Quelques jours avec les tarins des pins

La semaine dernière, les tarins des pins ont fait leur apparition dans les boisés derrière chez moi.  Il y en avait des dizaines et des dizaines.  Je ne les avais point aperçus jusqu’ici, cet hiver.  Leur arrivée en grand nombre fut par conséquent assez surprenante!

Le plumage de l’oiseau peut apparaître quelconque au premier regard.  Ça demeure un petit oiseau brun, avec un peu de jaune sur la base des rectrices.  Mais il est tellement sympathique, cet oiseau, qu’on en oublie rapidement le peu d’éclat de son apparence.

C’est un oiseau très peu farouche qui se laisse approcher facilement.  Il s’agit donc d’un bon sujet pour la photo.  Et comme il forme de grands groupes, ce ne sont jamais les sujets de photo qui manquent lorsqu’il est dans les parages.

Si la nourriture se faire rare certains hivers, le tarin de pins prendra la décision de migrer vers le sud.  En rangs serrés, il pourra se rendre aussi loin du Québec que la Floride.

C’est un oiseau qui est régulièrement victime d’accidents avec les voitures.  Il est attiré vers le bord des routes par les sels de déclaçage qui sont ici épandus l’hiver afin de faire fondre la glace.  Son caractère peu farouche le dessert alors car il ne s’envole qu’au dernier moment lorsqu’une voiture se dirige vers lui.  Et pas tout le temps dans la bonne direction…

Campagnol en macro

La plupart des gens qui aiment la nature sont principalement attirés par les grands animaux.  Il est vrai qu’ils sont très spectaculaires et font forte impression lorsque l’on croise leur route.  Ceci ne veut toutefois pas dire que les petits animaux, que l’on ignore trop souvent, ne peuvent en faire autant.

Plus je photographie, et plus je me rends compte que c’est la macro et les animaux minuscules qui m’intéressent le plus.  Sous l’eau, avec ma 90mm, je découvre des créatures du Saint-Laurent qu’il est à peu près impossible de voir à l’oeil nu.  Ramener ces sujets à la surface, grâce à ma caméra, me permet de les faire découvrir de fort belle façon aux gens.

Je fais des découvertes semblables dans les buissons.  Les insectes sont très certainement les mal-aimés du règne animal.  Et pourtant, quand on y regarde de plus près, on découvre des animaux qui sont franchement magnifiques.

Cet hiver, je tente une approche similaire, en macro je veux dire, mais avec les mammifères cette fois.  Tous les petits rongeurs qui habitent nos forêts se retrouvent rarement dans nos albums photos.  Il est vrai que de par leurs moeurs plutôt nocturnes, il est difficile de les observer.  Mais pas impossible.

Pour les photographier, je m’y prends d’une manière assez simple.  Mais quelques éléments doivent être réunis si l’on veut voir la démarche couronnée de succès.

Tout d’abord, une petite neige tendre doit venir de tomber.  Lorsque les souris, musaraignes et campagnols marchent dessus, ils laissent ainsi leur trace.  Ça ressemble un peu à la piste d’un écureuil, mais en beaucoup plus petit bien sûr.

Je dois aussi trouver un trou par où le rongeur accède à la surface.  Car l’hiver, ces petits animaux passent la majeure partie du temps dans des tunnels qu’ils creusent dans la neige.  Ils se nourrissent ainsi à l’abri des regards.  Mais certaines plantes arborent des graines au sommet de leurs tiges.  Les souris ne peuvent y résister et sortent enfin de leur tunnel pour les consommer.  Du petit trou, on doit voir des pistes indiquant que des aller-retour sont effectués par le rongeur entre le trou et la plante.

Quand on trouve un tel site, on s’assoit et on attend.  Le mieux est d’y aller à la fin de la journée.  La lumière est alors suffisante pour prendre des photos.  Et les rongeurs deviennent plus actifs. Je travaille quand même au flash.  Avec un objectif macro de 180mm, ce qui me permet de garder une certaine distance entre moi et le sujet.  Et il faut faire très vite car lorsque le rongeur est sorti de son trou, il se précipite vers la plante et se re-précipite aussi rapidement vers son repaire.  On a alors que quelques fractions de secondes pour prendre sa photo.

Et cela donne des photos comme celles-ci.  Des photos de campagnols cette fois.

