Scène de prédation: c’est réglé!

Ça fait deux ans que je cours après ces images!

Pour mon film sur la rainette faux-grillon et son marais, je les voulais absolument.  Elles mes permettront d’illustrer efficacement la dureté de la vie qui se mène dans les milieux humides!

Précisément, je parle ici d’une scène de prédation impliquant un amphibien… en tant que proie.

La rainette faux-grillon est la proie d’une pléthore d’animaux habitant eux aussi dans le marais.  Parmi ceux-là, on retrouve la couleuvre rayée.

Au fil de l’évolution, la couleuvre s’est spécialisée dans la capture des amphibiens. Ceux-là composent une bonne partie de son menu.

Le savoir, c’est une chose.  Le filmer, c’en est une autre.

J’ai emmagasiné beaucoup d’images de couleuvres au fil du temps.  Mais jamais je n’étais parvenu à les filmer en alimentation.  Enfin c’était vrai jusqu’à aujourd’hui!

Cet après-midi, alors que je filmais une toute petite couleuvre, celle-ci s’est mise à déplacer frénétiquement sa tête de gauche à droite.  Ce qui est bien souvent un signe qu’elle est en chasse.  Et tout-à-coup, elle ne fit ni une ni deux et se saisit à la vitesse de l’éclair d’une petite grenouille qui était dissimulée dans les herbes, tout juste à côté de nous.  Personnellement, je n’avais même pas aperçu la grenouille en question.  C’est dire si la vision de la couleuvre est aiguisée!

La couleuvre a saisi la grenouille par la gorge.  La grenouille s’est mise à crier.  C’était très violent.  Puis la couleuvre l’a placée de façon à l’avaler la tête la première.  J’étais persuadé que l’opération était vouée à l’échec tellement la grenouille me semblait grosse pour la gueule de cette minuscule couleuvre.

Mais j’avais tort.

En moins d’une minute, la grenouille fut complètement engloutie.

Une fois la scène terminée, je regardai prestement la scène que j’avais filmée.  Et c’était super!  Ça va tellement être une séquence importante du film sur lequel je travaille!

Bon sang que je suis content!

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Une sortie de nuit bouleversante

Hier, durant la nuit, j’ai vécu une expérience spectaculaire et bouleversante à la fois.

Ma nouvelle amie Isabelle Picard, une biologiste spécialisée en faune aquatique et qui m’aide pour mon projet de film sur la rainette faux-grillon, m’avait dernièrement parlé d’un endroit dans le coin de Magog où les amphibiens sortent la nuit.  Ils sortent lorsque le temps est relativement chaud et pluvieux, au printemps, pour se rendre sur les sites de reproduction.  Ils font ensuite la route inverse pour retourner sur les sites où ils passeront l’été.  Lorsqu’ils migrent, il est facile de les apercevoir…et de les prendre en photo!

Des centaines et des centaines de salamandres maculées, de rainettes crucifères, des grenouilles vertes et léopards, de tritons verts et autres crapauds sont à cet endroit très nombreux, à chaque fois que le soir est propice à leur sortie.  Hier, le contexte était parfait.  Il n’en fallait pas plus pour que je saute dans ma voiture et que j’aille retrouver Isabelle à cet endroit afin qu’elle me fasse découvrir cette réalité que je ne connaissais aucunement.

Cet endroit, plus précisément, c’est Fitch Bay.   Ça se trouve au Lac Memphrémagog.  Isabelle y était hier, dans la nuit, avec des équipes de l’organisme Memphrémagog Conservation Inc. (MCI)  Leur travail était de recenser tous les individus qu’il serait possible d’apercevoir en se promenant sur le bord de la route et de tout noter ça minutieusement dans des documents qui devaient être remis par la suite au Ministère des Transports du Québec.

Que vient faire le Ministère des Transports dans cette histoire, me direz-vous!  Je parle de ce ministère parce qu’il est directement concerné par un grave problème.

À Fitch Bay, pour se rendre sur les sites de reproduction, les amphibiens doivent traverser une route de campagne…

Comme on peut facilement se l’imaginer, de si petits animaux sont très difficiles à apercevoir sur l’asphalte, la nuit.  Qui plus est, ils se déplacent très lentement.  Le résultat étant que les voitures qui circulent là les écrasent en grand nombre.

