Pièges photographiques

Afin d’évaluer plus efficacement les sites où je pense m’installer à l’affût, je me suis procuré de petites caméras qu’utilisent les chasseurs.

Le procédé est simple.  Tu programmes la caméra, tu l’attaches sur un arbre, et tu espères qu’un animal passera en avant dans les heures qui suivent.  Si tel est le cas, l’animal en question déclenchera automatiquement la caméra. Et une photo d’être ainsi prise.

Bon, la qualité de la photo n’est pas terrible.  On s’entend que de telles photos ne seront jamais publiées nulle part.  Mais ça permet de voir des choses qu’on ne verrait pas autrement.  Surtout la nuit.  Car oui, ces caméras ont des leds noirs qui permettent de prendre des photos en pleine nuit.

De nos jours, bien des espèces ont adopté des comportements nocturnes même si ce sont des espèces diurnes.  C’est le cas du renard roux notamment.  Celui-ci vit tellement près des humains qu’il préfère bien souvent s’activer après la tombée du jour pour être certain de bien les éviter.

J’ai commencé à tester la chose.  Dans une forêt de Chaudière-Appalaches, près de ma petite maison dans les bois.  Parce que j’espère cet hiver parvenir à faire des photos de canidés sauvages.  Le canidé, c’est pas de la tarte.  C’est rusé.  Et ça nous repère efficacement.  La moindre odeur, et bing, il est parti.  Alors pour parvenir à le photographier, ça exige bien du travail. Et ça commence par parfaitement connaître le site en question.  Ces caméras me seront par conséquent bien utiles.

À ma première tentative la semaine dernière, j’ai rencontré un premier problème.  Les coyotes tournent autour de mon site d’affût, mais ils ne rentrent pas dans la zone payante, là où je pourrai les photographier.  Même la nuit, ils ne viennent pas dans cette zone.  Je le sais car ma première caméra n’a posé…que des lièvres.  Toute la nuit, des lièvres ont été posés par ma caméra à l’endroit où j’espérais voir renards et coyotes.

J’ai très probablement provoqué un problème d’odeur en installant mon affût.  À ma prochaine tentative, je vais m’assurer de mieux masquer mes odeurs.  Ça se fait en laissant la cache (je me sers d’une genre de petite tente de chasse pour me cacher) dans du sapinage (ce qui se fait présentement dans la boîte de mon camion) et en utilisant du savon coupe-odeur.  Je dois m’en procurer avant la prochaine tentative.

Je le disais précédemment, les photos produites par ces caméras ne sont pas d’une qualité impressionnante.  Si on veut obtenir de bonnes photos, alors il faut utiliser un autre système.  C’est un fonctionnement assez simple lui aussi, mais quand même beaucoup plus compliqué que les caméras de chasse.  Il s’agit de prendre un dslr, et de le laisser dehors.  Moi, j’utilise un vieux Canon Rebel XTI.  J’ai fabriqué une boîte de bois.  Et je place dedans.  Et je branche la caméra à un déclencheur automatique.  Celui-ci fonctionne autant en photo qu’en vidéo (mais pas la vieille canon qui ne fait que des photos).

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Bien sûr, ça prend aussi un système pour protéger le flash qu’on devra aussi laisser dehors.  Une boîte de plastique Tupperware fera l’affaire.

Pour l’heure, j’ai seulement fait un test à l’intérieur avec ce système. Et avec ma Sony A7Sii (et non la vieille Canon).

Une souris à pattes blanches qui s’était introduite illégalement chez moi était mon sujet.  Avec une lentille macro, ça donne des résultats assez impressionnants.  J’ai bien hâte d’utiliser tout ça sur le terrain.  Je vous en donnerai des nouvelles!

souris (1 sur 1)

Une fois n’est pas coutume

En photo animalière, je me refuse de me rendre dans les zoos.  Pour moi, le défi de photographier un animal dans son milieu naturel est une loi immuable et qui ne doit être violée sous aucun prétexte.

Mais aujourd’hui, j’ai fait exception à la règle.  Je m’en confesse.

Je devais ce matin me rendre au zoo Écomuseum qui se trouve dans l’Ouest de l’Île de Montréal pour aller chercher le prix que j’ai remporté dans le cadre d’un concours de photo.  J’avais soumis une photo d’une rainette faux-grillon, espèce menacée de disparition, et celle-ci a remporté le Coup de coeur du public.

