Un mâle pointe le bout de son nez

Chez les grenouilles et autres rainettes, les femelles sont généralement plus grosses que les mâles.  C’est le cas chez hyperolius fusciventris.  Qui plus est, la femelle de cette espèce est  beaucoup plus colorée que le mâle.

Ce qui peut étonner de prime abord.  Chez les oiseaux, des animaux que l’on connaît beaucoup mieux, nous sommes habitués de voir des mâles présenter des plumages beaucoup plus attrayants que les femelles.

Je ne sais pas si c’est à cause de la taille très modeste des deux mâles hyperolius fusciventris que je possède, mais ceux-là sont très discrets.  Ils ne sortent que lorsque la nuit est vraiment bien installée.  Contrairement aux femelles qui sortent déjà à la brunante pour se nourrir.  Et lorsque les mâles sont en patrouille, ils se déplacent toujours discrètement.  Bien à l’abri dans le feuillage.  Résultat:  je ne parviens presque jamais à les photographier.

La nuit d’hier a fait exception.  J’ai pu avoir un bon point de vue sur un mâle qui était juché sur le dessus du feuillage de mon vivarium.  J’ai pu prendre une photo, mais à travers le verre du vivarium, ce qui altère bien sûr la qualité de l’image récoltée.  Pourquoi n’ai-je pas ouvert la porte?  Tout simplement parce que le mâle se serait recaché illico…

La femelle hyperolius fusciventris:

Le mâle hyperolius fusciventris:

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Des rencontres extraordinaires!

Lorsque je m’amène avec moi des clients pour plonger les eaux du Saint-Laurent, j’essaie toujours de leur faire vivre les moments les plus extraordinaires possible.

Le seul fait de visiter les profondeurs du Saint-Laurent marque les mémoires pour longtemps.  Mais j’essaie d’en faire un peu plus.  C’est pourquoi lors de l’intervalle de surface (moment de pause que l’on doit prendre entre deux plongées), je place mon zodiac à des endroits où la visite de rorquals à bosse sera possible.

Les rorquals à bosse sont des animaux curieux.  Il arrive fréquemment qu’ils s’approchent du bateau!  Au plus grand bonheur des humains à bord.

Ceci étant dit, il est illégal de se propulser, à l’aide de son moteur, à moins de 100 mètres des espèces de cétacé non-menacées.  Quand il s’agit d’espèces menacées, on ne peut se propulser à moins de 400 mètres.  Pour les espèces non-menacées, comme le rorqual à bosse, si des individus s’approchent du bateau de 1 à 100 mètres, on n’est pas obligé de quitter les lieux.  On peut profiter du moment.  Si une espèce menacée s’approche du bateau (moins de 400 mètres), on doit démarrer le bateau et quitter les lieux.  On ne doit donc pas laisser un béluga ou un rorqual bleu interagir avec notre bateau.

Quand il s’agit de juvéniles, peu importe que l’espèce soit menacée ou pas, on ne doit pas s’approcher à moins de 400 mètres.  Si un juvénile d’une espèce non menacée s’approche du bateau, on ne doit pas prolonger le contact.

Ceci étant dit, profitez bien des images qui suivent 🙂

Les rorquals à bosse nous visitent

Dryopsophus caeruleus

Pour aujourd’hui, ça sera un portrait d’un amphibien de grande dimension et originaire d’Australie:  dryopsophus caeruleus, ou rainette de White!

C’est à la fin du XVIIIe siècle que l’espèce a été découverte par le naturaliste britannique John White.  Lorsqu’un spécimen fut envoyé en Angleterre, l’agent de conservation utilisé détruisit les pigments jaunes et donna une teinte bleutée à la grenouille.  D’où son nom caeruleus, qui signifie bleuté en latin.

Dryopsophus caeruleus est une grosse grenouille. Plutôt verte.  Mais elle peut aussi présenter des teintes brunes ou bleutées.  Certains individus présentent des taches blanches sur le dos.  Les femelles peuvent dépasser les 10 centimètres.  Les mâles sont un peu plus petits, et dépassent rarement 7 centimètres.  Et c’est là le seul critère permettant de distinguer les sexes qui sont, on l’aura compris, très semblables chez cette espèce.

