Hyperolius concolor: maintenir une bonne température nocturne

L’hyperolius concolor est une toute petite grenouille africaine.  Elle affectionne particulièrement les températures avoisinant les 25-26-27 degrés celsius.

Évidemment, nos maisons ne sont pas assez chaudes pour procurer de telles températures à cet amphibien.  Il faut donc chauffer le terrarium.J’y parviens en utilisant des ampoules incandescentes.  Dans mon système, j’utilise une 60w et une 25w.

Durant le jour, la température du terrarium est correcte pour hyperolius concolor.  Au point chaud, la température atteint les 27 degrés.  Et au point froid, elle descend à 24 degrés.  C’est parfait!

Il est important de vérifier la température à différents endroits du terrarium.  Pour ce faire, j’utilise un thermomètre permanent qui est près de la porte, et au point le plus loin des ampoules.  C’est là que se trouve le point froid.  Mais je vérifie également la température à différents endroits avec un thermomètre numérique à sonde.

Étant donné que je passe beaucoup de temps devant le terrarium alors que la nuit s’est installée, et ce, parce que ces grenouilles sont nocturnes, je me suis rendu compte que la température du terrarium descend trop bas durant la nuit.  Les ampoules n’effectuant plus leur travail, la température ambiante atteint les 21 degrés.  Il est normal de faire chuter les températures durant la nuit.  C’est comme ça qu’on imite le mieux les conditions naturelles.  Mais 21 degrés, pour cette grenouille, c’est définitivement trop peu.  Je ne voudrais pas que ça descende en bas de 22-23 degrés.

J’achète le matériel sur le marché de l’usager.  Ce terrarium est arrivé chez moi avec un tapis chauffant en prime.  Un tout petit tapis qui se trouve sous le terrarium.  Je croyais que ce serait suffisant pour maintenir une bonne température nocturne.  Mais je me trompais.  Je devrai donc me procurer un second tapis, plus grand que le premier, et que je placerai sur le côté du terrarium cette fois. Ça va en plus cacher l’envers du décor 😉

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Je devrais régler mon problème de température ainsi.  Je vous tiens au courant.

D’ici là, voici quelques photos prises la nuit dernière.

 

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Hyperolius concolor: toujours aussi difficile!

Ça fait maintenant quelques nuits que je travaille sur le cas des hyperolius concolor.  Je rappelle que cette grenouille mesure moins de 3cm pour le mâle.  Et moins de 4cm pour la femelle.  Pour l’heure, les individus qui se trouvent dans mon terrarium sont des juvéniles.  Elles mesurent environ 2cm!

Je dirais qu’elles sont tout aussi farouches que les rainettes faux-grillon que je pose, au printemps, dans les marais en périphérie de Montréal.rainette13

Les concolor sont un peu plus grosses que la faux-grillon (taille adulte s’entend), et dès que je m’approche, tout comme une faux-grillon, elles se dissimulent.  Bien sûr, les concolor peuvent aller moins loin dans un terrarium qu’une faux-grillon dans un marais, mais ce qui complique ma mission, c’est que la concolor est nocturne (et pas la faux-grillon).

Ça veut dire que je dois m’installer dans le studio, dans le noir, et ne conserver qu’un faible jet de lumière de type nocturne pour éclairer l’intérieur du terrarium.  Quand j’aperçois une concolor en activité, je hausse l’intensité lumineuse et j’ai alors quelques secondes pour prendre mes photos.  Après ces quelques secondes, la grenouille retourne se cacher.  Elle ressortira quelques dizaines de minutes plus tard.  Ce n’est vraiment pas simple.

Je vais essayer de vous filmer ma méthode pour photographier les concolor dans les prochains jours.

Malgré les embûches, je suis hier soir parvenu à réaliser quelques nouvelles photos.

Macrophoto: hyperolius concolor

Comme je l’appréhendais, c’est tout un défi de photographier cette espèce!  Elle est minuscule, discrète et nocturne!

