Petit truc pour mieux combattre le flou de bougé

En photographie animalière, le flou de bougé est probablement notre pire ennemi.  Parce que les conditions pour poser un sujet sont souvent difficiles (un oiseau au loin, un insecte très proche, un terrain boueux, un vent fort, le froid, etc.), nous flirtons toujours avec le flou de bougé.

Le flou de bougé est provoqué par les vibrations communiquées au boîtier au moment de la prise de vue.  Nos mains sur l’appareil ou notre doigt qui appuie sur le déclencheur peuvent être suffisants pour transformer une image magnifique en véritable catastrophe.

Et soulignons-le bien énergiquement:  le flou de bougé est irrécupérable en post-production.  Une image floue est gâchée, point à la ligne.

On peut évidemment combattre le phénomène du flou de bougé de plusieurs façons.  Par exemple, en macro, lorsque j’appuie sur le déclencheur pour prendre ma photo, je retiens ma respiration.  Ça minimise les vibrations que je communique au boîtier.  On peut aussi augmenter la vitesse d’obturation. Mais ce n’est pas toujours possible compte tenu des conditions d’exposition du moment.

On peut aussi utiliser un trépied.  En macro, je l’utilise dans 75% des situations environ.  Mais là encore, le flou de bougé est possible.  Au moment d’appuyer sur le déclencheur, nous imposons un mouvement au boitier, même s’il est fixé à un trépied.  En macro, ça peut être suffisant pour placer notre très courte zone de focus à côté de la cible.

Que peut-on alors faire?  On peut certes utiliser le retardateur.  Ainsi, on ne touche pas au boîtier au moment de la prise de la photo.  Mais travailler ainsi, ça revient à laisser un peu au hasard la prise de la photo.  Moi, en ce qui me concerne, je n’aime pas.

Je préfère pour ma part la télécommande.  On évite ainsi complètement le flou de bougé provoqué par le mouvement du boîtier.  Bien sûr, un flou de bougé peut quand même survenir à cause de l’environnement qui bouge (un brin d’herbe balloté par le vent par exemple), mais ça, c’est un autre dossier.  Pour l’heure, concentrons-nous seulement sur le flou de bougé provoqué par notre manipulation du boîtier.

Alors donc, travailler à la télécommande, c’est bien, car c’est la meilleure façon d’éliminer les risques de flou de bougé.  Mais ça peut être assez pénible aussi.  La télécommande qu’on se doit de tenir toujours d’une main, le trépied de l’autre.  Ou alors on laisse pendre la télécommande et celle-ci se retrouve dans la vase, voire pire, sous notre botte!  Avouons-le, ce n’est pas l’idéal.

Afin d’éviter ces désagréments, je vous donne un petit truc tout simple: Collez votre télécommande sur l’un des pieds de votre trépied!  J’utilise du ruban-gommé pour ce faire.

C’est vraiment l’idéal!  La télécommande ne se retrouve jamais dans notre chemin.  Ni par terre. Et quand je place mon trépied pour la prise de vue, le bouton pour déclencher l’appareil est mieux placé sur la jambe du trépied que sur le dessus du boîtier.  En ce qui me concerne, ç’a changé ma vie.  Ma vie dans les marais, on s’entend 😉

Il faut quand même faire attention au moment du déclenchement.  Car la télécommande, touchant au trépied, peut de ce fait transmettre des vibrations au boîtier au moment de la prise de vue.  Mais en appuyant délicatement, on évite les problèmes.

Je dirais même que les résultats sont là pour le prouver.  Voici deux photos d’un tipule prises avec cette configuration.  On voit bien que les lignes sont très nettes.  Et les détails dans l’oeil du tipule très clairs.  Bref, ça fonctionne bien!

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Une belle sortie de nuit

J’apprécie de plus en plus la photo de nuit.  La lumière, artificielle il va sans dire, procure alors un aura de mystère qui permet aux photos de se démarquer de celles que je fais normalement.

Hier, je suis allé dans mon petit boisé qui évolue près de la vie humaine.  Dès que le soleil s’est caché derrière l’horizon, les buissons se sont animés.  La vie a vraiment pris un tour nouveau dès que l’obscurité a commencé à répandre son encre tout autour des plantes et des arbustes.  Ça remuait, ça grouillait, ça chassait.