L’espèce peut vivre de 10 à 15 ans.

Les mâles chantent bien sûr durant la saison de reproduction.  En tant que représentants d’une espèce arboricole, ils se choisissent un promontoire près d’une source d’eau, temporaire ou non.  Les oeufs seront pondus par la femelle dans cette eau.  La femelle peut pondre plus de 1000 oeufs par année.

Les mâles ne chantent pas seulement durant la période des amours.  Ils peuvent aussi chanter en début de soirée ou après une pluie.

Qui dit grosse grenouille dit gros appétit.  Dryopsophus caeruleus consomme de gros insectes, d’autres amphibiens et même de petits mammifères comme des souris.

C’est une grenouille que l’on retrouve dans les forêts tropicales du nord et de l’est de l’Australie.  Elle est aussi présente en Indonésie.  Malgré la destruction de ses habitats, ce n’est pas un animal menacé.

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* Carte Wikipedia

En tant qu’amphibien, dryopsophus caeruleus a des poumons.  Mais l’animal respire aussi par la peau.  Celle-ci doit donc constamment être humide.  Ce qui est un certain désavantage pour cette famille animale, car l’humidité attire les agents pathogènes et ceux-ci peuvent pénétrer facilement la peau des amphibiens.  Mais la rainette de White a développé une stratégie pour se prémunir des bactéries et des virus.  Cette grenouille sécrète par la peau des substances antiseptiques qui la protègent bien.  Ces substances sont utilisées en pharmacologie.  Les scientifiques ont même démontré que des éléments contenus dans les substances antiseptiques de la rainette de White pouvaient combattre le VIH chez l’humain.

Vivarium

vivarium

De par sa longévité et sa robustesse, c’est un amphibien populaire dans le monde de la terrariophilie.

Cet amphibien calme et peu farouche évolue aisément en vivarium.  Ce dernier devra être au moins d’une dimension de 45cm x45cm x 60cm pour un couple.  On augmentera la dimension du vivarium chaque fois qu’on ajoutera un individu,  Comme c’est une grenouille arboricole, on s’assurera de lui offrir des structures pour grimper.

Pour le terreau, on réalise un mélange de terre, de mousse de sphaigne et de fibre de coco qu’on installe sur un fond de billes d’argile (ces billes accueilleront l’eau en surplus, ce qui évitera le développement de moisissures).  L’idéal est d’y ajouter des plantes naturelles.  Et de confier le nettoyage aux colemboles et autres cloportes.  Si on fait fi de la bioactivité, on devra remplacer le terreau aux trois mois environ.

La température qui convient à dryopsophus caeruleus est de 24-26 degrés durant le jour.  Et de 22-23 degrés durant la nuit.  L’humidité idéale est d’environ 60%.  Il faut placer un éclairage UVB 2.0 dans le vivarium.  Ce spectre lumineux favorise l’assimilation du calcium par l’amphibien.

Question nourriture, c’est assez simple.  Dryopsophus caeruleus est vorace. Cette grenouille mange des grillons, des blattes, des vers.  Il faut que ses proies soient vivantes.  Un adulte peut manger deux ou trois par semaine.  On doit saupoudrer la nourriture de l’amphibien de suppléments de calcium et de vitamines.  Pourquoi?  Parce que même si on varie le plus possible son alimentation, il est impossible de parvenir à reproduire parfaitement le régime alimentaire de l’animal en nature.  Les surplus vitaminés évitent les carences chez nos pensionnaires.

On doit procurer de l’eau à dryopsophus caeruleus.  Soit on place un bol d’eau dans le fond du vivarium, soit on installe un système de vaporisation automatique.  Attention, on ne doit jamais utiliser l’eau du robinet.  Les amphibiens sont très vulnérables aux produits chimiques qui sont malheureusement contenus dans notre eau potable.

Si vous suivez ces quelques règles de base, vous devriez pouvoir observer des années durant dryopsophus caeruleus, un amphibien impressionnant de par sa taille et ses comportements.

