Renards à l’affût

La semaine dernière, j’ai exploré un secteur qui me semblait prometteur pour les photos de renards.  Le champ, car c’est d’un champ dont il est question, était tout juste à côté d’une petite forêt urbaine que fréquentent assidûment les renards.  Je pouvais difficilement me tromper!

Le champ, lui, attire particulièrement les renards pour les rongeurs qui y circulent et qu’il consomment goulûment.  Des pistes abondantes prouvaient que les renards apprécient ce champ.

Le premier jour, je me suis installé à l’ouest du champ.  J’avais choisi ce côté pour avoir le vent de face.  Et la lumière du jour dans le dos.

Les pistes me laissaient croire que les renards utilisaient les rigoles cerclées d’arbustes pour circuler d’un endroit à un autre.  J’avais une bonne vue sur l’une d’entre-elles.

Comme de fait, un renard l’a emprunté pour circuler alors que j’étais à l’affût.  Mais il est demeuré loin de moi, rendant la photo assez difficile. Car je dus utiliser mon téléobjectif à son maximum de puissance, soit 600mm.  Et à 600mm, cet objectif (Tamron 150-600mm) performe moins bien. Comme si ce n’était suffisant, j’étais habillé en camouflage foncé.  Et quand j’ai remué pour mieux me placer pour prendre une photo, le renard m’a aperçu.  Et il s’est enfui.

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Le jour tirait de toute façon à sa fin.  Je me suis dit que j’aurais plus de chance le lendemain.

***

Le lendemain, j’ai misé sur le début de la journée plutôt que la seconde portion du jour comme j’avais fait la veille.  Mais c’est le renard qui a décidé du moment de la rencontre.  J’ai eu beau être sur place dès les aurores, c’est à midi que le renard est arrivé sur les lieux.

Le vent, qui provenait de la direction contraire à la veille, m’a forcé à me placer ailleurs pour mon affût.  Je me suis de ce fait retrouvé au carrefour des deux sections principales du champ.

J’avais aussi pris la précaution de corriger une des erreurs de la veille:  le camouflage.  Cette journée là, j’étais camouflé en hiver.

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Les pistes les plus fraîches passaient directement devant moi.  J’étais confiant.  Malgré l’attente qui s’étirait.

Lorsque je commençais à perdre espoir de réaliser les photos que je voulais, j’ai vu apparaître un point orange au loin.  C’était mon renard!!!  Mais il était encore plus loin que la veille.  Trop loin pour une photo, en fait.  Il a commencé à remuer la neige.  J’espérais qu’il ne décide pas de chasser à cet endroit trop éloigné de moi.  Quand tout à coup, il s’est mis en marche.  Directement dans le sentier de pistes que j’avais repéré et qui se dirigeait droit vers moi.

J’attendais que le renard soit suffisamment près pour commencer à faire des photos.  Il s’approchait toujours, sans me repérer d’aucune façon.

À 15 mètres, il a stoppé net. Quelque chose le dérangeait.  J’ai commencé à réaliser mes photos! Je n’ai eu que quelques secondes pour le faire avant que le renard ne fuit dans la forêt.

Le vent était assez fort cette journée-là.  Probablement qu’un tourbillon a fini par amener mon odeur jusqu’au museau du renard.

Pas grave!  Je suis tout de même parvenu à faire des photos qui me plaisent!

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Lorsqu’on marche en forêt, on doit garder l’oeil ouvert

Nos forêts croulant sous la neige semblent beaucoup plus calmes et désertes qu’elles ne le sont lors de la période estivale.  Plusieurs espèces ont en effet quitté vers des contrées plus chaudes.  Ou elles se sont assoupies dans l’attente du temps doux.

Dans un tel contexte de quiétude et de silence, j’ai tendance à partir dans ma tête, jonglant avec une idée ou une autre.  Mon attention s’étiole par le fait même.  Ce qui n’est pas toujours la chose à faire.  Car tout autour de moi, la vie est là, malgré le froid.