Une araignée tetragnatha avait tendu sa toile entre deux plantes.  Et les moustiques s’y piégeaient allègrement.

Quelques instants plus tard, ma lampe s’est mise à attirer des nuées de hannetons.  Il y avait beaucoup d’adultes.  Mais plusieurs juvéniles aussi.  Plusieurs semblaient intéressés par les bourgeons des plantes.

J’ai également aperçu un orthoptera juvénile.  Mais je ne saurais dire de quelle espèce il s’agissait précisément.  Il était bien dissimulé au creux d’une feuille.  Et rien ne semblait pouvoir le faire bouger de là.

La séance s’est terminée en compagnie d’une punaise demoiselle qui semblait fort heureuse que la nuit soit si animée!  Elle sentait le repas s’approcher!

***

J’ai réalisé cette série de photos avec une caméra Sony A7Sii qui gère magnifiquement les basses lumières.  J’ai utilisé un objectif Sony macro 90mm.  Entre l’objectif et la caméra, j’ai placé des bagues d’allonge.  J’ai travaillé en basse vitesse, avec un trépied et un déclencheur.  Je n’ai pas utilisé de flash, mais une barre de lampes LED.

La punaise demoiselle: la carnivore de nos buissons

Celui qui sait regarder les remarquera à coup sûr puisqu’elle sont nombreuses.  Qui plus est, elles aiment trôner au sommet des plantes, sur des fleurs bien souvent, là où elles sont très visibles.  Ce n’est certes pas pour rien qu’elles se positionnent à pareil endroit.  C’est que les punaises demoiselles aiment bien la chair tendre des petits insectes qui les entourent.  Et les fleurs les attirent en grand nombre, là où elles peuvent les attraper plus facilement!

La punaise demoiselle fait partie de la famille des nabidés.   Il y a plus de 400 espèces de punaises demoiselles dans le monde, et 40 en Amérique du Nord seulement.

Ce sont des insectes qui mesurent de 3 à 12 mm, tout dépendant de l’espèce.  Ces punaises ont de grandes pattes à l’avant pour saisir leurs proies.  Ensuite, elles percent leur carapace à l’aide de leur rostre pour par la suite sucer leurs fluides intérieures.

Coléoptères, charançons, mouches et cicadelles n’ont qu’à bien se tenir!

Parce qu’elles consomment un tas de petits insectes dits nuisibles, l’humain a décidé de placer ces punaises dans la catégorie « bons insectes ».

Les punaises demoiselles ressemblent beaucoup aux réduves, qu’on appelle aussi punaises assassines.  Les fémurs de la punaise demoiselle sont par contre plus développés que ceux des réduves.

L’automne venu, la punaise demoiselle se dissimulera parmi les feuilles mortes.  Elle « reviendra » à la vie au printemps.  Le mâle meurt tout de suite après la reproduction. La femelle après avoir pondu ses oeufs.  Tout dépendant des régions, il pourra y avoir jusqu’à 5 générations de punaises demoiselles au cours de l’été.  C’est dire qu’elles ne se rendront pas toutes à l’automne.

La punaise demoiselle est elle-même la proie des amphibiens, des oiseaux et des arachnidées.

J’ai réalisé cette série de photos avec une caméra Sony A77ii.  Monté dessus, il y avait un objectif Tamron macro 180mm.  J’ai utilisé un trépied et un flash avec diffuseur.  Mais ce n’était pas un trépied avec rail macro.  Ce qui m’a rendu la tâche plus difficile.  Qui plus est, nous en sommes au début de la saison de macro, et j’ai ajusté mes ISO trop haut.  à 800 pour être plus précis.  Ce qui mine la qualité du piqué.  D’ailleurs, je me rends de plus en plus compte que mon objectif Sony macro 90mm est beaucoup plus performant pour la macro descriptive que l’objectif Tamron 180mm.  La sony 90mm me permet d’être plus proche de mes sujets et de capter ainsi plus de détails.

C’est important de manger de la salade…

Parfois, un simple petit comportement bien anodin rend une séance photo pas mal plus intéressante.

Au cours des dernières heures, j’ai pu observer une marmotte de longs instants.  Elle me regardait. Et je la regardais.  Je prenais des photos.  Mais la lumière commençait à être dure.  Et le sujet demeurait toujours aussi statique.

