Enfin, la mouche assassine!

Ça fait longtemps que j’essaie de prendre en photo la mouche assassine.  Et je n’y parviens jamais.  Jusqu’ici, dès que je me plaçais pour photographier ledit sujet, celui-ci prenait ses ailes à son cou et allait se poser là où il disparaissait de mon champs de vision. Donc loin de ma caméra.

Enfin cela était vrai jusqu’à hier.  Car hier j’ai enfin pu prendre le temps de réaliser des images de cette diptère, digne membre de l’ordre des asilidae.

C’est en marchant dans le sentier au beau milieu d’un marais que j’ai aperçu cette grosse mouche qui trônait au sommet d’une tige cassée de phragmite.  Je me suis approché, et j’ai pu identifier celle que je cherchais depuis longtemps: la fameuse mouche assassine.  Je me suis mis en position pour prendre une photo d’assez loin, car je craignais que celle-ci se sauverait comme les autres que j’ai jusqu’ici rencontrées dans mes balades en nature.  Hé bien non, cette mouche assassine était trop occupée à scruter les horizons, dans l’espoir d’apercevoir la proie qui la sustenterait, pour que ma présence l’indispose le moindrement.  Un bon sujet pour la photo, quoi!

La mouche assassine est aussi appelée mouche à toison.  Parce que sur son torse se trouvent des poils drus qui forment une genre de barbe.  Ils permettent à la mouche de protéger ses yeux des mouvements défensifs des proies qu’elle capture.

La mouche assassine possède un rostre solide.  Elle l’utilise pour percer l’exosquelette de ses proies.  Une fois le corps percé, elle injecte dans celui-ci un fluide digestif et paralysant.  Une fois sa proie maîtrisée et pré-digérée, la mouche assassine n’a plus qu’à aspirer les fluides intérieurs de celle-ci.

La mouche assassine préfère attraper ses proies en vol.  Mais certains individus se spécialisent dans la capture d’individus au repos.  Il faut dire que la famille des asilidae est assez vaste.  Certains spécimens ressemblent à de gros moustiques alors que d’autres espèces ressemblent davantage à des bourdons.

Quoi qu’il en soit, ces mouches sont agressives et n’hésitent pas à attaquer des proies beaucoup plus plus grosses qu’elles.  Même des libellules ou des guêpes.

Hier, j’espérais bien capter un comportement de prédation à l’aide de ma caméra.  Mais le temps que j’ai passé avec ladite mouche ne m’a pas permis de voir une attaque couronnée de succès.  À chaque fois que la mouche assassine décollait de son perchoir pour mieux foncer sur un insecte volant, elle revenait bredouille d’où elle était partie.  Comme quoi, le succès ne semble pas toujours être au rendez-vous dans les activités de chasse de cet insecte prédateur.

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Pour réaliser ces photos, j’ai utilisé une caméra Sony A77ii (APS-C).  J’ai aussi utilisé un objectif macro Tamron 180mm.  Les photos ont été prises debout, à main levée.

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La macro: un sport quasi extrême!

Bon, d’accord, j’exagère avec mon sport extrême.  Ce n’est quand même pas dangereux, la macrophotographie.  Mais ça demeure assez difficile.

Difficile parce qu’il faut tout d’abord avoir l’oeil pour dénicher nos sujets.  Une fois qu’ils sont repérés, il faut savoir s’en approcher sans les effrayer. Et avec certaines espèces, ce n’est pas une mince affaire!

L’idéal est de partir très tôt le matin sur le terrain.  Les insectes sont alors « gelés » et bougent beaucoup moins que plus tard dans la journée.  En pleine journée, il faudra courir beaucoup plus après les insectes pour les photographier.  Mais il y a un avantage tout de même à cette heure tardive. La lumière dure de midi permet de faire sortir des détails sur l’insecte que ne permet pas la lumière si belle de l’aube.  Et à l’aube, les insectes ne bougent peut-être pas beaucoup, mais ils seront beaucoup mieux cachés et conséquemment assez difficiles à trouver.  Il n’y a rien de parfait, hé!

Approcher les insectes peut signifier maintes contorsions pour le photographe.  Il doit se coucher dans la vase ou les épines s’il le faut, tout en pensant bien sûr à l’angle intéressant qui fera la bonne photo.  Une fois en position, il faut parvenir à placer le focus au bon endroit.  Sur les yeux, c’est toujours mieux.  Même si en macro on permet quand même quelques digressions à ce sujet.