Mais hier, j’ai quand même pris mon courage à deux mains, et je suis parvenu à réaliser quelques photos.

Pour entendre le chant de cette espèce, c’est par ici: Chant de la concolor

Et dans cette vidéo, je vous explique ma méthode et la façon dont je conserve cette espèce: vidéo

 

C’est la saison des amours dans le marais

Pour la rainette faux-grillon, le printemps marque le début de la saison de reproduction. Les mâles s’installent dans des flaques d’eau et chantent sans relâche. Ils espèrent l’arrivée rapide des femelles.

Pour cette espèce en voie d’extinction, la vie est une course contre la montre. Les rainettes doivent pondre rapidement pour que la nouvelle génération ait le temps nécessaire pour se développer complètement et qu’elle soit ainsi prête à geler sous la neige, l’hiver suivant.

La rainette faux-grillon est la plus petite grenouille du Québec.  Elle mesure entre 2 et 3 cm.  Il ne reste plus qu’une dizaine de populations de cet amphibien chez nous.  Autrefois espèce très nombreuse, elle a été décimée par l’étalement urbain et la pollution.  Aujourd’hui, elle doit en plus faire face aux bouleversements climatiques.

Chaque printemps, je retourne à sa rencontre.  Un animal si fragile et en même temps si résilient ne peut faire autrement que de stimuler chez moi un fort sentiment d’admiration.

Scène de prédation: c’est réglé!

Ça fait deux ans que je cours après ces images!

Pour mon film sur la rainette faux-grillon et son marais, je les voulais absolument.  Elles mes permettront d’illustrer efficacement la dureté de la vie qui se mène dans les milieux humides!

Précisément, je parle ici d’une scène de prédation impliquant un amphibien… en tant que proie.

La rainette faux-grillon est la proie d’une pléthore d’animaux habitant eux aussi dans le marais.  Parmi ceux-là, on retrouve la couleuvre rayée.

Au fil de l’évolution, la couleuvre s’est spécialisée dans la capture des amphibiens. Ceux-là composent une bonne partie de son menu.

Le savoir, c’est une chose.  Le filmer, c’en est une autre.

J’ai emmagasiné beaucoup d’images de couleuvres au fil du temps.  Mais jamais je n’étais parvenu à les filmer en alimentation.  Enfin c’était vrai jusqu’à aujourd’hui!

Cet après-midi, alors que je filmais une toute petite couleuvre, celle-ci s’est mise à déplacer frénétiquement sa tête de gauche à droite.  Ce qui est bien souvent un signe qu’elle est en chasse.  Et tout-à-coup, elle ne fit ni une ni deux et se saisit à la vitesse de l’éclair d’une petite grenouille qui était dissimulée dans les herbes, tout juste à côté de nous.  Personnellement, je n’avais même pas aperçu la grenouille en question.  C’est dire si la vision de la couleuvre est aiguisée!

La couleuvre a saisi la grenouille par la gorge.  La grenouille s’est mise à crier.  C’était très violent.  Puis la couleuvre l’a placée de façon à l’avaler la tête la première.  J’étais persuadé que l’opération était vouée à l’échec tellement la grenouille me semblait grosse pour la gueule de cette minuscule couleuvre.

Mais j’avais tort.

En moins d’une minute, la grenouille fut complètement engloutie.

Une fois la scène terminée, je regardai prestement la scène que j’avais filmée.  Et c’était super!  Ça va tellement être une séquence importante du film sur lequel je travaille!

Bon sang que je suis content!

Une sortie de nuit bouleversante

Hier, durant la nuit, j’ai vécu une expérience spectaculaire et bouleversante à la fois.

Ma nouvelle amie Isabelle Picard, une biologiste spécialisée en faune aquatique et qui m’aide pour mon projet de film sur la rainette faux-grillon, m’avait dernièrement parlé d’un endroit dans le coin de Magog où les amphibiens sortent la nuit.  Ils sortent lorsque le temps est relativement chaud et pluvieux, au printemps, pour se rendre sur les sites de reproduction.  Ils font ensuite la route inverse pour retourner sur les sites où ils passeront l’été.  Lorsqu’ils migrent, il est facile de les apercevoir…et de les prendre en photo!