Puis vint un moment où la marmotte en eut assez de me regarder fixement.  Elle se tourna et commença à chercher de la nourriture.  De sa langue, elle accrocha une herbe sèche.  Puis poursuivit sa route vers des herbes plus tendres.

C’était tout simple.  Mais bien sympathique!

90mm Sony: un super objectif macro!

Ça fait des années que je travaille avec la gamme de caméras Sony.  Les mirrorless (A7S, A7Sii et A6000), et les DSLR aussi (A77ii).  Dans toutes les circonstances, elles réussissent à remplir les mandats que je leur confie.  Et parmi ces mandats, il y a même le sous-marin!  C’est dire si je les pousse aux limites de l’imagerie.

Ces jours-ci, je recommence la macro photographie.  Parce que les insectes et les micro-animaux se font de plus en plus présents sur les sites que je fréquente.

J’ai plusieurs objectifs macro, mais toujours je reviens à l’objectif Sony 90mm macro.  Le piqué qu’offre cet objectif m’éblouit à chaque fois.

La majeure partie des images sous-marines qui se trouvent dans mon documentaire concernant le Saint-Laurent marin ont été tournées avec cet objectif.  Les photos sous-marines que je vends également.

Dans le marais, le 90mm macro est aussi redoutable.  C’est un objectif relativement imposant.  Mais embarqué sur une caméra mirrorless (elles sont plus légères que les DSLR), ça s’équilibre et  il est tout à fait permis de travailler alors à main levée, tout en évitant les flous de bougé.  La bague du focus se manipule très bien et elle est très précise.  Ce qui est important puisqu’en macro, on travaille toujours en focus manuel.

Pour les sujets les plus petits, il m’arrive d’utiliser des bagues d’allongement entre cet objectif et la caméra.  Et la qualité des images demeurent tout à fait acceptable.

L’objectif est lumineux.  À pleine ouverture, il nous offre un f/2.8 qui permet de belles réalisations dites créatives.  Ainsi ouvert l’effet bokeh est intéressant et permet de bien détacher le sujet de son arrière-plan qui apparaît ainsi magnifiquement flouté.

L’objectif est également stabilisé.

Hier, une couleuvre rayée a croisé ma route.  Et j’avais mon objectif 90mm en main.  J’aime beaucoup les photos ainsi obtenues.

(Photos réalisées à main levée, en lumière naturelle.  ISO 500, F4, vitesse 1/1600s)

 

 

Les escargots aiment la douceur de la nuit

À chaque nouvelle sortie de nuit que j’effectue, je me rends toujours davantage compte que cette approche en photo me plaît vraiment.  La lumière, à ce moment de la journée, est superbe, et ce, même si je travaille avec des lampes ( 😉 ).  Ce sont d’ailleurs mes lampes vidéo de plongée que j’utilise en bonne partie lors de mes expéditions nocturnes.

Mais en plus, la nuit, on voit autre chose que dans le jour.  Les araignées sont plus actives.  Comme les insectes prédateurs, les réduves particulièrement.

Hier soir, je suis sorti avec mon bon ami Tommy Montpetit.  Sa fille Émilie nous accompagnait.  Elle était responsable de l’éclairage.  Pendant que Tommy et moi, on prenait cliché par-dessus cliché.

La saison de reproduction des rainettes crucifères commence à ralentir sérieusement dans la région de Montréal.  On s’est de ce fait tourné vers d’autres sujets pour la photo. Les escargots des bois nous ont donné tout un spectacle.  Ils sont beaucoup plus actifs la nuit que le jour.

L’escargot des bois, comme son cousin l’escargot des jardins, ont tous deux été introduits au Québec il y a un siècle de cela.  Ils proviennent d’Europe.  Heureusement pour les jardiniers, ces escargots ne mangent pas de feuillages verts.  Ce sont des détritivores.  Ils n’endommagent donc pas les récoltes, ni les fleurs ornementales.

Au tournant du sentier, j’ai aperçu un sujet qui trônait au sommet d’une plante.  Il s’agissait d’un beau réduve.  Ou plus communément appelé « punaise assassine ».  On l’appelle ainsi car de son long rostre, cette punaise perce les carapaces de ses proies pour en aspirer les fluides intérieurs.

Hier, l’individu que nous avons observé était une nymphe de réduve!