Le focus en macro, ce n’est pas de la tarte.  Il est souvent aussi fin qu’un fil de soie.

En macro, je dirais qu’il y a deux grandes façons de travailler.  Au bout du bras ou sur trépied.  Au bout du bras, c’est en bougeant délicatement son corps qu’on déplacera le focus.  Au trépied, ça prend un rail.  Comme ça, on avance ou recule la caméra afin de placer son focus au bon endroit sur l’insecte.  Personnellement, j’aime mieux travailler au trépied.  Ça permet d’éviter plus facilement les flous de bougé.  Et c’est moins dur sur les bras.  Mais bien sûr, il doit être miniature le trépied.  Le mien mesure à peine deux pied de haut en pleine extension.

L’idéal est aussi d’avoir un flash.  Ça permet d’utiliser des vitesses d’obturation beaucoup plus rapides et de figer plus efficacement son sujet sur sa carte SD.  Le flash peut être accroché au sabot de la caméra, qui se trouve sur le dessus de celle-ci.  Mais viendra un moment où vous serez confronté à l’ombre créé par la lumière du flash qui frappe le haut de la lentille (les sujets sont si près en macro!).  On peut corriger ce problème, un peu, en utilisant un diffuseur de lumière qu’on accroche sur le flash.  Mais ce n’est pas parfait.  Pour les plus grosses bourses, il y a le flash macro qui s’accroche directement sur la lentille.  C’est le mieux!  Un jour, j’en aurai un!

Personnellement, j’utilise un flash Sony monté sur le sabot de la caméra.  Et j’utilise une lentille macro 90mm.  Ma caméra est une full frame (Sony A7Sii), mais elle a une fonction qui me permet de passer sur un capteur APS-C qui est plus petit.  Ce qui signifie que ça zoom.  Ma macro est de ce fait plus performante. Même si je pers quelques megapixels. J’utilise aussi une lentille Laowa 15mm macro-grand-angle.  Ça permet de replacer son sujet dans son environnement.  Mais c’est très difficile à utiliser.  Le sujet doit être très très près de la lentille.  Et cette lentille fonctionne uniquement en manuel.

Ce que j’aime de la macro terrestre (car j’en fais aussi de la sous-marine), c’est que ça nous permet de voir des choses qui sont inconnues pour la vaste majorité des gens. Et on apprend aussi à voir les insectes sous un jour nouveau.  De façon à les trouver beaux, finalement!

On peut même découvrir de nouvelles espèces.

Je suis aujourd’hui tombé sur une espèce étrange.  Je peux me tromper.  Bien sûr.  Et on devra faire analyser ces images par des experts.  Mais ça ressemble drôlement à Psorophora ciliata.  Ce moustique serait montée des États-Unis avec le réchauffement climatique.  Il est 20 fois plus gros que ceux qui sont indigènes au Québec.  Sa piqure est très douloureuse.  Comme la sensation d’une aiguille qui nous transperce le bras.  On parle de sa présence en Outaouais depuis 2013.  Mais aujourd’hui, j’ai peut-être photographié un beau spécimen dans le boisé du Tremblay, à Longueuil.  C’est à vérifier.

J’ai quand même eu aujourd’hui beaucoup plus de plaisir à photographier la spectaculaire araignée-crabe.  Cette petite araignée d’au plus un centimètre de long se trouve perchée de ci ou de là dans les herbes.  Elle se met à l’affût et attend qu’un insecte passe par là.  L’araignée-crabe ne tisse pas de toile.  Elle saute sur les insectes à sa portée et les agrippe fermement à l’aide de ses pattes munies de crochets.  Elle mord ensuite sa proie et lui injecte un venin pour la paralyser.  Elle ira ensuite la dévorer bien à l’abri des regards.

Aucune inquiétude.  Le venin de cette araignée est inoffensif pour les humains.

Voici le reste de ma collecte d’aujourd’hui:

Les insectes prennent la place

La chaleur a eu un effet instantané dans le marais.  Les oiseaux sont maintenant très actifs.  Les grenouilles et les couleuvres sont de retour.  Et les insectes commencent à occuper la place. Toute la place!

Et c’est heureux qu’il en aille ainsi.  Car les insectes sont super importants.  Ils sont à la base de la chaîne alimentaire.  Sans eux, il n’y aurait pas grand chose dans nos forêts. Dans nos marais encore moins.

