Le chant étrange du butor d’Amérique

Il y a quelques jours, je déambulais dans les marais.  J’ai alors entendu le chant le plus étrange de nos forêts, celui du butor d’Amérique.

Le butor est un oiseau échassier qui vit dans les marais.  C’est un expert du camouflage.  Je ne suis à ce jour jamais parvenu à bien le prendre en photo.  Ceux que j’ai vus, je les surprenais en me déplaçant sans suspecter leur présence et ils s’envolaient à la dernière minute, ne me laissant aucune chance de prendre une bonne photo.

Ma dernière rencontre avec l’un d’eux ne fait pas exception à cette règle.  Le butor était tout près de moi, mais je ne l’ai jamais aperçu.  Il était extraordinairement bien dissimulé parmi les roseaux.

Si je ne l’ai point vu, j’ai au moins pu enregistrer son chant que voici:

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Jouer du bec

Le printemps ne semble pas vouloir s’installer pour de bon.  Conséquence, les rainettes faux-grillon ne peuvent lancer leur saison de reproduction.  Ce qui rend à toutes fins pratiques impossible de faire des photos de ce petit amphibien menacé d’extinction.

Je me rends tout de même dans les marais, mais lorsque je constate sur place que les rainettes sont encore trop gelée pour être actives, je me tourne alors vers d’autres espèces.

Cette semaine, j’ai de ce fait été faire un tour du côté de l’étang.  Les bernaches y sont bien présentes.  Elles y nichent.  Ce qui procure des instants photographiques intéressants.

bernache3

 

C’est la saison des amours dans le marais

Pour la rainette faux-grillon, le printemps marque le début de la saison de reproduction. Les mâles s’installent dans des flaques d’eau et chantent sans relâche. Ils espèrent l’arrivée rapide des femelles.

Pour cette espèce en voie d’extinction, la vie est une course contre la montre. Les rainettes doivent pondre rapidement pour que la nouvelle génération ait le temps nécessaire pour se développer complètement et qu’elle soit ainsi prête à geler sous la neige, l’hiver suivant.

La rainette faux-grillon est la plus petite grenouille du Québec.  Elle mesure entre 2 et 3 cm.  Il ne reste plus qu’une dizaine de populations de cet amphibien chez nous.  Autrefois espèce très nombreuse, elle a été décimée par l’étalement urbain et la pollution.  Aujourd’hui, elle doit en plus faire face aux bouleversements climatiques.

Chaque printemps, je retourne à sa rencontre.  Un animal si fragile et en même temps si résilient ne peut faire autrement que de stimuler chez moi un fort sentiment d’admiration.

En attendant d’être au Nord

Bientôt, ils ne seront plus parmi nous. Au Nord du Nord, ils seront; là où j’irai les rejoindre un jour!  Pour les photographier ailleurs que près des hommes du Sud.

Hier, j’ai croisé la route de deux magnifiques harfangs des neiges.  Probablement deux individus qui ont passé l’hiver au Sud de notre frontière.  Bientôt, ils iront nicher et se nourrir dans la toundra.  En attendant, ils sont dans les champs du bas Québec, entourés d’oies des neiges.

Au pays du castor

Avant de décider si je m’installe ou pas pour un affût sur un nouveau territoire, j’utilise souvent le drone pour me donner une meilleure idée de l’endroit. Les images, je les jette ensuite. Parce qu’elles ne sont pas tellement intéressantes, vu que c’est juste des images de repérage.
 
Cette fois-ci, j’ai décidé de vous montrer en gros qu’est-ce que ça donne quand j’utilise le drone pour dudit repérage.
 
Vous verrez ainsi une partie du territoire du castor. Et j’ai placé à la fin de la vidéo les photos de castor que j’ai prises à cet endroit.

Le castor, un précieux allié

Les gens le dénoncent souvent car il endommage parfois les infrastructures humaines en construisant ses barrages.  L’eau ainsi retenue finit par déborder et inonder le pays des hommes.  Et pourtant !  En nature, le castor est très important.