Lors du décompte d’hier, un tronçon de route de 3,1 km était visé.  Environ 240 amphibiens traversant la rue ont été aperçus vivants par les troupiers d’Isabelle.  Mais 146 ne sont pas parvenus à atteindre l’autre côté de la rue.  Ils ont tout simplement été écrasés par des voitures.  On parle d’un taux de mortalité de 60% !  C’est énorme!

carcasse

Alors que nous étions sur l’accotement pour réaliser des images, Geneviève et moi  entendions les amphibiens éclater sous les roues des voitures qui passaient.  C’était franchement bouleversant et déprimant.  De si spectaculaires animaux mourraient ainsi pour strictement aucune raison valable.

J’ai de ce fait passé une partie de la nuit à prendre les amphibiens dans mes mains pour les reconduire de l’autre côté de la rue.  Normalement, je ne touche jamais les sujets que je pose.  Mais dans un tel cas, le stress engendré chez mes sujets par mes manipulations n’était rien à côté de la possibilité énorme de se faire écraser par une automobile; alors j’ai sciemment violé une des règles que je m’impose normalement.

 

Les quelques dizaines d’amphibiens que j’ai ainsi pu sauver ne changent pas grand chose au bout du compte, me direz-vous. Mais au moins cela m’a donné bonne conscience.  Il faut quand même savoir qu’en une seule saison de reproduction, on parle facilement de milliers d’amphibiens qui meurent écrasés sur cette route seulement.  Une meilleure solution que la mienne doit dès maintenant être envisagée.  C’est l’évidence même!

C’est pourquoi Isabelle et la belle gang du MCI s’investissent dans ce dossier.  Avec les informations qu’ils récoltent, ils veulent convaincre le Ministère des Transports d’agir enfin.  Et agir dans un tel cas, ça veut dire entre autres construire des passages fauniques.  Plusieurs stratégies, à ce chapitre, peuvent être employées afin de couronner le tout de succès.  Entre autres choses, des barrières servant à conduire les animaux à des tunnels leur permettant de passer sous la route peuvent être érigées.  Et des étangs devant convaincre les animaux de rester d’un seul côté de la route, évitant de ce fait de traverser la zone mortelle que constitue la route pour eux, pourraient être construits.

Bref, il y a des solutions pour mettre enfin un terme à ce carnage.  Et elles doivent être appliquées le plus rapidement possible.

Je vous encourage d’ailleurs à vous rendre sur le site du MCI et de les appuyer!

***

Afin de me remonter le moral, après avoir vu tous ces amphibiens morts sur la route, je me suis  rendu sur le site de reproduction des rainettes crucifères.  En tant que « chasseur » de rainettes faux-grillon, quand je suis entré dans les buissons trempés, les pieds dans l’eau, je cherchais les rainettes crucifères au sol, sous une herbe ou une autre.  Je les cherchais là où j’aurais normalement trouvé une faux-grillon, quoi.  J’avais pourtant beau scruter l’environnement de tous mes yeux grands ouverts, je n’apercevais rien.  Les crucifères étaient pourtant là.  Je les entendais chanter si fort dans mes oreilles.

Mais pourquoi ne pouvais-je les apercevoir alors que j’étais si proche!?  En me grattant le dessus de la tuque, je relevai le regard et j’ai alors aperçu toutes ces rainettes accrochées aux branches des arbustes qui m’entouraient!  Elles grimpaient dans les arbres pour mieux chanter et appeler de plus loin les femelles, voilà pourquoi je ne les voyais pas!  C’était hallucinant.  Je me serais pratiquement cru dans une forêt du Costa Rica… enfin tel aurait pu être le cas si la pluie n’avait pas été si froide!

Ces animaux magnifiques méritent qu’on fasse quelque chose pour eux.  La première étape est de faire connaître le problème de Fitch Bay autour de vous.  Plus nombreux nous serons à savoir, et plus grandes seront les chances que le problème soit corrigé rapidement.

Alors je compte sur nous!

Enfin, des tortues!

Je me souviens lorsque j’étais enfant encore et que j’appris qu’il y avait des tortues au Québec.  C’était lors d’un voyage chez un oncle dans la région de Montréal.  En auto, nous avions traversé un petit pont qui enjambait la rivière aux tortues.  J’avais demandé aux adultes dans la voiture pourquoi ce nom?  Puisque dans ma tête, il n’y avait des tortues que dans les pays chauds.  C’était par conséquent étrange de trouver une rivière aux tortues au Québec.

