Pas parce qu’une espèce est commune qu’elle ne connaît pas de problèmes

La grenouille léopard (lithobates pipiens) est une grenouille très commune au Québec.  Et ailleurs au Canada. Mais comme à peu près tous les amphibiens, elle connaît elle aussi une époque difficile.

genouille léopard

La grenouille léopard tire son nom des taches sombres qui se trouvent sur son corps.  C’est une espèce nocturne mais qu’on peut aussi apercevoir en plein jour.  Cette grenouille mesure de 50 à 100mm.

Au printemps, les mâles arrivent les premiers dans les mares.  De là, ils appelleront les femelles.  La saison de reproduction débute normalement à la fin avril et peut s’étendre jusqu’au début juin.  La femelle pondra de 1000 à 5000 oeufs qu’elle accroche dans la végétation.

Au moment de s’alimenter, la grenouille léopard n’est pas difficile.  Tout ce qui peut loger sans sa bouche devient une proie potentielle.  Les insectes figurent bien sûr à son menu. Mais les plus gros représentants de l’espèce peuvent aussi s’attaquer à d’autres amphibiens, des couleuvres, des petits rongeurs ou même de petits oiseaux.

Hier, j’ai aperçu une grenouille léopard dans la flaque d’eau où je filme des rainettes faux-grillon depuis quelques années maintenant.  Ce qui n’est pas nécessairement une bonne nouvelle.  Lorsque les grenouilles léopards s’installent dans un milieu, cela marque le recul des faux-grillons.

La grenouille léopard a bien évidemment ses propres prédateurs.  Les oiseaux échassiers, les tortues et bon nombre de mammifères appréciant les milieux humides, comme le vison par exemple, n’hésitent jamais un instant avant d’engloutir toute grenouille léopard qui passerait par là.

Mais le plus grave problème que rencontre la grenouille léopard est la destruction de son habitat par l’homme.  L’agriculture, l’assèchement des marais, les coupes forestières de même que la pollution provoque un recul des populations de cette espèce pourtant commune.

L’espérance de vie de la grenouille léopard est d’environ quatre ans.

Publicités

Découverte d’un hibernacle

Hier, j’explorais des milieux humides en périphérie de Montréal quand je suis tombé sur un phénomène que j’espérais observer depuis des années.  La sortie printanière des couleuvres de l’hibernacle!

La couleuvre rayée (Thamnophis sirtalis) est un animal ectotherme.  Ça signifie que la température de son corps varie en fonction de la température ambiante.  L’hiver, elle doit donc se mettre à l’abri. Et pour ce faire, elle peut parcourir des kilomètres pour retrouver son hibernacle.

En guise d’hibernacle, la couleuvre peut choisir des éboulements de roches, des crevasses dans la terre, des terriers de mammifères abandonnés.  Ce qui est important pour elle, c’est que la température de son repaire ne franchisse jamais la barre du zéro degré celsicus, ce qui marquerait bien sûr son arrêt de mort.  C’est que contrairement à certains amphibiens du Québec, comme la grenouille des bois (lithobates sylviaticus), la couleuvre rayée ne possède pas de substances antigels qui protègent ses cellules en cas de gel.  Une fois congelée, la couleuvre meurt.  Pas la grenouille des bois!

La température idéale de l’hibernacle est de 3 ou 4 degrés.  Les cachettes sont recherchées et il n’est pas rare de retrouver des dizaines de couleuvres dans le même hibernacle.

Hier, l’hibernacle que j’ai repéré était un simple trou dans la terre.  Des dizaines de couleuvres en sortaient toutes en même temps.  Les réserves de graisse s’épuisant tout le long de l’hiver, les températures clémentes du printemps lancent donc la nécessité de s’alimenter.  Et de se reproduire aussi!

Ç’a été tout un spectacle.  Je me suis couché sur le sol.  Les couleuvres sortaient et sortaient d’un trou à peine plus gros qu’une seule d’entre elles (la couleuvre rayée peut mesurer jusqu’à 60-70 centimètres).  Elles étaient si peu farouches que plusieurs sont venues à ma rencontre.  Certaines passaient sur mon corps.  Alors que d’autres m’inspectaient de leur langue sur la peau de mes mains et des mes bras.

hibernacle

Le phénomène a duré des heures.