Nous avons sept espèces de campagnols au Québec.  Le campagnol-à-dos-roux-de-gapper, le campagnol des bruyères, le campagnol sylvestre, le campagnol des champs, le campagnol des rochers, le campagnol-lemming de cooper, et le campagnol-lemming boréal.  Ils sont assez difficiles à distinguer les uns des autres.  Celui qui se trouve sur la photo est, je crois, le campagnol des champs.  C’est un campagnol commun au Québec, et qui se trouve sur l’ensemble du territoire.  L’été il est essentiellement nocturne.  Mais lorsque l’hiver arrive, ses besoins en énergie le pousse à s’activer aussi le jour.  Ses populations fluctuent selon un cycle de trois ou quatre ans.

Des polatouches, sur leur tronc

Les dernières séances de piégeage photographique que j’ai réalisées avec les polatouches (écureuils-volants), je ne parvenais qu’à les poser au sol.  J’ai obtenu de belles photos dans le lot, mais on s’entend que ce n’est pas là une position qui est très naturelle pour cet animal.  Et ce, bien que l’on sait que le polatouche descend régulièrement au sol pour se nourrir.

En ce qui me concerne, je souhaitais obtenir des photos de polatouches, mais dans les arbres.  J’y suis parvenu il y a quelques semaines en me promenant dans les bois, la nuit.  Muni d’une lampe LED, je scrutais la cime des arbres pour repérer l’animal.  Et j’en ai vu quelques-uns.  Cela a donné une fichu de bonne photo, je trouve.

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Mais hier soir, il pleuvait.  Je n’avais décidément pas envie de répéter le même manège.  Demeurer au sec, cela me tentait.  C’est pourquoi j’ai eu recours à la trappe photo.

Il y a un arbre derrière chez moi que les polatouches semblent affectionner plus particulièrement.  C’est presque toujours là que je les retrouve en fait.  C’est donc mon site de prédilection pour cette espèce.  Et c’est encore là que j’ai posé mon piège, hier soir.

J’ai ajusté l’objectif de ma caméra à 18 mm (C’est une 16-35mm Sony).  Car je voulais bien voir le tronc et pas seulement le polatouche. Mais, avec le recul, je trouve que je n’ai pas suffisamment approché la trappe de l’endroit où le polatouche est passé.  En fait, il est passé plus haut sur l’arbre que je ne l’avais prévu.  L’éclair du flash a par conséquent mal éclairé le sujet, ce qui a donné des photos relativement sous-exposées.  Et la nuit, c’est mortel car on perd alors plus de détails que dans le jour.

Décidément, il me faudra régler le problème de l’éclairage que je traîne de séance en séance.  Il me faudrait un deuxième flash pour bien éclairer les scènes.  Mais le problème, à ce jour, est de bien les faire fonctionner en pair par grand froid.  Ils ne déclenchent pas toujours simultanément (ça, c’est vrai pour la Canon car pour la Sony, je n’ai qu’un seul flash). Et l’émetteur qui déclenche les flashs à distance ne fonctionne pas dans la boîte Pelican car le signal est bloqué par le plastique (ça aussi, c’est seulement vrai pour la Canon). Mais le printemps s’en vient, alors c’est le temps d’explorer plus à fond cette avenue.

D’ici là, j’ai quand même obtenu des photos intéressantes.  Si on fait abstraction du piqué bien sûr.

(je recadre les photos.  C’est pour ça que l’angle de prise de vue semble changer).

Des lièvres, la nuit

Dans la forêt derrière ma maison du fond des bois, les lièvres d’Amérique pullulent.  L’hiver, il s’agit simplement de plonger notre tête entre les arbres garnis de neige pour observer des traces de leur présence par dizaines.

Il y a d’abord la trace de leurs pattes laissée dans la neige, pattes du lièvre qui sont tellement caractéristiques qu’elles trahissent très facilement sa présence.  Mais il y a aussi les branches rongées (voir la photo ici bas où le lièvre est debout sur ses pattes arrières.  Il est en train de gruger l’écorce d’une branche) et les petites crottes rondes laissées de ci, de là dans les bois qui nous permettent de savoir que le lièvre fréquente le secteur.

Mais ce n’est pas parce qu’ils sont très nombreux derrière chez moi qu’ils ont pour autant faciles à photographier.  En fait, c’est très difficile de les poser.  De jour, en tout cas.

Car le lièvre d’Amérique, proie d’à peu près tous les habitants de la forêt qu’il est, est un animal farouche.  Il sort rarement en plein jour.

Durant le jour, il est de ce fait très peu actif.  Et l’hiver, il demeure alors caché sous les branches au pied des arbres.  Pour l’observer, il faut scruter attentivement toutes les cachettes obscures qui se trouvent sur notre chemin.  Celles qui sont cerclées par les pistes des lièvres offrent évidemment les meilleures chances d’en repérer un.  Mais ce n’est pas gagné quand même.