Des centaines et des centaines de salamandres maculées, de rainettes crucifères, des grenouilles vertes et léopards, de tritons verts et autres crapauds sont à cet endroit très nombreux, à chaque fois que le soir est propice à leur sortie.  Hier, le contexte était parfait.  Il n’en fallait pas plus pour que je saute dans ma voiture et que j’aille retrouver Isabelle à cet endroit afin qu’elle me fasse découvrir cette réalité que je ne connaissais aucunement.

Cet endroit, plus précisément, c’est Fitch Bay.   Ça se trouve au Lac Memphrémagog.  Isabelle y était hier, dans la nuit, avec des équipes de l’organisme Memphrémagog Conservation Inc. (MCI)  Leur travail était de recenser tous les individus qu’il serait possible d’apercevoir en se promenant sur le bord de la route et de tout noter ça minutieusement dans des documents qui devaient être remis par la suite au Ministère des Transports du Québec.

Que vient faire le Ministère des Transports dans cette histoire, me direz-vous!  Je parle de ce ministère parce qu’il est directement concerné par un grave problème.

À Fitch Bay, pour se rendre sur les sites de reproduction, les amphibiens doivent traverser une route de campagne…

Comme on peut facilement se l’imaginer, de si petits animaux sont très difficiles à apercevoir sur l’asphalte, la nuit.  Qui plus est, ils se déplacent très lentement.  Le résultat étant que les voitures qui circulent là les écrasent en grand nombre.

Lors du décompte d’hier, un tronçon de route de 3,1 km était visé.  Environ 240 amphibiens traversant la rue ont été aperçus vivants par les troupiers d’Isabelle.  Mais 146 ne sont pas parvenus à atteindre l’autre côté de la rue.  Ils ont tout simplement été écrasés par des voitures.  On parle d’un taux de mortalité de 60% !  C’est énorme!

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Alors que nous étions sur l’accotement pour réaliser des images, Geneviève et moi  entendions les amphibiens éclater sous les roues des voitures qui passaient.  C’était franchement bouleversant et déprimant.  De si spectaculaires animaux mourraient ainsi pour strictement aucune raison valable.

J’ai de ce fait passé une partie de la nuit à prendre les amphibiens dans mes mains pour les reconduire de l’autre côté de la rue.  Normalement, je ne touche jamais les sujets que je pose.  Mais dans un tel cas, le stress engendré chez mes sujets par mes manipulations n’était rien à côté de la possibilité énorme de se faire écraser par une automobile; alors j’ai sciemment violé une des règles que je m’impose normalement.

 

Les quelques dizaines d’amphibiens que j’ai ainsi pu sauver ne changent pas grand chose au bout du compte, me direz-vous. Mais au moins cela m’a donné bonne conscience.  Il faut quand même savoir qu’en une seule saison de reproduction, on parle facilement de milliers d’amphibiens qui meurent écrasés sur cette route seulement.  Une meilleure solution que la mienne doit dès maintenant être envisagée.  C’est l’évidence même!

C’est pourquoi Isabelle et la belle gang du MCI s’investissent dans ce dossier.  Avec les informations qu’ils récoltent, ils veulent convaincre le Ministère des Transports d’agir enfin.  Et agir dans un tel cas, ça veut dire entre autres construire des passages fauniques.  Plusieurs stratégies, à ce chapitre, peuvent être employées afin de couronner le tout de succès.  Entre autres choses, des barrières servant à conduire les animaux à des tunnels leur permettant de passer sous la route peuvent être érigées.  Et des étangs devant convaincre les animaux de rester d’un seul côté de la route, évitant de ce fait de traverser la zone mortelle que constitue la route pour eux, pourraient être construits.

