En photo, on court après les belles lumières.  Le matin, le soir étant des moments privilégiés, comme tout le monde le sait.  Mais en photo animalière, il y a ce qui se passe la nuit qui m’a toujours intrigué.

Depuis quelques semaines, j’expérimente des techniques dites de piégeage photographique.

J’ai la chance d’avoir une petite maison dans le fin fond de la forêt.  Là, les petits mammifères pullulent.  Les gélinottes aussi.  Il y a également beaucoup de cerfs de Virginie, parfois des orignaux.  Et les canidés fréquentent aussi les lieux.

Mais plusieurs de ceux-ci s’activent surtout à la tombée du jour, voire carrément la nuit.

C’est le cas des lièvres d’Amérique.  Je ne les vois que très rarement le jour.  Et pour ce faire, je dois examiner la moindre parcelle de territoire qui se retrouve sous des amas de branches.  À des endroits où la photo n’est pas toujours très facile, comme on peut s’en douter.

Mais avec un piège photographique, la partie devient plus facile.  Les lièvres ne sont pas en mode « je dois éviter cet humain ».  Ils adoptent un comportement beaucoup plus calme.  Certains d’entre-eux ont même dormi devant ma caméra!  C’est dire si mon piège ne les dérangeait pas.

Pour obtenir de bons résultats avec les lièvres, il s’agit de trouver un sentier principal.  Ils les utilisent afin de quitter le gîte pour ainsi se rendre sur les sites d’alimentation.  Aussi bien dire que les lièvres passent là à tous les jours.

C’est à un tel endroit que j’ai placé ma caméra.  Et je ne fus pas déçu.  Les lièvres se sont de ce fait retrouvés sur mes photos.  Et par dizaines!

Mais le piégeage photographique n’est pas si simple.  Il faut vraiment bien deviner là où l’animal passera.  Question de focus.  Et la caméra ne doit pas être trop loin de l’animal non-plus car les photos se font la nuit.  Le flash, combiné à la fermeture du diaphragme et à la vitesse d’obturation, peut donner des images contenant pas mal de bruit si on est un peu trop loin de son sujet.  Il faut dire que je n’utilise pas mes caméras dernier cri dans ce piège.  Mais une vieille Canon Rebel XTI qui gère assez mal les basses lumières.  Mais le résultat est là quand même.

Mais le piégeage photographique réserve également de belles surprises.  Je ne savais pas que la forêt derrière chez moi abritait des grands polatouches.  Il s’agit d’un écureuil-volant qui habite la majeure partie du territoire québécois.  Mais on ne le voit que très rarement car il s’agit d’un animal essentiellement nocturne.

Durant la semaine où mon piège était tendu, j’ai régulièrement reçu la visite de grands polatouches.  J’ai même failli en poser un en plein vol!  Ça aurait été spectaculaire!  Ce sera pour une prochaine fois que je me dis.

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