On m’avait répondu que ce nom avait été donné à cette petite rivière car elle était remplie de tortues.  J’étais abasourdi! Je n’en croyais pas mes oreilles.  J’ai par la suite tellement regardé dans la rivière pour voir un digne représentant de ces reptiles.  Sans succès.

Il aura fallu 30 ans pour que je finisse par croiser la route de ces fameuses tortues.  La rencontre a eu lieu hier, à Boucherville.  Un beau coin de pays où la rivière aux pins se jette dans le Saint-Laurent.  Ce qui procure un milieu de vie intéressant pour les tortues.

On y retrouve là trois espèces.  La serpentine, la géographique et la tortue peinte.  C’est la dernière que j’ai hier aperçue.

En tant qu’animaux à sang froid, celles-ci aiment bien le soleil pour les aider à réguler leur température corporelle.  Elles se juchent alors sur des branches près de l’eau pour profiter des chauds rayons du soleil.

Hier, la matinée fut froide.  C’était donc un bon temps pour voir les tortues.  Et nous n’avons pas été déçus.  Les tortues étaient bel et bien au rendez-vous. Nous en avons vues quatre ou cinq. Mais toujours trop loin, ou à contre-jour, pour donner de belles photos.

La journée tirait à sa fin.  J’étais sur le point de rentrer sur l’île de Montréal, et j’ai alors décidé que ça me prenait une photo de tortue digne de ce nom.  J’ai alors rampé entre les branches, dans la vase, pour me donner un point de vue sur une de ces fameuses tortues peintes qui me permettrait d’en tirer une photo intéressante.  Le soleil était alors haut dans le ciel, procurant une lumière dure.  Mais la tortue était sous des broussailles.  Ce qui bloquait suffisamment les rayons pour que ma photo ne soit pas complètement brûlée.  J’ai appuyé sur le déclencheur.  Et j’ai obtenu une photo que j’aime bien!

Dans ce secteur de Boucherville, j’ai également croisé la route d’une grenouille léopard qui était bleue.  C’est très rare de rencontrer un tel spécimen.  Il s’agit certes d’un simple problème de pigmentation, mais ça donne quand même des individus spectaculaires!

Les grenouilles doivent y garder l’oeil ouvert et le bon car les prédateurs pullulent dans le coin.  Entre autres les grands hérons.  On en a aperçus plusieurs qui ne ménageaient aucun effort pour attraper une barbote ou une autre espèce de petits poissons.  Une grenouille, dusse-t-elle être bleue, aurait subi le même sort si elle s’était trouvée trop près du grand bec du volatile!

Parmi les autres espèces présentes hier dans le marais, il y avait des gallinules poules d’eau.  C’était la première fois que j’apercevais cet oiseau.  Les adultes arborent une belle couleur gris ardoisée alors que les juvéniles sont plutôt beige-brun.  J’ai pu prendre quelques photos de cette espèce.  Mais les individus se tenaient assez loin de nos points d’observation, ce qui mine de ce fait les détails affichés sur les photos.  Il faut dire qu’il y a beaucoup de gens qui circulent dans ce parc minuscule.  Les oiseaux semblent avoir compris où se placer pour conserver une bonne distance avec les bipèdes bruyants du coin et avoir ainsi un peu de paix.

Les milieux humides me surprennent à chacune de mes nouvelles visites par la grande diversité qu’ils affichent.  Et dire que dans la région de Montréal, ils ont presque tous été détruits pour faire place à des maisons, des centre-d’achat ou des autoroutes.  C’est triste quand on y pense quand même.

Rainette le film: Une étape de plus

Voilà, je viens de remettre un nouveau document dans le cadre d’une nouvelle demande de subvention pour la réalisation d’un autre documentaire animalier.  Il porte sur la rainette faux-grillon celui-là.

La rainette faux-grillon est une magnifique grenouille d’au plus deux centimètres vivant dans la grande région de Montréal.  Et elle connaît des jours affreux, la spectaculaire rainette.  Parce que l’étalement urbain et l’agriculture industrielle ont détruit ses habitats.  Et parce que les changements climatiques lui rendent les printemps plutôt inconfortables.  Il ne reste aujourd’hui plus qu’une dizaine de populations au Québec de rainettes faux-grillon.

Alors aussi bien le dire crûment: cette grenouille pourrait disparaître au cours des prochaines années!