Voici mon juvénile:

Les nudibranches du Saint-Laurent

Dans le nouveau numéro du magazine Nature Sauvage, je signe un photo-reportage sur les nudibranches du Saint-Laurent.

Je vous invite à vous procurer ce numéro. Pas seulement pour mon reportage, mais bien parce que les artisans de Nature Sauvage poursuivent une mission fort importante et qui consiste à parler de notre nature à nous, celle qui est si belle!

Nature Sauvage est à peu près la seule plateforme qui se consacre exclusivement à la nature québécoise.

Ils ont bien besoin de nos coups de pouce!

Le magazine se trouve dans les kiosques à journaux. Et vous pouvez vous abonner aussi!

Quand la rainette dort…

…Les diptères dansent!

L’une des espèces de rainettes que j’élève (hyperolius concolor) est nocturne, comme la plupart des autres espèces de rainettes.  Dans le jour, donc, hyperolius concolor dort.  Elle n’est pas active.  Ce qui veut dire que ses proies peuvent souffler un peu.

Car hyperolius concolor, dès que le jour tombe, devient un animal ultra dynamique et qui sait multiplier les pirouettes pour attraper un insecte ou un autre.  Et c’est étonnant le nombre d’insectes qu’un seul individu peut avaler!  De véritables gloutonnes, ces rainettes!

Aujourd’hui, dans le calme du jour, j’ai posé hyperolius concolor.  Et sa proie de prédilection, tout juste à proximité.  Le calme avant la tempête de la nuit…

 

Boire, quand on est un gecko

Dans la nature, le gecko à crête (correlophus ciliatus) s’abreuve principalement en léchant la rosée ou l’eau de pluie qui se déposent sur les feuillages dans lesquels il vit.

Ce lézard est arboricole.  Il passe sa vie dans des arbustes.  Son altitude de prédilection?  Quelques mètres.  C’est là qu’il mange fruits et insectes (L’adulte consomme surtout des fruits).  Cet animal ne descend que très rarement au sol.  Les femelles s’y rendent pour pondre.  Et c’est à peu près tout.

C’est pourquoi les bols d’eau au sol ne sont pas d’une très grande utilisé avec cet animal qu’on garde en terrarium.  On peut évidemment accrocher de petits bols en hauteur, mais bon, en ce qui me concerne, je préfère les faire boire en vaporisant le feuillage.  Quelques fois par jour.  C’est à ces moments-là que je vois mon gecko s’abreuver.

Le plus souvent, il boit en léchant l’eau qui s’est déposée sur sa tête ou ses…yeux!

Et ce qui est bien, c’est que tout ça me procure  des moments intéressants pour la photo!

 

Le Saint-Laurent, ça ressemble à ça

Depuis plus d’une décennie maintenant, je suis engagé dans une démarche qui consiste à briser les préjugés à l’égard du Saint-Laurent.  Préjugés selon lesquels le Saint-Laurent ne serait qu’un trou noir, ne valant pas le détour.

Or, c’est tout le contraire.  Ce cours d’eau est riche.  Riche de vie et de beauté.

Tout l’été durant, je plonge afin d’en rapporter les plus belles images que je peux.

Et je les partage via les magazines et les réseaux sociaux.

Ici, un collage dont je me sers souvent afin de donner une idée en vidéo de ce à quoi ressemble ce grand Saint-Laurent.

N’hésitez pas à partager!

anémone récif2

Harfangs du printemps

Normalement, les harfangs des neiges quittent nos latitudes septentrionales quelque part en février ou mars.  Mais l’an dernier, j’ai aperçu des harfangs des neiges jusqu’en avril.

Est-ce que ce sera la même chose cette année?

Qui vivra verra…

En attendant, voici une petite vidéo que j’ai réalisée au printemps 2019

thumb harfangs

Omniprésence des rorquals à bosse

L’été, je quitte Montréal et je retourne dans ma Côte-Nord natale.  C’est là que j’y guide des humains, sous les flots du Saint-Laurent, à la découverte des splendeurs de ce monde méconnu.

Depuis quelques étés, on note des changements importants dans le Saint-Laurent.  L’eau se réchauffe, notamment.  Ce qui déstabilise certaines espèces d’ici comme le crabe des neige ou la crevette nordique.

