Enfin, la mouche assassine!

Ça fait longtemps que j’essaie de prendre en photo la mouche assassine.  Et je n’y parviens jamais.  Jusqu’ici, dès que je me plaçais pour photographier ledit sujet, celui-ci prenait ses ailes à son cou et allait se poser là où il disparaissait de mon champs de vision. Donc loin de ma caméra.

Enfin cela était vrai jusqu’à hier.  Car hier j’ai enfin pu prendre le temps de réaliser des images de cette diptère, digne membre de l’ordre des asilidae.

C’est en marchant dans le sentier au beau milieu d’un marais que j’ai aperçu cette grosse mouche qui trônait au sommet d’une tige cassée de phragmite.  Je me suis approché, et j’ai pu identifier celle que je cherchais depuis longtemps: la fameuse mouche assassine.  Je me suis mis en position pour prendre une photo d’assez loin, car je craignais que celle-ci se sauverait comme les autres que j’ai jusqu’ici rencontrées dans mes balades en nature.  Hé bien non, cette mouche assassine était trop occupée à scruter les horizons, dans l’espoir d’apercevoir la proie qui la sustenterait, pour que ma présence l’indispose le moindrement.  Un bon sujet pour la photo, quoi!

La mouche assassine est aussi appelée mouche à toison.  Parce que sur son torse se trouvent des poils drus qui forment une genre de barbe.  Ils permettent à la mouche de protéger ses yeux des mouvements défensifs des proies qu’elle capture.

La mouche assassine possède un rostre solide.  Elle l’utilise pour percer l’exosquelette de ses proies.  Une fois le corps percé, elle injecte dans celui-ci un fluide digestif et paralysant.  Une fois sa proie maîtrisée et pré-digérée, la mouche assassine n’a plus qu’à aspirer les fluides intérieurs de celle-ci.

La mouche assassine préfère attraper ses proies en vol.  Mais certains individus se spécialisent dans la capture d’individus au repos.  Il faut dire que la famille des asilidae est assez vaste.  Certains spécimens ressemblent à de gros moustiques alors que d’autres espèces ressemblent davantage à des bourdons.

Quoi qu’il en soit, ces mouches sont agressives et n’hésitent pas à attaquer des proies beaucoup plus plus grosses qu’elles.  Même des libellules ou des guêpes.

Hier, j’espérais bien capter un comportement de prédation à l’aide de ma caméra.  Mais le temps que j’ai passé avec ladite mouche ne m’a pas permis de voir une attaque couronnée de succès.  À chaque fois que la mouche assassine décollait de son perchoir pour mieux foncer sur un insecte volant, elle revenait bredouille d’où elle était partie.  Comme quoi, le succès ne semble pas toujours être au rendez-vous dans les activités de chasse de cet insecte prédateur.

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Pour réaliser ces photos, j’ai utilisé une caméra Sony A77ii (APS-C).  J’ai aussi utilisé un objectif macro Tamron 180mm.  Les photos ont été prises debout, à main levée.

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La punaise embusquée

Il y a quelques jours, je déambulais dans les marais en compagnie d’une personne que j’initiais à la macrophotographie.  Je dois dire que cette même personne m’a porté chance.  Au cours de la sortie, nous avons pu observer toutes sortes de sujets plus intéressants les uns que les autres.

Dont une toute petite punaise prédatrice que je n’avais encore jamais observée.  Elle devait mesurer 8 ou 9 mm.  Elle se tenait au sommet des fleurs dans une position qui laissait peu de doute:  elle était à l’affût.

En l’observant attentivement, j’ai aperçu des pinces antérieures qui ressemblent à celles des mantes religieuses.  Cela confirma ce que je croyais déjà:  il s’agissait d’un prédateur.

La journée a suivi son cours et nous avons finalement aperçu un autre digne représentant de cette espèce qui avait cette fois attrapé une proie.

De retour à la maison, j’ai fouillé dans mes guides afin d’identifier cet insecte fort intéressant.  Et j’ai trouvé!  Il s’agit de la punaise embusquée (phymata fasciata).  Un hémiptère donc. Espèce commune au Québec.

Cette punaise peut atteindre 12 mm.  Elle dévore les insectes butineurs.  De par sa couleur jaune-verdâtre, elle aime se dissimuler au sommet des verges d’or (fleur jaune).  Elle peut s’en prendre à des insectes qui sont beaucoup plus gros qu’elle.