Nous avons aussi eu la chance d’apercevoir un beau millipède.  Il y a peu, je ne savais même pas que nous en avions au Québec.  Celui que nous avons vu semblait dormir au creux d’un arbre mort.

 

Bien sûr, les araignées étaient aussi très actives.  De même que les grenouilles des bois.  Bref, une belle soirée!

 

Docu sur le St-Laurent: la bande-annonce

Ça fait quand même longtemps que j’en parle.  Et ça arrive enfin.  Notre film sur le Saint-Laurent marin sera diffusé le 25 avril sur les ondes de Canal D.  Il sera ensuite diffusé à quelques autres reprises durant la même semaine.

Pour vous faire patienter, je vous propose de visionner la bande-annonce!

QUÉBEC PROFOND | Bande annonce officielle from Catbird Productions on Vimeo.

 

Restaurer un milieu humide: tout un défi!

Les bonnes nouvelles se font assez rares en environnement par les temps qui courent.  Plus souvent qu’autrement, à cette époque-ci, on entend parler du déclin des espèces, de pollution, de bouleversements climatiques et que sais-je encore.  Mais rarement de solutions mises en branle.  Tout, quoi, pour démoraliser le plus endurci des écologistes.

Heureusement, il y a parfois une histoire qui vient à nos oreilles et qui nous permet de croire encore en une amélioration des choses.  C’est le cas de la belle initiative pilotée par la Fiducie de conservation des écosystèmes de Lanaudière.  Une Fiducie qui ne reste pas les bras croisés, mais qui agit pour vrai, qui prend vraiment soin de la nature.

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En 2015, un boisé de Lanaudière leur a été concédé.  Jadis, il y avait eu là exploitation de la tourbe.  Aussi bien dire que le boisé, à cause de cette activité industrielle du passé, était dans un état peu propice à l’établissement d’une biodiversité digne de ce nom.  Comme si ce n’était suffisant, le phragmite australis, un roseau provenant d’Asie et qui est au Québec une espèce envahissante extrêmement agressive, avait pris possession des lieux.  Le boisé – baptisé des terres noires à cause de son passé lié à la tourbe- était dans un piteux état.  C’est le moins que l’on puisse dire.

Mais le groupe de la Fiducie de conservation des écosystèmes de Lanaudière n’a pas eu peur de la tâche se dressant devant lui, et depuis quelques mois travaille à la réalisation d’un projet de restauration de ce milieu naturel.

Ces jours-ci, le travail de terrain s’est enclenché et les pelles mécaniques ont de ce fait commencé le retrait vigoureux du phragmite, et ce, en construisant entre autres des mares et des remblais destinés à éliminer cette espèce envahissante des lieux.

Fiducie Lanaudière2

J’ai eu la chance, il y a quelques jours, d’aller sur le terrain en compagnie de responsables du projet. Ils m’ont présenté en détails les travaux effectués dans ce boisé et m’ont parlé de la calamité que représente le phragmite.

Leur plan de restauration ne se fera pas du jour au lendemain; bien sûr.  Des chercheurs participent au projet et testent les meilleures méthodes pour éradiquer le phragmite.  Ce qui représente tout un défi. Beaucoup plus imposant que je ne l’aurais cru de prime abord. Cette mission implique des investissements humains et monétaires considérables.  Et aux dires de Yannick Bilodeau, biologiste impliqué dans le projet et la Fiducie, la restauration devrait rendre tous ses fruits d’ici quelques décennies seulement.

Un tel délai m’a amené à réfléchir au drame qui consiste à détruire les milieux humides.  Dans la région de Montréal, ils ont déjà été détruits à 85%.  Ces écosystèmes riches ne peuvent être restaurés en deux temps trois mouvements.  C’est très long avant que la vie ne se redresse complètement dans un tel milieu qu’on a écrasé pour une raison x ou y.  Il faut y penser à deux fois avant d’y installer une tourbière, une route ou un bloc de condos…

Lorsque j’étais sur le terrain avec les gens de la Fiducie, j’ai évidemment sorti ma caméra.  Et je vous ai rapporté une vidéo présentant ce très beau projet.  Bon visionnement!  Et n’hésitez pas à partager cette histoire autour de vous!  Remonter le moral des gens, c’est important!

Christopher Dodds: un maître passé chez Sony!

