C’est la saison des amours dans le marais

Pour la rainette faux-grillon, le printemps marque le début de la saison de reproduction. Les mâles s’installent dans des flaques d’eau et chantent sans relâche. Ils espèrent l’arrivée rapide des femelles.

Pour cette espèce en voie d’extinction, la vie est une course contre la montre. Les rainettes doivent pondre rapidement pour que la nouvelle génération ait le temps nécessaire pour se développer complètement et qu’elle soit ainsi prête à geler sous la neige, l’hiver suivant.

La rainette faux-grillon est la plus petite grenouille du Québec.  Elle mesure entre 2 et 3 cm.  Il ne reste plus qu’une dizaine de populations de cet amphibien chez nous.  Autrefois espèce très nombreuse, elle a été décimée par l’étalement urbain et la pollution.  Aujourd’hui, elle doit en plus faire face aux bouleversements climatiques.

Chaque printemps, je retourne à sa rencontre.  Un animal si fragile et en même temps si résilient ne peut faire autrement que de stimuler chez moi un fort sentiment d’admiration.

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En attendant d’être au Nord

Bientôt, ils ne seront plus parmi nous. Au Nord du Nord, ils seront; là où j’irai les rejoindre un jour!  Pour les photographier ailleurs que près des hommes du Sud.

Hier, j’ai croisé la route de deux magnifiques harfangs des neiges.  Probablement deux individus qui ont passé l’hiver au Sud de notre frontière.  Bientôt, ils iront nicher et se nourrir dans la toundra.  En attendant, ils sont dans les champs du bas Québec, entourés d’oies des neiges.

Le castor, un précieux allié

Les gens le dénoncent souvent car il endommage parfois les infrastructures humaines en construisant ses barrages.  L’eau ainsi retenue finit par déborder et inonder le pays des hommes.  Et pourtant !  En nature, le castor est très important.

Les étangs « artificiels » qu’il crée en construisant des barrages de branches, de troncs, de boue et parfois même de pierres lui permettent d’accéder plus facilement aux arbres environnants.

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C’est que sur terre, le castor est plutôt balourd.  Il devient dès lors une proie assez facile pour ses principaux prédateurs que sont le loup, le coyote, l’ours, le lynx, le pékan et parfois même la loutre.

En faisant monter le niveau de l’eau, le castor s’assure aussi de conserver l’entrée de sa hutte sous la surface.  Il s’agit là d’une mesure de protection supplémentaire.

Le castor inspecte régulièrement son barrage.  Il colmate les brèches dès qu’il les aperçoit.  On croit aussi que le son de l’eau qui coule trop fort lui indique que le barrage ne fait plus son travail comme il faut.  Cela l’attire rapidement dans le secteur.

Le castor est un animal qui préfère le crépuscule ou la nuit pour se livrer à ses activités.  Il est très rare de le voir sur la berge en pleine journée.  Il se nourrit principalement d’écorce et de feuilles.  Il mange aussi les racines de certaines plantes aquatiques.

C’est un animal assez volumineux.  Il peut peser de 11 à 35 kilogrammes.  On dit même que certains individus pourraient atteindre 45 kg.  Mais en nature, cela serait assez étonnant car il ne vit là que 10 ans, alors qu’il peut atteindre les 20 ans en captivité.

Une seule portée est produite par année (1 à 8 petits).  L’accouplement a lieu en janvier ou février.  La mise bas a lieu quelque 100 jours plus tard.  Les jeunes quittent le noyau familial vers l’âge de deux ans.

Les étangs qu’il crée constituent des habitats de choix pour une pléthore d’autres espèces.  Les prédateurs les fréquentent.  Les rats musqués les apprécient.  De même que les canards.  On y aperçoit régulièrement le vison.

Pour une vidéo de ma dernière rencontre avec l’ingénieur de la forêt boréale, c’est par ici:

Tomber sur une chouette rayée

Il m’arrive à l’occasion de croiser la route de la chouette rayée lorsque je me promène en forêt.  Les rencontres sont toujours brèves.  L’oiseau nocturne préférant se déplacer plus loin dans les bois plutôt que de m’accorder une séance photo.

