, les lièvres d’Amérique pullulent.  L’hiver, il s’agit simplement de plonger notre tête entre les arbres garnis de neige pour observer des traces de leur présence par dizaines.

Il y a d’abord la trace de leurs pattes laissée dans la neige, pattes du lièvre qui sont tellement caractéristiques qu’elles trahissent très facilement sa présence.  Mais il y a aussi les branches rongées (voir la photo ici bas où le lièvre est debout sur ses pattes arrières.  Il est en train de gruger l’écorce d’une branche) et les petites crottes rondes laissées de ci, de là dans les bois qui nous permettent de savoir que le lièvre fréquente le secteur.

Mais ce n’est pas parce qu’ils sont très nombreux derrière chez moi qu’ils ont pour autant faciles à photographier.  En fait, c’est très difficile de les poser.  De jour, en tout cas.

Car le lièvre d’Amérique, proie d’à peu près tous les habitants de la forêt qu’il est, est un animal farouche.  Il sort rarement en plein jour.

Durant le jour, il est de ce fait très peu actif.  Et l’hiver, il demeure alors caché sous les branches au pied des arbres.  Pour l’observer, il faut scruter attentivement toutes les cachettes obscures qui se trouvent sur notre chemin.  Celles qui sont cerclées par les pistes des lièvres offrent évidemment les meilleures chances d’en repérer un.  Mais ce n’est pas gagné quand même.

Évidemment, prendre une photo d’un animal tapi dans un trou noir, ce n’est franchement pas l’idéal.  La photo a toutes les chances du monde d’être sous-exposée.  Et ça, c’est si le lièvre n’a pas détallé à notre seule approche, rendant de toute façon la photo impossible.

Ce qui revient à dire que je ne réussis à peu près jamais à les observer durant le jour.  Et encore moins à les poser durant ces moments de la journée.

Parce que le lièvre est plutôt nocturne, c’est la nuit qu’on a le plus de chances de le voir actif.  Mais faire de la photo, la nuit, ce n’est vraiment pas facile. Il faut traîner des lumières leds et attendre l’arrivée du sujet. Dans le froid.  En se demandant ce qu’on fait là.

En ce qui me concerne, j’aime bien dormir la nuit.  C’est pourquoi j’ai adopté une autre stratégie pour la photo nocturne:  le piégeage photographique.

De prime abord, ça peut sembler simple cette méthode.  Tu places ta caméra dans le bois, avec un flash et un bidule qui déclenche la photo dès qu’il y a mouvement ou changement de température devant lui, et bingo!  Techniquement, il est vrai que c’est simple à faire fonctionner.

Mais pour réussir une photo digne de ce nom avec une telle configuration, c’est une tout autre paire de manche.  C’est en fait très difficile.

Il faut d’abord effectuer beaucoup de repérage, question de savoir où l’animal que l’on recherche risque le plus de passer devant notre caméra. Car il ne sert à rien de laisser une caméra dans le bois si aucun animal ne passe devant, pas vrai?

Pour le lièvre, je recherche plus particulièrement les secteurs où je trouve des branches d’aulnes à hauteur du sol.  Il faut que les tiges soient rongées par les lièvres, signe qu’ils viennent là se nourrir.  Il faut qu’il y ait des crottes fraîches aux alentours aussi.

Quand je trouve un tel spot, je sais que les lièvres sont présents et actifs dans le coin.  Je place alors une caméra de surveillance qu’utilisent les chasseurs.  Question d’être certain que le secteur est bel et bien fréquenté par les lièvres.  Et pour savoir vers quelle heure les lièvres semblent là les plus actifs. Et quelle température est la plus propice à leur passage sur le site.

Ces caméras procurent de bonnes informations.  Il est vrai.  Mais la qualité des photos est médiocre.

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Une fois que le secteur semble avoir du potentiel pour la photo du lièvre, j’y retourne.  Mais cette fois, je suis armé d’une vraie caméra.  Une caméra DSLR ou mirrorless. Ça dépend.

Je me permets d’utiliser ma Sony A7sii (mirrorless) quand je suis sûr que personne ne me la volera quand je ne serai plus là.  Car c’est une caméra dispendieuse quand même.  Si j’ai des doutes, je place plutôt ma vieille Canon Rebel XTI.  Ça ne vaut plus rien.  Alors si quelqu’un la vole, c’est moins grave.

Je place la caméra dans un caisson Pelican que j’ai modifié. Comme ça, la caméra est bien protégée des animaux trop curieux et elle est à l’abri des intempéries.

