Le colibri: un oiseau teigneux

J’ai passé les derniers jours dans ma petite maison dans le fin fond des bois.  Devant celle-ci, j’ai des fleurs qui poussent comme, et où elles le veulent bien.  Ça semble faire l’affaire du colibri à gorge rubis.

Deux mâles ont pris possession de ma talle de fleurs.  Mais les deux mâles ne se tolèrent pas entre eux.  De leurs yeux bagarreurs, ils se cherchent constamment.  Pour mieux s’affronter.

Deux oiseaux minuscules ont donc passé leur temps à se chercher des poux, à se pousser, à chercher à prendre possession de la fleur de l’autre.

Tout ça donna naissance à un ballet minuscule qui se déploie au son des vrombissements.

Le colibri peut battre des ailes jusqu’à 80 fois par seconde.  Ça produit un son étrangement fort.  Qui nous permet de repérer l’oiseau plus facilement.  Car petit comme il est, s’il ne faisait pas de bruit, ça serait bien difficile de l’apercevoir.

Tiens, ça me rappelle la rainette faux-grillon qui, si elle ne chantait pas au printemps, demeurerait invisible tout l’an durant.

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Le moqueur-chat pointe le bout de son bec

Ces derniers jours, j’ai repéré un secteur où les râles de Virginie se nourrissent.  Je me suis dit ce matin que je tenterais à nouveau de prendre comme il faut cet oiseau en photo.

Aussi bien dire qu’il s’agit là d’un défi.  Le râle de Virginie a la réputation de se faire entendre beaucoup plus souvent que de se faire voir.  Il faut dire que l’oiseau est petit.  Il mesure environ 25 centimètres.  Et il fréquente des habitats franchement difficiles d’accès.   Les miens vivent dans de denses bosquets de phragmites qui poussent dans l’eau.  Y pénétrer est compliqué.  Et ça fait du bruit quand on le tente.  Ce qui effraie, bien entendu, les râles.  Et parlant de frayeur, je dois dire que c’est quand même stressant pour moi de pénétrer dans ces herbes hautes.  Il y a là des tiques porteuses de la maladie de lyme!

Encore aujourd’hui, le râle a eu le dessus sur moi.

J’ai pu m’approcher assez près de l’oiseau, mais les tiges des phragmites bloquaient presque complètement la vue de ma caméra.  La seule photo que j’ai pu prendre ne rend aucunement justice à la beauté du râle.

râle2 (1 sur 1)

Face au ô combien furtif râle, j’ai peut-être perdu une seconde bataille, mais je ne m’avoue pas vaincu pour autant!

En déambulant dans les bosquets de phragmites, j’ai par contre eu la chance de croiser le regard d’un moqueur-chat.  Un oiseau qui a un chant mélodieux.  Et un cri fort particulier (on peut les entendre ici).  Cri qui rappelle, dans certaines de ses intonations, le miaulement d’un chat.

moqueur-chat (1 sur 1)

Lui aussi aime bien se dissimuler dans les herbes hautes.  Mais pas toujours au sol comme le râle.  Ce qui m’a donné la chance, ce matin, de l’apercevoir dans une percée parmi les herbes!

Pendant que j’étais assis près du marais, espérant l’arrivée du râle du côté de ma position, je prenais des photos du marais. Je le trouve très beau. Dans la région de Montréal, les terres humides ont presque complètement été détruites.  Ce sont pourtant des habitats très riches et variés.  Il faudra bien, un jour ou l’autre, apprendre à faire attention à ce qui nous entoure…

Ça commence à être inquiétant

Aujourd’hui, je suis allé faire un tour du côté du boisé de St-Bruno.  J’étais en compagnie de Tommy Montpetit, citoyen-soldat fermement engagé en faveur de la protection des terres humides du Québec.

On allait là-bas parce que Tommy devait inventorier les espèces fréquentant ce boisé.  Question d’avoir toujours plus d’arguments pour mieux le protéger!

Lors de nos explorations, on a bien vu des oiseaux.  Des chevreuils.  Mais à peu près pas d’insectes.  Et seulement une grenouille.  Et presque pas de fleurs.

Le printemps froid ralentit la vie. C’est clair! Et c’est inquiétant parce que les oiseaux insectivores qui sont déjà arrivés chez nous ont évidemment besoin des insectes pour se nourrir.  Tout comme les grenouilles d’ailleurs.  Mais les insectes se font très rares en ce début du mois de mai.  Ça finira pas avoir un impact sur les populations d’amphibiens et d’oiseaux.  Et c’est inquiétant.

D’ailleurs, aujourd’hui, on a trouvé une grenouille morte.  De froid?  De faim?  Bien malin qui saurait le dire.