En Europe, on trouve une espèce cousine.  La punaise à pattes de crabe (phymata crassipes).

 

La punaise demoiselle: la carnivore de nos buissons

Celui qui sait regarder les remarquera à coup sûr puisqu’elle sont nombreuses.  Qui plus est, elles aiment trôner au sommet des plantes, sur des fleurs bien souvent, là où elles sont très visibles.  Ce n’est certes pas pour rien qu’elles se positionnent à pareil endroit.  C’est que les punaises demoiselles aiment bien la chair tendre des petits insectes qui les entourent.  Et les fleurs les attirent en grand nombre, là où elles peuvent les attraper plus facilement!

La punaise demoiselle fait partie de la famille des nabidés.   Il y a plus de 400 espèces de punaises demoiselles dans le monde, et 40 en Amérique du Nord seulement.

Ce sont des insectes qui mesurent de 3 à 12 mm, tout dépendant de l’espèce.  Ces punaises ont de grandes pattes à l’avant pour saisir leurs proies.  Ensuite, elles percent leur carapace à l’aide de leur rostre pour par la suite sucer leurs fluides intérieures.

Coléoptères, charançons, mouches et cicadelles n’ont qu’à bien se tenir!

Parce qu’elles consomment un tas de petits insectes dits nuisibles, l’humain a décidé de placer ces punaises dans la catégorie « bons insectes ».

Les punaises demoiselles ressemblent beaucoup aux réduves, qu’on appelle aussi punaises assassines.  Les fémurs de la punaise demoiselle sont par contre plus développés que ceux des réduves.

L’automne venu, la punaise demoiselle se dissimulera parmi les feuilles mortes.  Elle « reviendra » à la vie au printemps.  Le mâle meurt tout de suite après la reproduction. La femelle après avoir pondu ses oeufs.  Tout dépendant des régions, il pourra y avoir jusqu’à 5 générations de punaises demoiselles au cours de l’été.  C’est dire qu’elles ne se rendront pas toutes à l’automne.

La punaise demoiselle est elle-même la proie des amphibiens, des oiseaux et des arachnidées.

J’ai réalisé cette série de photos avec une caméra Sony A77ii.  Monté dessus, il y avait un objectif Tamron macro 180mm.  J’ai utilisé un trépied et un flash avec diffuseur.  Mais ce n’était pas un trépied avec rail macro.  Ce qui m’a rendu la tâche plus difficile.  Qui plus est, nous en sommes au début de la saison de macro, et j’ai ajusté mes ISO trop haut.  à 800 pour être plus précis.  Ce qui mine la qualité du piqué.  D’ailleurs, je me rends de plus en plus compte que mon objectif Sony macro 90mm est beaucoup plus performant pour la macro descriptive que l’objectif Tamron 180mm.  La sony 90mm me permet d’être plus proche de mes sujets et de capter ainsi plus de détails.

La libellule: grand prédateur du marais!

J’aime beaucoup les libellules.  Tant à leur stade larvaire qu’une fois adulte, elles sont les grands prédateurs du monde des insectes.

En vol, la libellule file à vive allure.  À peu près aucun insecte volant ne peut lui échapper.  Il faut dire que la libellule peut atteindre une vitesse de près de 100km/h.  Et qu’elle peut effectuer des changements de direction brusques.  Ou encore voler sur place.

Elles s’attaquent surtout aux diptères (les mouches).  La technique est foudroyante:  de ses grands yeux, la libellule repère sa proie.  L’approche se fait généralement par en-dessous de celle-ci.  Elle l’attrape de ses pattes d’en avant.  Elle se pose ensuite pour la déchiqueter avec ses puissantes mandibules.

La larve de la libellule est un prédateur tout aussi redoutable.  Elle chasse à la vue.  Et peut consommer des proies aussi grosses que des tétards de grenouille! Ou même des petits poissons!

10 mues seront souvent nécessaires avant que le stade adulte ne soit atteint.

La larve de la libellule est appelée odonate.  Elle possède un appendice buccale fort étonnant et qui rappelle le film Alien.  En effet, la larve de la libellule peut projeter cet appendice très rapidement vers l’avant pour ainsi frapper de plein fouet ses proies.

Hier, j’ai enfin aperçu ma première libellule de la saison.  Si je ne m’abuse, il s’agissait d’un digne représentant de l’espèce épithèque canine (Epitheca canis).  Cette libellule mesure près de 40 mm.  Elle est majoritairement sombre avec une série de motifs jaunes sur le côté de l’abdomen. Mâle et femelle sont semblables.

L’été dernier, j’étais parvenu à poser la cousine de la libellule avec sa collecte du jour.  Une belle demoiselle avait capturé, devant mes yeux, un gerry, plus communément appelé le patineur.  Elle s’était ensuite posée sur une tige près de moi pour mieux le consommer.

Je vais essayer de vous rapporter des images similaires cette saison-ci!

demoiselle (1 sur 1)

L’araignée-caméléon

Aujourd’hui, il ventait assez fort.  Des vagues sur le Saint-Laurent, il y avait, c’est clair.  Ça tombait quand même bien puisque je n’avais pas de clients désireux d’aller visiter les profondeurs du fleuve en ma compagnie.  J’ai donc profité de quelques heures pour aller plutôt explorer les buissons.  À la recherche d’un insecte spectaculaire ou d’un autre.

Ce n’est finalement pas un insecte qui a retenu mon attention.  Mais bien une araignée.  L’araignée-crabe des fleurs.

Cette araignée s’installe à l’affût au sommet des fleurs.  Dès qu’un insecte se présente, elle se jette dessus, les chélicères bien en avant.  Elle le mord, lui injecte du venin et aspire ensuite bien tranquillement ses fluides corporelles.

Ce qui est étonnant avec cette espèce d’araignée, c’est qu’elle a la capacité de changer de couleur.  Tout dépendant de la fleur sur laquelle elle se trouve, elle peut être jaune ou blanche.

Le changement de couleur ne s’effectue pas aussi rapidement que chez le reptile caméléon.  Cette araignée peut prendre quelques jours avant de changer complètement de couleur.

De cette façon, elle passe plus facilement inaperçue aux yeux de ses proies…et de ses prédateurs aussi.

La suite de la collecte du jour:

On se régale!

Avec l’apparition des nuées d’insectes piqueurs, c’est tout l’écosystème du marais qui est en effervescence.  Et en effervescence, ça veut dire que la prédation bat son plein.

Les grenouilles sont bien installées aux abords des mares pour attraper des insectes volants.  Les araignées tissent leur toile.  Et les oiseaux s’en donnent à coeur joie en sautant d’une branche à l’autre pour mieux attraper leurs proies.

Ces comportements de prédation donnent naissance à des images fort intéressantes.

Aujourd’hui, j’ai assisté au repas d’un faucheux sur une feuille.  Il avait attrapé une mouche.  Et s’en délectait.

Le faucheux fait partie de la famille des arachnidés.  Mais contrairement aux autres araignées, il n’a que deux yeux (les autres espèces d’araignées en ont huit ou six).

Je n’avais jamais été trop sûr de ce que consommait le faucheux.  J’ai maintenant ma réponse!

Un peu plus loin, je suis tombé sur une punaise assassine.  Elle avait elle aussi capturé un insecte.  L’angle ne me permet pas de savoir de quelle espèce il s’agit.  La plupart des punaises sont végétariennes. Mais pas l’assassine, comme son nom l’indique.  Celle-là consomme des insectes.  Et certaines espèces de punaises assassines (il y en a plusieurs) boivent même du sang.  D’ailleurs, il semblerait que sa piqure soit drôlement douloureuse.

Mais il n’y a pas que les insectes qui arpentent les buissons et les hautes herbes dans l’espoir de capturer leur repas.  Les rainettes crucifères également.

Cette rainette est normalement observée au printemps, alors que les mâles entonnent leur chant d’amour.  Il est très difficile de les observer autrement.

À la recherche des insectes dissimulés sous une feuille ou derrière une tige j’ai eu la chance aujourd’hui de rencontrer plusieurs rainettes.  C’était une première pour moi de les voir ainsi assez loin des étangs et mares.

Voici les photos du jour:

 

La macro: un sport quasi extrême!

Bon, d’accord, j’exagère avec mon sport extrême.  Ce n’est quand même pas dangereux, la macrophotographie.  Mais ça demeure assez difficile.

Difficile parce qu’il faut tout d’abord avoir l’oeil pour dénicher nos sujets.  Une fois qu’ils sont repérés, il faut savoir s’en approcher sans les effrayer. Et avec certaines espèces, ce n’est pas une mince affaire!