Cette semaine, je me déplaçais en forêt, les yeux tournés vers la cime des arbres.  J’espérais repérer une chouette, une buse ou un hibou.  C’est pourtant à la hauteur de mes pieds que la vie s’est animée.

Tout juste devant moi, j’ai vu quelque chose qui a remué.  C’était un animal sous la neige.  Quelle ne fut pas ma surprise de voir apparaître un cerf de Virginie!

Les cerfs dorment à même le sol.  Lorsqu’il neige, ils sont recouverts de neige.  Et deviennent très difficiles à repérer.  C’est vraiment à la dernière minute que je l’ai aperçu celui-là.

En se levant, il s’est secoué pour faire tomber la neige qui le recouvrait.  Il s’est ensuite tourné vers moi et m’a fait une grimace.  Une façon comme une autre de me signaler que je l’avais réveillé 😉

 

Encore des harfangs des neiges

Décidément, j’ai trouvé un bon secteur pour observer cet oiseau spectaculaire qu’est le harfang des neiges.

Au même endroit, je le retrouve tout le temps.  À l’évidence, il a choisi cet endroit pour passer l’hiver sous nos latitudes.  Il y trouve des rongeurs à profusion d’un simple coup d’aile. Il doit en consommer de 7 à 12 par jour pour maintenir la cadence. Et cet endroit le lui permet, alors pourquoi se casser la tête à explorer d’autres lieux doit-il se dire.

La dernière fois que j’ai été à sa rencontre, il se reposait.  Il s’est reposé des heures durant, n’ouvrant presque pas l’oeil de la journée.  Pourtant, on dit que le harfang chasse autant de jour que de nuit.  Semblerait que l’individu que j’ai repéré préfère la noirceur pour la chasse.

Dans les prochains jours, je retournerai à sa rencontre, mais j’essaierai d’y aller en fin de journée.  Peut-être aurait-je alors la chance de l’observer en pleine chasse…

L’emblème aviaire du Québec!

L’hiver, il quitte la toundra pour le sud du Québec. Dans la région de Montréal, il est alors possible de l’apercevoir perché à des endroits où il a une vue imprenable sur les champs.  C’est dans ces mêmes champs qu’il trouve les rongeurs dont il se nourrit.

Je parle du harfang des neiges.  Un gros strigidé appartenant au même groupe que le grand-duc.

Il a beau être omniprésent dans la région du grand Montréal, je n’en avais quand même jamais aperçu un seul.

Cela était avant les derniers jours!  Car la semaine dernière, j’ai aperçu mon premier harfang des neiges!

Et il s’est fait attendre, je dois bien le dire.  La journée tirait à sa fin et je m’apprêtais à fermer les livres et à rentrer au bercail.  Quand tout à coup, les événements se sont précipités.  Un harfang des neiges s’est pointé.  Il était près de la caméra.  Et il chassait!

Il a attrapé une proie juste devant moi et l’a consommée sur place!!

Je n’en croyais pas mes yeux!

Je suis retourné dans le secteur à quelques reprises hier et aujourd’hui et j’ai pu encore observer d’autres harfangs!

Un rêve s’est enfin réalisé!

P.S. Les oiseaux que j’ai aperçus sont des femelles. Me reste à photographier un mâle.  Les mâles sont tout blanc…

Une journée parmi les cerfs!

L’hiver, je fais surtout de la photo dans la région de Chaudière-Appalaches et de Montréal.  Ce sont des régions où l’on retrouve de fortes populations de cerfs de Virginie.

Mais il y a une différence de taille entre les deux régions quand on parle de photographie.  Près de Montréal, les cerfs sont habitués à la présence de l’humain.  Ils sont plus facilement approchables que là où se trouve ma maison du fond des bois, c’est-à-dire dans Chaudière-Appalaches.  Là, les approcher est à toutes fins utiles impossibles.  Il faut absolument consacrer plusieurs heures à l’affût pour espérer les apercevoir.

