Maintenant que mon projet de documentaire sur le Saint-Laurent marin tire à sa fin, je me lance dans un nouveau défi.  Réaliser un film sur une toute petite grenouille du Québec, une grenouille menacée d’extinction.  Et je parle bien sûr de la rainette faux-grillon.

Je suis en attente de la confirmation d’un nouveau financement pour ce projet, mais pas de temps à perdre, je prépare déjà le terrain!

La rainette faux-grillon ne mesure que quelques centimètres.  Elle est victime de la destruction de ses habitats, de l’étalement urbain, de l’agriculture industrielle et des bouleversements climatiques.

rainette grand-angle (1 sur 1)

La rainette est surtout visible tôt au printemps alors que les mâles se rendent dans les mares temporaires des zones humides de la couronne de Montréal pour chanter et appeler ainsi les femelles (il y a aussi une population en Outaouais).  Le chant que les mâles produisent permet de les repérer plus facilement.  En fait, c’est pratiquement la seule façon de les voir en milieu naturel.

La période de reproduction ne dure pas très longtemps.  Deux ou trois semaines peut-être.  Et ça commence sans véritable avertissement.  C’est-à-dire que dès que l’eau dans les flaques est libre des glaces, ça peut commencer.  Car oui, la rainette peut chanter même s’il reste encore un peu de neige dans la nature.

Il faut dire que la rainette s’engage tôt le printemps dans une intense course contre la montre.  La plupart des individus ne vivent qu’une seule année.  Alors la reproduction doit être un succès, et ce, à chaque année.  Et l’été, qui dure ici peu longtemps, ne laisse que peu de marge de manoeuvre à la prochaine génération de rainettes pour grandir suffisamment en prévision du prochain hiver qu’elle passera gelée, dans la litière de la forêt.  Alors la rainette doit s’y prendre le plus tôt possible pour couronner de succès sa nouvelle saison de reproduction!

La saison de reproduction débute normalement à la fin mars ou au début avril.  On aura compris que je suis déjà en train de préparer mes tournages.

La première étape consiste à réaliser des time lapses de la neige qui fond autour de la flaque d’eau où j’ai réalisé mon repérage le printemps 2017.

Pour les time lapses en « altitude »,  je place des caméras Gopro dans les arbres.  J’utilise un dispositif qui permet à la caméra de s’éteindre entre les prises de photo, de façon à ménager la pile.  Parce que la caméra restera dans l’arbre durant quelques jours.

Ce dispositif m’a permis de découvrir qu’il n’y a pas que les rainettes faux-grillon qui apprécient les environs de ma flaque d’eau.  Les cerfs de Virginie aussi!

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