Tant qu’à traverser l’île d’Est en Ouest, j’ai amené fiston avec moi.  Et la blonde aussi.  On s’était promis de visiter le zoo en question.  Évidemment, je ne me rends jamais à un endroit où il y a des animaux sans ma caméra…

J’ai fait plusieurs photos des animaux qui se trouvent dans ce zoo.  Ce sont des animaux qui ont été rescapés d’accidents ou qui sont nés en captivité.  Aucun ne pourrait vivre en liberté, en nature.  Ce qui me réconcilia avec l’activité photo de la journée.

C’était la première fois que je faisais des photos dans un zoo.  Première impression:  c’est drôlement facile en comparaison des kilomètres que tu dois parcourir en forêt pour ne ramener parfois aucune photo digne d’intérêt.  Mais ça, c’est l’évidence même.

Et dans le zoo, les animaux sont proches.  On peut donc se concentrer sur des détails comme les yeux, les dents, etc.

Mais je trouve que les animaux en imposaient moins que ceux qu’on rencontre en nature.  Peut-être à cause de l’adrénaline qui bouillonne dans nos veines quand on rencontre enfin un animal libre qu’on pourchasse depuis si longtemps pour la photo, sensation qu’on ne ressent évidemment pas en zoo.  Je ne saurais dire.  Mais il demeure que les animaux me semblaient ternes dans leurs attitudes.

Le zoo demeure quand même une bonne place pour tester des trucs en photo.  En nature, on a souvent qu’une fraction de seconde pour faire sa photo.  Ça ne pardonne pas.  Si le focus est mou, l’exposition mal réglée ou que sais-je encore, c’est final.  On doit vivre avec le résultat.  Au zoo, on peut recommencer, et recommencer, et recommencer.  L’animal ne peut s’en aller bien loin.  C’est par conséquent un bon contexte de test.  Mais sans plus.

Voici les photos du jour, prises dans un zoo…

Les bruants hudsoniens sont là

 

Ce petit oiseau niche l’été dans la toundra.  Il entreprend sa migration vers le sud assez tard à l’automne.  Il passera l’hiver aux États-Unis.

La femelle descend plus au sud que le mâle.

Lorsqu’il est en déplacement, le bruant hudsonien forme des groupes de quelques dizaines d’individus.  Il lui arrive de faire des arrêts aux mangeoires.

C’est un beau petit oiseau, mais assez difficile à poser.  Il est assez farouche (pas trop, mais quand même), et il bouge constamment.  Qui plus est, il aime se tenir à travers les branches.  Difficile d’avoir un point de vue sur lui qui soit dégagé de tout élément distrayant l’oeil.

Pour le photographier, j’utilise un téléobjectif de 600 mm juché sur un monopode.  En se déplaçant ainsi dans le marais, espérant parvenir à capter l’image de l’oiseau, on se fatigue assez vite.  Car le téléobjectif est assez lourd.  Et la vase aime bien retenir nos bottes.  On se place de ce fait en situation où un flou de bougé peut survenir à tout moment.  Un monopode, c’est bien pratique.  Ça empêche les mouvements verticaux de la caméra.  Mais ça n’empêche pas les mouvements horizontaux.  Ce sont les bras qui doivent empêcher ces derniers.  Et quand on est fatigué, la caméra bouge plus que d’habitude.  Et l’image s’en ressent.

En fait, le mieux pour photographier cet oiseau serait d’utiliser un trépied.  Mais il se déplace beaucoup.  Dans les champs et marais.  Pas très pratique de se promener là avec un trépied.

Les autres photos du jour:

Don

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C$5.00

Maître renard

Aujourd’hui fut une journée difficile dans le boisé du Tremblay.  Bien du vent et un peu de pluie.  Aussi bien dire que les animaux se faisaient discrets. Et moi de geler pendant ce temps-là!

Heureusement, il y avait au moins un arbre sur lequel a grimpé une vigne au cours des dernières années.  Les fruits attiraient tout un groupe de grives qui se sont relayées tout le jour pour les ingurgiter.  Il s’agissait fort probablement de grives à dos olive.  Mais je trouve qu’il est très difficile de les distinguer de la grive à joues grises.  Alors si quelqu’un est en mesure de les identifier mieux que moi, je suis preneur de l’information.

Autour de l’étang où je me trouvais, je n’ai pas aperçu beaucoup d’autres espèces d’oiseaux que les grives.  Il y avait bien sûr quelques mésanges à tête noire.  Comme toujours. Et des juncos ardoisés, mais rien qui sortait vraiment de l’ordinaire.

J’ai alors décider de chercher plutôt les dernières grenouilles qui chantaient, mais je ne suis pas parvenu à les prendre en photo.

C’était vraiment un jour difficile, quoi!