Bref, il y a des solutions pour mettre enfin un terme à ce carnage.  Et elles doivent être appliquées le plus rapidement possible.

Je vous encourage d’ailleurs à vous rendre sur le site du MCI et de les appuyer!

***

Afin de me remonter le moral, après avoir vu tous ces amphibiens morts sur la route, je me suis  rendu sur le site de reproduction des rainettes crucifères.  En tant que « chasseur » de rainettes faux-grillon, quand je suis entré dans les buissons trempés, les pieds dans l’eau, je cherchais les rainettes crucifères au sol, sous une herbe ou une autre.  Je les cherchais là où j’aurais normalement trouvé une faux-grillon, quoi.  J’avais pourtant beau scruter l’environnement de tous mes yeux grands ouverts, je n’apercevais rien.  Les crucifères étaient pourtant là.  Je les entendais chanter si fort dans mes oreilles.

Mais pourquoi ne pouvais-je les apercevoir alors que j’étais si proche!?  En me grattant le dessus de la tuque, je relevai le regard et j’ai alors aperçu toutes ces rainettes accrochées aux branches des arbustes qui m’entouraient!  Elles grimpaient dans les arbres pour mieux chanter et appeler de plus loin les femelles, voilà pourquoi je ne les voyais pas!  C’était hallucinant.  Je me serais pratiquement cru dans une forêt du Costa Rica… enfin tel aurait pu être le cas si la pluie n’avait pas été si froide!

Ces animaux magnifiques méritent qu’on fasse quelque chose pour eux.  La première étape est de faire connaître le problème de Fitch Bay autour de vous.  Plus nombreux nous serons à savoir, et plus grandes seront les chances que le problème soit corrigé rapidement.

Alors je compte sur nous!

Enfin, des tortues!

Je me souviens lorsque j’étais enfant encore et que j’appris qu’il y avait des tortues au Québec.  C’était lors d’un voyage chez un oncle dans la région de Montréal.  En auto, nous avions traversé un petit pont qui enjambait la rivière aux tortues.  J’avais demandé aux adultes dans la voiture pourquoi ce nom?  Puisque dans ma tête, il n’y avait des tortues que dans les pays chauds.  C’était par conséquent étrange de trouver une rivière aux tortues au Québec.

On m’avait répondu que ce nom avait été donné à cette petite rivière car elle était remplie de tortues.  J’étais abasourdi! Je n’en croyais pas mes oreilles.  J’ai par la suite tellement regardé dans la rivière pour voir un digne représentant de ces reptiles.  Sans succès.

Il aura fallu 30 ans pour que je finisse par croiser la route de ces fameuses tortues.  La rencontre a eu lieu hier, à Boucherville.  Un beau coin de pays où la rivière aux pins se jette dans le Saint-Laurent.  Ce qui procure un milieu de vie intéressant pour les tortues.

On y retrouve là trois espèces.  La serpentine, la géographique et la tortue peinte.  C’est la dernière que j’ai hier aperçue.

En tant qu’animaux à sang froid, celles-ci aiment bien le soleil pour les aider à réguler leur température corporelle.  Elles se juchent alors sur des branches près de l’eau pour profiter des chauds rayons du soleil.

Hier, la matinée fut froide.  C’était donc un bon temps pour voir les tortues.  Et nous n’avons pas été déçus.  Les tortues étaient bel et bien au rendez-vous. Nous en avons vues quatre ou cinq. Mais toujours trop loin, ou à contre-jour, pour donner de belles photos.

La journée tirait à sa fin.  J’étais sur le point de rentrer sur l’île de Montréal, et j’ai alors décidé que ça me prenait une photo de tortue digne de ce nom.  J’ai alors rampé entre les branches, dans la vase, pour me donner un point de vue sur une de ces fameuses tortues peintes qui me permettrait d’en tirer une photo intéressante.  Le soleil était alors haut dans le ciel, procurant une lumière dure.  Mais la tortue était sous des broussailles.  Ce qui bloquait suffisamment les rayons pour que ma photo ne soit pas complètement brûlée.  J’ai appuyé sur le déclencheur.  Et j’ai obtenu une photo que j’aime bien!