Évidemment, prendre une photo d’un animal tapi dans un trou noir, ce n’est franchement pas l’idéal.  La photo a toutes les chances du monde d’être sous-exposée.  Et ça, c’est si le lièvre n’a pas détallé à notre seule approche, rendant de toute façon la photo impossible.

Ce qui revient à dire que je ne réussis à peu près jamais à les observer durant le jour.  Et encore moins à les poser durant ces moments de la journée.

Parce que le lièvre est plutôt nocturne, c’est la nuit qu’on a le plus de chances de le voir actif.  Mais faire de la photo, la nuit, ce n’est vraiment pas facile. Il faut traîner des lumières leds et attendre l’arrivée du sujet. Dans le froid.  En se demandant ce qu’on fait là.

En ce qui me concerne, j’aime bien dormir la nuit.  C’est pourquoi j’ai adopté une autre stratégie pour la photo nocturne:  le piégeage photographique.

De prime abord, ça peut sembler simple cette méthode.  Tu places ta caméra dans le bois, avec un flash et un bidule qui déclenche la photo dès qu’il y a mouvement ou changement de température devant lui, et bingo!  Techniquement, il est vrai que c’est simple à faire fonctionner.

Mais pour réussir une photo digne de ce nom avec une telle configuration, c’est une tout autre paire de manche.  C’est en fait très difficile.

Il faut d’abord effectuer beaucoup de repérage, question de savoir où l’animal que l’on recherche risque le plus de passer devant notre caméra. Car il ne sert à rien de laisser une caméra dans le bois si aucun animal ne passe devant, pas vrai?

Pour le lièvre, je recherche plus particulièrement les secteurs où je trouve des branches d’aulnes à hauteur du sol.  Il faut que les tiges soient rongées par les lièvres, signe qu’ils viennent là se nourrir.  Il faut qu’il y ait des crottes fraîches aux alentours aussi.

Quand je trouve un tel spot, je sais que les lièvres sont présents et actifs dans le coin.  Je place alors une caméra de surveillance qu’utilisent les chasseurs.  Question d’être certain que le secteur est bel et bien fréquenté par les lièvres.  Et pour savoir vers quelle heure les lièvres semblent là les plus actifs. Et quelle température est la plus propice à leur passage sur le site.

Ces caméras procurent de bonnes informations.  Il est vrai.  Mais la qualité des photos est médiocre.

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Une fois que le secteur semble avoir du potentiel pour la photo du lièvre, j’y retourne.  Mais cette fois, je suis armé d’une vraie caméra.  Une caméra DSLR ou mirrorless. Ça dépend.

Je me permets d’utiliser ma Sony A7sii (mirrorless) quand je suis sûr que personne ne me la volera quand je ne serai plus là.  Car c’est une caméra dispendieuse quand même.  Si j’ai des doutes, je place plutôt ma vieille Canon Rebel XTI.  Ça ne vaut plus rien.  Alors si quelqu’un la vole, c’est moins grave.

Je place la caméra dans un caisson Pelican que j’ai modifié. Comme ça, la caméra est bien protégée des animaux trop curieux et elle est à l’abri des intempéries.

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J’ai fait un trou dans le caisson pour y coller un filtre UV qu’on utilise en photographie.  C’est par là que la caméra prend ses photos.  J’ai aussi fait deux trous sur les côtés pour laisser passer les fils qui s’en vont au flash et au détecteur de mouvement-chaleur.

Le flash se trouve lui aussi dans une boîte de plastique, question de le protéger de la pluie et de la neige.

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Je place la caméra sur un trépied, ce qui me permet d’ajuster l’angle de tir selon ma volonté.  Et je pars dans le bois avec tout ça en dessous du bras…Dans la neige molle, j’y vais bien sûr en raquettes.  Ce qui complique encore un peu plus l’opération.

Installer cet équipement sur le site n’est pas plus simple que tout le reste.  Il faut bien deviner où le sujet passera exactement.  Car la zone de focus est très courte  Cela étant à cause de la proximité de la caméra du sujet lorsque l’on pose en pleine noirceur, au grand-angle.  L’éclair du flash n’étant évidemment pas assez puissant pour se rendre à l’autre bout de la forêt. On veut donc une photo de grande proximité.

Je dirais que j’ai une zone de jeu d’environ 30 centimètres dans laquelle le sujet doit impérativement passer. C’est là que je place manuellement mon focus.

J’ai ensuite recours à des techniques de trappe que j’ai apprises dans mon autre vie.  Ces techniques me permettent de forcer le sujet à passer dans la zone au focus.  Comment je m’y prends au juste?  Je casse de petites branches et je les pique dans la neige, question de barrer l’accès vers où je ne veux pas que le lièvre s’en aille.

