Poser la langue, c’est tout un art!

L’autre jour, quelqu’un me demandait comment je faisais pour prendre en photo les couleuvres rayées alors qu’elles ont la langue sortie.

Comme ces photos, par exemples.  Il s’agit d’une couleuvre que j’ai posée aujourd’hui.

Le plus difficile, on s’en doutera d’emblée, c’est évidemment de trouver ladite couleuvre.  Plus l’été avance, et plus les couleuvres trouvent une végétation dense où se cacher.  Là où elles sont impossibles à apercevoir, ou peu s’en faut.

Mais elles ont quand même un point faible.  Comme ce sont des reptiles, les couleuvres sont des animaux à sang froid.  Ça veut dire qu’elles ont besoin de la chaleur ambiante pour s’animer.  Tôt le matin, après une nuit froide, il est beaucoup plus facile de les repérer, car elles sortiront dans les sentiers pour se réchauffer; ou elles se trouveront un promontoire pour mieux recevoir de là les rayons du soleil.  C’est comme ça qu’on les repère le plus facilement.

Et quand on les repère tôt le matin, autre avantage, elles ne sont pas encore parvenues à réanimer complètement leurs énergies.  On pourra de ce fait les approcher plus facilement.  Car elles seront plus lentes à fuir.

Ça, c’est mon truc pour les repérer et les approcher.

Mais une fois que c’est fait, ça ne veut pas dire que ce sera si facile que ça de poser la langue de la couleuvre.  Pour y parvenir, j’utilise un objectif macro.  Avec une longue focale.  Pour ma part, j’utilise l’objectif macro Tamron 180mm que je monte sur ma Sony A77ii (rapport de magnification de 1.5 dû au capteur APS-C).

De ce fait, je peux avoir un rapport d’agrandissement de 1:1 tout en étant à une assez bonne distance du sujet.  Utiliser un objectif macro plus court en terme de focale provoquera fort probablement la fuite de ladite couleuvre qui sera effrayée par notre proximité.

Et si on utilise un téléobjectif, on a toutes les chances de se retrouver avec toutes sortes de brindilles et de branches qui obstrueront le champs de vision. La photo, du coup, ne sera pas très intéressante. Pour poser, les couleuvres, moi, j’entre carrément dans les buissons et herbes hautes. C’est comme ça que je parviens à éliminer tous les éléments pouvant obstruer mon champs de vision.

Bon.  Maintenant qu’on a notre sujet face à soi, qu’on a le bon matériel pour faire la photo qu’on souhaite, pourquoi est-ce que la couleuvre reste de marbre, devant nous, sans sortir la langue?  Tout simplement parce qu’elle nous a repéré bien avant que nous l’ayons fait nous-mêmes.  Ce qui veut dire qu’elle se fie dès lors à sa force de camouflage pour s’en sortir indemne.  Car elle nous craint malgré tout.  Après tout, comment voulez-vous qu’elle devine qu’on veut juste poser sa langue?! 😉

Mon truc pour faire sortir la langue est bien simple.

Je me place à genoux, en position prêt à prendre une photo…tout juste devant la couleuvre. Je suis peut-être à 30 centimètres de mon sujet. Je fais le focus sur la tête de celui-ci.  Je ferme suffisamment le diaphragme pour avoir les yeux au focus ainsi que la gueule du reptile.  Et je garde mon oeil dans le viseur. Et là, le doigt sur le déclencheur, je remue énergiquement mes pieds dans les herbes environnantes. Étrange comme comportement?  Oui, assurément.  Mais ce bruit qui provient de derrière moi surprend la couleuvre.  Elle se met dès lors à relire son environnement pour comprendre ce qui se passe autour d’elle.  Et pour lire son environnement, elle le fait d’une seule façon.  Hé oui, en tirant la langue.

Voilà, vous savez tout!

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90mm Sony: un super objectif macro!

Ça fait des années que je travaille avec la gamme de caméras Sony.  Les mirrorless (A7S, A7Sii et A6000), et les DSLR aussi (A77ii).  Dans toutes les circonstances, elles réussissent à remplir les mandats que je leur confie.  Et parmi ces mandats, il y a même le sous-marin!  C’est dire si je les pousse aux limites de l’imagerie.

Ces jours-ci, je recommence la macro photographie.  Parce que les insectes et les micro-animaux se font de plus en plus présents sur les sites que je fréquente.

J’ai plusieurs objectifs macro, mais toujours je reviens à l’objectif Sony 90mm macro.  Le piqué qu’offre cet objectif m’éblouit à chaque fois.

La majeure partie des images sous-marines qui se trouvent dans mon documentaire concernant le Saint-Laurent marin ont été tournées avec cet objectif.  Les photos sous-marines que je vends également.