Dans ce secteur de Boucherville, j’ai également croisé la route d’une grenouille léopard qui était bleue.  C’est très rare de rencontrer un tel spécimen.  Il s’agit certes d’un simple problème de pigmentation, mais ça donne quand même des individus spectaculaires!

Les grenouilles doivent y garder l’oeil ouvert et le bon car les prédateurs pullulent dans le coin.  Entre autres les grands hérons.  On en a aperçus plusieurs qui ne ménageaient aucun effort pour attraper une barbote ou une autre espèce de petits poissons.  Une grenouille, dusse-t-elle être bleue, aurait subi le même sort si elle s’était trouvée trop près du grand bec du volatile!

Parmi les autres espèces présentes hier dans le marais, il y avait des gallinules poules d’eau.  C’était la première fois que j’apercevais cet oiseau.  Les adultes arborent une belle couleur gris ardoisée alors que les juvéniles sont plutôt beige-brun.  J’ai pu prendre quelques photos de cette espèce.  Mais les individus se tenaient assez loin de nos points d’observation, ce qui mine de ce fait les détails affichés sur les photos.  Il faut dire qu’il y a beaucoup de gens qui circulent dans ce parc minuscule.  Les oiseaux semblent avoir compris où se placer pour conserver une bonne distance avec les bipèdes bruyants du coin et avoir ainsi un peu de paix.

Les milieux humides me surprennent à chacune de mes nouvelles visites par la grande diversité qu’ils affichent.  Et dire que dans la région de Montréal, ils ont presque tous été détruits pour faire place à des maisons, des centre-d’achat ou des autoroutes.  C’est triste quand on y pense quand même.

Rainette le film: Une étape de plus

Voilà, je viens de remettre un nouveau document dans le cadre d’une nouvelle demande de subvention pour la réalisation d’un autre documentaire animalier.  Il porte sur la rainette faux-grillon celui-là.

La rainette faux-grillon est une magnifique grenouille d’au plus deux centimètres vivant dans la grande région de Montréal.  Et elle connaît des jours affreux, la spectaculaire rainette.  Parce que l’étalement urbain et l’agriculture industrielle ont détruit ses habitats.  Et parce que les changements climatiques lui rendent les printemps plutôt inconfortables.  Il ne reste aujourd’hui plus qu’une dizaine de populations au Québec de rainettes faux-grillon.

Alors aussi bien le dire crûment: cette grenouille pourrait disparaître au cours des prochaines années!

La rédaction de cette demande de subvention m’a rappelé mon printemps dernier.  Et tout le défi que mon repérage printanier visant ladite rainette a été.  J’ai passé de très nombreuses heures à geler assis dans des flaques d’eau pour être en mesure de filmer la rainette comme je le voulais.  Et pour observer et capter ses comportements qui me sont dignes d’intérêt. J’ai réussi à faire ce que je voulais.  Mais j’ai travaillé très fort!

Un tel sujet ferait le plus beau des films animaliers il me semble.  Et un film qu’il est urgent de faire considérant le statut précaire de l’animal en question.

Bref, je touche du bois et j’espère obtenir des sous pour le faire, ce fameux film!  C’est à suivre, donc!

 

Le grand défi de l’animalier: les comportements

Ce qui est le plus difficile dans le domaine de l’image animalière, c’est de capter des comportements.

Trouver l’animal qu’on veut coucher sur une photo, ça peut être facile ou très difficile, tout dépendant de l’espèce recherchée.  Mais le repérer n’est rien en comparaison de pouvoir le placer devant sa caméra alors qu’il fait autre chose que nous regarder parce que stupéfait ou inquiet.  Être en mesure de capter les comportements animaliers, ça veut dire trouver l’animal, être là au bon moment, et être très discret pour que l’animal se sente suffisamment en confiance pour vaquer normalement à ses activités.