L’idéal est de partir très tôt le matin sur le terrain.  Les insectes sont alors « gelés » et bougent beaucoup moins que plus tard dans la journée.  En pleine journée, il faudra courir beaucoup plus après les insectes pour les photographier.  Mais il y a un avantage tout de même à cette heure tardive. La lumière dure de midi permet de faire sortir des détails sur l’insecte que ne permet pas la lumière si belle de l’aube.  Et à l’aube, les insectes ne bougent peut-être pas beaucoup, mais ils seront beaucoup mieux cachés et conséquemment assez difficiles à trouver.  Il n’y a rien de parfait, hé!

Approcher les insectes peut signifier maintes contorsions pour le photographe.  Il doit se coucher dans la vase ou les épines s’il le faut, tout en pensant bien sûr à l’angle intéressant qui fera la bonne photo.  Une fois en position, il faut parvenir à placer le focus au bon endroit.  Sur les yeux, c’est toujours mieux.  Même si en macro on permet quand même quelques digressions à ce sujet.

Le focus en macro, ce n’est pas de la tarte.  Il est souvent aussi fin qu’un fil de soie.

En macro, je dirais qu’il y a deux grandes façons de travailler.  Au bout du bras ou sur trépied.  Au bout du bras, c’est en bougeant délicatement son corps qu’on déplacera le focus.  Au trépied, ça prend un rail.  Comme ça, on avance ou recule la caméra afin de placer son focus au bon endroit sur l’insecte.  Personnellement, j’aime mieux travailler au trépied.  Ça permet d’éviter plus facilement les flous de bougé.  Et c’est moins dur sur les bras.  Mais bien sûr, il doit être miniature le trépied.  Le mien mesure à peine deux pied de haut en pleine extension.

L’idéal est aussi d’avoir un flash.  Ça permet d’utiliser des vitesses d’obturation beaucoup plus rapides et de figer plus efficacement son sujet sur sa carte SD.  Le flash peut être accroché au sabot de la caméra, qui se trouve sur le dessus de celle-ci.  Mais viendra un moment où vous serez confronté à l’ombre créé par la lumière du flash qui frappe le haut de la lentille (les sujets sont si près en macro!).  On peut corriger ce problème, un peu, en utilisant un diffuseur de lumière qu’on accroche sur le flash.  Mais ce n’est pas parfait.  Pour les plus grosses bourses, il y a le flash macro qui s’accroche directement sur la lentille.  C’est le mieux!  Un jour, j’en aurai un!

Personnellement, j’utilise un flash Sony monté sur le sabot de la caméra.  Et j’utilise une lentille macro 90mm.  Ma caméra est une full frame (Sony A7Sii), mais elle a une fonction qui me permet de passer sur un capteur APS-C qui est plus petit.  Ce qui signifie que ça zoom.  Ma macro est de ce fait plus performante. Même si je pers quelques megapixels. J’utilise aussi une lentille Laowa 15mm macro-grand-angle.  Ça permet de replacer son sujet dans son environnement.  Mais c’est très difficile à utiliser.  Le sujet doit être très très près de la lentille.  Et cette lentille fonctionne uniquement en manuel.

Ce que j’aime de la macro terrestre (car j’en fais aussi de la sous-marine), c’est que ça nous permet de voir des choses qui sont inconnues pour la vaste majorité des gens. Et on apprend aussi à voir les insectes sous un jour nouveau.  De façon à les trouver beaux, finalement!

On peut même découvrir de nouvelles espèces.

Je suis aujourd’hui tombé sur une espèce étrange.  Je peux me tromper.  Bien sûr.  Et on devra faire analyser ces images par des experts.  Mais ça ressemble drôlement à Psorophora ciliata.  Ce moustique serait montée des États-Unis avec le réchauffement climatique.  Il est 20 fois plus gros que ceux qui sont indigènes au Québec.  Sa piqure est très douloureuse.  Comme la sensation d’une aiguille qui nous transperce le bras.  On parle de sa présence en Outaouais depuis 2013.  Mais aujourd’hui, j’ai peut-être photographié un beau spécimen dans le boisé du Tremblay, à Longueuil.  C’est à vérifier.

