Toujours bien regarder à ses pieds

Alors que je déambulais sur la plage, près de l’île-aux-oeufs, toujours dans le but de mieux réfléchir à mon prochain film, je vis quelque chose courir rapidement sur le sable blond de la Côte-Nord, tout juste à mes pieds.  C’était un tout petit oiseau.  Gris-blanc il était.  Avec du brun aussi.  Et gros comme une petite pomme.

Il s’agissait d’un bécasseau minuscule!  Le plus petit des bécasseaux indigènes d’Amérique du Nord.

Si petit il est cet oiseau que si on marche sur la plage sans faire attention, on peut passer à côté de lui sans même l’apercevoir.  Tellement peu farouche qu’on peut pratiquement marcher dessus si on n’y prend garde.

C’est pour des oiseaux de ce genre-là que les foutus quatre-roues sont interdits de circulation sur les plages.  Parce qu’il y a tout une faune qui habite sur les plages.  Et de gros véhicules qui passent à toute allure pour aucune autre raison que d’aller vite d’un endroit à l’autre la perturbe grandement.

Le bécasseau minuscule est un oiseau qui mange de petits insectes, des larves et de petits crustacés.

 

L’insouciance des premiers instants

L’été, quand on vit dans une roulotte sur un camping qui se trouve au bout du monde (comme c’est mon cas), ça implique d’aller souvent chez mamie et papie pour avoir une vraie connexion internet (parce qu’il n’y en a pas sur le camping). Pour régler un dossier ou un autre.

Et quand on part très souvent en mer ou du côté des buissons (comme c’est aussi mon cas), ça implique encore plus la participation de papie et mamie qui doivent de ce fait garder fiston.

Aussi bien dire que je suis très souvent chez papie et mamie durant l’été.

J’y étais donc aujourd’hui, encore une fois.  Avec fiston bien évidemment.

Pendant que fiston jouait avec mamie ou papie, moi je pitonnais sur mon ordinateur. Jusqu’à ce que j’aie trois instants pour aller dehors.  Voir le soleil timide qui perçait de ses rayons les arbres du derrière de la maison.

Dans le gazon, une petite tache sombre.  Qui remue.  Bien discrètement.  Il s’agissait d’un oisillon.  De l’espèce merle américain.  Tellement jeune que l’oisillon n’avait pas encore vraiment appris la notion de danger.  J’ai pu m’approcher pour prendre ma photo sans le déranger.  En fait, il m’a vu arriver.  Il a ouvert un oeil.  Question d’identifier l’intrus.  Pour mieux le refermer aussitôt.  C’est que la sieste est bonne entre les repas que lui apporte maman. Et ce grand dada avec sa caméra, est-ce vraiment si dangereux que ça?  Il ne le croit pas.

Heureusement pour la famille de merles, les chats n’ont pas accès à la cour de papie et mamie.

L’insouciance, en pareil cas, ne sera pas lourde de conséquences.

C’est moi qui en étais bien heureux.

Avant de retrouver mon clavier sur lequel je devais pitonner.

Quand on est en repérage pour les ours…

…on apporte sa caméra et on profite des sujets qui pointent le bout de leur nez pour les coucher sur la « pellicule » numérique.

Grosso modo, je cherche un site pas trop loin du camping où j’habite durant l’été, un site qui doit être fréquenté par l’ours noir.  Animal que j’aimerais bien photographier.  De près.  Comme de raison.

J’ai jadis chassé l’ours. Après tout, je suis formé à la trappe.  Et à la chasse.  Mais je me rappelle des sentiments négatifs qui m’habitèrent lorsque je tuai un ours il y a belle lurette de cela maintenant.  Je n’ai vraiment pas aimé l’expérience.  Et je n’ai jamais récidivé après coup.  Les râlements de la bête qui meure me hantèrent des mois durant.  C’était horrible.

Le site que j’ai retenu pour prendre des ours en photo me semble prometteur.  Si j’y réussis de belles photos, ça devrait me faire oublier les cris d’agonie du passé.  Que je me dis.

Aujourd’hui, là-bas, alors que je scrutais les environs dans l’espoir de découvrir la trace du passage d’un ours, il y avait bien des sujets intéressants qui croisaient ma route.  Dont une grenouille des bois qui m’a presque sauté sur les pieds.

Je dois admettre que les amphibiens font partie des animaux que je préfère pour la photographie.  Leurs gros yeux globuleux remplis de détails sont toujours agréables à regarder sur une photo.  Et les voir de près me réconforte.  Ce sont de bons baromètres concernant l’état de la nature.  Ils vivent dans des habitats relativement préservés.  Quand il y en a sur un site, c’est toujours une bonne nouvelle.