La rédaction de cette demande de subvention m’a rappelé mon printemps dernier.  Et tout le défi que mon repérage printanier visant ladite rainette a été.  J’ai passé de très nombreuses heures à geler assis dans des flaques d’eau pour être en mesure de filmer la rainette comme je le voulais.  Et pour observer et capter ses comportements qui me sont dignes d’intérêt. J’ai réussi à faire ce que je voulais.  Mais j’ai travaillé très fort!

Un tel sujet ferait le plus beau des films animaliers il me semble.  Et un film qu’il est urgent de faire considérant le statut précaire de l’animal en question.

Bref, je touche du bois et j’espère obtenir des sous pour le faire, ce fameux film!  C’est à suivre, donc!

 

Le grand défi de l’animalier: les comportements

Ce qui est le plus difficile dans le domaine de l’image animalière, c’est de capter des comportements.

Trouver l’animal qu’on veut coucher sur une photo, ça peut être facile ou très difficile, tout dépendant de l’espèce recherchée.  Mais le repérer n’est rien en comparaison de pouvoir le placer devant sa caméra alors qu’il fait autre chose que nous regarder parce que stupéfait ou inquiet.  Être en mesure de capter les comportements animaliers, ça veut dire trouver l’animal, être là au bon moment, et être très discret pour que l’animal se sente suffisamment en confiance pour vaquer normalement à ses activités.

Il faut bien connaître notre sujet, c’est clair.

Et il faut avoir le bon matériel et très bien le connaître aussi.

Je prends pour exemple une grenouille léopard que j’ai filmée et photographiée cette semaine.  Il y avait beaucoup de moustiques.  Et ma grenouille semblait à l’affut.  Je me suis dit qu’elle devait être en alimentation.  Je me suis approché tout doucement.  Et me suis assis face à elle, le soleil dans le dos.  Et j’ai passé 3 heures dans l’herbe à attendre que la grenouille capture un insecte.

Je ne vous cacherai pas que les résultats sont meilleurs en vidéo.  En photo, ma caméra n’a pas un mode rafale super performant.  Ce qui fait que souvent la photo se prenait au mauvais moment dans la séquence d’attaque.

C’est très difficile de placer le focus au bon endroit quand on essaie de photographier une action qui se déroule en une fraction de seconde.  Il faut le placer là où la grenouille attaquera, pour qu’on puisse vraiment bien voir l’action.

N’en demeure pas moins que je suis parvenu à monter la séquence d’attaque en combinant des photos prises dans plusieurs attaques.

Voici ce que ça donne:

Déversement dans le boisé du Tremblay

Je m’apprêtais à rentrer à la maison après plusieurs heures passées auprès de ma mare à rainettes quand je reçus un appel.  C’était Tommy Montpetit, l’expert québécois de la rainette faux-grillon avec qui je collabore pour mon projet de film.  Il voulait m’annoncer qu’un déversement de produits chimiques avait eu lieu ce matin dans le boisé du Tremblay, tout juste dans un habitat critique de la rainette faux-grillon.

Je m’empressai de me rendre sur les lieux.  À mon arrivée, l’eau était toujours bleutée.  Les pompiers étaient déjà sur place et tentaient d’endiguer la dispersion de cette substance qui tuait les poissons sur son son passage.  Les gens d’Environnement Canada étaient là aussi et tentaient de comprendre la situation et d’identifier le responsable.

Le ruisseau touché traverse le boisé du Tremblay et coule sur des kilomètres jusqu’à la rivière Richelieu qui se jette elle-même dans le fleuve Saint-Laurent.  Le ruisseau était déjà bleu sur des kilomètres!

Qu’est-ce que cette substance au juste?  Je ne suis pas un expert en la matière.  Et je ne le sais donc pas.  Je puis dire que ça ne sentait pas très fort.  Et que ça ne semblait pas visqueux.  On a dit que ça pourrait être de la teinture.  Du savon.  Ou des huiles quelconques.  Je laisse le soin aux experts de nous l’indiquer précisément.

J’ai marché le plus loin que je l’ai pu vers l’origine de la fuite et je me suis rendu ainsi à la rue.  De l’autre coté de celle-ci  se trouve un gros centre pour camions lourds.  Est-ce de ce côté qu’il faut lorgner afin de trouver le responsable de ce drame?  Je ne le sais pas.  Il faudra attendre les résultats de l’enquête pour le savoir (je vous les communiquerai).  Mais une chose demeure:  il est bien périlleux d’avoir des industries chimiques tout juste à côté de la réserve naturelle qu’est le boisé du Tremblay.  Un jour ou l’autre, les accidents ne manqueront pas de survenir.  Il y en eut un aujourd’hui.  Il est assuré qu’il y en aura d’autres dans le futur.

