Faute de marais, on se contente des terrariums

Comme un peu partout ailleurs sur la planète, on vit actuellement une période de confinement au Québec.  Il nous est recommandé de sortir le moins possible.  Au lieu de sortir, je fais plutôt de la photo dans la maison.  En me tournant vers mes terrariums.

À l’intérieur de ceux-ci, je conserve des hyperolius fusciventris, des correlophus ciliatus, des dryopsophus caeruleus et des sphodromantis lineola.  Dans les prochains jours, j’ajouterai quelques espèces.

Afin de donner un aperçu de la vie qui évolue dans mes vivariums, j’ai sorti mes caméras vidéo.  Et je tourne.

Hier, je voulais présenter la façon dont s’alimentent les caeruleus.  Il s’agit d’un gros amphibien australien.  J’ai deux bébés de cette espèce, bien sûr nés en captivité.  Je les nourris à l’aide de grillons ou de vers cirés.  Je les nourris à la pince, afin d’éviter que ces rainettes n’avalent du substrat en même temps que leurs proies, ce qui pourrait occasion des blocages du système digestif.

Vidéo rainettes de White

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Un mâle pointe le bout de son nez

Chez les grenouilles et autres rainettes, les femelles sont généralement plus grosses que les mâles.  C’est le cas chez hyperolius fusciventris.  Qui plus est, la femelle de cette espèce est  beaucoup plus colorée que le mâle.

Ce qui peut étonner de prime abord.  Chez les oiseaux, des animaux que l’on connaît beaucoup mieux, nous sommes habitués de voir des mâles présenter des plumages beaucoup plus attrayants que les femelles.

Je ne sais pas si c’est à cause de la taille très modeste des deux mâles hyperolius fusciventris que je possède, mais ceux-là sont très discrets.  Ils ne sortent que lorsque la nuit est vraiment bien installée.  Contrairement aux femelles qui sortent déjà à la brunante pour se nourrir.  Et lorsque les mâles sont en patrouille, ils se déplacent toujours discrètement.  Bien à l’abri dans le feuillage.  Résultat:  je ne parviens presque jamais à les photographier.

La nuit d’hier a fait exception.  J’ai pu avoir un bon point de vue sur un mâle qui était juché sur le dessus du feuillage de mon vivarium.  J’ai pu prendre une photo, mais à travers le verre du vivarium, ce qui altère bien sûr la qualité de l’image récoltée.  Pourquoi n’ai-je pas ouvert la porte?  Tout simplement parce que le mâle se serait recaché illico…

La femelle hyperolius fusciventris:

Le mâle hyperolius fusciventris:

Dryopsophus caeruleus

Pour aujourd’hui, ça sera un portrait d’un amphibien de grande dimension et originaire d’Australie:  dryopsophus caeruleus, ou rainette de White!

C’est à la fin du XVIIIe siècle que l’espèce a été découverte par le naturaliste britannique John White.  Lorsqu’un spécimen fut envoyé en Angleterre, l’agent de conservation utilisé détruisit les pigments jaunes et donna une teinte bleutée à la grenouille.  D’où son nom caeruleus, qui signifie bleuté en latin.

Dryopsophus caeruleus est une grosse grenouille. Plutôt verte.  Mais elle peut aussi présenter des teintes brunes ou bleutées.  Certains individus présentent des taches blanches sur le dos.  Les femelles peuvent dépasser les 10 centimètres.  Les mâles sont un peu plus petits, et dépassent rarement 7 centimètres.  Et c’est là le seul critère permettant de distinguer les sexes qui sont, on l’aura compris, très semblables chez cette espèce.

L’espèce peut vivre de 10 à 15 ans.

Les mâles chantent bien sûr durant la saison de reproduction.  En tant que représentants d’une espèce arboricole, ils se choisissent un promontoire près d’une source d’eau, temporaire ou non.  Les oeufs seront pondus par la femelle dans cette eau.  La femelle peut pondre plus de 1000 oeufs par année.

Les mâles ne chantent pas seulement durant la période des amours.  Ils peuvent aussi chanter en début de soirée ou après une pluie.

Qui dit grosse grenouille dit gros appétit.  Dryopsophus caeruleus consomme de gros insectes, d’autres amphibiens et même de petits mammifères comme des souris.