De voir les grenouilles et les couleuvres de retour est un très bon signe.  Aujourd’hui, les grenouilles des bois et les grenouilles léopards étaient facilement apercevables près des mares.  Elles ne semblent pas trop avoir souffert du froid des dernières semaines. Les tétards qu’elles ont mis au monde non plus.  J’en ai vus des légions aujourd’hui.

Ces amphibiens qui s’animent est bien sûr un signal pour la couleuvre rayée.  Au cours de l’année, celle-ci prendre quatre ou cinq repas.  Souvent constitués d’amphibiens.  Après un rude hiver, j’imagine qu’elles ont maintenant l’estomac dans les talons.  Ok, ok, voilà une drôle d’expression à employer quand on parle d’un animal sans patte !  Peu importe, elles doivent quand même pourchasser les grenouilles.  J’aimerais bien filmer la prédation d’une couleuvre sur une grenouille.  Ça serait spectaculairement instructif!

Aujourd’hui, je me suis fait rappeler à l’ordre par une couleuvre en tentant de me mordre.  Elle m’avait pourtant envoyé plusieurs signes comme quoi j’étais trop près d’elle  Je n’ai pas écouté, trop concentré que j’étais à récolter des images. Et quand elle a tenté de mordre mon doigt, elle a plutôt mordu ma lentille.  La dernière fois qu’un animal m’avait envoyé le même message, c’était un gros homard dans le Saint-Laurent.  Il avait frappé ma caméra de sa grosse pince pour me signifier qu’il était temps de reculer.

Dans les prochains jours, je me promets de retourner au marais beaucoup plus tôt.  J’y étais aujourd’hui à 9h.  La lumière était déjà dure.  Ce qui permet difficilement de faire de belles images.  Demain, je tenterai de me lever aux aurores.  Ce qui n’est pas gagné pour un lève-pas-si-tôt que je suis!

Trop froid pour la reproduction des rainettes

Les mâles chantent toujours dans ma flaque d’eau.  Mais les femelles ne se pointent plus au rendez-vous vocaux.  Elles doivent se dire qu’il est inutile de pondre des oeufs dans de l’eau si froide.

Durant la nuit d’hier, le mercure est tombé à zéro.  Pour les rainettes, c’est froid.  Ce matin, quand je suis arrivé au marais, aucun son.  Les rainettes ne chantaient pas.  Il a fallu que le soleil se dresse et chauffe la mare pour que le concert ne débute.  Il était près de 10h!

Mais les mâles ont chanté en vain toute la journée.  Aucune femelle à l’horizon.

Il paraît que c’est assez tranquille dans la plupart des secteurs où l’on trouve des rainettes faux-grillon au Québec.  Tommy Montpetit, l’expert de la rainette qui se bat pour la sauver depuis des années, m’a dit être inquiet.  Les nouvelles conditions météo sont-elles en train de changer le comportement de cette espèce?  Voire pire, lui nuire encore davantage?  Je partirai dans le marais avec Tommy au cours des prochains jours.  J’aurai alors plus de réponses à vous apporter à ce sujet.

Mais aujourd’hui, ce n’est pas parce que les femelles n’étaient pas au rendez-vous qu’il n’y avait rien à faire autour de ma mare.  Oh que non puisque je voulais aujourd’hui tester ma lentille macro-grand-angle avec la rainette.  On s’entend que c’est un tour de force que de réussir une photo avec cette lentille avec la rainette faux-grillon.  Je devais approcher ma lentille à environ 2 centimètres de la grenouille.  Et j’y suis parvenu!

rainette grand-angle (1 sur 1)

Que de contorsions pour réussir cette photo!

J’ai bien tenté de filmer la rainette avec la même lentille, mais cette dernière n’est pas stabilisée.  Ça veut dire que c’est pas mal mieux de l’utiliser avec un trépied.  Mais là, c’était beaucoup trop demander à ma rainette qui a pris la clé des champs!

Pendant que je regardais les mâles s’époumoner en vain, j’ai aperçu une araignée.  Une dolomèdes triton.  C’est une araignée qui pêche.  Même des poissons!  Évidemment, dans la flaque, il n’y a pas de poissons.  Est-ce que les rainettes pourront figurer au menu?  Heureusement pour elles, l’araignée était une juvénile.  Donc trop petite même pour les minuscules rainettes.  J’ai quand même pu filmer l’araignée alors qu’elle s’attaquait à une fourmi qui a eu le malheur de tomber d’un arbre au mauvais endroit!