Parce que j’aime bien investir mes énergies au bon endroit, je mise donc sur la photo de lièvres et de gélinottes lorsque je suis dans Chaudière-Appalaches et sur la photo de cerfs quand je suis à Montréal.

Hier, j’ai eu l’occasion de me rendre dans les boisés de la périphérie de Montréal.  Mon objectif était de réaliser des images de cerfs dans des paysages d’hiver.  J’espérais que certains d’entre-eux arboreraient encore leur panache (les cerfs perdent leurs bois durant l’hiver).  J’ai été chanceux!  Plusieurs d’entre-eux les avaient encore.

Ce n’est quand même pas parce que les cerfs sont dans la région de Montréal habitués à entendre et voir les humains que la photo devient du même coup extrêmement facile.  Les cerfs ne tolèrent pas qu’on s’approche trop d’eux.  Un geste un peu trop brusque, une branche qui craque trop fort, et pouf, ils détallent comme…des lièvres!

Avec beaucoup de patience, je suis tout de même parvenu à m’approcher suffisamment d’eux, hier, pour réaliser quelques photos qui me plaisent.

En plus, il s’est un moment donné mis à neiger.  J’aime beaucoup les photos exposant des scènes hivernales. Avec la neige qui tombe, c’est encore mieux. Pour les cerfs de Virginie, je trouve que c’est encore plus vrai!

***

Pour réaliser ces photos, j’ai travaillé à l’approche, caméra à la main.  J’ai utilisé une Sony A6000 avec l’objectif Sony 70-200mm.

La photo de nuit, un monde de possibilités

Je dois l’avouer, je préfère la photo de fin de journée à celle des aurores.  Mon corps est moins difficile à activer en fin de journée que tôt le matin.  Ce qui veut dire que je suis toujours en forme quand la noirceur s’installe à la fin de mes séances de photo.  Jusqu’à récemment, ça voulait dire pour moi qu’il était temps de ranger caméras et autres équipements photographiques. Alors que mon énergie était toujours à bon niveau.

Puis, un jour, je me suis dit qu’il y avait certainement quelque chose à faire durant la nuit en photo.  Surtout que je travaille avec la gamme d’appareils de Sony, dont la A7Sii.  Cette caméra est réputée gérer les basses lumières comme pas une.

Alors je me suis mis à poser.  Longues expositions.  Et flashs.  Mais bon, ce que je parvenais à accomplir ne m’impressionnait pas tellement. Alors j’ai abandonné cette approche.

Pour mieux y revenir après avoir lu sur le « light painting ».  Le light painting, ça signifie seulement que je peins la scène avec une lumière artificielle pendant que l’obturateur de la caméra est ouvert.

Et là, franchement, je suis tombé sous le charme.  Je suis ainsi parvenu à réaliser des photos qui me plaisaient grandement.

Cet hiver, dès que je suis en nature et que le jour tombe, je conserve maintenant ma caméra en main.  Et je sors mes lampes et mon trépied.  Et je m’amuse à poser la nature et les environs d’une façon qu’on n’est pas habitués de les voir.  Grâce au « light painting ».

Le festin des coyotes

Depuis des mois, j’essaie de prendre en photo, dans leur environnement naturel et non dans un champ défriché, des coyotes.  Ce canidé fantomatique que l’on retrouve au Québec depuis les années 1940 me hante et m’obsède.  Je dois le prendre en photo!

Aujourd’hui, le coyote est très bien répandu sur le territoire québécois.  On retrouve ce canidé jusqu’à Sept-Îles désormais.

Si le coyote parvient à étendre aussi généreusement son aire de répartition en Amérique, c’est à cause du défrichage et de l’élimination de ses prédateurs naturels que sont le cougar et le loup.

Il a beau être omniprésent, chez nous, le coyote me donne toujours autant de maux de tête.  J’ai beau multiplié les affûts et les démarches, je ne parviens pas à le voir dans un rayon suffisamment court pour prendre une bonne photo.