Sur le chemin du retour, je me suis arrêté dans le sentier du castor.  Il l’emprunte pour aller couper des arbres un peu plus loin dans la forêt.  J’espérais l’apercevoir. Et le prendre en photo. Je me suis arrêté là.  Et j’ai attendu.  Cinq minutes peut-être.  Et c’est alors que j’ai alors entendu un son.  Un jappement en fait.  J’ai tout de suite reconnu le cri du renard roux.  J’ai pénétré plus loin dans la forêt.  Tout doucement.  En essayant de faire le moins de bruit possible.

C’est alors que j’ai vu une silhouette bouger à travers les bosquets.  C’était le renard.  J’ai cessé de bouger.  Me disant que je serais très chanceux s’il venait vers moi puisque j’avais le vent dans le dos.  Mon odeur s’en allait donc directement sur le renard.  Celui-ci a quand même progressé vers moi encore quelques pas.  Sa tête a de ce fait percé entre les broussailles.  Il était assez loin de moi.  Mais il m’a senti quand même. Le renard s’est arrêté, inquiet, et m’a regardé.  J’ai eu une grosse seconde pour prendre ma photo.

Finalement, le jour s’est bien terminé.  Comme toujours 😉

renard (1 sur 1)

La lumière change

Le froid a beau se faire attendre, il n’en demeure pas moins que l’automne est maintenant bien installé autour de nos chaumières.  Même si on vit dans le coin de Montréal.  À preuve, la lumière beaucoup moins éclatante que l’on a présentement sur nos sites de photo, contrairement à la période estivale.

Ça fait que ce matin, j’étais beaucoup trop tôt dans le marais pour que ça en vaille la peine.  Pendant une heure, je n’ai rien pu  faire d’autre qu’attendre l’arrivée de la lumière. Mon appareil photo étant tout simplement dépassé par les événements lorsqu’ils se produisent à 6h30 le matin, l’automne.  La lumière étant juste trop faible.

Quand le soleil a fini par éclairer mon étang, j’ai eu la change d’apercevoir une belle buse.  D’accord, elle était très loin.  Mais ça demeure une buse qui doit réussir à vivre dans la région métropolitaine, là où il y a beaucoup plus d’automobiles que d’arbres.  Alors, chapeau à elle!

buse (1 sur 1)

Plus le jour se levait, et plus les oiseaux s’animaient.  Et j’étais là pour eux.  Pour tester une nouvelle configuration caméra.  Qui implique un capteur plus petit que mon « full frame » que j’utilise normalement.  Plus petit le capteur, certes, mais la caméra, elle, est plus réactive avec mon téléobjectif que mon « full frame ».  Je me dis donc que le match devrait être parfait.

Pour tester la chose, un épervier brun m’a fait signe.  Il était très haut dans l’arbre.  Mais il est demeuré immobile le temps que je teste quelques trucs. Pas très convaincants mes tests, mais bon, ça reste un épervier brun qui vit…vous me voyer venir, j’imagine, avec la région métropolitaine ? 😉

Le plus drôle, c’est que j’ai pris une photo de cet épervier qui ressemble en tout point au dessin de Charles Beckendorf que je me suis procuré récemment et que j’ai reçu aujourd’hui par la poste.  Ok, ok, c’est une lithographie (la 80e sur 300), car je n’ai pas les moyens de me payer un original de ce peintre américain, mais n’en demeure pas moins que la photo et le dessin ont quelque chose à partager entre eux 😉

La lumière faible de ce jour a malmené le plus petit capteur de cette nouvelle caméra Sony A77ii.  Faudra que je retourne plusieurs fois tester la machine sur le terrain pour savoir vraiment ce qu’elle a à offrir, mais bon, de prime abord, je suis pas mal convaincu que je devrai hausser la vitesse d’obturation et baisser les ISO quelque peu, question de réduire le bruit.  Ça devrait constituer de beaux défis. Elle semble plus capricieuse que mon « full frame’ cette caméra aps-c!

Je vous en donnerai des nouvelles, promis.

D’ici là, voici quelques photos du jour:

 

Des étoiles comme des racines

À chaque anfractuosité que l’on croise lorsque l’on évolue sous les flots du Saint-Laurent, on observe d’étranges racines.  On se demande alors bien quelle plante peut trouver confortable de pousser ainsi sous les pierres, les pattes en l’air.

Bien sûr, il ne s’agit pas d’une plante. Mais d’une étoile de mer.  Une fragile étoile de mer que l’on appelle ophiure pâquerette.

Celle-ci se protège sous les pierres en laissant dépasser ses pattes.  De la sorte, elle peut capturer des petits crustacés, des débris organiques ou de petits vers dont elle se nourrit et qui passerait par là.

