Restaurer un milieu humide: tout un défi!

Les bonnes nouvelles se font assez rares en environnement par les temps qui courent.  Plus souvent qu’autrement, à cette époque-ci, on entend parler du déclin des espèces, de pollution, de bouleversements climatiques et que sais-je encore.  Mais rarement de solutions mises en branle.  Tout, quoi, pour démoraliser le plus endurci des écologistes.

Heureusement, il y a parfois une histoire qui vient à nos oreilles et qui nous permet de croire encore en une amélioration des choses.  C’est le cas de la belle initiative pilotée par la Fiducie de conservation des écosystèmes de Lanaudière.  Une Fiducie qui ne reste pas les bras croisés, mais qui agit pour vrai, qui prend vraiment soin de la nature.

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En 2015, un boisé de Lanaudière leur a été concédé.  Jadis, il y avait eu là exploitation de la tourbe.  Aussi bien dire que le boisé, à cause de cette activité industrielle du passé, était dans un état peu propice à l’établissement d’une biodiversité digne de ce nom.  Comme si ce n’était suffisant, le phragmite australis, un roseau provenant d’Asie et qui est au Québec une espèce envahissante extrêmement agressive, avait pris possession des lieux.  Le boisé – baptisé des terres noires à cause de son passé lié à la tourbe- était dans un piteux état.  C’est le moins que l’on puisse dire.

Mais le groupe de la Fiducie de conservation des écosystèmes de Lanaudière n’a pas eu peur de la tâche se dressant devant lui, et depuis quelques mois travaille à la réalisation d’un projet de restauration de ce milieu naturel.

Ces jours-ci, le travail de terrain s’est enclenché et les pelles mécaniques ont de ce fait commencé le retrait vigoureux du phragmite, et ce, en construisant entre autres des mares et des remblais destinés à éliminer cette espèce envahissante des lieux.

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J’ai eu la chance, il y a quelques jours, d’aller sur le terrain en compagnie de responsables du projet. Ils m’ont présenté en détails les travaux effectués dans ce boisé et m’ont parlé de la calamité que représente le phragmite.

Leur plan de restauration ne se fera pas du jour au lendemain; bien sûr.  Des chercheurs participent au projet et testent les meilleures méthodes pour éradiquer le phragmite.  Ce qui représente tout un défi. Beaucoup plus imposant que je ne l’aurais cru de prime abord. Cette mission implique des investissements humains et monétaires considérables.  Et aux dires de Yannick Bilodeau, biologiste impliqué dans le projet et la Fiducie, la restauration devrait rendre tous ses fruits d’ici quelques décennies seulement.

Un tel délai m’a amené à réfléchir au drame qui consiste à détruire les milieux humides.  Dans la région de Montréal, ils ont déjà été détruits à 85%.  Ces écosystèmes riches ne peuvent être restaurés en deux temps trois mouvements.  C’est très long avant que la vie ne se redresse complètement dans un tel milieu qu’on a écrasé pour une raison x ou y.  Il faut y penser à deux fois avant d’y installer une tourbière, une route ou un bloc de condos…

Lorsque j’étais sur le terrain avec les gens de la Fiducie, j’ai évidemment sorti ma caméra.  Et je vous ai rapporté une vidéo présentant ce très beau projet.  Bon visionnement!  Et n’hésitez pas à partager cette histoire autour de vous!  Remonter le moral des gens, c’est important!

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Le colibri: un oiseau teigneux

J’ai passé les derniers jours dans ma petite maison dans le fin fond des bois.  Devant celle-ci, j’ai des fleurs qui poussent comme, et où elles le veulent bien.  Ça semble faire l’affaire du colibri à gorge rubis.

Deux mâles ont pris possession de ma talle de fleurs.  Mais les deux mâles ne se tolèrent pas entre eux.  De leurs yeux bagarreurs, ils se cherchent constamment.  Pour mieux s’affronter.

Deux oiseaux minuscules ont donc passé leur temps à se chercher des poux, à se pousser, à chercher à prendre possession de la fleur de l’autre.

Tout ça donna naissance à un ballet minuscule qui se déploie au son des vrombissements.

Le colibri peut battre des ailes jusqu’à 80 fois par seconde.  Ça produit un son étrangement fort.  Qui nous permet de repérer l’oiseau plus facilement.  Car petit comme il est, s’il ne faisait pas de bruit, ça serait bien difficile de l’apercevoir.

Tiens, ça me rappelle la rainette faux-grillon qui, si elle ne chantait pas au printemps, demeurerait invisible tout l’an durant.

J’ai vraiment eu le tyran!

Aujourd’hui, journée chaude.  Gros soleil plombant. Les animaux s’animent.  Et le photographe fond de toute cette chaleur.  Car il n’enlève pas son p’tit manteau de plastique…noir [en plus].  Malgré le fort soleil dont je parlais justement tantôt.  Alors pourquoi ne pas l’enlever?  Par peur des tiques à pattes noires voyons!