Pendant que j’essayais de trouver le meilleur angle pour poser ma grenouille, un moucherolle sautait de branche en branche.  Curieux il était.  Il tentait de comprendre ce que j’étais…ce que je faisais avec le drôle d’appareil noir que j’avais en main et qui était ma caméra.

Au sol, les insectes pullulaient.  Les cercopes particulièrement.  Ils se dissimulaient sous les branches.  Alors que le merle les observait.  Et que les charançons et les papillons croisaient leur route.

Demain, on change complètement de terrain d’observation.

Je pars sous les flots du Saint-Laurent.  À la recherche de sujets sous-marins qui sauront vous émerveiller.

Photos prises dans le froid

Aujourd’hui, il a neigé sur l’étang.  À la mi-mai, de la neige sur la région de Montréal, c’est quand même étonnant.

Autour de l’étang, il faisait 4 degrés.  Malgré ce froid de canard, les fleurs commencent à éclore.

fleur gouttes (1 sur 1)

Caméra sous le bras, j’allais aujourd’hui vérifier les traces d’activité du rat musqué que j’essaie de coucher sur la carte de ma caméra depuis quelques jours maintenant. J’ai repéré les sentiers qu’il emprunte afin de sortir et entrer de l’étang.  Je me positionne par conséquent dans cette zone, la caméra pointée vers où je crois qu’il arrivera.  Mais avec le froid d’aujourd’hui, je m’attendais bien à ce que mon sujet préfère demeurer bien à l’abri.  Et comme de fait, c’est ce qui s’est produit.  Je n’ai pas vu le bout du museau de mon sujet.

Alors que je regardais du côté du sentier du rat musqué, ce sont des branches craquant derrière ma cache qui ont attiré mon attention.  J’ai ouvert le panneau arrière et j’ai alors aperçu un cerf de Virginie qui s’en venait droit sur moi.  J’ai pu passer mon téléobjectif dans la trappe pour capturer le portrait dudit cerf.

chevreuil2 (1 sur 1)

À travers les broussailles, je n’ai pu capturer qu’une partie du cerf.  Mais je trouvais bien drôle de le voir tirer la langue!

Comme c’est souvent le cas, c’est lorsqu’on vise un animal X qu’on trouve l’animal Y.  C’est ce qui s’est produit aujourd’hui alors que je cherchais le rat musqué dans son étang et que j’ai finalement trouvé un autre rongeur:  la marmotte.  Dès que j’ai fait un pas en sa direction, elle a filé dans son terrier.  Mais je me promets bien de retourner sur les lieux afin d’obtenir une image de la marmotte pendant qu’elle exécutera une action ou une autre.

marmotte (1 sur 1)

Malgré le froid, les oiseaux étaient quand même animés tout autour de moi.  Il faut dire que les bourgeons de saule et de bouleaux sont sortis et que ça leur procure une nourriture intéressante.  À condition qu’ils se rendent dans ledit arbre pour la prélever!

Des oiseaux sous la pluie

J’ai hésité longtemps, hier, avant d’aller observer les animaux autour de mon étang.  Les conditions météorologiques n’annonçaient rien de bon.

Une fois le travail de bureau terminé, j’ai quand même décidé d’aller au front.  Et de la pluie, j’en ai reçu des torrents.  Mais bien caché sous mon abris en toile, je pouvais poser tout en protégeant mon matériel.

Le bouleau tout juste à côté d’où je me trouvais commençait à produire des graines. Il n’en fallait pas plus pour que mésanges, chardonnerets et roitelets à couronne rubis accourent.  Un pic s’arrêta quand à lui dans l’arbre mort face au bouleau.  Alors qu’un bruant chanteur prit position sur une branche pour mieux appeler ses congénères.

La journée tirait à sa fin.  J’étais transi.  Et bien humide.  Je décidai de remballer mon stock quand une grenouille léopard vint voir de plus près ce qu’était cette espèce de tente nouveau genre.  Ma lentille macro se trouvait dans ma poche.  En deux temps trois mouvements, elle se retrouva sur ma caméra.  Et le portrait de la grenouille léopard, quant à lui, sur la carte de ma caméra!

Après cette séance-photo en dehors de mon abri, j’étais cette fois bien frigorifié.  Je commençai donc à démonter mon trépied.  Quand j’aperçus une ombre marcher d’un pas décidé entre les tiges des quenouilles.  Je réinstallai mon téléobjectif et me mis à scruter les minces espaces libres entre les tiges devant moi.  Je vis alors un oeil.  C’était l’oeil du très furtif râle de Virginie!

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La photo n’est pas terrible.  Mais bon, comme c’est un oiseau assez difficile à observer, je me permets de vous la partager quand même!