Christopher Dodds pratique la photo animalière depuis plus de 30 ans maintenant.  Son travail est considéré comme l’un des plus impressionnants de la profession.  Et ses photos se retrouvent, par conséquent, dans toutes sortes de magazine prestigieux, dont le National Geographic.

Bien que britannique d’origine, Christopher Dodds parle français.  Il faut dire que sa famille est installée depuis longtemps au Québec.

Ce qui fait bien mon affaire car il a pu de ce fait prononcer hier une conférence à Montréal dans la langue de Molière.  Il était l’invité d’une boutique de photo de Montréal.  Lozeau pour ne pas la nommer.

L’objectif de la soirée de maître Dodds était de lancer sa conférence en expliquant pourquoi il avait abandonné les appareils Canon qu’il a utilisés des années durant pour ainsi mieux entrer dans la famille Sony; dans le créneau des « sans miroir » plus précisément. Ce qui faisait aussi mon affaire puisque je travaille également avec les appareils Sony, autant avec les miroirs que sans.

Pour expliquer cette importante transition, Christopher Dodds a d’abord pointé, sourire en coin, du côté de l’âge.  La Sony A9 qu’il utilise désormais est beaucoup plus légère que les Canon DSLR.  Toutes ces années passées dans la nature à trimbaler du matériel très lourd ont eu des séquelles sur le corps du photographe Dodds.  Les douleurs qu’il ressent périodiquement l’ont convaincu d’alléger son matériel pour continuer son travail le plus longtemps possible.  Les « sans miroirs » de Sony étaient les appareils tout désignés.

C’était là la première raison pourquoi il a sauté dans la famille Sony.

Mais il l’a fait aussi pour la performance des appareils.  La caméra A9 a considérablement impressionné Dodds.  L’autofocus est ultra performant et la gestion de la basse lumière extrêmement impressionnante.  Dodds confirme qu’il n’a vraiment plus besoin de flash comme c’était le cas dans les années antérieures.

Selon ses dires, la A9 est une caméra parfaite pour les sujets en mouvement.  Et ça tombe bien car Dodds est justement un spécialiste de la photo d’oiseaux en vol!

Au printemps 2017, il a testé cette caméra Sony A9 à l’île au perroquet, sur la Côte-Nord (là où j’aime bien me retrouver moi aussi).  Les photos qu’il a rapportées des macareux-moines qui y nichent l’ont complément séduit.  On a eu droit à la présentation de quelques exemples de ces photos lors de la conférence.  Et c’était en effet franchement sublime.

Je n’avais qu’un iphone avec moi, alors les photos que je vous présente sur mon site sont quelconques, mais ça donne quand même une idée de ce qu’on a pu voir hier.  Mais si vous voulez voir mieux, hé bien vous pouvez aller sur son blogue.  Ses photos s’y trouvent:  http://www.naturephotographyblog.com/

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Chrisopher Dodds a passé le reste de la conférence à présenter ses photos, à parler de son travail et à raconter des anecdotes.  J’ai particulièrement retenu sa mésaventure avec un phoque du Groenland sur la glace, près des îles-de-la-Madeleine.  Chaque hiver, les phoques s’y rendent pour mettre bas.  Dodds y était il y a quelques années, couché sur la glace, face à un blanchon.  Le noir de son objectif a été perçu par le jeune animal comme le museau de sa mère.  Il s’est de ce fait approché au plus près du photographe.  La mère est arrivée sur le fait, mais par l’arrière.  Croyant son bébé en péril, elle a saisi le photographe par une jambe et l’a projeté quelque 40 pieds plus loin.  Dodds ne croyait pas qu’un phoque pouvait être aussi puissant.

Il nous a aussi raconté comment il faisait pour approcher les ours polaires au plus près.  Sa stratégie consiste tout simplement à se rendre sur le site au moins d’août.  À cette période de l’année, les ours ne mangent pas; ils attendent le retour de la glace. C’est alors une bonne période pour poser des animaux peu agressifs.

J’ai été également très attentif quand il a expliqué ses stratégies pour poser des oiseaux rapaces de très près.  Il a raconté chercher les perchoirs dans les forêts et les champs.  Quand il en trouve un, bien sûr l’oiseau s’envole.  Mais à ses dires, la plupart des animaux sont routiniers alors ils reviennent auxdits perchoirs.  Le sachant, Dodds se place à l’affût tout près et attend.  La plupart du temps son instinct ne lui ment pas et il peut de ce fait photographier le rapace sur son retour au site en question.