Dans le marais, le 90mm macro est aussi redoutable.  C’est un objectif relativement imposant.  Mais embarqué sur une caméra mirrorless (elles sont plus légères que les DSLR), ça s’équilibre et  il est tout à fait permis de travailler alors à main levée, tout en évitant les flous de bougé.  La bague du focus se manipule très bien et elle est très précise.  Ce qui est important puisqu’en macro, on travaille toujours en focus manuel.

Pour les sujets les plus petits, il m’arrive d’utiliser des bagues d’allongement entre cet objectif et la caméra.  Et la qualité des images demeurent tout à fait acceptable.

L’objectif est lumineux.  À pleine ouverture, il nous offre un f/2.8 qui permet de belles réalisations dites créatives.  Ainsi ouvert l’effet bokeh est intéressant et permet de bien détacher le sujet de son arrière-plan qui apparaît ainsi magnifiquement flouté.

L’objectif est également stabilisé.

Hier, une couleuvre rayée a croisé ma route.  Et j’avais mon objectif 90mm en main.  J’aime beaucoup les photos ainsi obtenues.

(Photos réalisées à main levée, en lumière naturelle.  ISO 500, F4, vitesse 1/1600s)

 

 

Scène de prédation: c’est réglé!

Ça fait deux ans que je cours après ces images!

Pour mon film sur la rainette faux-grillon et son marais, je les voulais absolument.  Elles mes permettront d’illustrer efficacement la dureté de la vie qui se mène dans les milieux humides!

Précisément, je parle ici d’une scène de prédation impliquant un amphibien… en tant que proie.

La rainette faux-grillon est la proie d’une pléthore d’animaux habitant eux aussi dans le marais.  Parmi ceux-là, on retrouve la couleuvre rayée.

Au fil de l’évolution, la couleuvre s’est spécialisée dans la capture des amphibiens. Ceux-là composent une bonne partie de son menu.

Le savoir, c’est une chose.  Le filmer, c’en est une autre.

J’ai emmagasiné beaucoup d’images de couleuvres au fil du temps.  Mais jamais je n’étais parvenu à les filmer en alimentation.  Enfin c’était vrai jusqu’à aujourd’hui!

Cet après-midi, alors que je filmais une toute petite couleuvre, celle-ci s’est mise à déplacer frénétiquement sa tête de gauche à droite.  Ce qui est bien souvent un signe qu’elle est en chasse.  Et tout-à-coup, elle ne fit ni une ni deux et se saisit à la vitesse de l’éclair d’une petite grenouille qui était dissimulée dans les herbes, tout juste à côté de nous.  Personnellement, je n’avais même pas aperçu la grenouille en question.  C’est dire si la vision de la couleuvre est aiguisée!

La couleuvre a saisi la grenouille par la gorge.  La grenouille s’est mise à crier.  C’était très violent.  Puis la couleuvre l’a placée de façon à l’avaler la tête la première.  J’étais persuadé que l’opération était vouée à l’échec tellement la grenouille me semblait grosse pour la gueule de cette minuscule couleuvre.

Mais j’avais tort.

En moins d’une minute, la grenouille fut complètement engloutie.

Une fois la scène terminée, je regardai prestement la scène que j’avais filmée.  Et c’était super!  Ça va tellement être une séquence importante du film sur lequel je travaille!

Bon sang que je suis content!

Les insectes prennent la place

La chaleur a eu un effet instantané dans le marais.  Les oiseaux sont maintenant très actifs.  Les grenouilles et les couleuvres sont de retour.  Et les insectes commencent à occuper la place. Toute la place!

Et c’est heureux qu’il en aille ainsi.  Car les insectes sont super importants.  Ils sont à la base de la chaîne alimentaire.  Sans eux, il n’y aurait pas grand chose dans nos forêts. Dans nos marais encore moins.

De voir les grenouilles et les couleuvres de retour est un très bon signe.  Aujourd’hui, les grenouilles des bois et les grenouilles léopards étaient facilement apercevables près des mares.  Elles ne semblent pas trop avoir souffert du froid des dernières semaines. Les tétards qu’elles ont mis au monde non plus.  J’en ai vus des légions aujourd’hui.

Ces amphibiens qui s’animent est bien sûr un signal pour la couleuvre rayée.  Au cours de l’année, celle-ci prendre quatre ou cinq repas.  Souvent constitués d’amphibiens.  Après un rude hiver, j’imagine qu’elles ont maintenant l’estomac dans les talons.  Ok, ok, voilà une drôle d’expression à employer quand on parle d’un animal sans patte !  Peu importe, elles doivent quand même pourchasser les grenouilles.  J’aimerais bien filmer la prédation d’une couleuvre sur une grenouille.  Ça serait spectaculairement instructif!