Il y a quelques jours, je prospectais de nuit le meilleur secteur pour les coyotes que je connaisse et qui se trouve près de ma maison du fond des bois.  Chaque fois que je vais à cet endroit, j’y retrouve des pistes de coyotes nombreuses.  On dirait qu’un couple de coyotes y a établi son territoire.

Alors que je regardais à gauche et à droite, je suis tombé sur un site où ces mêmes coyotes ont consommé une carcasse d’orignal.

Un coyote n’est pas suffisamment puissant pour abattre un orignal.  Le cervidé dont on voit les restes sur les photos est probablement mort de cause naturelle.  Et les coyotes ont ensuite nettoyé la carcasse.  À moins qu’il fut s’agit d’un jeune orignal, animal que les coyotes auraient pu tuer.

À bien le dire, peu m’importait si les coyotes avaient abattu cet orignal ou s’il l’avait trouvé mort.  Ce que je savais par contre, c’est que j’avais trouvé un bon lieu pour faire un affût.

Et voici la stratégie que j’ai mise de l’avant pour tenter de photographier enfin des coyotes, dans un environnement naturel non-dégradé:

Jour 1: repérage. Il y avait plein de pistes à l’endroit où je note le plus régulièrement la présence de coyotes. C’est une rivière qui traverse la forêt. Les coyotes l’utilisent comme voie d’accès. Ils entrent dans le bois d’un bord pis de l’autre pour chasser ou fouiller. Il y a comme un barrage de castor dans le coin. Mais il semble abandonné. Bonus cette fois-ci, il y avait plein de pistes qui conduisaient à une carcasse d’orignal bien entamée.

territoire coyotes

Jour 2: j’ai installé ma cache près de la carcasse. En évitant de trop marcher un peu partout. J’ai installé ma cache fermée (voir la photo) à bonne distance de la carcasse. Je dirais 120 pieds environ. Je me suis assuré que les vents dominants poussaient mes odeurs en dehors du spot. Et j’ai quitté les lieux.

Jour 3: J’ai pris pour acquis que la cache était en place depuis suffisamment longtemps pour que je tente un affût. J’ai fait l’affût de fin d’après-midi (de 14h à la noirceur). Les vents étaient à 45 degrés face à moi, et poussaient mes odeurs vraiment bien en dehors du site. Vers où les odeurs sont poussées, il n’y a jamais vraiment de pistes de coyotes. Mais la carcasse semblait délaissée depuis mon premier passage. Il n’y avait plus de pistes fraîches. J’ai quand même travaillé le site en me disant que les coyotes étaient encore sûrement dans le coin.

Pour caller, j’utilise un appeau électronique que j’ai placé près de la carcasse et près d’un appelant de lapin. Peut-être 40 pieds. Il n’est pas très puissant. Les puissants coûtent 300-400$. Je me suis contenté d’un appeau à 100$. Ça fait un cri à peu près aussi fort que ma voix. Je le contrôle avec mon cellulaire. J’ai aussi des appeaux manuels. Un pour imiter le cri du coyote. L’autre pour imiter le cri de détresse du lapin à queue blanche. Mais je ne les utilise pas. J’ai peur de faire des fausses notes. Je me rabats donc sur mon appeau électronique.

Voici la séquence de call que je fais.

1- J’arrive sur le site et j’attends un bon 15 minutes avant de commencer. Je commence avec le cri de localisation du coyote. Je veux donner l’impression au groupe installé sur le territoire que des intrus viennent d’arriver. J’attends ensuite 3- 5 minutes. Et je commence le call des cris de détresse des proies. Je veux faire croire aux coyotes du territoire que les intrus chassent leurs proies. J’utilise principalement le cri de détresse du lièvre d’Amérique. J’ai un moment douté de la qualité de ce call. Je pensais que là était mon problème. Mais je suis parvenu à faire réagir des grands ducs, des chouettes rayées, des autours des palombes, des corbeaux et des mésangeais avec ce call. Je me dis que si ça fait réagir les oiseaux, ça devrait aussi fonctionner pour les canidés.