Il faut bien connaître notre sujet, c’est clair.

Et il faut avoir le bon matériel et très bien le connaître aussi.

Je prends pour exemple une grenouille léopard que j’ai filmée et photographiée cette semaine.  Il y avait beaucoup de moustiques.  Et ma grenouille semblait à l’affut.  Je me suis dit qu’elle devait être en alimentation.  Je me suis approché tout doucement.  Et me suis assis face à elle, le soleil dans le dos.  Et j’ai passé 3 heures dans l’herbe à attendre que la grenouille capture un insecte.

Je ne vous cacherai pas que les résultats sont meilleurs en vidéo.  En photo, ma caméra n’a pas un mode rafale super performant.  Ce qui fait que souvent la photo se prenait au mauvais moment dans la séquence d’attaque.

C’est très difficile de placer le focus au bon endroit quand on essaie de photographier une action qui se déroule en une fraction de seconde.  Il faut le placer là où la grenouille attaquera, pour qu’on puisse vraiment bien voir l’action.

N’en demeure pas moins que je suis parvenu à monter la séquence d’attaque en combinant des photos prises dans plusieurs attaques.

Voici ce que ça donne:

Déversement dans le boisé du Tremblay

Je m’apprêtais à rentrer à la maison après plusieurs heures passées auprès de ma mare à rainettes quand je reçus un appel.  C’était Tommy Montpetit, l’expert québécois de la rainette faux-grillon avec qui je collabore pour mon projet de film.  Il voulait m’annoncer qu’un déversement de produits chimiques avait eu lieu ce matin dans le boisé du Tremblay, tout juste dans un habitat critique de la rainette faux-grillon.

Je m’empressai de me rendre sur les lieux.  À mon arrivée, l’eau était toujours bleutée.  Les pompiers étaient déjà sur place et tentaient d’endiguer la dispersion de cette substance qui tuait les poissons sur son son passage.  Les gens d’Environnement Canada étaient là aussi et tentaient de comprendre la situation et d’identifier le responsable.

Le ruisseau touché traverse le boisé du Tremblay et coule sur des kilomètres jusqu’à la rivière Richelieu qui se jette elle-même dans le fleuve Saint-Laurent.  Le ruisseau était déjà bleu sur des kilomètres!

Qu’est-ce que cette substance au juste?  Je ne suis pas un expert en la matière.  Et je ne le sais donc pas.  Je puis dire que ça ne sentait pas très fort.  Et que ça ne semblait pas visqueux.  On a dit que ça pourrait être de la teinture.  Du savon.  Ou des huiles quelconques.  Je laisse le soin aux experts de nous l’indiquer précisément.

J’ai marché le plus loin que je l’ai pu vers l’origine de la fuite et je me suis rendu ainsi à la rue.  De l’autre coté de celle-ci  se trouve un gros centre pour camions lourds.  Est-ce de ce côté qu’il faut lorgner afin de trouver le responsable de ce drame?  Je ne le sais pas.  Il faudra attendre les résultats de l’enquête pour le savoir (je vous les communiquerai).  Mais une chose demeure:  il est bien périlleux d’avoir des industries chimiques tout juste à côté de la réserve naturelle qu’est le boisé du Tremblay.  Un jour ou l’autre, les accidents ne manqueront pas de survenir.  Il y en eut un aujourd’hui.  Il est assuré qu’il y en aura d’autres dans le futur.

Quand je suis arrivé sur les lieux, les rainettes chantaient tout juste à côté du ruisseau empoisonné.  On image ce qui arrivera à celle qui osera mettre le bout de l’orteil dans l’eau polluée.  Sur les berges du ruisseau, on trouvait des empreintes de rats musqués et de cerfs de Virginie.  Ce n’est vraiment pas une bonne nouvelle pour la faune de ce secteur!

Pour avoir plus de détails, vous pouvez visionner ma vidéo: