Trop froid pour la reproduction des rainettes

Les mâles chantent toujours dans ma flaque d’eau.  Mais les femelles ne se pointent plus au rendez-vous vocaux.  Elles doivent se dire qu’il est inutile de pondre des oeufs dans de l’eau si froide.

Durant la nuit d’hier, le mercure est tombé à zéro.  Pour les rainettes, c’est froid.  Ce matin, quand je suis arrivé au marais, aucun son.  Les rainettes ne chantaient pas.  Il a fallu que le soleil se dresse et chauffe la mare pour que le concert ne débute.  Il était près de 10h!

Mais les mâles ont chanté en vain toute la journée.  Aucune femelle à l’horizon.

Il paraît que c’est assez tranquille dans la plupart des secteurs où l’on trouve des rainettes faux-grillon au Québec.  Tommy Montpetit, l’expert de la rainette qui se bat pour la sauver depuis des années, m’a dit être inquiet.  Les nouvelles conditions météo sont-elles en train de changer le comportement de cette espèce?  Voire pire, lui nuire encore davantage?  Je partirai dans le marais avec Tommy au cours des prochains jours.  J’aurai alors plus de réponses à vous apporter à ce sujet.

Mais aujourd’hui, ce n’est pas parce que les femelles n’étaient pas au rendez-vous qu’il n’y avait rien à faire autour de ma mare.  Oh que non puisque je voulais aujourd’hui tester ma lentille macro-grand-angle avec la rainette.  On s’entend que c’est un tour de force que de réussir une photo avec cette lentille avec la rainette faux-grillon.  Je devais approcher ma lentille à environ 2 centimètres de la grenouille.  Et j’y suis parvenu!

rainette grand-angle (1 sur 1)

Que de contorsions pour réussir cette photo!

J’ai bien tenté de filmer la rainette avec la même lentille, mais cette dernière n’est pas stabilisée.  Ça veut dire que c’est pas mal mieux de l’utiliser avec un trépied.  Mais là, c’était beaucoup trop demander à ma rainette qui a pris la clé des champs!

Pendant que je regardais les mâles s’époumoner en vain, j’ai aperçu une araignée.  Une dolomèdes triton.  C’est une araignée qui pêche.  Même des poissons!  Évidemment, dans la flaque, il n’y a pas de poissons.  Est-ce que les rainettes pourront figurer au menu?  Heureusement pour elles, l’araignée était une juvénile.  Donc trop petite même pour les minuscules rainettes.  J’ai quand même pu filmer l’araignée alors qu’elle s’attaquait à une fourmi qui a eu le malheur de tomber d’un arbre au mauvais endroit!

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Encerclé par les roitelets

Aujourd’hui, je me suis rendu dans le Boisé du Tremblay.  Un des derniers espaces verts de la couronne montréalaise.

J’y vais régulièrement car je travaille sur un projet documentaire qui concerne la rainette faux-grillon de l’Ouest.  Une espèce de batracien en voie d’extinction et qui vit justement dans le Boisé du Tremblay, à Longueuil.

La belle météo laisse présager que la rainette chantera très bien bientôt.  Et la saison des amours, chez cette espèce, dure très peu de temps.  Je dois donc surveiller ces marais de près.  Question de ne pas manquer le moment fatidique.

Aujourd’hui, j’ai entendu des chants de batracien.  Mais c’étaient des grenouilles vertes.  Je n’ai pas entendu la fameuse rainette.

Mais pas grave, j’ai trouvé de quoi égayer ma lentille quand même.

Il y avait énormément de roitelets à couronne dorée dans une section du marais.  J’aime cet oiseau.  Petit.  Vif.  Et l’oeil vigilant.  Le problème c’est qu’il n’arrête pas de bouger.  Alors le prendre en photo est tout un défi.  Mais je crois y être pas trop mal parvenu.

Mais dans la marais, aujourd’hui, les insectes commençaient aussi à se réveiller.  Les mouches.  Et les coléoptères.  Une belle journée passée dans la nature, les pieds mouillés, quoi!

J’aime la macro

Plus je m’adonne à la photo, et plus je m’aperçois que c’est la macro qui m’attire le plus.  Même quand je fais des photos d’oiseaux ou de plantes, j’essaie toujours d’être le plus près possible de mes sujets, pour voir le plus de détails possible. Ma caméra en main, mes réflexes macro s’activent automatiquement.

En fait, même en paysage, j’intègre très souvent un avant-plan à la macro à l’aide d’une lentille spéciale macro-grand-angle que j’aime beaucoup.

Sous l’eau, même chose.  J’ai complètement organisé ma caméra pour pouvoir prendre des images en macro.  Je descends même un trépied sous l’eau pour éviter les flous de bougé!

Quand j’ai commencé à faire de la macro, dans les champs près de chez moi, j’utilisais ma vieille caméra Canon avec une lentille 50mm.  Pour obtenir un effet d’agrandissement, je plaçais des bagues d’allongement Kenko entre la caméra et la lentille.  Ça donnait des résultats quand même très intéressants.  Et à faibles coûts.  (les images ci-bas ont été ainsi prises avec ladite Canon âgée).

Pour bien faire ressortir la couleur des insectes, j’utilise un flash avec un filtre diffuseur.  Ça permet d’avoir assez de lumière pour monter la vitesse d’obturation et ainsi figer les mouvements des insectes.  Et de bien faire ressortir les couleurs des insectes.

L’été prochain, je compte mettre ma nouvelle caméra Sony A7Sii au service de la macro.  Je l’utiliserai avec ma lentille 90mm dédiée à la macro.  Et toujours avec un flash et diffuseur.

Parce que 90mm, je trouve que ça ne grossit pas suffisamment pour bien voir les détails minuscules sur les insectes, j’utiliserai encore des bagues d’allongement. Et nouveauté: je testerai la bonnette.  La bonnette n’est ni plus ni moins qu’une loupe qu’on visse sur la lentille pour décupler les capacités de magnification de celle-ci.  J’ai bien hâte de voir les résultats.

Photographier des insectes, ce n’est pas facile.  Placer le focus au bon endroit alors que le sujet est si petit est un défi en soi.  Dans cette discipline, oubliez le focus automatique.  En fait, oubliez même la bague de focus manuel.  Le focus se fait ni plus ni moins qu’en avançant ou en reculant la caméra lorsqu’elle est placée face à son sujet.

Imaginez le travail quand il s’agit de capter le mouvement d’un insecte volant!!!

Les insectes ne sont pas toujours très coopératifs.  Le mieux est d’y aller le matin très tôt.  La lumière est alors belle.  Et les insectes encore gelés un peu.  Ils bougent donc moins. C’est plus facile alors de les placer face à soi, ou de profil.

On ne doit jamais les poser du dessus ou du derrière.  Car ce n’est pas très beau.

J’écris, j’écris et je commence vraiment à avoir hâte que le printemps dégèle enfin les insectes, pour que je puisse retourner les « chasser » dans les champs et les boisés.