Les escargots aiment la douceur de la nuit

À chaque nouvelle sortie de nuit que j’effectue, je me rends toujours davantage compte que cette approche en photo me plaît vraiment.  La lumière, à ce moment de la journée, est superbe, et ce, même si je travaille avec des lampes ( 😉 ).  Ce sont d’ailleurs mes lampes vidéo de plongée que j’utilise en bonne partie lors de mes expéditions nocturnes.

Mais en plus, la nuit, on voit autre chose que dans le jour.  Les araignées sont plus actives.  Comme les insectes prédateurs, les réduves particulièrement.

Hier soir, je suis sorti avec mon bon ami Tommy Montpetit.  Sa fille Émilie nous accompagnait.  Elle était responsable de l’éclairage.  Pendant que Tommy et moi, on prenait cliché par-dessus cliché.

La saison de reproduction des rainettes crucifères commence à ralentir sérieusement dans la région de Montréal.  On s’est de ce fait tourné vers d’autres sujets pour la photo. Les escargots des bois nous ont donné tout un spectacle.  Ils sont beaucoup plus actifs la nuit que le jour.

L’escargot des bois, comme son cousin l’escargot des jardins, ont tous deux été introduits au Québec il y a un siècle de cela.  Ils proviennent d’Europe.  Heureusement pour les jardiniers, ces escargots ne mangent pas de feuillages verts.  Ce sont des détritivores.  Ils n’endommagent donc pas les récoltes, ni les fleurs ornementales.

Au tournant du sentier, j’ai aperçu un sujet qui trônait au sommet d’une plante.  Il s’agissait d’un beau réduve.  Ou plus communément appelé « punaise assassine ».  On l’appelle ainsi car de son long rostre, cette punaise perce les carapaces de ses proies pour en aspirer les fluides intérieurs.

Hier, l’individu que nous avons observé était une nymphe de réduve!

Nous avons aussi eu la chance d’apercevoir un beau millipède.  Il y a peu, je ne savais même pas que nous en avions au Québec.  Celui que nous avons vu semblait dormir au creux d’un arbre mort.

 

Bien sûr, les araignées étaient aussi très actives.  De même que les grenouilles des bois.  Bref, une belle soirée!

 

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Le marais revit ! (un peu)

Depuis que le mercure a chuté, les grenouilles étaient disparues de mon écran-radar. Je ne les voyais plus en forêt. Ce qui était drôlement inquiétant quand on connaît l’importance de cette famille d’animaux.

Aujourd’hui, j’étais dans le boisé du Tremblay avec Tommy Montpetit, un expert de ces milieux.  Et lui aussi est très inquiet quant au printemps que l’on connaît cette année.  Les grenouilles se font très discrètes.  Les insectes prennent du temps à occuper l’espace.  Et les oiseaux trouvent encore peu de nourriture.  Je m’en rends compte.  Et lui aussi, bien sûr.

Dans de telles circonstances, on ne croyait pas voir ce qu’on a vu aujourd’hui.  C’est-à-dire un marais qui revit peu à peu.  D’accord, les oiseaux sont encore peu nombreux.  Surtout les insectivores comme les parulines.  Les insectes aussi.  Mais au moins, ça commence à verdir.  Et à fleurir.  Nous sommes d’ailleurs aujourd’hui tombés sur un tapis de claytonies. Hallucinant! Il y en avait à perte de vue! Et nous avons vu aussi des trilles et des érythrones! Et les fougères commencent à sortir vraiment du sol. C’est bon signe!

Mais la découverte la plus encourageante de la journée fut très certainement ces flaques d’eau remplies de…tétards!  Plusieurs (dont nous) s’inquiètent de l’actuelle saison de reproduction des amphibiens dans la grande région de Montréal.  Il fait tellement froid que les chants ont cessé depuis plusieurs jours maintenant.  De voir des tétards, même si ce furent les seuls que nous avons aperçus jusqu’à maintenant cette saison, c’est quand même rassurant.  Faudra attendre de voir pour la suite des choses.  De voir si l’impact de la météo ne sera pas trop dévastateur sur les grenouilles…et la rainette faux-grillon spécialement.  Rainette qui est en voie d’extinction au Québec, je le rappelle.

Parmi les fleurs, des insectes commencent enfin à faire leur apparition.  Bien campé sur un trille, j’ai d’ailleurs vu un impressionnant réduve.  Celui-ci frappe ses proies à l’aide de son rostre (genre de trompe qui lui fait office de bouche).  Il injecte de la sorte dans l’insecte ainsi capturé une genre de salive toxique.  Il consomme ensuite bien tranquillement son repas.

Plus loin, une mouche velue se faisait chauffer au soleil, lui qui peinait vraiment à percer le couvert nuageux.  Alors qu’un peu plus loin des escargots des bois se reproduisaient frénétiquement quoique bien lentement.

L’escargot des bois (Cepeae nemoralis) est une espèce exotique au Québec.  Elle provient d’Europe.  L’espèce a été introduite aux États-Unis en 1857.  Au Québec, elle est présente depuis une douzaine d’années mainteant.  Elle ne cause cependant guère de problèmes ici car elle dévore surtout des plantes mortes.

L’escargot des bois est hermaphrodite.  Mais il a quand même besoin d’un collègue pour donner naissance à une nouvelle génération.

Tout le long de nos pérégrinations en forêt, un beau tyran huppé nous suivait.  Cet oiseau curieux aime les forêts de feuillus relativement clairsemées.  Il les égaie de son chant mélodieux.