Depuis peu, j’utilise aussi le cri de détresse du lapin à queue blanche. Il n’y en a pas vraiment ici, mais je me dis que ça peut provoquer la curiosité des coyotes. Je n’ai pas vraiment obtenu de réaction avec ce call.

Quand je fais le cri de détresse, je le fais pendant 30-45 secondes. Puis j’attends 2-3 minutes et je recommence. Je fais ça pendant 30 minutes puis j’arrête. Je recommence la séquence 15-20 minutes plus tard.

Comme on s’apprête à entrer en période de rut pour le coyote (fin janvier et février) et qu’il ne mange pas trop dans ce temps-là, j’ai aussi joué avec les nerfs des coyotes en faisait l’appel de la femelle en chaleur. Et le cri de jeunes mâles aussi. J’essaie de provoquer le couple de coyotes qui occupent mon territoire.

Pour cette première fois, j’ai été très énergique sur le call. Peut-être trop. Mes séquences étaient courtes. Et je recommençais rapidement.

Jour 4 – Le soleil se lève à 7:22. La veille, j’avais déplacé ma cache dans un endroit où elle était mieux dissimulée. Je me suis installé dans ma cache à 6:50. J’ai commencé le call de localisation du coyote à 7:15. Et j’ai fait la séquence comme ici haut. Mais j’y ai été plus mollo. J’ai espacé les calls.

Sans résultat. Les coyotes n’ont pas répondu. Et n’ont pas déboulé pas sur le site.

Vers 9:15, j’étais un peu tanné d’attendre. Alors je suis sorti de la cache. Je suis allé voir la carcasse d’orignal. Aucune trace d’activité récente.  J’étais un peu découragé.

Je me suis dit que les coyotes devaient s’être éloignés du secteur. Je me suis donc mis à prospecter les environs, et j’ai retrouvé la trace de mon couple de coyote un peu plus loin sur la rivière. Il est passé sur la rivière entre mon départ de la veille au soir quand la noirceur s’installait et mon arrivée du lendemain matin avant que le jour ne se lève. Durant la nuit, donc.

Les pistes se dirigeaient parfaitement sur ma cache. La ligne que je veux pour faire ma photo. Puis, elles ont bifurqué à environ 100 pieds pour entrer dans la forêt et passer derrière ma cache! Le vent dominant arrivait dans le dos des coyotes. Ils ne peuvent pas vraiment avoir senti ma cache (que je laisse presque toujours dehors pour casser les odeurs). Et je ne pense pas qu’ils puissent l’avoir vue non plus (voir les photos de la cache de jour. J’imagine à la noirceur).

cache

Tout ça, sans résultat!  Encore une fois!  Enfin pour le coyote.  Car pour le lièvre, je suis parvenu à faire de belles photos.  Mais bon, ce n’était pas l’espèce que je recherchais!

***

J’ai depuis parlé à l’un des meilleurs chasseurs de coyotes du Québec.  Il m’a pointé quelques erreurs graves que j’ai commises lors de cet affût:

1- J’ai modifié l’environnement naturel du coyote en installant ma cache, ce qui l’a inquiété et éloigné du site.  Pour se camoufler, mieux vaut une combinaison qu’une cache.  Ce à quoi j’ai déjà remédié:

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2- J’ai trop callé et mal callé.  Le call met le coyote en alerte.  Mieux aurait valu que j’attende simplement le passage du coyote sans faire de bruit.

3- L’idéal serait d’appâter les coyotes sur le long terme.

Bref, la mission n’est pas terminée.  Et elle s’avère encore plus difficile que je ne l’avais cru au départ.  Mais heureusement, j’ai encore quelques trucs dans mon sac 🙂

À suivre, donc!

Les lièvres ont été coopératifs!