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J’ai fait un trou dans le caisson pour y coller un filtre UV qu’on utilise en photographie.  C’est par là que la caméra prend ses photos.  J’ai aussi fait deux trous sur les côtés pour laisser passer les fils qui s’en vont au flash et au détecteur de mouvement-chaleur.

Le flash se trouve lui aussi dans une boîte de plastique, question de le protéger de la pluie et de la neige.

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Je place la caméra sur un trépied, ce qui me permet d’ajuster l’angle de tir selon ma volonté.  Et je pars dans le bois avec tout ça en dessous du bras…Dans la neige molle, j’y vais bien sûr en raquettes.  Ce qui complique encore un peu plus l’opération.

Installer cet équipement sur le site n’est pas plus simple que tout le reste.  Il faut bien deviner où le sujet passera exactement.  Car la zone de focus est très courte  Cela étant à cause de la proximité de la caméra du sujet lorsque l’on pose en pleine noirceur, au grand-angle.  L’éclair du flash n’étant évidemment pas assez puissant pour se rendre à l’autre bout de la forêt. On veut donc une photo de grande proximité.

Je dirais que j’ai une zone de jeu d’environ 30 centimètres dans laquelle le sujet doit impérativement passer. C’est là que je place manuellement mon focus.

J’ai ensuite recours à des techniques de trappe que j’ai apprises dans mon autre vie.  Ces techniques me permettent de forcer le sujet à passer dans la zone au focus.  Comment je m’y prends au juste?  Je casse de petites branches et je les pique dans la neige, question de barrer l’accès vers où je ne veux pas que le lièvre s’en aille.

Pour prendre la photo, je travaille avec un objectif grand-angle. 20mm environ. Ça permet de bien voir le sujet et son environnement de vie, la nuit. J’utilise la fonction ISO automatique, mais je la bloque pour qu’elle ne monte pas au-delà de 3200.  Ça, c’est vrai pour la Sony.  Parce qu’avec la Canon, cette fonction n’existe pas.  Sur cette caméra, je mets les ISO à 800.  Et j’utilise une bonne vitesse d’obturation.  Environ 1/500, voire 1/800.  J’ajuste le flash en TTL (automatique).  La plupart des piégeurs photographiques l’ajustent manuellement, le flash.  Je fais peut-être ici une erreur.  Mais pour l’instant, ça fonctionne pas trop mal.  On verra plus tard si je corrige cela.

Et ensuite je prie!

Et il faut prier fort car le sujet n’est pas toujours coopératif.  Parfois il passe trop près de la caméra.

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Ou trop loin.

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Quand il ne vient pas carrément lécher le filtre UV par où se prend la photo!

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Le piégeage photographique, c’est vraiment une approche qui procure bien des erreurs.  Et un peu de frustration, je dois bien l’admettre. Car plus souvent qu’autrement, on regarde les photos prises en son absence, et elles sont toutes ratées.  Il faut alors recommencer et corriger le tir selon les enseignements appris des erreurs de la veille.

Pour la série de photos de lièvres qui se trouve ci-bas, photos prises la nuit, en hiver, j’ai passé bien des soirées à courir les bois avant d’obtenir quelques photos qui me plaisent.  Car réussir du premier coup en ce domaine, c’est plutôt rare.

Et je ne parle pas du défi que cela représente de faire fonctionner tout ce matériel par grand froid.  Les piles qui tombent à plat après une seule nuit, les flashs gelés qui ne déclenchent pas quand le sujet passe devant la caméra, ou le givre qui s’installe sur le filtre, ruinant de ce fait les photos obtenues chèrement…Bref, les risques d’erreurs et d’échecs sont très nombreux.

Mais il n’en demeure pas moins que cette technique me permet au moins des contacts beaucoup plus fréquents avec les sujets difficiles que l’affût ou l’approche fine en forêt.  Car quoi qu’on fasse, l’animal devine pas mal toujours notre présence.  Il fuit alors, rendant la prise de la photo très difficile.

La nuit, une caméra seule est beaucoup moins dérangeante pour les sujets que ma présence de gros bipède humain.  Et cela se voit dans les résultats.  J’ai des dizaines de photos de lièvres prises par la caméra quand je ne suis pas là, et seulement quelques-unes quand je tiens le kodak.

Ceci étant dit, et malgré toute la difficulté que représente le piégeage photographique,  quand ça fonctionne, hé bien, on est heureux.  Et on a seulement hâte d’aller replacer sa caméra dans la forêt.