J’ai quand même eu aujourd’hui beaucoup plus de plaisir à photographier la spectaculaire araignée-crabe.  Cette petite araignée d’au plus un centimètre de long se trouve perchée de ci ou de là dans les herbes.  Elle se met à l’affût et attend qu’un insecte passe par là.  L’araignée-crabe ne tisse pas de toile.  Elle saute sur les insectes à sa portée et les agrippe fermement à l’aide de ses pattes munies de crochets.  Elle mord ensuite sa proie et lui injecte un venin pour la paralyser.  Elle ira ensuite la dévorer bien à l’abri des regards.

Aucune inquiétude.  Le venin de cette araignée est inoffensif pour les humains.

Voici le reste de ma collecte d’aujourd’hui:

Les insectes prennent la place

La chaleur a eu un effet instantané dans le marais.  Les oiseaux sont maintenant très actifs.  Les grenouilles et les couleuvres sont de retour.  Et les insectes commencent à occuper la place. Toute la place!

Et c’est heureux qu’il en aille ainsi.  Car les insectes sont super importants.  Ils sont à la base de la chaîne alimentaire.  Sans eux, il n’y aurait pas grand chose dans nos forêts. Dans nos marais encore moins.

De voir les grenouilles et les couleuvres de retour est un très bon signe.  Aujourd’hui, les grenouilles des bois et les grenouilles léopards étaient facilement apercevables près des mares.  Elles ne semblent pas trop avoir souffert du froid des dernières semaines. Les tétards qu’elles ont mis au monde non plus.  J’en ai vus des légions aujourd’hui.

Ces amphibiens qui s’animent est bien sûr un signal pour la couleuvre rayée.  Au cours de l’année, celle-ci prendre quatre ou cinq repas.  Souvent constitués d’amphibiens.  Après un rude hiver, j’imagine qu’elles ont maintenant l’estomac dans les talons.  Ok, ok, voilà une drôle d’expression à employer quand on parle d’un animal sans patte !  Peu importe, elles doivent quand même pourchasser les grenouilles.  J’aimerais bien filmer la prédation d’une couleuvre sur une grenouille.  Ça serait spectaculairement instructif!

Aujourd’hui, je me suis fait rappeler à l’ordre par une couleuvre en tentant de me mordre.  Elle m’avait pourtant envoyé plusieurs signes comme quoi j’étais trop près d’elle  Je n’ai pas écouté, trop concentré que j’étais à récolter des images. Et quand elle a tenté de mordre mon doigt, elle a plutôt mordu ma lentille.  La dernière fois qu’un animal m’avait envoyé le même message, c’était un gros homard dans le Saint-Laurent.  Il avait frappé ma caméra de sa grosse pince pour me signifier qu’il était temps de reculer.

Dans les prochains jours, je me promets de retourner au marais beaucoup plus tôt.  J’y étais aujourd’hui à 9h.  La lumière était déjà dure.  Ce qui permet difficilement de faire de belles images.  Demain, je tenterai de me lever aux aurores.  Ce qui n’est pas gagné pour un lève-pas-si-tôt que je suis!

Le marais revit ! (un peu)

Depuis que le mercure a chuté, les grenouilles étaient disparues de mon écran-radar. Je ne les voyais plus en forêt. Ce qui était drôlement inquiétant quand on connaît l’importance de cette famille d’animaux.

Aujourd’hui, j’étais dans le boisé du Tremblay avec Tommy Montpetit, un expert de ces milieux.  Et lui aussi est très inquiet quant au printemps que l’on connaît cette année.  Les grenouilles se font très discrètes.  Les insectes prennent du temps à occuper l’espace.  Et les oiseaux trouvent encore peu de nourriture.  Je m’en rends compte.  Et lui aussi, bien sûr.

Dans de telles circonstances, on ne croyait pas voir ce qu’on a vu aujourd’hui.  C’est-à-dire un marais qui revit peu à peu.  D’accord, les oiseaux sont encore peu nombreux.  Surtout les insectivores comme les parulines.  Les insectes aussi.  Mais au moins, ça commence à verdir.  Et à fleurir.  Nous sommes d’ailleurs aujourd’hui tombés sur un tapis de claytonies. Hallucinant! Il y en avait à perte de vue! Et nous avons vu aussi des trilles et des érythrones! Et les fougères commencent à sortir vraiment du sol. C’est bon signe!