Tout un souvenir!

 

 

La mue chez sphodromantis lineola

Ça faisait quelques jours que je trouvais que ma mante africaine (sphodromantis lineola) se comportait étrangement. En fait, elle était très peu active.

Je suspectais qu’elle préparait une mue.

Et ce matin, mes prévisions ont été confirmées. J’ai trouvé l’enveloppe de ma mante au fond du vivarium.

Il s’agit d’un processus qui permet à l’insecte, en l’occurrence ici une mante africaine, de produire une nouvelle cuticule en se débarrassant de l’ancienne. L’insecte va ainsi grandir en taille.  Il peut simultanément acquérir de nouveaux organes ou se métamorphoser.

Chez sphodromantis lineola, la durée de vie est d’environ un an pour la femelle. Un peu moins pour le mâle. Le mâle muera 7 fois avant d’atteindre la taille adulte. La femelle, elle, muera 8 fois. Elle atteindra une taille de 10 centimètres. Ce qui fait d’elle un insecte trop lourd pour voler. Le mâle, plus petit, possède quant à lui des ailes et peut s’en servir.

C’est une bonne idée, considérant que la femelle dévorera très souvent le mâle à l’issue de l’accouplement. Dans pareilles circonstances, aussi bien s’envoler rapidement une fois l’acte consommé 😉

Sophromantis lineola

Sphodromantis lineola est une grosse mante originaire d’Afrique.  C’est un super prédateur.  Très vorace.

La femelle peut mesurer près de 10 centimètres.  Le mâle, un peu moins.

Lors de l’accouplement, les chances sont très importantes que le mâle finisse dans l’estomac de la femelle.

Lorsqu’on voit cet insecte chasser, on se dit qu’on est très heureux qu’il ne mesure pas un mètre de long 😉

 

Cucumaria frondosa et caprella sp

Aujourd’hui, je vous présente cucumaria frondosa ainsi que caprella sp. En alimentation.
 
Le concombre de mer, pour s’alimenter, s’accroche au décor, à un endroit où il y a beaucoup de courant. Avec ses bras, il capture des éléments du plancton. Il plonge ensuite ses bras dans son système digestif. On dirait alors qu’il lèche ses doigts!
 
À force d’explorer les profondeurs du Saint-Laurent, j’ai remarqué que caprella sp. (la caprelle) ciblait régulièrement le dos des concombres de mer pour installer ses affûts. Le courant qui plaît au concombre de mer plaît donc aussi à la caprelle.
 
De ses bras qui rappellent ceux de la mante religieuse, elle capture elle aussi des éléments du plancton transportés par le courant.
 
Dans la dernière scène, remarquez la caprelle gravide.
 
Bon visionnement 😉

Aspidophoroides monopterygius

Aujourd’hui, je vous présente un poisson étonnant.  Que je n’ai pas la chance d’apercevoir souvent lorsque j’explore les profondeurs du Saint-Laurent.  Peut-être une fois ou deux par année, seulement, que ce poisson croise mon masque.

Il s’agit de aspidophoroides monopterygius.  Plus familièrement, on l’appelle le poisson alligator atlantique.

Pourquoi « alligator » ?  Certainement pas à cause de sa taille en tout cas.  Ce poisson mesure une 20aine de centimètres au maximum.

Si on fait référence au grand saurien quand on le nomme, c’est tout simplement à cause de sa queue longue et effilée, et de ses nageoires qui lui servent de pattes.  Car ce poisson ne nage pas vraiment.  Il marche sur le fond du Saint-Laurent.  Ce qui rappelle la façon qu’a l’alligator de se déplacer.

Je ne suis pas le seul à ne pas l’apercevoir très souvent.  Les chercheurs non plus.  Conséquence:  c’est un poisson très méconnu.  On ne sait donc pas ce qu’il mange ni comment il se reproduit.  On sait par contre qu’on peut le rencontre de 15 mètres à plus de 200 mètres de profondeur.

En tant qu’espèce benthique, aspidophoroides monopterygius serait la proie de poissons comme la morue, le flétan et l’aiglefin.

Mais assez parlé de lui, regardons-le maintenant évoluer dans les profondeurs du Saint-Laurent.