Pour prendre la photo, je travaille avec un objectif grand-angle. 20mm environ. Ça permet de bien voir le sujet et son environnement de vie, la nuit. J’utilise la fonction ISO automatique, mais je la bloque pour qu’elle ne monte pas au-delà de 3200.  Ça, c’est vrai pour la Sony.  Parce qu’avec la Canon, cette fonction n’existe pas.  Sur cette caméra, je mets les ISO à 800.  Et j’utilise une bonne vitesse d’obturation.  Environ 1/500, voire 1/800.  J’ajuste le flash en TTL (automatique).  La plupart des piégeurs photographiques l’ajustent manuellement, le flash.  Je fais peut-être ici une erreur.  Mais pour l’instant, ça fonctionne pas trop mal.  On verra plus tard si je corrige cela.

Et ensuite je prie!

Et il faut prier fort car le sujet n’est pas toujours coopératif.  Parfois il passe trop près de la caméra.

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Ou trop loin.

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Quand il ne vient pas carrément lécher le filtre UV par où se prend la photo!

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Le piégeage photographique, c’est vraiment une approche qui procure bien des erreurs.  Et un peu de frustration, je dois bien l’admettre. Car plus souvent qu’autrement, on regarde les photos prises en son absence, et elles sont toutes ratées.  Il faut alors recommencer et corriger le tir selon les enseignements appris des erreurs de la veille.

Pour la série de photos de lièvres qui se trouve ci-bas, photos prises la nuit, en hiver, j’ai passé bien des soirées à courir les bois avant d’obtenir quelques photos qui me plaisent.  Car réussir du premier coup en ce domaine, c’est plutôt rare.

Et je ne parle pas du défi que cela représente de faire fonctionner tout ce matériel par grand froid.  Les piles qui tombent à plat après une seule nuit, les flashs gelés qui ne déclenchent pas quand le sujet passe devant la caméra, ou le givre qui s’installe sur le filtre, ruinant de ce fait les photos obtenues chèrement…Bref, les risques d’erreurs et d’échecs sont très nombreux.

Mais il n’en demeure pas moins que cette technique me permet au moins des contacts beaucoup plus fréquents avec les sujets difficiles que l’affût ou l’approche fine en forêt.  Car quoi qu’on fasse, l’animal devine pas mal toujours notre présence.  Il fuit alors, rendant la prise de la photo très difficile.

La nuit, une caméra seule est beaucoup moins dérangeante pour les sujets que ma présence de gros bipède humain.  Et cela se voit dans les résultats.  J’ai des dizaines de photos de lièvres prises par la caméra quand je ne suis pas là, et seulement quelques-unes quand je tiens le kodak.

Ceci étant dit, et malgré toute la difficulté que représente le piégeage photographique,  quand ça fonctionne, hé bien, on est heureux.  Et on a seulement hâte d’aller replacer sa caméra dans la forêt.

Des souris en milieu naturel

Plus souvent qu’autrement, la photo animalière relève du grand défi.  Nous savons tous qu’il est très difficile de capturer avec une caméra ces moments qui nous permettent de découvrir le quotidien des espèces animales qui vivent elles aussi sur cette planète.

Quand on pense à ces grands défis, on est souvent portés à penser d’emblée aux grands prédateurs ou aux animaux ultra rares.  Il nous vient moins fréquemment à l’esprit que photographier les petits animaux communs qui nous entourent peut aussi être très difficile.

J’ai expérimenté la chose la semaine dernière en tentant de photographier des souris et campagnols dans leur milieu naturel.  C’est-à-dire dans la forêt derrière ma maison du fond des bois.

Il s’agissait tout d’abord d’un défi à cause du grand froid.  Et aussi parce que ces rongeurs sont essentiellement nocturnes.  Je devais donc trouver une façon de les poser dans le noir.  La méthode retenue a été le déclenchement à distance, avec mon iphone.  Très difficile d’agir ainsi car mon écran de cellulaire était quasiment noir.  Je ne voyais que passer les ombres des rongeurs.  Je devais alors appuyer très rapidement sur le bouton, quand une ombre circulait, et espérer ainsi réussir la photo.

(J’ai bien tenté d’éclairer la scène avec des lumières LED, mais les rongeurs refusaient dès lors obstinément d’approcher la caméra.  C’est donc dans le noir complet que l’action photographique a dû se dérouler.)

On se l’imagine aisément:  une telle méthode a donné un tas de photos ratées.  Des campagnols qui sont de dos, ou pas au focus, j’en ai tout un tas dans mon ordinateur.

