La plupart des gens qui aiment la nature sont principalement attirés par les grands animaux.  Il est vrai qu’ils sont très spectaculaires et font forte impression lorsque l’on croise leur route.  Ceci ne veut toutefois pas dire que les petits animaux, que l’on ignore trop souvent, ne peuvent en faire autant.

Plus je photographie, et plus je me rends compte que c’est la macro et les animaux minuscules qui m’intéressent le plus.  Sous l’eau, avec ma 90mm, je découvre des créatures du Saint-Laurent qu’il est à peu près impossible de voir à l’oeil nu.  Ramener ces sujets à la surface, grâce à ma caméra, me permet de les faire découvrir de fort belle façon aux gens.

Je fais des découvertes semblables dans les buissons.  Les insectes sont très certainement les mal-aimés du règne animal.  Et pourtant, quand on y regarde de plus près, on découvre des animaux qui sont franchement magnifiques.

Cet hiver, je tente une approche similaire, en macro je veux dire, mais avec les mammifères cette fois.  Tous les petits rongeurs qui habitent nos forêts se retrouvent rarement dans nos albums photos.  Il est vrai que de par leurs moeurs plutôt nocturnes, il est difficile de les observer.  Mais pas impossible.

Pour les photographier, je m’y prends d’une manière assez simple.  Mais quelques éléments doivent être réunis si l’on veut voir la démarche couronnée de succès.

Tout d’abord, une petite neige tendre doit venir de tomber.  Lorsque les souris, musaraignes et campagnols marchent dessus, ils laissent ainsi leur trace.  Ça ressemble un peu à la piste d’un écureuil, mais en beaucoup plus petit bien sûr.

Je dois aussi trouver un trou par où le rongeur accède à la surface.  Car l’hiver, ces petits animaux passent la majeure partie du temps dans des tunnels qu’ils creusent dans la neige.  Ils se nourrissent ainsi à l’abri des regards.  Mais certaines plantes arborent des graines au sommet de leurs tiges.  Les souris ne peuvent y résister et sortent enfin de leur tunnel pour les consommer.  Du petit trou, on doit voir des pistes indiquant que des aller-retour sont effectués par le rongeur entre le trou et la plante.

Quand on trouve un tel site, on s’assoit et on attend.  Le mieux est d’y aller à la fin de la journée.  La lumière est alors suffisante pour prendre des photos.  Et les rongeurs deviennent plus actifs. Je travaille quand même au flash.  Avec un objectif macro de 180mm, ce qui me permet de garder une certaine distance entre moi et le sujet.  Et il faut faire très vite car lorsque le rongeur est sorti de son trou, il se précipite vers la plante et se re-précipite aussi rapidement vers son repaire.  On a alors que quelques fractions de secondes pour prendre sa photo.

Et cela donne des photos comme celles-ci.  Des photos de campagnols cette fois.

Nous avons sept espèces de campagnols au Québec.  Le campagnol-à-dos-roux-de-gapper, le campagnol des bruyères, le campagnol sylvestre, le campagnol des champs, le campagnol des rochers, le campagnol-lemming de cooper, et le campagnol-lemming boréal.  Ils sont assez difficiles à distinguer les uns des autres.  Celui qui se trouve sur la photo est, je crois, le campagnol des champs.  C’est un campagnol commun au Québec, et qui se trouve sur l’ensemble du territoire.  L’été il est essentiellement nocturne.  Mais lorsque l’hiver arrive, ses besoins en énergie le pousse à s’activer aussi le jour.  Ses populations fluctuent selon un cycle de trois ou quatre ans.

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3 réflexions sur “Campagnol en macro

  1. Personnellement les gros animaux ne me fascinent pas autant que les tous petits que j’aime photographier modestement… il nous apprennent tout autant l’humilité et surtout demandent plus de patience, de curiosité et de concentration si on veut en capturer l’image.
    Merci pour ce texte à la fois poétique et technique et surtout pour la pédagogie 😊

    • Il est vrai qu’il peut être beaucoup plus difficile de poser un petit animal qu’un grand. J’investis par exemple beaucoup plus d’énergie à poser un lièvre qu’un grand rorqual. Ces rorquals croisent ma route tout l’été sans que je ne les cherche. Alors que les lièvres, je dois travailler très fort pour coucher leur image sur un capteur numérique. Merci pour les bons mots!

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