C’est une grenouille que l’on retrouve dans les forêts tropicales du nord et de l’est de l’Australie.  Elle est aussi présente en Indonésie.  Malgré la destruction de ses habitats, ce n’est pas un animal menacé.

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* Carte Wikipedia

En tant qu’amphibien, dryopsophus caeruleus a des poumons.  Mais l’animal respire aussi par la peau.  Celle-ci doit donc constamment être humide.  Ce qui est un certain désavantage pour cette famille animale, car l’humidité attire les agents pathogènes et ceux-ci peuvent pénétrer facilement la peau des amphibiens.  Mais la rainette de White a développé une stratégie pour se prémunir des bactéries et des virus.  Cette grenouille sécrète par la peau des substances antiseptiques qui la protègent bien.  Ces substances sont utilisées en pharmacologie.  Les scientifiques ont même démontré que des éléments contenus dans les substances antiseptiques de la rainette de White pouvaient combattre le VIH chez l’humain.

Vivarium

vivarium

De par sa longévité et sa robustesse, c’est un amphibien populaire dans le monde de la terrariophilie.

Cet amphibien calme et peu farouche évolue aisément en vivarium.  Ce dernier devra être au moins d’une dimension de 45cm x45cm x 60cm pour un couple.  On augmentera la dimension du vivarium chaque fois qu’on ajoutera un individu,  Comme c’est une grenouille arboricole, on s’assurera de lui offrir des structures pour grimper.

Pour le terreau, on réalise un mélange de terre, de mousse de sphaigne et de fibre de coco qu’on installe sur un fond de billes d’argile (ces billes accueilleront l’eau en surplus, ce qui évitera le développement de moisissures).  L’idéal est d’y ajouter des plantes naturelles.  Et de confier le nettoyage aux colemboles et autres cloportes.  Si on fait fi de la bioactivité, on devra remplacer le terreau aux trois mois environ.

La température qui convient à dryopsophus caeruleus est de 24-26 degrés durant le jour.  Et de 22-23 degrés durant la nuit.  L’humidité idéale est d’environ 60%.  Il faut placer un éclairage UVB 2.0 dans le vivarium.  Ce spectre lumineux favorise l’assimilation du calcium par l’amphibien.

Question nourriture, c’est assez simple.  Dryopsophus caeruleus est vorace. Cette grenouille mange des grillons, des blattes, des vers.  Il faut que ses proies soient vivantes.  Un adulte peut manger deux ou trois par semaine.  On doit saupoudrer la nourriture de l’amphibien de suppléments de calcium et de vitamines.  Pourquoi?  Parce que même si on varie le plus possible son alimentation, il est impossible de parvenir à reproduire parfaitement le régime alimentaire de l’animal en nature.  Les surplus vitaminés évitent les carences chez nos pensionnaires.

On doit procurer de l’eau à dryopsophus caeruleus.  Soit on place un bol d’eau dans le fond du vivarium, soit on installe un système de vaporisation automatique.  Attention, on ne doit jamais utiliser l’eau du robinet.  Les amphibiens sont très vulnérables aux produits chimiques qui sont malheureusement contenus dans notre eau potable.

Si vous suivez ces quelques règles de base, vous devriez pouvoir observer des années durant dryopsophus caeruleus, un amphibien impressionnant de par sa taille et ses comportements.

Voici mon juvénile:

Quand la rainette dort…

…Les diptères dansent!

L’une des espèces de rainettes que j’élève (hyperolius concolor) est nocturne, comme la plupart des autres espèces de rainettes.  Dans le jour, donc, hyperolius concolor dort.  Elle n’est pas active.  Ce qui veut dire que ses proies peuvent souffler un peu.

Car hyperolius concolor, dès que le jour tombe, devient un animal ultra dynamique et qui sait multiplier les pirouettes pour attraper un insecte ou un autre.  Et c’est étonnant le nombre d’insectes qu’un seul individu peut avaler!  De véritables gloutonnes, ces rainettes!

