Le Saint-Laurent, ça ressemble à ça

Depuis plus d’une décennie maintenant, je suis engagé dans une démarche qui consiste à briser les préjugés à l’égard du Saint-Laurent.  Préjugés selon lesquels le Saint-Laurent ne serait qu’un trou noir, ne valant pas le détour.

Or, c’est tout le contraire.  Ce cours d’eau est riche.  Riche de vie et de beauté.

Tout l’été durant, je plonge afin d’en rapporter les plus belles images que je peux.

Et je les partage via les magazines et les réseaux sociaux.

Ici, un collage dont je me sers souvent afin de donner une idée en vidéo de ce à quoi ressemble ce grand Saint-Laurent.

N’hésitez pas à partager!

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Harfangs du printemps

Normalement, les harfangs des neiges quittent nos latitudes septentrionales quelque part en février ou mars.  Mais l’an dernier, j’ai aperçu des harfangs des neiges jusqu’en avril.

Est-ce que ce sera la même chose cette année?

Qui vivra verra…

En attendant, voici une petite vidéo que j’ai réalisée au printemps 2019

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Omniprésence des rorquals à bosse

L’été, je quitte Montréal et je retourne dans ma Côte-Nord natale.  C’est là que j’y guide des humains, sous les flots du Saint-Laurent, à la découverte des splendeurs de ce monde méconnu.

Depuis quelques étés, on note des changements importants dans le Saint-Laurent.  L’eau se réchauffe, notamment.  Ce qui déstabilise certaines espèces d’ici comme le crabe des neige ou la crevette nordique.

Mais ce réchauffement des eaux lié aux bouleversements climatiques a aussi des incidences plus au Sud.  Résultat, certaines populations de micro-faune comme les copépodes s’effondrent.  Cela laisse là-bas moins de nourriture aux petits poissons qui s’en nourrissent.  Et aux plus gros animaux qui se nourrissent de ces petits poissons.  Comme les rorquals à bosse par exemple.  Ceux-là n’ont d’autre choix que de migrer toujours plus au nord, là où les stocks planctoniques tiennent encore le coup (on a quand même mesuré une diminution de 30% du plancton dans le golfe Saint-Laurent en 10 ans environ).

De ce fait, je croise la route d’un nombre toujours plus important de ces cétacés lorsque je pilote mon zodiac vers mes sites de plongée.  Au grand bonheur des clients qui sont avec moi…Bien sûr, il y en a toujours eus des rorquals à bosse dans le Saint-Laurent.  Mais ils étaient moins nombreux.  Et depuis quelques étés, on note la présence de nouveaux individus (car les cétacés sont photographiés et catalogués dans le Saint-Laurent.  On connaît donc les individus qui ont l’habitude de revenir ici année après année).

Le spectacle que ces animaux nous offrent est tellement beau qu’on en vient qu’à oublier que les nouveaux venus dans le Saint-Laurent sont d’abord et avant tout des réfugiés climatiques.

L’été dernier, un duo de rorquals à bosse avait pris en affection mon zodiac.  Ces baleines venaient jouer avec le bateau des demi-heures durant.  Chaque jour.  Cela m’a permis de tourner des images vidéo époustouflantes!

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Il y a quelques étés de cela, il nous est même arrivé de croiser la route de baleines adultes accompagnées d’un baleineau.

(Ce sont les baleines qui viennent au zodiac.  Et non le contraire)

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Les rorquals à bosse ne forment présentement pas une population menacée d’extinction.  Cette espèce se redresse lentement mais sûrement de la chasse que l’homme a dirigée contre elle des décennies durant.

On estime qu’au moment d’adopter le moratoire sur la chasse à la baleine en 1986, il ne restait plus que 20 000 rorquals à bosse.  Aujourd’hui, il y en aurait quelque 35 000 éparpillées un peu partout dans le monde.

L’été prochain, j’aurai encore la chance de les observer de près.  Pour combien de temps encore?  Car si cesser la chasse afin de les sauver était un geste assez simple à réaliser au bout du compte, il sera beaucoup plus difficile de les sauver des bouleversements climatiques.

 

Rainette faux-grillon: un projet documentaire

Évidemment, lorsque la chaude saison est de retour, c’est dans les marais que je pars à la chasse aux amphibiens.   Et non dans un terrarium…

L’espèce que j’apprécie tout particulièrement est la rainette faux-grillon (Pseudacris triseriata).   Au Québec, cette minuscule grenouille est menacée de disparition.  À cause principalement, de la destruction de son habitat par l’étalement urbain et l’agriculture industrielle.

Depuis quelques années, je me rends dans les marais qui se trouvent en périphérie de Montréal afin de réaliser des images de cette espèce fabuleuse lors de sa saison de reproduction.  C’est à peu près le seul moment où on peut l’apercevoir.  Les mâles qui chantent, c’est l’occasion qui se présente pour les repérer efficacement. Mais la saison de reproduction ne dure pas longtemps.  Quelques semaines tout au plus.  Alors il faut être là, au bon moment.