Mais la semaine dernière, j’ai rencontré une chouette qui a été un peu plus coopérative que les autres.  Elle m’a laissé une grosse minute pour prendre des photos.  Elle était assez loin, mais j’aime bien obtenir des images des animaux dans leur environnement.  Ça fait changement des gros-plans (que j’aime aussi par ailleurs).

La chouette rayée est un gros strigidé.  Le mâle et la femelle sont identiques, quoique la femelle est généralement un peu plus grosse. Ils forment des couples monogames qui restent unis pour la vie. Ils occupent le même territoire à l’année longue.  Mais l’hiver, il arrive qu’ils l’agrandissent quand la nourriture se fait plus rare.  C’est probablement pour cela qu’on les aperçoit plus facilement en froide saison.  Cela, et aussi le fait qu’il n’y a plus de feuilles dans les arbres 😉

Cette chouette préfère les forêts mixtes aux forêts d’épinettes.

La chouette rayée a les yeux d’un noir d’encre.  Ce qui lui donne un regard assez inquiétant.  Elle est bruyante.  On l’entend même en plein jour, parfois.  On peut en entendre dans cette vidéo.  https://www.youtube.com/watch?v=403ItFKRtqc

À noter que c’est une très mauvaise idée d’utiliser des lampes et des flashs avec ces oiseaux la nuit…À ne pas faire!

La chouette rayée est avant tout un prédateur de petits rongeurs (souris, campagnols, musaraignes).  Elle peut aussi manger des reptiles, des oiseaux et des insectes.  Elle s’attaque rarement à des mammifères de la taille des lièvres et des lapins.

La chouette peut pondre jusqu’à trois fois par an.  Mais plus souvent qu’autrement, une seule fois.  Elle pond généralement deux oeufs.  Ces derniers peuvent être victimes des ratons-laveurs et des belettes.  Les adultes sont pour leur part parfois tués par le grand-duc ou les busards.

Une occasion à ne pas manquer…

Dimanche matin. Il neige. On se repose à la maison avec fiston en écoutant une série pour enfants impliquant des loups-garous.

Tout à coup, quelque chose bouge à la périphérie de mon champ de vision…C’est une araignée qui se place à l’affût dans l’orchidée qui se trouve dans le salon. Je ne fais ni une ni deux et j’abandonne la série pour ma caméra.

Une araignée docile qui permet de se refaire la main en macro en prévision du printemps qui arrivera bien un jour, on peut pas manquer l’occasion! Surtout qu’une occasion comme celle-là permet de tester quelques trucs en super macro.

La super macro avec les araignées, c’est toujours difficile. Avec 8 yeux, et une profondeur de champ de l’ordre du demi-millimètre, c’est compliqué sans bon sang de mettre le focus sur les bons yeux. Surtout à main levée comme je l’ai fait ce matin. En fait, dans un monde idéal, il faudrait travailler avec un rail macro et du stacking. Le stacking, c’est une technique qui consiste à prendre plusieurs photos en macro (en déplaçant un peu la zone de focus à chaque fois), ou en super macro, et de les empiler ensuite sur photoshop. Ça donne ainsi une zone de focus beaucoup plus intéressante.

Le cri du renard

Un jour de la semaine dernière, après mon boulot d’écriture, j’ai eu le goût d’aller voir ce qui arrivait de bon avec mes renards.

Arrivé sur place, je m’installe et l’attente commence. Interminable. Rien ne se passe. Je décide par conséquent d’aller dans un autre secteur où je sais qu’un renard est installé.

En m’y rendant, je tombe directement sur le renard qui se nourrit au champ. Je me penche et m’installe, sans avoir bien sûr l’opportunité de bien me cacher. Je constate qu’il a déjà une proie. Ça tombe bien, ça monopolise entièrement son attention. Et il ne me remarque pas.

Une fois le repas terminé, il se tourne en ma direction. Et il aperçoit la grosse masse que je suis et qui n’a pas eu le temps de se cacher.

