Hé bien me voilà lancé dans une nouvelle aventure.  Dans la patrouille papillon pour être plus précis.

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De quoi s’agit-il au juste?  Il s’agit d’une initiative lancée par la Fondation David-Suzuki afin de venir en aide au papillon monarque qui connaît des jours très difficiles au Québec (et partout en Amérique) depuis plus d’une décennie maintenant.

Le monarque, c’est un insecte formidable.  Qui réalise la plus grande migration pour un insecte d’Amérique du Nord.  Lorsque le temps froid pointe le bout de son nez, ce papillon quitte nos contrées québécoises pour le Mexique.  C’est là qu’il passe l’hiver.  Avant de revenir le printemps suivant chez nous.

D’accord, d’accord, il y a normalement plusieurs générations de papillon qui sont nécessaires pour réaliser la migration d’un bout à l’autre, mais tout de même!

Malheureusement, les populations de papillons monarques s’effondrent depuis plusieurs années maintenant.  On parle d’une diminution des population qui est de l’ordre du 90%.  Parmi les menaces qui pèsent sur l’insecte, on retrouve l’usage des pesticides, herbicides et insecticides, la destruction de ses habitats, les bouleversement climatiques et…le recul de la plante asclépiade.

Pourquoi est-ce que la raréfaction d’une plante en particulier nuirait au monarque me direz-vous?   Tout simplement parce que ce papillon ne pond ses oeufs que sur celle-ci.  Et ce, parce que l’asclépiade est vénéneuse.  En la broutant, la chenille du papillon ingère du venin qui lui servira tout le long de sa vie à se protéger contre ses prédateurs.  Une fois qu’un oiseau a goûté à un monarque, il s’en souvient et ne s’y risque plus jamais!  C’est tellement efficace que le papillon vice-roi s’est assuré de ressembler en tous points au monarque pour qu’ainsi les oiseaux ne le consomment plus lui non plus!

Parce qu’on doit faire quelque chose afin de permettre un redressement des populations de monarques avant qu’il ne soit trop tard, la Fondation David-Suzuki a lancé, il y a quelques années de cela, un programme qui est entièrement consacré à ce papillon.  En 2018, ce programme repose sur 40 patrouilleurs-citoyens qui doivent, de diverses manières, sensibiliser les gens à la situation du monarque.  Cela peut se faire de bien des façons.  J’utiliserai, en ce qui me concerne, plus particulièrement mon blogue et les réseaux sociaux.  Pour parler du papillon, mais surtout des gestes qu’on posera tous ensemble pour l’aider.

Lorsque l’on est sélectionné comme patrouilleur, on reçoit une trousse.  À l’intérieur de celle-ci se trouve un bon millier de semences d’asclépiade.  Que je sèmerai.  Bien sûr.  Et que je donnerai à des gens désireux de les semer. Bien sûr aussi.

J’en sèmerai beaucoup à ma maison du fond des bois.  Comme on voit sur cette photo, j’ai depuis longtemps abandonné l’entretien de la pelouse.  Le fait d’avoir un beau et  vert gazon devant sa maison nuit à la biodiversité.  Pis en plus, j’aime pas passer la tondeuse, alors… C’est donc un terrain parfait à confier à l’asclépiade!  Asclépiade qui est une grande plante qui peut mesurer un mètre de haut et qui donne naissance à de très belles fleurs. Ce sera beaucoup mieux, à mon goût, qu’une pelouse pas entretenue 😉

Sur mon terrain, je veux aussi semer des fleurs indigènes que les monarques adultes pourront butiner.

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Il faut dire que je veux transformer ma maison, et le terrain environnant, en refuge pour des espèces en difficulté.  Comme les chauves-souris, les abeilles, etc.  Et je commence l’opération avec le monarque.  (je vous parlerai des autres actions sur mon blogue aussi, ne vous inquiétez pas).

Vous voulez vous aussi semer de l’asclépiade sur votre terrain pour aider le monarque?  Bonne idée!  Sachez seulement que l’aire de répartition du monarque s’étend sur toute la portion au sud du Saint-Laurent, et au nord, elle va jusqu’à la ville de Québec environ.  Donc il n’y a pas de monarque dans Charlevoix, au Saguenay et sur la Côte-Nord.

Mais avant de penser semer les graines d’asclépiades, il faut commencer par les stratifier.  Qu’est-ce que ça signifie au juste?  Ça signifie qu’il faut leur faire passer une période au froid.  Comme c’est une plante d’ici, l’hiver fait partie de sa réalité.  Les semences doivent avoir froid pour se sentir bien.

On peut quand même les semer sans passer par cette étape, mais le taux de succès sera alors marginal.

Comment fait-on précisément pour stratifier les semences?  Rien de plus simple.  Il s’agit de prendre des feuilles de papier essuie-tout (on peut utiliser du terreau, du sable et bien d’autres supports, mais je trouve que les essuie-tout, c’est plus simple).  On dispose les graines dessus.  Et on humidifie le tout.

 

Au préalable, les feuilles essuie-tout ont été disposées dans un plat de plastique.  Quand l’opération est terminée, on remet le couvercle, mais en s’assurant de laisser une ouverture permettant l’aération.  Et on le place finalement au réfrigérateur.  En s’assurant que le tout demeure humide.

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(Pas besoin que le plat se retrouve à côté d’un melon d’eau cependant 😉 )

Combien de temps on doit laisser les semences au froid?  L’idéal serait deux mois.  Mais un mois fera l’affaire aussi.  Il faut juste savoir que plus long sera le délai, et plus le taux de germination sera important.

En ce qui me concerne, une bonne partie des semences ne restera qu’un mois au froid.  Et ce, parce que je veux les distribuer aux gens intéressés par le monarque et qui viendront assister à la première de mon film sur le Saint-Laurent, première qui aura lieu à la fin avril.

Régulièrement, au cours des prochaines semaines et des prochains mois, je vous parlerai de cette opération, de l’avancée de la pousse de mes asclépiades, je vous montrerai des photos, etc, mais je vous parlerai surtout de ce que vous pouvez faire vous aussi pour venir en aide à ce beau papillon.

Vous pouvez d’ailleurs commencer en signant le manifeste que l’on trouve juste ici.

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3 réflexions sur “Patrouilleur papillon, je le suis!

    • C’est en effet une plante qui est considérée ici comme de la « mauvaise herbe ». Mais elle n’est pas envahissante.

      Elle produit une fibre de luxe. Très prisée par ceux qui confectionnent des manteaux.

      Et c’est une fibre qui flotte et repousse l’eau…mais qui absorbe l’huile. On commence à l’utiliser dans les boudins servant lors de marées noires.

      Alors oui, le Paris Match a raison. C’est une super plante 😉

      • merci pour ton retour, Patrick car je me méfie toujours un peu des médias 😉
        à priori je ne pourrai pas participer à ce beau projet car on n’a pas de monarque ici 🙁