Il y a quelques jours, j’accompagnais une nouvelle amie dans le marais.  Sophie Tessier, puisque c’est d’elle dont il est question, désirait voir le terrain de jeux sur lequel je réalise des images de rainettes faux-grillon; il m’a bien sûr fait grand plaisir de la guider là-bas.

Sophie devait voir cet habitat car elle travaille pour Nature sauvage; elle préparait alors un article pour le site internet du magazine et concernant la fameuse rainette.

Nous étions déjà à la fin de la saison de reproduction de l’amphibien.  Quelques derniers individus chantaient toujours, mais rien qui ne se comparait aux chorales que j’entendais quand nous étions dans le pic de la saison de reproduction.

Comme ça ne chantait pas si fort que ça, il était à toutes fins pratiques impossible d’apercevoir les rainettes (à la fin de la saison, elles deviennent ultra farouches).  Cela nous laissa du temps pour explorer les pourtours de ma flaque d’eau.  Des grenouilles des bois, des rainettes crucifères de même que des couleuvres rayées furent aperçues. Au grand bonheur de Sophie!  Et du mien également!

Lors de nos explorations, nous avons aussi aperçu un étrange champignon que je ne connaissais pas.

Une fois rendue chez elle, Sophie a fait quelques vérifications et m’a confirmé qu’il s’agissait de gyromitres!

Il y a deux espèces de gyromitres au Québec.  Le gyromitre à grandes spores et le gyromitre commun.  Dans le Boisé du Tremblay, c’est le gyromitre commun que nous avons vu. Au Québec, le gyromitre à grandes spores est de toute façon assez rare.

Ce champignon ressemble à un genre de petit cerveau poussant à travers les herbes.  Il pousse tôt au printemps.  Il préfère les terrains sablonneux (mais nous, on l’a observé sur un terrain plutôt vaseux) et les forêts composées d’arbres feuillus.

Le gyromitre ressemble aussi à une morille, champignon prisé par les gourmets.  En langage familier, on appelle d’ailleurs le gyromitre « fausse morille ».  Ce qui est un nom assez particulier puisque le gyromitre, contrairement à la morille, est grandement toxique.  Il peut provoquer des intoxications sévères, voire la mort.

Malgré cela, il y a des gens qui se risquent à le consommer.  Il ne faut jamais le manger cru, dit-on.  Il faut même le sécher comme il faut et le blanchir à deux reprises afin de forcer l’évaporation de la toxine volatile que contient ce champignon et qui s’appelle la gyromitrine.

La gyromitrine se transforme à la cuisson en monométhylhydrazine (MMH), un composé dangereux qui entre souvent dans la composition du carburant à fusée!!! La MMH est détruite a 87,5 oC.  Voilà pourquoi on doit consommer ce champignon bien cuit et jamais cru.

Mais bon, si vous voulez mon humble avis, mangez donc autre champignon que celui-là.  Quand un champignon possiblement mortel contient une substance qui peut servir à faire décoller une fusée, il me semble qu’il n’a pas vraiment sa place dans nos assiettes…

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