Mais la découverte la plus encourageante de la journée fut très certainement ces flaques d’eau remplies de…tétards!  Plusieurs (dont nous) s’inquiètent de l’actuelle saison de reproduction des amphibiens dans la grande région de Montréal.  Il fait tellement froid que les chants ont cessé depuis plusieurs jours maintenant.  De voir des tétards, même si ce furent les seuls que nous avons aperçus jusqu’à maintenant cette saison, c’est quand même rassurant.  Faudra attendre de voir pour la suite des choses.  De voir si l’impact de la météo ne sera pas trop dévastateur sur les grenouilles…et la rainette faux-grillon spécialement.  Rainette qui est en voie d’extinction au Québec, je le rappelle.

Parmi les fleurs, des insectes commencent enfin à faire leur apparition.  Bien campé sur un trille, j’ai d’ailleurs vu un impressionnant réduve.  Celui-ci frappe ses proies à l’aide de son rostre (genre de trompe qui lui fait office de bouche).  Il injecte de la sorte dans l’insecte ainsi capturé une genre de salive toxique.  Il consomme ensuite bien tranquillement son repas.

Plus loin, une mouche velue se faisait chauffer au soleil, lui qui peinait vraiment à percer le couvert nuageux.  Alors qu’un peu plus loin des escargots des bois se reproduisaient frénétiquement quoique bien lentement.

L’escargot des bois (Cepeae nemoralis) est une espèce exotique au Québec.  Elle provient d’Europe.  L’espèce a été introduite aux États-Unis en 1857.  Au Québec, elle est présente depuis une douzaine d’années mainteant.  Elle ne cause cependant guère de problèmes ici car elle dévore surtout des plantes mortes.

L’escargot des bois est hermaphrodite.  Mais il a quand même besoin d’un collègue pour donner naissance à une nouvelle génération.

Tout le long de nos pérégrinations en forêt, un beau tyran huppé nous suivait.  Cet oiseau curieux aime les forêts de feuillus relativement clairsemées.  Il les égaie de son chant mélodieux.

Trop froid pour la reproduction des rainettes

Les mâles chantent toujours dans ma flaque d’eau.  Mais les femelles ne se pointent plus au rendez-vous vocaux.  Elles doivent se dire qu’il est inutile de pondre des oeufs dans de l’eau si froide.

Durant la nuit d’hier, le mercure est tombé à zéro.  Pour les rainettes, c’est froid.  Ce matin, quand je suis arrivé au marais, aucun son.  Les rainettes ne chantaient pas.  Il a fallu que le soleil se dresse et chauffe la mare pour que le concert ne débute.  Il était près de 10h!

Mais les mâles ont chanté en vain toute la journée.  Aucune femelle à l’horizon.

Il paraît que c’est assez tranquille dans la plupart des secteurs où l’on trouve des rainettes faux-grillon au Québec.  Tommy Montpetit, l’expert de la rainette qui se bat pour la sauver depuis des années, m’a dit être inquiet.  Les nouvelles conditions météo sont-elles en train de changer le comportement de cette espèce?  Voire pire, lui nuire encore davantage?  Je partirai dans le marais avec Tommy au cours des prochains jours.  J’aurai alors plus de réponses à vous apporter à ce sujet.

Mais aujourd’hui, ce n’est pas parce que les femelles n’étaient pas au rendez-vous qu’il n’y avait rien à faire autour de ma mare.  Oh que non puisque je voulais aujourd’hui tester ma lentille macro-grand-angle avec la rainette.  On s’entend que c’est un tour de force que de réussir une photo avec cette lentille avec la rainette faux-grillon.  Je devais approcher ma lentille à environ 2 centimètres de la grenouille.  Et j’y suis parvenu!

rainette grand-angle (1 sur 1)

Que de contorsions pour réussir cette photo!

J’ai bien tenté de filmer la rainette avec la même lentille, mais cette dernière n’est pas stabilisée.  Ça veut dire que c’est pas mal mieux de l’utiliser avec un trépied.  Mais là, c’était beaucoup trop demander à ma rainette qui a pris la clé des champs!

Pendant que je regardais les mâles s’époumoner en vain, j’ai aperçu une araignée.  Une dolomèdes triton.  C’est une araignée qui pêche.  Même des poissons!  Évidemment, dans la flaque, il n’y a pas de poissons.  Est-ce que les rainettes pourront figurer au menu?  Heureusement pour elles, l’araignée était une juvénile.  Donc trop petite même pour les minuscules rainettes.  J’ai quand même pu filmer l’araignée alors qu’elle s’attaquait à une fourmi qui a eu le malheur de tomber d’un arbre au mauvais endroit!