Quand je suis arrivé sur les lieux, les rainettes chantaient tout juste à côté du ruisseau empoisonné.  On image ce qui arrivera à celle qui osera mettre le bout de l’orteil dans l’eau polluée.  Sur les berges du ruisseau, on trouvait des empreintes de rats musqués et de cerfs de Virginie.  Ce n’est vraiment pas une bonne nouvelle pour la faune de ce secteur!

Pour avoir plus de détails, vous pouvez visionner ma vidéo:

Les jours se suivent et se ressemblent

Le mercure est monté aujourd’hui.  Et dans le marais, ça s’est fait sentir.  L’activité a repris de plus belle.  Les mâles sont de retour sur les promontoires afin de chanter et attirer les femelles.  Le problème est que les femelles ne sont toujours pas au rendez-vous.  Les jours commencent à se ressembler.  Et les images que je recueille aussi.

Ça fait maintenant une semaine que je passe dans le marais.  Ce qui veut dire que j’ai investi environ 40 heures à observer ma flaque d’eau.  Et durant tout ce temps, je n’ai vu des femelles rainettes que durant environ une heure.  C’est peu.

Mais j’imagine que ce temps relativement chaud aura un impact positif aussi sur les femelles. Qu’elles se pointeront bientôt dans le marais. Et que je pourrai ainsi emmagasiner beaucoup d’images d’accouplement.

Les rainettes faux-grillon se reproduisent par fécondation externe.  Le mâle s’accroche sur la femelle et lorsqu’elle se met à pondre ses oeufs, il expulse sa semence.  Le mâle peut rester accrocher à la femelle plusieurs heures avant que ça ne se passe. Ce qui veut dire que je devrai m’armer de patience.

Pour le moment, je suis parvenu à filmer des scènes où la femelle se dirige vers le mâle pour mieux le laisser s’accrocher à son dos.  J’ai aussi des images d’oeufs.  Mais je ne suis pas parvenu à filmer la ponte en tant que telle.  Et c’est ça que j’aimerais réussir.  Je ne sais pas si c’est réaliste de penser y parvenir, mais en tout cas j’essaie.  Et le meilleur moyen d’y parvenir, je crois bien, c’est à l’aide de la gopro que je cache par ci et par là, sous l’eau, dans le marais.  Si je suis chanceux, je parviendrai bien à recueillir les images qui me font tant rêver.  Ce qui serait un moment très fort pour le film que je suis en train d’imaginer, bien assis dans mon marais.

En attendant, je garde l’oeil ouvert et je le dirige à la surface. J’espère ainsi filmer un prédateur de la rainette.  Cette espèce d’amphibien finit souvent ses jours dans l’estomac de la couleuvre rayée.  J’en ai vu une la semaine dernière, près de ma flaque.  Mais ne suis pas parvenu à la filmer.  Ce reptile aime bien se réchauffer sur les roches au soleil au petit matin ou le soir venu.  Ça devra faire partie de ma stratégie.

La rainette est aussi dévorée par des oiseaux comme le merle d’Amérique.  Pour l’instant, je n’en ai aperçu aucun près de ma mare. Alors que j’en voyais souvent, à la fin de l’hiver.

merle (1 sur 1)

Mais bon, je vais investir plus d’énergie sur la captation de ces scènes de prédateur quand j’aurai vraiment bien filmé la rainette.

Pour m’encourager à persévérer, un papillon morio est venu me saluer aujourd’hui.

papillon (1 sur 1)

Une vidéo concernant la rainette

Quand je me rends sur le terrain, j’essaie de vous communiquer le plus précisément possible mes réflexions et analyses afin de vous aider dans vos propres explorations.

Parfois, c’est plus difficile à réaliser que d’autres fois.  Par exemple, quand je filme sous l’eau 😉  Ou lorsqu’il est question d’animaux très craintifs.  Comme les oiseaux rapaces ou les mammifères.

Dans le cas de la rainette faux-grillon de l’Ouest, j’ai pu faire des vidéos Facebook en direct du marais.  En voici un.  Bon visionnement!


https://www.facebook.com/plugins/video.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2Fpatrick.bourgeois.37%2Fvideos%2F10212353899865247%2F&show_text=0&width=400

Et c’est parti pour l’accouplement!