Poisson alligator

 

Faute de marais, on se contente des terrariums

Comme un peu partout ailleurs sur la planète, on vit actuellement une période de confinement au Québec.  Il nous est recommandé de sortir le moins possible.  Au lieu de sortir, je fais plutôt de la photo dans la maison.  En me tournant vers mes terrariums.

À l’intérieur de ceux-ci, je conserve des hyperolius fusciventris, des correlophus ciliatus, des dryopsophus caeruleus et des sphodromantis lineola.  Dans les prochains jours, j’ajouterai quelques espèces.

Afin de donner un aperçu de la vie qui évolue dans mes vivariums, j’ai sorti mes caméras vidéo.  Et je tourne.

Hier, je voulais présenter la façon dont s’alimentent les caeruleus.  Il s’agit d’un gros amphibien australien.  J’ai deux bébés de cette espèce, bien sûr nés en captivité.  Je les nourris à l’aide de grillons ou de vers cirés.  Je les nourris à la pince, afin d’éviter que ces rainettes n’avalent du substrat en même temps que leurs proies, ce qui pourrait occasion des blocages du système digestif.

Vidéo rainettes de White

Un mâle pointe le bout de son nez

Chez les grenouilles et autres rainettes, les femelles sont généralement plus grosses que les mâles.  C’est le cas chez hyperolius fusciventris.  Qui plus est, la femelle de cette espèce est  beaucoup plus colorée que le mâle.

Ce qui peut étonner de prime abord.  Chez les oiseaux, des animaux que l’on connaît beaucoup mieux, nous sommes habitués de voir des mâles présenter des plumages beaucoup plus attrayants que les femelles.

Je ne sais pas si c’est à cause de la taille très modeste des deux mâles hyperolius fusciventris que je possède, mais ceux-là sont très discrets.  Ils ne sortent que lorsque la nuit est vraiment bien installée.  Contrairement aux femelles qui sortent déjà à la brunante pour se nourrir.  Et lorsque les mâles sont en patrouille, ils se déplacent toujours discrètement.  Bien à l’abri dans le feuillage.  Résultat:  je ne parviens presque jamais à les photographier.

La nuit d’hier a fait exception.  J’ai pu avoir un bon point de vue sur un mâle qui était juché sur le dessus du feuillage de mon vivarium.  J’ai pu prendre une photo, mais à travers le verre du vivarium, ce qui altère bien sûr la qualité de l’image récoltée.  Pourquoi n’ai-je pas ouvert la porte?  Tout simplement parce que le mâle se serait recaché illico…

La femelle hyperolius fusciventris:

Le mâle hyperolius fusciventris:

Des rencontres extraordinaires!

Lorsque je m’amène avec moi des clients pour plonger les eaux du Saint-Laurent, j’essaie toujours de leur faire vivre les moments les plus extraordinaires possible.

Le seul fait de visiter les profondeurs du Saint-Laurent marque les mémoires pour longtemps.  Mais j’essaie d’en faire un peu plus.  C’est pourquoi lors de l’intervalle de surface (moment de pause que l’on doit prendre entre deux plongées), je place mon zodiac à des endroits où la visite de rorquals à bosse sera possible.

Les rorquals à bosse sont des animaux curieux.  Il arrive fréquemment qu’ils s’approchent du bateau!  Au plus grand bonheur des humains à bord.

Ceci étant dit, il est illégal de se propulser, à l’aide de son moteur, à moins de 100 mètres des espèces de cétacé non-menacées.  Quand il s’agit d’espèces menacées, on ne peut se propulser à moins de 400 mètres.  Pour les espèces non-menacées, comme le rorqual à bosse, si des individus s’approchent du bateau de 1 à 100 mètres, on n’est pas obligé de quitter les lieux.  On peut profiter du moment.  Si une espèce menacée s’approche du bateau (moins de 400 mètres), on doit démarrer le bateau et quitter les lieux.  On ne doit donc pas laisser un béluga ou un rorqual bleu interagir avec notre bateau.

Quand il s’agit de juvéniles, peu importe que l’espèce soit menacée ou pas, on ne doit pas s’approcher à moins de 400 mètres.  Si un juvénile d’une espèce non menacée s’approche du bateau, on ne doit pas prolonger le contact.

Ceci étant dit, profitez bien des images qui suivent 🙂

Les rorquals à bosse nous visitent