Depuis quelques jours, je tente d’enrichir ma banque d’images de lièvres en pelage d’hiver.

La neige recouvre déjà les paysages sur mes sites de photo, alors c’est le temps de se consacrer à cette espèce commune qui demeure tout de même très difficile à poser.  Car c’est une espèce nocturne.

Pour parvenir à mon objectif, j’ai de ce fait recours au piégeage photographique.

Dans un premier temps, je cherche les sentiers des lièvres.  Le lièvre aménage des sentiers l’été comme l’hiver entre ses sites de repos et d’alimentation. Il entretient minutieusement ses sentiers, car il doit pouvoir fuir rapidement si un prédateur se pointe. Et dieu sait que les prédateurs qui visent le lièvre sont nombreux.

Ces sentiers sont faciles à repérer l’hiver.

Une fois que j’ai repéré les sentiers, je réfléchis à l’endroit qui ferait une bonne photo. On veut un endroit dégagé. Mais avec un arrière-plan intéressant. J’installe à cet endroit mon piège photographique. Ensuite, je place quelques graines de tournesol sous la neige. Parce que ce n’est pas beau si on les voit dans la photo.

Finalement, j’installe des petites branches pour forcer le lièvre à aller aux graines en s’installant devant la caméra.

Pour les lièvres de nuit, je travaille avec deux flash.  Et le système de détection de mouvements de Captraption.

Ensuite, on croise les doigts!

J’ai été bien chanceux cette semaine.  Je suis parvenu à récolter des images de lièvres qui me plaisent bien!

Plonger avec les baleines à bosse

Il n’y a pas si longtemps, j’étais à l’autre bout du monde, sur le Saint-Laurent, avec des animaux extraordinaires. D’année en année, j’y demeure de juin à octobre, avant de rentrer à Montréal.

Mais l’année 2018 a été une année particulière. Parce qu’il y a eu ce jour de septembre! Un jour incroyable! Que je n’oublierai jamais!

Le temps était à la pluie ce jour-là. Mon chum Steeve Labrie, qui plonge souvent avec moi, a par conséquent décidé de laisser sa caméra dans l’auto, afin d’éviter de l’endommager. Mais moi, je la traîne partout, ma caméra. Beau temps, mauvais temps. Ça m’a permis de faire des photos de baleines à bosse!!!

Steeve, lui, n’avait que son cellulaire sur le bateau alors que les baleines à bosse nous encerclaient. Il a de ce fait pu mettre en vidéo ce que moi je ne faisais que poser. Ça permet de mieux saisir toute la grandeur de ce moment unique.

Il vient de m’envoyer un montage de cette journée-là. Montage qui me rappelle encore une fois à quel point j’aime ce Saint-Laurent grandiose!

Des gélinottes à la tombée du jour

Il y a quelques jours, j’ai trouvé un site où les gélinottes huppées viennent s’alimenter.  Elles visent des arbustes, et leurs bourgeons, que l’on retrouve à cet endroit.

Pour avoir trouvé ce site, je n’ai pas beaucoup de mérite.  Il s’agissait tout simplement de suivre les traces des gélinottes dans la neige fraîche…Elles m’ont conduit là où je devais aller.

Une fois la découverte réalisée, j’ai rapidement pris la décision d’installer un affût à cet endroit, dans l’espoir d’obtenir de belles photographies de ce gallinacé.

Lorsque je suis sur la Côte-Nord, je n’ai nul besoin de passer par l’entremise de l’affût pour poser les gélinottes.  Elles y sont beaucoup moins farouches qu’ici. « Ici », c’est à seulement une heure de la Capitale nationale (Québec).  C’est dire que les gélinottes du coin subissent une sévère pression de chasse.  L’automne, je n’ai qu’à tendre l’oreille pour entendre les coups de feu provenant des quatre coins de la forêt dans laquelle je suis plongé.  Et l’oreille aguerrie sait reconnaître les calibres utilisées pour la gélinotte…

Tout ça pour dire que si je marche ici dans la forêt dans l’espoir de photographier une gélinotte, elles auront déguerpi bien avant que je puisse m’en approcher un tant soit peu, rendant la photo impossible.  D’où l’intérêt de l’affût.