Mais il y en a quand même une que j’ai réussie!  Après des heures et des heures d’essais et erreurs.  D’accord la zone de focus est courte, mais on voit quand même bien le regard de ce sympathique campagnol!

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Ce fut une rude soirée que j’ai passée dans le noir et le froid.  Mais je suis bien content d’avoir pu mieux comprendre la vie du sous-bois telle qu’elle se mène lorsque le soleil est couché.

Et je dois aussi dire que je ne suis pas le seul, dans le coin, à s’intéresser aux petits rongeurs.  Les geais bleus également!

Sur cette photo, un geai bleu s’attaque à ce qui semble être une souris sylvestre.  La souris sylvestre et la souris à pattes blanches sont très difficiles à distinguer l’une de l’autre.  Mais ce qui me permet de parler, ici, d’une souris sylvestre, c’est le fait que la queue du sujet soit bigarrée.  La souris à pattes blanches a normalement une queue de couleur unie.

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Les polatouches, ces êtres nocturnes

L’automne dernier, j’ai découvert que des polatouches habitent la forêt derrière ma maison du fond des bois.  Il ne m’en fallait pas plus pour que je tente de les prendre en photo.

Poser ces animaux n’est pas une mince tâche.  Parce qu’ils sont nocturnes, essentiellement.

De ce fait, j’ai d’emblée tenté de les poser avec des pièges photographiques.  J’y suis parvenu.  Bien sûr. Mais je n’étais pas tellement content du résultat.

Il faut dire que j’utilise une très vieille caméra Canon dans mon piège photographique.  Ce qui donne des résultats moins intéressants que ceux que j’obtiens avec mes récentes caméras Sony.

Mais aussi parce que la composition, avec un piège photographique, relève du très grand défi.  La plupart du temps, je ne suis parvenu qu’à poser ainsi les polatouches alors qu’ils étaient au sol.  Ce qui n’est pas un endroit où on les trouve naturellement, minant de ce fait la qualité des photos.

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Au cours de la dernière semaine, j’étais de retour dans ma maison du fond des bois.  J’ai donc tenté à nouveau de poser ces polatouches, qu’on appelle aussi familièrement écureuil-volant; enfin c’est comme ça au Québec. On les appelle ainsi parce qu’ils parviennent à planer d’arbre en arbre grâce à la membrane de peau qui relie leurs pattes d’en avant aux pattes d’en arrière.

Mais cette fois, j’ai laissé les pièges photographiques de côté et je me suis armé d’une barre de lampes LED. J’ai ainsi exploré la cime des arbres, de nuit bien-sûr.

Un moment donné, j’ai vu quelque chose filer comme l’éclair d’une branche à l’autre.  Deux petits silhouettes sautaient d’arbre en arbre. C’étaient bien des polatouches!  J’ai éteint ma lampe. Et j’ai attendu.  Dans le noir.  Tout était revenu d’un calme de plomb.

J’ai alors ré-ouvert la lampe, et un polatouche était juste là, devant moi, sur une branche basse.  J’ai pu prendre une photo qui me plaît bien davantage que celles que j’ai jusqu’ici obtenues avec les pièges photographiques.polatouche (1 sur 1)

Le polatouche était tellement à l’aise qu’il s’est alors mis à faire sa toilette.

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J’ai quand même fermé ma lampe rapidement, permettant à la forêt, et aux polatouches, de retrouver le calme de la nuit.

L’appendiculaire, cet animal étrange

Au cours de la première moitié de la saison de plongée, l’été dernier, je rencontrais fréquemment un drôle d’animal dans la colonne d’eau. Comme nous n’avions aucune idée de quoi il s’agissait, et que rien dans nos guides du Saint-Laurent nous donnait d’informations pertinentes à ce sujet, nous avions comiquement baptisé l’animal « crachat de mer ».

Crachat de mer, car il vivait entouré d’une capsule de gélatine.

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Il a fallu que nous mettions la main sur le livre Plancton, publié par des chercheurs français, pour avoir la réponse à nos questions.

Et c’est ainsi que nous avons su que nos crachats de mer étaient en fait des appendiculaires.

L’appendiculaire ressemble à un petit tétard qui vit dans sa capsule de gélatine. L’animal vit seulement quelques jours. Il se développe très rapidement. Sa queue lui sert à créer un petit courant qui lui permet d’amener les bactéries et autres animalcules à sa bouche, afin de s’alimenter, bien sûr.

Lorsque l’animal meure, la capsule accroche des éléments de la colonne d’eau en coulant, éléments qui sont de ce fait entraîner vers les grandes profondeurs des océans, là où ils contribuent tous à la fertilisation du milieu des abysses.