Bien sûr, le renard comprend que ce n’est pas normal. Il détalle en direction de la forêt. Arrivé à la lisière, il s’arrête net, se sentant suffisamment en sécurité en pareille position pour examiner plus attentivement la grosse masse blanche que je suis.

Et quelle fut ma surprise quand il s’est mis à japper (glapir) en ma direction! Quel moment!

Pour écouter le fameux cri du renard:

 

Le contact est établi!

Depuis une semaine, je fréquente un secteur où j’aperçois fréquemment des renards.  Les premiers jours, je n’en voyais jamais plus d’un en même temps.  J’étais tout de même sous l’impression qu’il y avait là plus d’un renards.

J’en ai eu la confirmation hier alors que j’ai aperçu non pas deux, mais trois renards en même temps.  Une famille est établie dans le secteur, ce qui me permet de réaliser des photos intéressantes de ce canidé extraordinaire!

renard trio

Parce que je vais régulièrement sur ce site, et que je m’installe pas mal aux mêmes endroits pour les affûts, le contact est en train de s’établir entre ces renards et moi.  Hier, quand je suis arrivé sur place, des crottes de renard se trouvaient à l’endroit où je fais souvent des affûts.  C’est un signe qui ne ment pas. Les renards m’ont de la sorte signifié qu’ils comprennent mon manège et que ça les dérange de moins en moins.  Ils commencent à m’accepter dans leur environnement! D’où la plus grande proximité que je suis en train d’avoir avec eux pour réaliser mes photos.

Ce nouveau contexte me permet d’assister à des comportements aussi.  Je vois les renards jouer et chasser devant moi.  Ils sautent dans les airs pour mieux se projeter à travers la couche de neige.  C’est comme ça qu’ils attrapent les campagnols qui circulent sous la neige.

Mais ils dorment aussi devant moi!

Ces moments que je passe avec les renards sont privilégiés.  Ils m’apaisent et me redonnent un peu d’espoir pour la suite du monde.  J’y retourne dans quelques jours.  De nouvelles images suivront!

* Pour réaliser mes photos, j’utilise un boîtier Sony A77ii.  Je monte dessus le téléobjectif Tamron 150-600mm.  Je ne vais jamais au-delà de 500mm, car la qualité des images réalisées se dégrade par la suite.

Renards à l’affût

La semaine dernière, j’ai exploré un secteur qui me semblait prometteur pour les photos de renards.  Le champ, car c’est d’un champ dont il est question, était tout juste à côté d’une petite forêt urbaine que fréquentent assidûment les renards.  Je pouvais difficilement me tromper!

Le champ, lui, attire particulièrement les renards pour les rongeurs qui y circulent et qu’il consomment goulûment.  Des pistes abondantes prouvaient que les renards apprécient ce champ.

Le premier jour, je me suis installé à l’ouest du champ.  J’avais choisi ce côté pour avoir le vent de face.  Et la lumière du jour dans le dos.

Les pistes me laissaient croire que les renards utilisaient les rigoles cerclées d’arbustes pour circuler d’un endroit à un autre.  J’avais une bonne vue sur l’une d’entre-elles.

Comme de fait, un renard l’a emprunté pour circuler alors que j’étais à l’affût.  Mais il est demeuré loin de moi, rendant la photo assez difficile. Car je dus utiliser mon téléobjectif à son maximum de puissance, soit 600mm.  Et à 600mm, cet objectif (Tamron 150-600mm) performe moins bien. Comme si ce n’était suffisant, j’étais habillé en camouflage foncé.  Et quand j’ai remué pour mieux me placer pour prendre une photo, le renard m’a aperçu.  Et il s’est enfui.

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Le jour tirait de toute façon à sa fin.  Je me suis dit que j’aurais plus de chance le lendemain.

***

Le lendemain, j’ai misé sur le début de la journée plutôt que la seconde portion du jour comme j’avais fait la veille.  Mais c’est le renard qui a décidé du moment de la rencontre.  J’ai eu beau être sur place dès les aurores, c’est à midi que le renard est arrivé sur les lieux.