Aujourd’hui, je dois bien le dire, j’ai été très chanceux.

J’étais installé dans le marais.  Et les rainettes chantaient.  Aussi fort que la veille.  Je prenais des photos.  Je captais des vidéos.  Mais ça commençait à se ressembler tout ça.

Tout à coup, le chant des rainettes s’est calmé.  Ça chantait encore.  Mais beaucoup moins fort.

Et là, je vois apparaître, de ci ou de là, des couples de rainettes.  Et une fois en couple, les rainettes ne chantent plus.  Voilà pourquoi ça chantait moins fort.

Je redouble d’ardeur et je me mets à filmer plus fort que je ne l’avais fait jusque-là cette journée-ci.  En macro svp!

Et je suis ainsi parvenu à filmer l’accouplement de la rainette faux-grillon de l’Ouest, une espèce, je le répète, menacée d’extinction au Québec!  Tout seul au milieu de ma flaque d’eau, j’étais sans voix.  Trop heureux de pouvoir assister à pareil phénomène dont j’avais rêvé, mais que je ne croyais jamais pouvoir filmer.

Voici quelques photos:

Hier, je vous écrivais via ce blogue que les rainettes se font piquer par les moustiques pendant qu’elles chantent.  J’étais content d’avoir capté ce comportement sur ma caméra hier. Mais je trouvais qu’on ne voyait pas suffisamment bien le moustique.

Aujourd’hui, j’ai corrigé ce problème!!!!

Une journée dans le marais

Hier, c’était une belle journée.  Le printemps s’installe vraiment par chez nous.  Et la rainette faux-grillon de l’Ouest s’est mise à chanter.

Ce sont les mâles qui chantent pour attirer les femelles.  Question de reproduction, bien évidemment !

Mais la saison de la reproduction est courte.  Que quelques semaines.  On doit faire vite si on veut entendre le chant d’amour de la rainette faux-grillon.  Voilà pourquoi j’accours dans le marais ces jours-ci!

La rainette faux-grillon est une espèce grandement menacée au Québec.  Menacée par l’étalement urbain, principalement.  Il ne reste aujourd’hui plus que quelques populations de cette magnifique espèce d’amphibien dans la région de Montréal.

J’ai le goût de raconter son histoire.  De parler de ses grandes misères.  Sur écran. Pour lui donner un coup de pouce.  À ma façon.   Mais filmer la rainette faux-grillon représente tout un défi!  C’est l’animal que j’aurai tenté de filmer qui m’aura posé le plus de problèmes.  Beaucoup plus compliqué que les tournages sous-marins qui ont constitué le corps de mon premier documentaire en tout cas!

Pourquoi c’est si compliqué de filmer la rainette faux-grillon?

Premièrement parce que la rainette est minuscule.  La grosseur d’un raisin je dirais.  La voir est très compliqué.  Il faut qu’elle chante pour nous mettre sur sa piste.  Il faut alors suivre le chant et essayer de repérer la rainette parmi les foins et les quenouilles.  Mais attention!  Le moindre bruit la fait cesser. La moindre brindille qui craque sous notre pied et tout est fini.  Tout ombre projeté sur l’eau aussi.  Et elle ne reprendra son chant que 15-20 minutes plus tard!  Ouille!

Filmer un si petit animal implique d’être très près.  Considérant la prudence maladive de la bête, ça donne une idée du défi.  Au départ, je croyais pouvoir y parvenir avec des lentilles macro.  Mais oubliez ça!  C’est juste impossible de s’approcher suffisamment pour les utiliser.  La rainette faux-grillon exige plutôt le téléobjectif.  Et un puissant!

Hier, en tentant de la filmer, j’ai récolté des photos de plusieurs habitants du marais.  Coccinelles, grenouilles des bois et bernaches faisaient bien sentir leur présence tout autour de moi.

Mais la rainette, elle, demeurait impossible à apercevoir.  Malgré les heures de tentatives!

La journée tirait à sa fin lorsque je parvins enfin à lui voir le bout du nez.  J’ai pu prendre des photos.  Mais les résultats sont plutôt décevants.  Trop petite et trop loin! Je devrai revoir entièrement ma stratégie.

J’ai déjà quelques idées que je vais essayer en fin de semaine.  Je vous tiendrai au courant de mes résultats!