Et à l’affût, c’était aujourd’hui que ça devait se passer.  Je me suis donc installé quelque part en fin de matinée.  L’hiver, c’est moins grave si on s’installe pour la photo en plein jour.  La lumière est moins dure lors de la froide saison qu’elle ne l’est l’été.  On peut donc faire de belles photos, même si on est loin du lever ou du coucher du jour.

La caméra pointée vers la forêt infinie, j’attendais dans mon affût.  Patiemment. Et rien ne se passait… Bien sûr, les écureuils circulaient, mais aucune gélinotte en vue.

Le temps s’étirait et la fin de la journée s’annonçait. Déjà!  Il faut dire que ces jours-ci, le soleil se couche vers 15h55.  Ça ne laisse pas beaucoup de temps pour attendre celui qui sait toujours se faire attendre.

Je commençais à me dire que j’allais manquer de lumière pour faire mes photos de gélinottes, que j’allais peut-être rater mon objectif.  J’étais un peu stressé par tout ça, mais en même temps, je me disais que ça fait partie du jeu. Après tout, on ne peut pas réussir à tous les coups.

J’en étais à ces réflexions quand tout à coup, j’ai aperçu une gélinotte à travers les buissons.  Elle s’approchait, mais vraiment tout doucement.  Elle semblait inquiète. De tout et de rien.  Elle surveillait de tous les bords et de tous les côtés avant d’avancer d’un nouveau pas.  Comme si un rapace énorme devait lui tomber dessus si elle ne marchait pas à pas de loup.

Pas à pas, elle est finalement arrivée à un endroit où j’ai pu la poser.  Sans branches entre elle et moi. Et il restait assez de lumière dans mon sous-bois pour le faire.  La photo serait bonne!  Je l’espérais!

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Clic, j’ai appuyé sur le déclencheur.  Et rapidement, j’ai regardé la photo dans mon viseur.

Mission accomplie!  Elle était réussie!

Dans ma tête, je me suis dit que je pouvais maintenant ramasser mon matériel et rentrer à la maison.  La lumière ne serait de toute façon plus suffisante dans quelques instants pour faire de la photo.  Alors à quoi bon!

Et c’est alors que j’ai vu que ma gélinotte n’était pas seule.  Elles étaient en fait trois à se diriger droit vers moi.  Et toutes, elles étaient très prudents.  Et lentes.  Ce qui laissait encore plus de temps au jour pour s’éteindre jusqu’au lendemain.

(L’activité humaine et la pression de chasse ont rendu ces oiseaux excessivement farouches.  Ils prennent mille et une précautions avant de poser un geste.  Et ils sont surtout actifs très tôt le matin ou en fin de journée.  Alors que sur la Côte-Nord, les gélinottes sont pleinement diurnes.  C’est dire si nous avons un impact important sur la faune qui nous entoure).

Par-delà ces réflexions, je pris la décision de rester à mon poste et de prendre les photos que je pourrais. Je savais bien que la lumière déclinerait rapidement et qu’elle ne serait bientôt plus suffisante pour faire des photos présentant beaucoup de détails.  Mais je voulais faire des photos d’ambiance de ces oiseaux ayant appris à se faire tellement discrets.

Et je n’ai pas été déçu!

J’aime beaucoup ces photos nous montrant des gélinottes se déplaçant sur un site d’alimentation alors que le jour s’achève.  Ces oiseaux sont superbes! Franchement! Ils le sont en plein jour comme entre chien et loup.

***

Je suis finalement rentré chez moi à la nuit tombée, mon barda sous le bras.  En marchant dans la neige humide et collante, je me disais que j’étais très heureux des photos que j’avais réalisées!