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En marchant à travers les bosquets, nous avons croisé la route d’un oiseau qui nous intriguait tous les deux.  Il était timide.  Et effectuait des aller-retour entre une branche et une petite mare.  Au final, nous avons identifié le moucherolle phébi.

Je n’ai pu prendre la photo de celui-ci que d’assez loin.  On perd de ce fait des détails.  Mais bon, au moins, on voit l’oiseau!

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Les pics étaient très certainement les oiseaux qu’on a croisés le plus souvent aujourd’hui.  Hormis peut-être les martin-pêcheurs, que je ne suis pas parvenu à poser…

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Plus loin dans nos explorations, nous sommes tombés sur de grosses fourmilières.  Elles étaient tout près de l’eau.  Tommy était presque sûr qu’il s’agissait de fourmilières construites par lasius minutus, une petite fourmi dorée qui est – hé oui, une autre – en voie d’extinction au Québec.  Il ne reste que très peu de sites au Québec où il est possible de l’apercevoir.  Et la plupart de ces sites, c’est Tommy qui les a trouvés!

Je me suis mis à poser les fourmis.  Conscient de l’importance possible de notre découverte du jour.

fourmilière

Crédit photo: Tommy Montpetit

Mais une fois rendu à la maison, Tommy m’a contacté pour me dire avoir des doutes sur l’identité de ladite fourmi.  Je lui ai fait parvenir des photos des fourmis que j’avais prises.  Il contacta ses collègues entomologistes et…le verdict ne tomba pas.  À peu près personne ne peut identifier avec certitude l’espèce de fourmi en question.  Et ce, parce que les photos fournies présentaient des individus avec l’oeil noir alors que lasius minutus a un oeil moins foncé.

À force d’examiner les photos et de consulter des experts, l’espèce présentée ci-haut, sur les photos, pourrait bien être lasius flavus.  Si tel est le cas, ce serait la première fois qu’une observation officielle de cette espèce aurait été faite au Québec !

On continue de chercher.  Et dès que j’obtiens une réponse ferme quant à l’identité de notre fourmi-mystère, je vous transmettrai l’info via mon blogue.

Une journée difficile

Le printemps est froid.  Et pluvieux.  Et sur le terrain, ça commence à se faire sentir.  Les insectes bougent peu.  Ou ne sont pas encore sortis.  La reproduction des amphibiens tourne au ralenti.  Et les oiseaux sont très souvent aux abris.  Enfin, c’était comme ça dans mon coin, ce matin.

Ça faisait quelques heures que j’étais dans mon abri.  Et je commençais à craindre de revenir bredouille à la maison. Je n’étais parvenu qu’à photographier un troglodyte.  Et de loin!

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J’ai donc abandonné l’idée de photographier le castor ou un rat musqué dans l’étang devant moi et suis sorti de ma cache.  Pour faire un peu de macro aux alentours.

Et le bonheur m’a souri.

J’ai enfin pu photographier une couleuvre rayée, la langue sortie!

Dans les films, on donne l’impression que les serpents tirent constamment la langue.  Dans la réalité, il en va autrement.  En tout cas, lorsqu’il est question de la couleuvre rayée.  Celle-ci ne sort vraiment pas souvent sa langue. Elle le fait pour prendre connaissance de son environnement.  Ce matin, la langue de la couleuvre a fini par sortir après que j’eus bougé.  La couleuvre a utilisé sa langue afin d’identifier l’intrus.  C’est-à-dire moi.

Tout juste à côté de la couleuvre, une minuscule fourmi faisait des acrobaties au bout d’une nouvelle pousse d’un vert tendre.  Une mouche butinait alors qu’une autre se posait sur mon sac.

Lorsque je me suis redressé pour mieux examiner les alentours, j’ai repéré une tique à pattes noires sur ma main.  Ladite espèce de tique qui peut potentiellement transmettre la maladie de lyme!

Je me suis alors dit que c’était assez pour la journée.  Qu’il était temps de rentrer.

Ça sent le printemps !

Les crocus commencent à pointer le bout de leur nez dans la platebande devant la maison.  Ça fait du bien après le long hiver qu’on vient de passer.  Enfin, on peut croire à l’arrivée imminente des beaux jours!

Ça veut dire que les insectes sortiront eux aussi très bientôt de leurs cachettes.  Ce qui permettra de faire de belles photos en macro!

D’ailleurs, les abeilles ont déjà commencé à visiter nos crocus.  Faut dire qu’en ville, il y a bien des gens qui entretiennent leurs propres ruches.  Alors les abeilles sont assez nombreuses dans les environs!

Ces photos ont été prises avec une lentille Sony macro 90mm montée sur une Sony A7S.