Mon but, à terme, est de parvenir à réaliser un documentaire sur cette grenouille.

On a d’ailleurs fait une démo afin de convaincre les acteurs de l’industrie d’embarquer avec nous.  Mais on galère beaucoup.  Cette grenouille dérange beaucoup.  Derrière l’étalement urbain se dissimule la spéculation foncière.  Et qui dit spéculation foncière dit politique.  Alors…

Si vous aimez cette démo, abonnez-vous à ma chaîne Youtube et partagez-la.

Merci!

Capture d’écran, le 2020-01-22 à 10.07.23

Photo d’insectes: deux approches différentes

Ceux qui préfèrent une vidéo,

j’explique mes méthodes ici.

***

La majeure partie du temps, la photo macro visant les insectes, je la fais sur le terrain, à travers les broussailles.  Mais au Québec, l’hiver, il faut trouver une autre approche.  Et c’est là que je me tourne vers mon studio-maison.

Pour y photographier les insectes, j’applique deux méthodes bien différentes.

La première consiste à poser les sujets dans les terrariums.  Il faut alors attendre que l’insecte se place à un endroit intéressant pour prendre la photo.  Parfois, un contact délicat du bout du doigt aidera à ce que je sujet adopte une belle pose.  À user avec parcimonie.

En terrarium, la lumière devient un enjeu.  Soit on se contente des conditions offertes par la barre led, soit on y va au flash.  Le flash offre une lumière plus efficace, mais procure un rendu généralement plus dur.  On peut aussi utiliser un accessoire que j’apprécie beaucoup en macro:  le bloc de lumière Lume Cube.  C’est une source de lumière très polyvalente.  Je ne vais jamais sur le terrain sans l’avoir avec moi.

En terrarium, j’ai récemment effectué des photos d’un insecte de la famille des punaises.  Voici le résultat.

La deuxième méthode consiste à placer l’insecte à un endroit organisé pour la photo.  On doit donc le retirer du terrarium.  Je le place ensuite sur une branche (ou une feuille ou quoi que ce soit d’autre), là où je souhaite réaliser la photo.  Ça prend beaucoup de patience, car les insectes ont tendance à bouger beaucoup plus de cette façon-là que lorsqu’on les pose en terrarium.  Mais ça permet de beaucoup mieux contrôler l’arrière-plan.  Afin d’obtenir une teinte ou une autre pour mon arrière-plan, j’utilise des cartons de couleur.

Pour placer l’insecte où je le souhaite, j’utilise des pinces.  Ce sont des pinces que l’on trouve dans les animaleries spécialisées dans les reptiles.  On s’en sert normalement pour pincer un insecte et le donner à manger à un reptile ou un amphibien.  Moi, je ne pince bien sûr par les insectes que je veux photographier.  Je ne fais que placer la pince devant eux, question qu’ils grimpent dessus.  Je les fais ensuite descendre sur la branche.

Pour déclencher la caméra, j’utilise une télécommande.  Ça évite les flous de bougé.  Et j’effectue le focus à l’aide d’un rail macro. C’est plus précis et rapide ainsi.

Et tout ça donne des images comme ça:

Hyperolius concolor au flash

À venir jusqu’à maintenant, les photos que j’ai prises l’ont presque toutes été en bénéficiant de la lumière offerte par la barre Led qui trône au-dessus du terrarium.

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J’aime beaucoup l’ambiance qu’une telle lumière procure aux photos ainsi réalisées.  Cette lumière est douce.  Intéressante pour la photo.  Mais le problème, c’est qu’elle n’est pas très forte.  Je dois donc composer mes images en tenant compte d’une faible lumière.  Ça veut dire que je dois monter les ISO, ou ralentir la vitesse d’obturation, ou ouvrir le diaphragme.  Ou faire un petit peu de tout ça en même temps.  Par exemple, j’ai réalisé ces photos avec un ajustement ISO de 800, une vitesse d’obturation de 1/25s et un diaphragme ouvert à F4,5.

Les ISO à 800, avec les caméras Sony, ça ne provoque pas beaucoup de bruit.  On peut donc vivre avec un tel ajustement et obtenir de belles photos quand même.  1/25s, par contre, ça implique de ne vraiment pas bouger lorsqu’on travaille à main levée.  Le moindre petit tremblement provoquera des flous de bougé qui détruiront la netteté de l’image.  Et une ouverture de F4,5, en macro, n’offrira pas une grande zone de focus.

Je voulais donc essayer une autre méthode.  Au flash cette fois.  J’ai travaillé avec mon flash Sony HVL 43m que j’ai incliné afin de déporter au maximum la lumière.  J’ai aussi utilisé un diffuseur Gary Fong.  Cela permet de ne pas produire une lumière trop dure. J’ai ajusté mon flash en mode TTL.  C’est un mode automatique.  C’est le flash qui décide de la puissance de l’éclair qui sera nécessaire dans les conditions X.  Ça fonctionne bien.