Aujourd’hui, dans le calme du jour, j’ai posé hyperolius concolor.  Et sa proie de prédilection, tout juste à proximité.  Le calme avant la tempête de la nuit…

 

Rainette faux-grillon: un projet documentaire

Évidemment, lorsque la chaude saison est de retour, c’est dans les marais que je pars à la chasse aux amphibiens.   Et non dans un terrarium…

L’espèce que j’apprécie tout particulièrement est la rainette faux-grillon (Pseudacris triseriata).   Au Québec, cette minuscule grenouille est menacée de disparition.  À cause principalement, de la destruction de son habitat par l’étalement urbain et l’agriculture industrielle.

Depuis quelques années, je me rends dans les marais qui se trouvent en périphérie de Montréal afin de réaliser des images de cette espèce fabuleuse lors de sa saison de reproduction.  C’est à peu près le seul moment où on peut l’apercevoir.  Les mâles qui chantent, c’est l’occasion qui se présente pour les repérer efficacement. Mais la saison de reproduction ne dure pas longtemps.  Quelques semaines tout au plus.  Alors il faut être là, au bon moment.

Mon but, à terme, est de parvenir à réaliser un documentaire sur cette grenouille.

On a d’ailleurs fait une démo afin de convaincre les acteurs de l’industrie d’embarquer avec nous.  Mais on galère beaucoup.  Cette grenouille dérange beaucoup.  Derrière l’étalement urbain se dissimule la spéculation foncière.  Et qui dit spéculation foncière dit politique.  Alors…

Si vous aimez cette démo, abonnez-vous à ma chaîne Youtube et partagez-la.

Merci!

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Hyperolius concolor au flash

À venir jusqu’à maintenant, les photos que j’ai prises l’ont presque toutes été en bénéficiant de la lumière offerte par la barre Led qui trône au-dessus du terrarium.

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J’aime beaucoup l’ambiance qu’une telle lumière procure aux photos ainsi réalisées.  Cette lumière est douce.  Intéressante pour la photo.  Mais le problème, c’est qu’elle n’est pas très forte.  Je dois donc composer mes images en tenant compte d’une faible lumière.  Ça veut dire que je dois monter les ISO, ou ralentir la vitesse d’obturation, ou ouvrir le diaphragme.  Ou faire un petit peu de tout ça en même temps.  Par exemple, j’ai réalisé ces photos avec un ajustement ISO de 800, une vitesse d’obturation de 1/25s et un diaphragme ouvert à F4,5.

Les ISO à 800, avec les caméras Sony, ça ne provoque pas beaucoup de bruit.  On peut donc vivre avec un tel ajustement et obtenir de belles photos quand même.  1/25s, par contre, ça implique de ne vraiment pas bouger lorsqu’on travaille à main levée.  Le moindre petit tremblement provoquera des flous de bougé qui détruiront la netteté de l’image.  Et une ouverture de F4,5, en macro, n’offrira pas une grande zone de focus.

Je voulais donc essayer une autre méthode.  Au flash cette fois.  J’ai travaillé avec mon flash Sony HVL 43m que j’ai incliné afin de déporter au maximum la lumière.  J’ai aussi utilisé un diffuseur Gary Fong.  Cela permet de ne pas produire une lumière trop dure. J’ai ajusté mon flash en mode TTL.  C’est un mode automatique.  C’est le flash qui décide de la puissance de l’éclair qui sera nécessaire dans les conditions X.  Ça fonctionne bien.

Avec une telle méthode, on obtient des images considérablement différentes que celles réalisées à l’aide du seul Led.  D’une part, parce que la lumière est beaucoup plus directe (même si le flash est incliné) et beaucoup plus forte.  Ça permet d’ajuster la caméra différemment.  Pour obtenir l’image ici bas, j’ai pu fermer le diaphragme à F11.  La zone floutée s’en trouve considérablement réduite.  Et la lumière fait voir beaucoup mieux les détails de la grenouille.  Ça donne par contre une ambiance beaucoup plus documentaire qu’artistique.

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Je vais maintenant réfléchir à une façon de déporter plus grandement le flash afin d’obtenir une lumière moins dure sur le sujet.  Pour ce faire, je devrai utiliser un fil d’extension entre la caméra et le flash.  On y reviendra!