Encerclé par les roitelets

Aujourd’hui, je me suis rendu dans le Boisé du Tremblay.  Un des derniers espaces verts de la couronne montréalaise.

J’y vais régulièrement car je travaille sur un projet documentaire qui concerne la rainette faux-grillon de l’Ouest.  Une espèce de batracien en voie d’extinction et qui vit justement dans le Boisé du Tremblay, à Longueuil.

La belle météo laisse présager que la rainette chantera très bien bientôt.  Et la saison des amours, chez cette espèce, dure très peu de temps.  Je dois donc surveiller ces marais de près.  Question de ne pas manquer le moment fatidique.

Aujourd’hui, j’ai entendu des chants de batracien.  Mais c’étaient des grenouilles vertes.  Je n’ai pas entendu la fameuse rainette.

Mais pas grave, j’ai trouvé de quoi égayer ma lentille quand même.

Il y avait énormément de roitelets à couronne dorée dans une section du marais.  J’aime cet oiseau.  Petit.  Vif.  Et l’oeil vigilant.  Le problème c’est qu’il n’arrête pas de bouger.  Alors le prendre en photo est tout un défi.  Mais je crois y être pas trop mal parvenu.

Mais dans la marais, aujourd’hui, les insectes commençaient aussi à se réveiller.  Les mouches.  Et les coléoptères.  Une belle journée passée dans la nature, les pieds mouillés, quoi!

J’aime la macro

Plus je m’adonne à la photo, et plus je m’aperçois que c’est la macro qui m’attire le plus.  Même quand je fais des photos d’oiseaux ou de plantes, j’essaie toujours d’être le plus près possible de mes sujets, pour voir le plus de détails possible. Ma caméra en main, mes réflexes macro s’activent automatiquement.

En fait, même en paysage, j’intègre très souvent un avant-plan à la macro à l’aide d’une lentille spéciale macro-grand-angle que j’aime beaucoup.

Sous l’eau, même chose.  J’ai complètement organisé ma caméra pour pouvoir prendre des images en macro.  Je descends même un trépied sous l’eau pour éviter les flous de bougé!

Quand j’ai commencé à faire de la macro, dans les champs près de chez moi, j’utilisais ma vieille caméra Canon avec une lentille 50mm.  Pour obtenir un effet d’agrandissement, je plaçais des bagues d’allongement Kenko entre la caméra et la lentille.  Ça donnait des résultats quand même très intéressants.  Et à faibles coûts.  (les images ci-bas ont été ainsi prises avec ladite Canon âgée).

Pour bien faire ressortir la couleur des insectes, j’utilise un flash avec un filtre diffuseur.  Ça permet d’avoir assez de lumière pour monter la vitesse d’obturation et ainsi figer les mouvements des insectes.  Et de bien faire ressortir les couleurs des insectes.

L’été prochain, je compte mettre ma nouvelle caméra Sony A7Sii au service de la macro.  Je l’utiliserai avec ma lentille 90mm dédiée à la macro.  Et toujours avec un flash et diffuseur.

Parce que 90mm, je trouve que ça ne grossit pas suffisamment pour bien voir les détails minuscules sur les insectes, j’utiliserai encore des bagues d’allongement. Et nouveauté: je testerai la bonnette.  La bonnette n’est ni plus ni moins qu’une loupe qu’on visse sur la lentille pour décupler les capacités de magnification de celle-ci.  J’ai bien hâte de voir les résultats.

Photographier des insectes, ce n’est pas facile.  Placer le focus au bon endroit alors que le sujet est si petit est un défi en soi.  Dans cette discipline, oubliez le focus automatique.  En fait, oubliez même la bague de focus manuel.  Le focus se fait ni plus ni moins qu’en avançant ou en reculant la caméra lorsqu’elle est placée face à son sujet.

Imaginez le travail quand il s’agit de capter le mouvement d’un insecte volant!!!

Les insectes ne sont pas toujours très coopératifs.  Le mieux est d’y aller le matin très tôt.  La lumière est alors belle.  Et les insectes encore gelés un peu.  Ils bougent donc moins. C’est plus facile alors de les placer face à soi, ou de profil.

On ne doit jamais les poser du dessus ou du derrière.  Car ce n’est pas très beau.

J’écris, j’écris et je commence vraiment à avoir hâte que le printemps dégèle enfin les insectes, pour que je puisse retourner les « chasser » dans les champs et les boisés.