Avec une telle méthode, on obtient des images considérablement différentes que celles réalisées à l’aide du seul Led.  D’une part, parce que la lumière est beaucoup plus directe (même si le flash est incliné) et beaucoup plus forte.  Ça permet d’ajuster la caméra différemment.  Pour obtenir l’image ici bas, j’ai pu fermer le diaphragme à F11.  La zone floutée s’en trouve considérablement réduite.  Et la lumière fait voir beaucoup mieux les détails de la grenouille.  Ça donne par contre une ambiance beaucoup plus documentaire qu’artistique.

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Je vais maintenant réfléchir à une façon de déporter plus grandement le flash afin d’obtenir une lumière moins dure sur le sujet.  Pour ce faire, je devrai utiliser un fil d’extension entre la caméra et le flash.  On y reviendra!

Notre film sur TV5 Monde

C’est fait!  Nous avons vendu notre film sur le Saint-Laurent et intitulé Québec profond à TV5 Monde.  Cela veut dire qu’il sera possible, pour les gens de partout sur la planète, de voir notre film!

Nous en sommes bien contents.  La vie d’un film étant assez courte, c’est toujours un grand bonheur de trouver une façon de le relancer d’une manière ou d’une autre.

Vous pouvez avoir des détails sur les sites de TV5 Monde.  Comme celui-ci par exemple:

TV5 Maghreb

Pour visionner la bande-annonce de notre film, c’est par ici: Bande-annonce

Hyperolius concolor: maintenir une bonne température nocturne

L’hyperolius concolor est une toute petite grenouille africaine.  Elle affectionne particulièrement les températures avoisinant les 25-26-27 degrés celsius.

Évidemment, nos maisons ne sont pas assez chaudes pour procurer de telles températures à cet amphibien.  Il faut donc chauffer le terrarium.J’y parviens en utilisant des ampoules incandescentes.  Dans mon système, j’utilise une 60w et une 25w.

Durant le jour, la température du terrarium est correcte pour hyperolius concolor.  Au point chaud, la température atteint les 27 degrés.  Et au point froid, elle descend à 24 degrés.  C’est parfait!

Il est important de vérifier la température à différents endroits du terrarium.  Pour ce faire, j’utilise un thermomètre permanent qui est près de la porte, et au point le plus loin des ampoules.  C’est là que se trouve le point froid.  Mais je vérifie également la température à différents endroits avec un thermomètre numérique à sonde.

Étant donné que je passe beaucoup de temps devant le terrarium alors que la nuit s’est installée, et ce, parce que ces grenouilles sont nocturnes, je me suis rendu compte que la température du terrarium descend trop bas durant la nuit.  Les ampoules n’effectuant plus leur travail, la température ambiante atteint les 21 degrés.  Il est normal de faire chuter les températures durant la nuit.  C’est comme ça qu’on imite le mieux les conditions naturelles.  Mais 21 degrés, pour cette grenouille, c’est définitivement trop peu.  Je ne voudrais pas que ça descende en bas de 22-23 degrés.

J’achète le matériel sur le marché de l’usager.  Ce terrarium est arrivé chez moi avec un tapis chauffant en prime.  Un tout petit tapis qui se trouve sous le terrarium.  Je croyais que ce serait suffisant pour maintenir une bonne température nocturne.  Mais je me trompais.  Je devrai donc me procurer un second tapis, plus grand que le premier, et que je placerai sur le côté du terrarium cette fois. Ça va en plus cacher l’envers du décor 😉

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Je devrais régler mon problème de température ainsi.  Je vous tiens au courant.

D’ici là, voici quelques photos prises la nuit dernière.

 

Hyperolius concolor: toujours aussi difficile!

Ça fait maintenant quelques nuits que je travaille sur le cas des hyperolius concolor.  Je rappelle que cette grenouille mesure moins de 3cm pour le mâle.  Et moins de 4cm pour la femelle.  Pour l’heure, les individus qui se trouvent dans mon terrarium sont des juvéniles.  Elles mesurent environ 2cm!

Je dirais qu’elles sont tout aussi farouches que les rainettes faux-grillon que je pose, au printemps, dans les marais en périphérie de Montréal.rainette13

Les concolor sont un peu plus grosses que la faux-grillon (taille adulte s’entend), et dès que je m’approche, tout comme une faux-grillon, elles se dissimulent.  Bien sûr, les concolor peuvent aller moins loin dans un terrarium qu’une faux-grillon dans un marais, mais ce qui complique ma mission, c’est que la concolor est nocturne (et pas la faux-grillon).

Ça veut dire que je dois m’installer dans le studio, dans le noir, et ne conserver qu’un faible jet de lumière de type nocturne pour éclairer l’intérieur du terrarium.  Quand j’aperçois une concolor en activité, je hausse l’intensité lumineuse et j’ai alors quelques secondes pour prendre mes photos.  Après ces quelques secondes, la grenouille retourne se cacher.  Elle ressortira quelques dizaines de minutes plus tard.  Ce n’est vraiment pas simple.

Je vais essayer de vous filmer ma méthode pour photographier les concolor dans les prochains jours.

Malgré les embûches, je suis hier soir parvenu à réaliser quelques nouvelles photos.