Hyperolius concolor: maintenir une bonne température nocturne

L’hyperolius concolor est une toute petite grenouille africaine.  Elle affectionne particulièrement les températures avoisinant les 25-26-27 degrés celsius.

Évidemment, nos maisons ne sont pas assez chaudes pour procurer de telles températures à cet amphibien.  Il faut donc chauffer le terrarium.J’y parviens en utilisant des ampoules incandescentes.  Dans mon système, j’utilise une 60w et une 25w.

Durant le jour, la température du terrarium est correcte pour hyperolius concolor.  Au point chaud, la température atteint les 27 degrés.  Et au point froid, elle descend à 24 degrés.  C’est parfait!

Il est important de vérifier la température à différents endroits du terrarium.  Pour ce faire, j’utilise un thermomètre permanent qui est près de la porte, et au point le plus loin des ampoules.  C’est là que se trouve le point froid.  Mais je vérifie également la température à différents endroits avec un thermomètre numérique à sonde.

Étant donné que je passe beaucoup de temps devant le terrarium alors que la nuit s’est installée, et ce, parce que ces grenouilles sont nocturnes, je me suis rendu compte que la température du terrarium descend trop bas durant la nuit.  Les ampoules n’effectuant plus leur travail, la température ambiante atteint les 21 degrés.  Il est normal de faire chuter les températures durant la nuit.  C’est comme ça qu’on imite le mieux les conditions naturelles.  Mais 21 degrés, pour cette grenouille, c’est définitivement trop peu.  Je ne voudrais pas que ça descende en bas de 22-23 degrés.

J’achète le matériel sur le marché de l’usager.  Ce terrarium est arrivé chez moi avec un tapis chauffant en prime.  Un tout petit tapis qui se trouve sous le terrarium.  Je croyais que ce serait suffisant pour maintenir une bonne température nocturne.  Mais je me trompais.  Je devrai donc me procurer un second tapis, plus grand que le premier, et que je placerai sur le côté du terrarium cette fois. Ça va en plus cacher l’envers du décor 😉

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Je devrais régler mon problème de température ainsi.  Je vous tiens au courant.

D’ici là, voici quelques photos prises la nuit dernière.

 

Hyperolius concolor: toujours aussi difficile!

Ça fait maintenant quelques nuits que je travaille sur le cas des hyperolius concolor.  Je rappelle que cette grenouille mesure moins de 3cm pour le mâle.  Et moins de 4cm pour la femelle.  Pour l’heure, les individus qui se trouvent dans mon terrarium sont des juvéniles.  Elles mesurent environ 2cm!

Je dirais qu’elles sont tout aussi farouches que les rainettes faux-grillon que je pose, au printemps, dans les marais en périphérie de Montréal.rainette13

Les concolor sont un peu plus grosses que la faux-grillon (taille adulte s’entend), et dès que je m’approche, tout comme une faux-grillon, elles se dissimulent.  Bien sûr, les concolor peuvent aller moins loin dans un terrarium qu’une faux-grillon dans un marais, mais ce qui complique ma mission, c’est que la concolor est nocturne (et pas la faux-grillon).

Ça veut dire que je dois m’installer dans le studio, dans le noir, et ne conserver qu’un faible jet de lumière de type nocturne pour éclairer l’intérieur du terrarium.  Quand j’aperçois une concolor en activité, je hausse l’intensité lumineuse et j’ai alors quelques secondes pour prendre mes photos.  Après ces quelques secondes, la grenouille retourne se cacher.  Elle ressortira quelques dizaines de minutes plus tard.  Ce n’est vraiment pas simple.

Je vais essayer de vous filmer ma méthode pour photographier les concolor dans les prochains jours.

Malgré les embûches, je suis hier soir parvenu à réaliser quelques nouvelles photos.

Macrophoto: hyperolius concolor

Comme je l’appréhendais, c’est tout un défi de photographier cette espèce!  Elle est minuscule, discrète et nocturne!

Mais hier, j’ai quand même pris mon courage à deux mains, et je suis parvenu à réaliser quelques photos.

Pour entendre le chant de cette espèce, c’est par ici: Chant de la concolor

Et dans cette vidéo, je vous explique ma méthode et la façon dont je conserve cette espèce: vidéo