Le chant des crapauds

Voilà, c’est parti.  Un mois environ après la rainette faux-grillon, c’est maintenant au tour du crapaud d’Amérique d’entrer en reproduction.

Le crapaud est l’un des amphibiens que l’on voit le plus souvent en forêt.  Mais pour ma part, je ne l’avais jamais vu chanter.  Jamais avant aujourd’hui!

Le chant est un long trille aigu.  Le crapaud produit ce son en gonflant sa gorge.

Les mâles s’installent dans de petites mares pour appeler les femelles.

Contrairement à ce que j’ai observé dans le cas de la rainette, c’est-à-dire que je n’ai vu que très peu de femelles, la situation semble beaucoup plus positive dans le cas de la population de crapauds du boisé Tremblay.  Déjà aujourd’hui les femelles étaient au rendez-vous, auprès des mâles.  Et la ponte est déjà débutée.

Le crapaud pond deux filaments remplis de ses oeufs.  Il les enroule autour de la végétation.  Ou les laisse tomber carrément au fond de la flaque d’eau.

Pendant qu’il se reproduit, le crapaud doit garder l’oeil ouvert.  Car la couleuvre rayée le consomme en grand nombre.  Et ce, malgré les glandes remplies de liquide toxique qu’il a sur le dos.  Cette substance peut même tuer un petit mammifère qui l’ingérerait.

Le ballet des moustiques est lui aussi bien enclenché.  Il y en a maintenant partout dans le marais.  En quantité.

 

Les jours se suivent et se ressemblent

Le mercure est monté aujourd’hui.  Et dans le marais, ça s’est fait sentir.  L’activité a repris de plus belle.  Les mâles sont de retour sur les promontoires afin de chanter et attirer les femelles.  Le problème est que les femelles ne sont toujours pas au rendez-vous.  Les jours commencent à se ressembler.  Et les images que je recueille aussi.

Ça fait maintenant une semaine que je passe dans le marais.  Ce qui veut dire que j’ai investi environ 40 heures à observer ma flaque d’eau.  Et durant tout ce temps, je n’ai vu des femelles rainettes que durant environ une heure.  C’est peu.

Mais j’imagine que ce temps relativement chaud aura un impact positif aussi sur les femelles. Qu’elles se pointeront bientôt dans le marais. Et que je pourrai ainsi emmagasiner beaucoup d’images d’accouplement.

Les rainettes faux-grillon se reproduisent par fécondation externe.  Le mâle s’accroche sur la femelle et lorsqu’elle se met à pondre ses oeufs, il expulse sa semence.  Le mâle peut rester accrocher à la femelle plusieurs heures avant que ça ne se passe. Ce qui veut dire que je devrai m’armer de patience.

Pour le moment, je suis parvenu à filmer des scènes où la femelle se dirige vers le mâle pour mieux le laisser s’accrocher à son dos.  J’ai aussi des images d’oeufs.  Mais je ne suis pas parvenu à filmer la ponte en tant que telle.  Et c’est ça que j’aimerais réussir.  Je ne sais pas si c’est réaliste de penser y parvenir, mais en tout cas j’essaie.  Et le meilleur moyen d’y parvenir, je crois bien, c’est à l’aide de la gopro que je cache par ci et par là, sous l’eau, dans le marais.  Si je suis chanceux, je parviendrai bien à recueillir les images qui me font tant rêver.  Ce qui serait un moment très fort pour le film que je suis en train d’imaginer, bien assis dans mon marais.

En attendant, je garde l’oeil ouvert et je le dirige à la surface. J’espère ainsi filmer un prédateur de la rainette.  Cette espèce d’amphibien finit souvent ses jours dans l’estomac de la couleuvre rayée.  J’en ai vu une la semaine dernière, près de ma flaque.  Mais ne suis pas parvenu à la filmer.  Ce reptile aime bien se réchauffer sur les roches au soleil au petit matin ou le soir venu.  Ça devra faire partie de ma stratégie.

La rainette est aussi dévorée par des oiseaux comme le merle d’Amérique.  Pour l’instant, je n’en ai aperçu aucun près de ma mare. Alors que j’en voyais souvent, à la fin de l’hiver.

merle (1 sur 1)

Mais bon, je vais investir plus d’énergie sur la captation de ces scènes de prédateur quand j’aurai vraiment bien filmé la rainette.

Pour m’encourager à persévérer, un papillon morio est venu me saluer aujourd’hui.

papillon (1 sur 1)

Une journée dans le marais

Hier, c’était une belle journée.  Le printemps s’installe vraiment par chez nous.  Et la rainette faux-grillon de l’Ouest s’est mise à chanter.

Ce sont les mâles qui chantent pour attirer les femelles.  Question de reproduction, bien évidemment !

Mais la saison de la reproduction est courte.  Que quelques semaines.  On doit faire vite si on veut entendre le chant d’amour de la rainette faux-grillon.  Voilà pourquoi j’accours dans le marais ces jours-ci!

La rainette faux-grillon est une espèce grandement menacée au Québec.  Menacée par l’étalement urbain, principalement.  Il ne reste aujourd’hui plus que quelques populations de cette magnifique espèce d’amphibien dans la région de Montréal.

J’ai le goût de raconter son histoire.  De parler de ses grandes misères.  Sur écran. Pour lui donner un coup de pouce.  À ma façon.   Mais filmer la rainette faux-grillon représente tout un défi!  C’est l’animal que j’aurai tenté de filmer qui m’aura posé le plus de problèmes.  Beaucoup plus compliqué que les tournages sous-marins qui ont constitué le corps de mon premier documentaire en tout cas!

Pourquoi c’est si compliqué de filmer la rainette faux-grillon?

Premièrement parce que la rainette est minuscule.  La grosseur d’un raisin je dirais.  La voir est très compliqué.  Il faut qu’elle chante pour nous mettre sur sa piste.  Il faut alors suivre le chant et essayer de repérer la rainette parmi les foins et les quenouilles.  Mais attention!  Le moindre bruit la fait cesser. La moindre brindille qui craque sous notre pied et tout est fini.  Tout ombre projeté sur l’eau aussi.  Et elle ne reprendra son chant que 15-20 minutes plus tard!  Ouille!

Filmer un si petit animal implique d’être très près.  Considérant la prudence maladive de la bête, ça donne une idée du défi.  Au départ, je croyais pouvoir y parvenir avec des lentilles macro.  Mais oubliez ça!  C’est juste impossible de s’approcher suffisamment pour les utiliser.  La rainette faux-grillon exige plutôt le téléobjectif.  Et un puissant!

Hier, en tentant de la filmer, j’ai récolté des photos de plusieurs habitants du marais.  Coccinelles, grenouilles des bois et bernaches faisaient bien sentir leur présence tout autour de moi.

Mais la rainette, elle, demeurait impossible à apercevoir.  Malgré les heures de tentatives!

La journée tirait à sa fin lorsque je parvins enfin à lui voir le bout du nez.  J’ai pu prendre des photos.  Mais les résultats sont plutôt décevants.  Trop petite et trop loin! Je devrai revoir entièrement ma stratégie.

J’ai déjà quelques idées que je vais essayer en fin de semaine.  Je vous tiendrai au courant de mes résultats!