Les étangs « artificiels » qu’il crée en construisant des barrages de branches, de troncs, de boue et parfois même de pierres lui permettent d’accéder plus facilement aux arbres environnants.

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C’est que sur terre, le castor est plutôt balourd.  Il devient dès lors une proie assez facile pour ses principaux prédateurs que sont le loup, le coyote, l’ours, le lynx, le pékan et parfois même la loutre.

En faisant monter le niveau de l’eau, le castor s’assure aussi de conserver l’entrée de sa hutte sous la surface.  Il s’agit là d’une mesure de protection supplémentaire.

Le castor inspecte régulièrement son barrage.  Il colmate les brèches dès qu’il les aperçoit.  On croit aussi que le son de l’eau qui coule trop fort lui indique que le barrage ne fait plus son travail comme il faut.  Cela l’attire rapidement dans le secteur.

Le castor est un animal qui préfère le crépuscule ou la nuit pour se livrer à ses activités.  Il est très rare de le voir sur la berge en pleine journée.  Il se nourrit principalement d’écorce et de feuilles.  Il mange aussi les racines de certaines plantes aquatiques.

C’est un animal assez volumineux.  Il peut peser de 11 à 35 kilogrammes.  On dit même que certains individus pourraient atteindre 45 kg.  Mais en nature, cela serait assez étonnant car il ne vit là que 10 ans, alors qu’il peut atteindre les 20 ans en captivité.

Une seule portée est produite par année (1 à 8 petits).  L’accouplement a lieu en janvier ou février.  La mise bas a lieu quelque 100 jours plus tard.  Les jeunes quittent le noyau familial vers l’âge de deux ans.

Les étangs qu’il crée constituent des habitats de choix pour une pléthore d’autres espèces.  Les prédateurs les fréquentent.  Les rats musqués les apprécient.  De même que les canards.  On y aperçoit régulièrement le vison.

Pour une vidéo de ma dernière rencontre avec l’ingénieur de la forêt boréale, c’est par ici:

Tomber sur une chouette rayée

Il m’arrive à l’occasion de croiser la route de la chouette rayée lorsque je me promène en forêt.  Les rencontres sont toujours brèves.  L’oiseau nocturne préférant se déplacer plus loin dans les bois plutôt que de m’accorder une séance photo.

Mais la semaine dernière, j’ai rencontré une chouette qui a été un peu plus coopérative que les autres.  Elle m’a laissé une grosse minute pour prendre des photos.  Elle était assez loin, mais j’aime bien obtenir des images des animaux dans leur environnement.  Ça fait changement des gros-plans (que j’aime aussi par ailleurs).

La chouette rayée est un gros strigidé.  Le mâle et la femelle sont identiques, quoique la femelle est généralement un peu plus grosse. Ils forment des couples monogames qui restent unis pour la vie. Ils occupent le même territoire à l’année longue.  Mais l’hiver, il arrive qu’ils l’agrandissent quand la nourriture se fait plus rare.  C’est probablement pour cela qu’on les aperçoit plus facilement en froide saison.  Cela, et aussi le fait qu’il n’y a plus de feuilles dans les arbres 😉

Cette chouette préfère les forêts mixtes aux forêts d’épinettes.

La chouette rayée a les yeux d’un noir d’encre.  Ce qui lui donne un regard assez inquiétant.  Elle est bruyante.  On l’entend même en plein jour, parfois.  On peut en entendre dans cette vidéo.  https://www.youtube.com/watch?v=403ItFKRtqc

À noter que c’est une très mauvaise idée d’utiliser des lampes et des flashs avec ces oiseaux la nuit…À ne pas faire!

La chouette rayée est avant tout un prédateur de petits rongeurs (souris, campagnols, musaraignes).  Elle peut aussi manger des reptiles, des oiseaux et des insectes.  Elle s’attaque rarement à des mammifères de la taille des lièvres et des lapins.