Aujourd’hui, je me suis fait rappeler à l’ordre par une couleuvre en tentant de me mordre.  Elle m’avait pourtant envoyé plusieurs signes comme quoi j’étais trop près d’elle  Je n’ai pas écouté, trop concentré que j’étais à récolter des images. Et quand elle a tenté de mordre mon doigt, elle a plutôt mordu ma lentille.  La dernière fois qu’un animal m’avait envoyé le même message, c’était un gros homard dans le Saint-Laurent.  Il avait frappé ma caméra de sa grosse pince pour me signifier qu’il était temps de reculer.

Dans les prochains jours, je me promets de retourner au marais beaucoup plus tôt.  J’y étais aujourd’hui à 9h.  La lumière était déjà dure.  Ce qui permet difficilement de faire de belles images.  Demain, je tenterai de me lever aux aurores.  Ce qui n’est pas gagné pour un lève-pas-si-tôt que je suis!

La chaleur ravive le marais

Enfin une journée à la température agréable.  Et cela a instantanément fait sentir son effet positif sur la faune du marais!

Je n’avais que peu de temps aujourd’hui à consacrer à la collecte d’images.  Que quelques heures en après-midi.  Et j’ai bien fait d’y aller car j’ai pu produire des photos bien intéressantes.  Enfin, je trouve…

Au cours des derniers jours, on se demandait bien comment les parulines feraient pour s’alimenter quand elles arriveraient enfin chez nous.  Car les insectes, sous le coup du froid, demeuraient jusqu’ici bien tapis dans leurs cachettes.  Et c’est justement ceux-là que mangent les parulines.

Mais plus souvent qu’autrement, dans la nature, les événements s’orchestrent bien.  Ce qui fait qu’aujourd’hui, les insectes étaient présents.  Pas en grand nombre encore, mais suffisamment pour qu’on en voit tout autour de soi.  Et les parulines à croupion jaune ont, comme par magie, fait leur apparition en grand nombre.  J’étais littéralement encerclé par ces oiseaux magnifiques qui voletaient d’une branche à l’autre afin de capturer un moustique ou un autre insecte.

À l’étang, les bernaches ont quant à elles été rejointes par des canards autres que les colverts qui sont là depuis déjà plusieurs semaines.  Aujourd’hui, j’ai pu voir un souchet, un couple de canards d’Amérique et un chipeau.

Même les couleuvres rayées étaient au rendez-vous.  Je craignais bien que le froid des dernières semaines aurait eu un impact dévastateur sur ces populations de reptiles.  Mais à voir le grand nombre de couleuvres qui rampaient un peu partout autour de moi aujourd’hui, il faut croire que non.  Heureusement!

Une journée difficile

Le printemps est froid.  Et pluvieux.  Et sur le terrain, ça commence à se faire sentir.  Les insectes bougent peu.  Ou ne sont pas encore sortis.  La reproduction des amphibiens tourne au ralenti.  Et les oiseaux sont très souvent aux abris.  Enfin, c’était comme ça dans mon coin, ce matin.

Ça faisait quelques heures que j’étais dans mon abri.  Et je commençais à craindre de revenir bredouille à la maison. Je n’étais parvenu qu’à photographier un troglodyte.  Et de loin!

troglodyte (1 sur 1)

J’ai donc abandonné l’idée de photographier le castor ou un rat musqué dans l’étang devant moi et suis sorti de ma cache.  Pour faire un peu de macro aux alentours.

Et le bonheur m’a souri.

J’ai enfin pu photographier une couleuvre rayée, la langue sortie!

Dans les films, on donne l’impression que les serpents tirent constamment la langue.  Dans la réalité, il en va autrement.  En tout cas, lorsqu’il est question de la couleuvre rayée.  Celle-ci ne sort vraiment pas souvent sa langue. Elle le fait pour prendre connaissance de son environnement.  Ce matin, la langue de la couleuvre a fini par sortir après que j’eus bougé.  La couleuvre a utilisé sa langue afin d’identifier l’intrus.  C’est-à-dire moi.

Tout juste à côté de la couleuvre, une minuscule fourmi faisait des acrobaties au bout d’une nouvelle pousse d’un vert tendre.  Une mouche butinait alors qu’une autre se posait sur mon sac.

Lorsque je me suis redressé pour mieux examiner les alentours, j’ai repéré une tique à pattes noires sur ma main.  Ladite espèce de tique qui peut potentiellement transmettre la maladie de lyme!

Je me suis alors dit que c’était assez pour la journée.  Qu’il était temps de rentrer.