Au gré des anecdotes, Dodds a généreusement distribué les trucs en photo. Il a expliqué comment il fait pour poser des animaux blancs.  Ce qui m’arrive fréquemment, considérant que le Québec est mon terrain de jeux.  D’emblée, on essaie toujours d’avoir le soleil franchement dans le dos pour poser un animal.  C’est comme ça que le maximum de détails se retrouvent sur nos capteurs.  Mais dans le cas d’un animal blanc, Dodds se donne un angle de prise de vue d’environ 30 degrés.  Ce qui contribue à rendre les blancs plus riches en détails.  Je vais clairement essayer ça lors de ma prochaine sortie hivernale, alors que je ciblerai les lièvres qui sont ici ô combien blancs.

Il a aussi donné quelques trucs concernant la photo au beau milieu de la journée.  Il s’assure alors de travailler très serré.  Les portraits d’un animal réalisé à midi fonctionnent alors très bien.

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Il est toujours profitable d’entrer ainsi en contact avec les connaissances d’un maître en la matière.  Les trucs distribués, les photos présentées, tout ça nous permet de mieux réfléchir à ce qu’on fait nous-mêmes quand on parcourt les forêts, notre caméra à la main.  En ce qui me concerne, ç’a m’a conforté encore davantage dans mon choix m’amenant à me spécialiser dans le trappage photographique.  Ça demeure pour moi une bonne façon de me démarquer.  Mais il me reste beaucoup de choses à améliorer! Alors au boulot!

 

Photographier les orangs-outans avant qu’ils ne disparaissent

Une vaste étude publié dans le magazine scientifique Current Biology nous apprenait qu’en 16 ans seulement l’activité humaine avait provoqué la disparition de 150 000 orangs-outans.

Pas 200.  Pas 500.  Ni même 1000.  Mais bien 150 000!

Ce chiffre m’a complètement renversé.  Et bouleversé.

L’orang-outan est un grand singe forestier qui vit sur l’île de Bornéo.  Évidemment, il figure aujourd’hui sur la liste rouge de l’IUCN (International Union for Conservation of Nature).  Les experts estiment que l’espèce devrait être complètement disparue d’ici quelques décennies.

Les principales causes provoquant la disparition de cet animal magnifique sont la déforestation liée à l’exploitation forestière et à l’industrie de l’huile de palme. La chasse et le braconnage y sont aussi pour beaucoup.  Il y a encore des gens qui mangent ce singe ou qui le tuent parce qu’il s’introduit dans les plantations d’huile de palme, là où il n’est pas toléré.

En tant que grand singe forestier, l’orang-outan a besoin de forêts bien portantes pour s’épanouir.  Et à Bornéo, là où l’orang-outan est une espèce endémique, elles se font de plus en plus rares.

Il reste aujourd’hui moins de 100 000 orangs-outans sauvages.  C’est peu.  Mais il est encore temps de faire quelque chose.  En freinant l’industrie de l’huile de palme notamment et en instaurant des mesures empêchant la chasse et le braconnage.

Je trouve cet animal franchement magnifique.  Ce serait un rêve pour moins de le photographier dans son habitat.  Avant qu’il ne soit trop tard, je devrai bien trouver le moyen de me rendre à Bornéo pour prendre des photos de ce grand singe.  Je voudrai aussi profiter de l’occasion pour photographier l’impact de l’activité humaine sur la nature de cette île.  Et communiquer directement ces informations aux Québécois qui suivent mes activités.

L’été dernier, je suis parvenu à filmer des bélugas nageant dans le Saint-Laurent.  Cette espèce connaît aussi des jours difficiles.  Je me dis que réaliser des images de bélugas, ou d’orangs-outans, de ces animaux profondément menacés, cela ne peut que leur donner un coup de pouce.  Des images parviennent bien souvent à faire connaître mieux que tous les mots du monde les situations difficiles qui frappent certaines espèces.  C’est un peu la modeste part que je peux faire pour ces animaux.  Alors je le fais.  Dans le respect de l’animal.  Bien sûr.

Pour plus de détails sur la situation tragique de l’orang-outan:

via Les orangs-outans de Bornéo disparaissent dans l’indifférence