La chouette peut pondre jusqu’à trois fois par an.  Mais plus souvent qu’autrement, une seule fois.  Elle pond généralement deux oeufs.  Ces derniers peuvent être victimes des ratons-laveurs et des belettes.  Les adultes sont pour leur part parfois tués par le grand-duc ou les busards.

Une occasion à ne pas manquer…

Dimanche matin. Il neige. On se repose à la maison avec fiston en écoutant une série pour enfants impliquant des loups-garous.

Tout à coup, quelque chose bouge à la périphérie de mon champ de vision…C’est une araignée qui se place à l’affût dans l’orchidée qui se trouve dans le salon. Je ne fais ni une ni deux et j’abandonne la série pour ma caméra.

Une araignée docile qui permet de se refaire la main en macro en prévision du printemps qui arrivera bien un jour, on peut pas manquer l’occasion! Surtout qu’une occasion comme celle-là permet de tester quelques trucs en super macro.

La super macro avec les araignées, c’est toujours difficile. Avec 8 yeux, et une profondeur de champ de l’ordre du demi-millimètre, c’est compliqué sans bon sang de mettre le focus sur les bons yeux. Surtout à main levée comme je l’ai fait ce matin. En fait, dans un monde idéal, il faudrait travailler avec un rail macro et du stacking. Le stacking, c’est une technique qui consiste à prendre plusieurs photos en macro (en déplaçant un peu la zone de focus à chaque fois), ou en super macro, et de les empiler ensuite sur photoshop. Ça donne ainsi une zone de focus beaucoup plus intéressante.

Le cri du renard

Un jour de la semaine dernière, après mon boulot d’écriture, j’ai eu le goût d’aller voir ce qui arrivait de bon avec mes renards.

Arrivé sur place, je m’installe et l’attente commence. Interminable. Rien ne se passe. Je décide par conséquent d’aller dans un autre secteur où je sais qu’un renard est installé.

En m’y rendant, je tombe directement sur le renard qui se nourrit au champ. Je me penche et m’installe, sans avoir bien sûr l’opportunité de bien me cacher. Je constate qu’il a déjà une proie. Ça tombe bien, ça monopolise entièrement son attention. Et il ne me remarque pas.

Une fois le repas terminé, il se tourne en ma direction. Et il aperçoit la grosse masse que je suis et qui n’a pas eu le temps de se cacher.

Bien sûr, le renard comprend que ce n’est pas normal. Il détalle en direction de la forêt. Arrivé à la lisière, il s’arrête net, se sentant suffisamment en sécurité en pareille position pour examiner plus attentivement la grosse masse blanche que je suis.

Et quelle fut ma surprise quand il s’est mis à japper (glapir) en ma direction! Quel moment!

Pour écouter le fameux cri du renard:

 

Le rêve se poursuit!

Quand j’étais tout petit, je rêvais d’aller faire des films sur les animaux d’Afrique comme ceux que j’écoutais assidûment à la télé.

J’ai vieilli. Et mon Afrique s’est transformée en univers québécois. Hé oui, c’est chez nous que je suis en train de vivre mes rêves de tit gars! Et je dois dire que c’est encore mieux!

Après un premier film sur la faune du Saint-Laurent marin (Québec profond), voici que j’écris maintenant sur ces animaux.  Le nouveau numéro du magazine Nature Sauvage est sorti. Et j’y signe un photo-reportage sur l’anémone rouge du Nord, animal que je croise à chacune de mes plongées, l’été, dans les eaux glacées de la Côte-Nord!

Produire de tels reportages pour un si beau magazine me comble de joie. J’ai mis des années d’efforts pour y parvenir. Je dois dire que je suis pas pire fier de moi!

Mettez la main là-dessus si ça vous adonne. Le magazine se trouve dans tous les bons kiosques à journaux!