Cette étoile est fort abondante dans le Saint-Laurent.  Mais on ne la voit pratiquement jamais dans son entièreté.  À moins de déplacer des pierres.  Mais ce faisant, on met en péril la micro-faune qui s’y abrite.  Alors vaut mieux ne pas le faire.

Un jour ou l’autre, il y aura bien une ophiure qui acceptera de sortir d’elle-même de sa cachette pour qu’on l’observe plus attentivement, dans toute son entièreté.

Les visiteurs indésirables

Inévitablement, quand tu as une maison au fin fond des bois, là où tu ne vas pas si souvent que ça, ça donne l’opportunité à tout un tas de petits visiteurs de s’installer chez vous, en ton absence.

À l’approche de l’hiver, ce sont les mouches de toutes espèces qui recherchent des quartiers où passer les temps durs.  Les coccinelles aussi.  Surtout l’asiatique qui a envahi le Québec depuis quelques années.  Ces insectes sont bien présents en mes murs, l’automne venu, quand j’arrive à ma maison après une longue absence.  Ça nécessite alors un bon ménage.

Mais il y a des animaux plus gros aussi qui aiment bien profiter de mon intérieur chaud et douillet quand l’hiver approche.  Les souris à pattes blanches, principalement.

Dans une maison, ça fait du dégât ces petites bêtes.  On ne peut bien sûr pas les tolérer.  C’est pourquoi j’ai développé une stratégie pour les capturer vivantes.  Il s’agit de mettre un appât dans un rouleau de papier essuie-tout au-dessus d’une chaudière assez creuse.  La souris entre dans le rouleau, elle se rend à l’appât (beurre de pinotte en l’occurrence), et boum, elle tombe et se ramasse dans la chaudière. Ne reste alors plus qu’à lui montrer la porte.

Ok, ok, les mauvaises langues me feront remarquer que si la souris est parvenue à entrer une première fois dans la maison, elle réussira bien une seconde fois.  J’image que oui.  Mais j’aime mieux ça que de les passer à la trappe.

De toute façon, je cherche constamment les endroits par où ces petits rongeurs peuvent pénétrer dans ma maison.  Mais comme il s’agit d’une maison patrimoniale, assise sur un vide sanitaire, mettons que les endroits où entrer sont assez nombreux.

À mon arrivée à ma maison il y a quelques jours, j’ai entendu, le soir venu, le bruit caractéristique d’une souris se promenant de ci, de là de par mon chez moi.  Je savais qu’une job de chasse à l’intrus m’attendait.  Mais avant de m’y consacrer, j’ai décidé de tester mon piège photographique.

La photo animalière exige de longues heures passées à l’affût.  Mais lorsque la nuit tombe, c’est plus compliqué. Parce qu’il est alors confortable d’être à l’intérieur, auprès des siens.  Dans ces cas-là, c’est pratique d’avoir une caméra qui travaille pour soi, pendant que l’on dort ou que l’on est tout simplement chez soi.

Le fonctionnement d’un piège photographique est simple.  Il s’agit de placer sa caméra dans une petite cabane conçue pour elle et de la connecter à un détecteur de mouvement.  Ce détecteur de mouvement sort la caméra de sa mise en veille et la force à prendre des photos ou des vidéos quand un sujet traverse son faisceau.

C’est un système assez simple d’utilisation.  Mais je me doutais bien que ça serait un défi de prendre de bonnes photos avec ça.  Avant de me lancer en forêt, je voulais donc tester mon système sur mon visiteur indésirable.

Pour avoir du succès avec cette méthode, il faut d’abord deviner où le sujet pointera le bout de son museau.  On règle alors manuellement le focus à cet endroit.  Et on s’éloigne en espérant que tout se passera comme on le souhaite.

Pour cette première tentative, la souris a joué le jeu.  Faut dire que je savais qu’elle s’était installée dans mon poêle non-fonctionnel (c’est pas si bête ces rongeurs, car si elle avait choisi l’autre poêle, les conséquences auraient été tout autres pour elle, lorsque le moment serait venu de faire de la chaleur dans la maison) J’ai donc pu installer ma caméra au bon endroit et la photographier à plusieurs reprises.

Mais question composition photographique, ce n’était pas toujours au point.  Loin de là en fait.  Avec un tel système, il faut accepter les ratés.  Et il faut accepter de recommencer souvent. Ça m’a pris trois nuits pour avoir deux photos potables. Comme quoi, ce n’est pas parce qu’on n’est pas là au moment de la prise de la photo que l’on travaille moins pour autant.

Quand j’irai tester le système en forêt, je vous ferai une vidéo pour vous montrer tout ça.

En attendant, je dois vous laisser.  J’ai une souris à capturer et à foutre à la porte 😉