Mais ce réchauffement des eaux lié aux bouleversements climatiques a aussi des incidences plus au Sud.  Résultat, certaines populations de micro-faune comme les copépodes s’effondrent.  Cela laisse là-bas moins de nourriture aux petits poissons qui s’en nourrissent.  Et aux plus gros animaux qui se nourrissent de ces petits poissons.  Comme les rorquals à bosse par exemple.  Ceux-là n’ont d’autre choix que de migrer toujours plus au nord, là où les stocks planctoniques tiennent encore le coup (on a quand même mesuré une diminution de 30% du plancton dans le golfe Saint-Laurent en 10 ans environ).

De ce fait, je croise la route d’un nombre toujours plus important de ces cétacés lorsque je pilote mon zodiac vers mes sites de plongée.  Au grand bonheur des clients qui sont avec moi…Bien sûr, il y en a toujours eus des rorquals à bosse dans le Saint-Laurent.  Mais ils étaient moins nombreux.  Et depuis quelques étés, on note la présence de nouveaux individus (car les cétacés sont photographiés et catalogués dans le Saint-Laurent.  On connaît donc les individus qui ont l’habitude de revenir ici année après année).

Le spectacle que ces animaux nous offrent est tellement beau qu’on en vient qu’à oublier que les nouveaux venus dans le Saint-Laurent sont d’abord et avant tout des réfugiés climatiques.

L’été dernier, un duo de rorquals à bosse avait pris en affection mon zodiac.  Ces baleines venaient jouer avec le bateau des demi-heures durant.  Chaque jour.  Cela m’a permis de tourner des images vidéo époustouflantes!

thumb baleines

Il y a quelques étés de cela, il nous est même arrivé de croiser la route de baleines adultes accompagnées d’un baleineau.

(Ce sont les baleines qui viennent au zodiac.  Et non le contraire)

rorqual à bosse2

Les rorquals à bosse ne forment présentement pas une population menacée d’extinction.  Cette espèce se redresse lentement mais sûrement de la chasse que l’homme a dirigée contre elle des décennies durant.

On estime qu’au moment d’adopter le moratoire sur la chasse à la baleine en 1986, il ne restait plus que 20 000 rorquals à bosse.  Aujourd’hui, il y en aurait quelque 35 000 éparpillées un peu partout dans le monde.

L’été prochain, j’aurai encore la chance de les observer de près.  Pour combien de temps encore?  Car si cesser la chasse afin de les sauver était un geste assez simple à réaliser au bout du compte, il sera beaucoup plus difficile de les sauver des bouleversements climatiques.

 

Rainette faux-grillon: un projet documentaire

Évidemment, lorsque la chaude saison est de retour, c’est dans les marais que je pars à la chasse aux amphibiens.   Et non dans un terrarium…

L’espèce que j’apprécie tout particulièrement est la rainette faux-grillon (Pseudacris triseriata).   Au Québec, cette minuscule grenouille est menacée de disparition.  À cause principalement, de la destruction de son habitat par l’étalement urbain et l’agriculture industrielle.

Depuis quelques années, je me rends dans les marais qui se trouvent en périphérie de Montréal afin de réaliser des images de cette espèce fabuleuse lors de sa saison de reproduction.  C’est à peu près le seul moment où on peut l’apercevoir.  Les mâles qui chantent, c’est l’occasion qui se présente pour les repérer efficacement. Mais la saison de reproduction ne dure pas longtemps.  Quelques semaines tout au plus.  Alors il faut être là, au bon moment.

Mon but, à terme, est de parvenir à réaliser un documentaire sur cette grenouille.

On a d’ailleurs fait une démo afin de convaincre les acteurs de l’industrie d’embarquer avec nous.  Mais on galère beaucoup.  Cette grenouille dérange beaucoup.  Derrière l’étalement urbain se dissimule la spéculation foncière.  Et qui dit spéculation foncière dit politique.  Alors…

Si vous aimez cette démo, abonnez-vous à ma chaîne Youtube et partagez-la.

Merci!

Capture d’écran, le 2020-01-22 à 10.07.23