Malgré les frayeurs du petit photographe peureux, n’en demeure pas moins que les oiseaux s’activent [enfin] et virevoltent dans tous les coins.  Ils ont du temps à rattraper, faut dire.  Les nids doivent se construire au plus vite.  Et les oeufs être pondus au plus sacrant. Pour que les oisillons soient fins prêts pour affronter l’hiver qui ne nous oubliera pas.  Ou pour voler jusqu’où l’hiver ne se rendra pas.  Avec le temps qui se réchauffe constamment, c’est peut-être plus si loin que ça finalement.

Près de mon étang, un couple de tyrans tritri s’est installé.  Un oiseau que je ne croise pas sur la Côte-Nord, là où je pense toujours vivre malgré mon enracinement à Montréal.  Peut-être parce que je ne regarde pas bien parmi les épinettes rabougries. Car la carte de répartition du tyran dit qu’il occupe bien ce territoire.

Le tyran tritri, c’est un oiseau qui aime se percher bien haut afin de surveiller le vol des insectes qui passent par là. Insectes dont il se nourrit. Évidemment. C’est bien l’fun pour l’oiseau. J’veux dire d’avoir une aussi bonne position. Mais pour le photographe, cette position, c’est pas terrible.  En contre-plongée, il est bien difficile de témoigner de la beauté de l’oiseau.

Mais aujourd’hui, le tyran m’a fait plaisir.  Il s’est perché bas.  À hauteur de yeux.  Faut dire qu’il était très tôt quand c’est arrivé.  6h30 du matin, heure du marais. À cette heure, les insectes n’étaient peut-être pas assez nombreux en vol à son goût. Ou le tyran n’avait peut-être pas envie de déjeuner. Peu importe. En ce qui me concerne, c’était une situation parfaite. Et j’ai enfin pu prendre une photo du tyran qui me plaît!

Faut dire que j’aime de plus en plus cet oiseau.  D’accord, il n’est que gris-foncé et blanc.  Son chant intéressant, mais pas tellement mélodieux.  On peut faire mieux.  Mais il a de la gueule ce foutu tyran.  Et le nom!  Quel nom! Tout pour attirer l’attention!

Gris et blanc.  Le tyran.  C’est ça que je vous disais.  Mais c’est quand même pas brun tout ça.  Quand j’y pense, ça me rappelle un souvenir de jeunesse, alors que je grandissais, là-bas sur la Côte-Nord, et que j’entendais les gens autour de moi dire que les animaux qu’on avait au Québec étaient ternes.  Que nos poissons étaient rien de moins qu’invisibles dans notre fleuve noir.  Et nos oiseaux: tous bruns.  Voilà ce qu’on disait dans le temps.  Et qu’on dit encore, sûrement. Or, c’est bien le contraire!

Dans mes explorations du Saint-Laurent, masque sur le bout du nez, j’ai rencontré une vie ultra colorée. Qui n’a rien à envier aux mers du sud que j’ai visitées. Et les oiseaux d’ici sont plus souvent qu’autrement flamboyants.  Tout le contraire de ce que mes gens disaient à mon époque de plus en plus lointaine.  Je vous l’disais!

Cette conception erronée de nos animaux démontre bien une chose.  Nos gens d’ici connaissent bien mal les habitants de ce territoire.  Ils se connaissent tout d’abord mal eux-mêmes.  Faut bien le dire.  Tout comme ceux qui les entourent. Encore plus s’ils ont des plumes et [beaucoup] de poils.

Partant de là, ça va bien mal pour protéger ce territoire qui est si grand… et le libérer !

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Mes images du jour, récoltées quelque part près de vos maisons de banlieue:

Le printemps froid fait des victimes

Au risque même de peut-être radoter, je vous entretiens régulièrement dans mon blogue du printemps froid que nous connaissons cette année au Québec et des répercussions que cela peut avoir.  Je vous en parle surtout en lien avec les amphibiens.  Puisque mon projet de film porte sur eux.

Mais le printemps a aussi des impacts sur bien d’autres espèces animales.  Ce matin, en me rendant au marais, j’ai aperçu une bernache qui couvait encore.  Ça fait pas mal longtemps qu’elle couve je trouve.  Serait-ce que les oeufs sont morts?  Et qu’elle se refuse de les abandonner.  On aura la réponse bientôt.

bernache au nid (1 sur 1)

Pendant que je regardais la bernache couver, mon regard a été attiré par une drôle de tache claire tout près d’elle. Je me suis approché, et la tache s’est révélée être la carcasse d’une tortue serpentine.  Et une grosse!

La carcasse était intacte.  Elle n’avait pas été attaquée par quoi que ce soit.  La mort était très récente.  La tortue était maigre.  Tout porte à croire qu’elle serait morte de froid;  ou de faim; ou les deux à la fois.

La tortue-serpentine est le plus gros reptile du Québec.  Elle se reproduit au printemps ou à l’automne.  Plus rarement au cours de l’été.  Son bec est très puissant.  Elle se nourrit d’insectes, d’amphibiens, de crustacés et de petits poissons.  Ses populations sont en déclin au Québec.

Il est par conséquent très triste de voir un individu ainsi succomber au printemps.  Et tout ça se passe dans nos cours.  À quelques pas seulement de nos maisons.

Quand je vous dis que le printemps n’est pas facile pour les animaux, en voici une bonne preuve.

Autour de la tortue morte, il y avait quand même des choses plus joyeuses à poser.  J’en ai profiter.