Le vent, qui provenait de la direction contraire à la veille, m’a forcé à me placer ailleurs pour mon affût.  Je me suis de ce fait retrouvé au carrefour des deux sections principales du champ.

J’avais aussi pris la précaution de corriger une des erreurs de la veille:  le camouflage.  Cette journée là, j’étais camouflé en hiver.

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Les pistes les plus fraîches passaient directement devant moi.  J’étais confiant.  Malgré l’attente qui s’étirait.

Lorsque je commençais à perdre espoir de réaliser les photos que je voulais, j’ai vu apparaître un point orange au loin.  C’était mon renard!!!  Mais il était encore plus loin que la veille.  Trop loin pour une photo, en fait.  Il a commencé à remuer la neige.  J’espérais qu’il ne décide pas de chasser à cet endroit trop éloigné de moi.  Quand tout à coup, il s’est mis en marche.  Directement dans le sentier de pistes que j’avais repéré et qui se dirigeait droit vers moi.

J’attendais que le renard soit suffisamment près pour commencer à faire des photos.  Il s’approchait toujours, sans me repérer d’aucune façon.

À 15 mètres, il a stoppé net. Quelque chose le dérangeait.  J’ai commencé à réaliser mes photos! Je n’ai eu que quelques secondes pour le faire avant que le renard ne fuit dans la forêt.

Le vent était assez fort cette journée-là.  Probablement qu’un tourbillon a fini par amener mon odeur jusqu’au museau du renard.

Pas grave!  Je suis tout de même parvenu à faire des photos qui me plaisent!

Lorsqu’on marche en forêt, on doit garder l’oeil ouvert

Nos forêts croulant sous la neige semblent beaucoup plus calmes et désertes qu’elles ne le sont lors de la période estivale.  Plusieurs espèces ont en effet quitté vers des contrées plus chaudes.  Ou elles se sont assoupies dans l’attente du temps doux.

Dans un tel contexte de quiétude et de silence, j’ai tendance à partir dans ma tête, jonglant avec une idée ou une autre.  Mon attention s’étiole par le fait même.  Ce qui n’est pas toujours la chose à faire.  Car tout autour de moi, la vie est là, malgré le froid.

Cette semaine, je me déplaçais en forêt, les yeux tournés vers la cime des arbres.  J’espérais repérer une chouette, une buse ou un hibou.  C’est pourtant à la hauteur de mes pieds que la vie s’est animée.

Tout juste devant moi, j’ai vu quelque chose qui a remué.  C’était un animal sous la neige.  Quelle ne fut pas ma surprise de voir apparaître un cerf de Virginie!

Les cerfs dorment à même le sol.  Lorsqu’il neige, ils sont recouverts de neige.  Et deviennent très difficiles à repérer.  C’est vraiment à la dernière minute que je l’ai aperçu celui-là.

En se levant, il s’est secoué pour faire tomber la neige qui le recouvrait.  Il s’est ensuite tourné vers moi et m’a fait une grimace.  Une façon comme une autre de me signaler que je l’avais réveillé 😉

 

Encore des harfangs des neiges

Décidément, j’ai trouvé un bon secteur pour observer cet oiseau spectaculaire qu’est le harfang des neiges.

Au même endroit, je le retrouve tout le temps.  À l’évidence, il a choisi cet endroit pour passer l’hiver sous nos latitudes.  Il y trouve des rongeurs à profusion d’un simple coup d’aile. Il doit en consommer de 7 à 12 par jour pour maintenir la cadence. Et cet endroit le lui permet, alors pourquoi se casser la tête à explorer d’autres lieux doit-il se dire.

La dernière fois que j’ai été à sa rencontre, il se reposait.  Il s’est reposé des heures durant, n’ouvrant presque pas l’oeil de la journée.  Pourtant, on dit que le harfang chasse autant de jour que de nuit.  Semblerait que l’individu que j’ai repéré préfère la noirceur pour la chasse.

Dans les prochains jours, je retournerai à sa rencontre, mais j’essaierai d’y aller en fin de journée.  Peut-être aurait-je alors la chance de l’observer en pleine chasse…