L’été, je quitte Montréal et je retourne dans ma Côte-Nord natale.  C’est là que j’y guide des humains, sous les flots du Saint-Laurent, à la découverte des splendeurs de ce monde méconnu.

Depuis quelques étés, on note des changements importants dans le Saint-Laurent.  L’eau se réchauffe, notamment.  Ce qui déstabilise certaines espèces d’ici comme le crabe des neige ou la crevette nordique.

Mais ce réchauffement des eaux lié aux bouleversements climatiques a aussi des incidences plus au Sud.  Résultat, certaines populations de micro-faune comme les copépodes s’effondrent.  Cela laisse là-bas moins de nourriture aux petits poissons qui s’en nourrissent.  Et aux plus gros animaux qui se nourrissent de ces petits poissons.  Comme les rorquals à bosse par exemple.  Ceux-là n’ont d’autre choix que de migrer toujours plus au nord, là où les stocks planctoniques tiennent encore le coup (on a quand même mesuré une diminution de 30% du plancton dans le golfe Saint-Laurent en 10 ans environ).

De ce fait, je croise la route d’un nombre toujours plus important de ces cétacés lorsque je pilote mon zodiac vers mes sites de plongée.  Au grand bonheur des clients qui sont avec moi…Bien sûr, il y en a toujours eus des rorquals à bosse dans le Saint-Laurent.  Mais ils étaient moins nombreux.  Et depuis quelques étés, on note la présence de nouveaux individus (car les cétacés sont photographiés et catalogués dans le Saint-Laurent.  On connaît donc les individus qui ont l’habitude de revenir ici année après année).

Le spectacle que ces animaux nous offrent est tellement beau qu’on en vient qu’à oublier que les nouveaux venus dans le Saint-Laurent sont d’abord et avant tout des réfugiés climatiques.

L’été dernier, un duo de rorquals à bosse avait pris en affection mon zodiac.  Ces baleines venaient jouer avec le bateau des demi-heures durant.  Chaque jour.  Cela m’a permis de tourner des images vidéo époustouflantes!

thumb baleines

Il y a quelques étés de cela, il nous est même arrivé de croiser la route de baleines adultes accompagnées d’un baleineau.

(Ce sont les baleines qui viennent au zodiac.  Et non le contraire)

rorqual à bosse2

Les rorquals à bosse ne forment présentement pas une population menacée d’extinction.  Cette espèce se redresse lentement mais sûrement de la chasse que l’homme a dirigée contre elle des décennies durant.

On estime qu’au moment d’adopter le moratoire sur la chasse à la baleine en 1986, il ne restait plus que 20 000 rorquals à bosse.  Aujourd’hui, il y en aurait quelque 35 000 éparpillées un peu partout dans le monde.

L’été prochain, j’aurai encore la chance de les observer de près.  Pour combien de temps encore?  Car si cesser la chasse afin de les sauver était un geste assez simple à réaliser au bout du compte, il sera beaucoup plus difficile de les sauver des bouleversements climatiques.

 

Publicités

Laisser un commentaire