Plonger le Saint-Laurent dans l’objectif d’observer des animaux nous amène à développer toutes sortes de stratégies pour bien y parvenir.

D’emblée, on est plutôt portés à chercher les gros poissons.  Un peu comme on le fait lorsqu’on se rend dans les mers du Sud.  Mais on se rend rapidement compte que cette façon de faire n’est pas la meilleure pour notre grand fleuve.

Ici, ce qui est souvent le plus intéressant à voir est minuscule.  Au lieu de chercher les poissons gros comme des ballons de basket, on est mieux de scruter les environs dans la perspective de cibler des animalcules gros comme des grains de riz.

Nudibranches, petites poules de mer, lucernaires et compagnie font d’excellents sujets de photographie.  Enfin moi je trouve.

Mais ce dont je me rends de plus en plus compte, c’est qu’il est en plus très efficace de regarder sur le dos des animaux pour y repérer des sujets uniques.  Là se trouvent très souvent d’autres animaux qui ne retiennent pas l’attention de ceux qui passent trop vite ou qui n’ont pas l’oeil assez aguerri.

C’est le cas des bernard-l’ermite.  Ces genres de petits crabes transportent sur leur dos une coquille qu’ils ramassent de ci et de là sur le récif.  Le fait qu’ils se promènent d’un bord et de l’autre permet à des animaux qui s’accrochent à leur dos de se nourrir sans trop d’efforts.

C’est le cas de la fourrure d’escargot.  Il s’agit en fait d’une colonie de petits hydroïdes qui se nourrissent en capturant des éléments du plancton.

Les balanes adoptent souvent la même stratégie.  Elles aiment se faire promener sur le dos d’une autre espèce pour attraper leurs proies avec le filet qu’elles brandissent tout le jour durant.  Mais comme la balane est généralement plus grosse que les hydroïdes, elle choisit des moyens de transport plus volumineux.  Comme des crabes par exemples.

Les éponges font de même.  Ces colonies de cellules profitent des meilleures occasions pour filtrer l’eau des particules dont elles se nourrissent.  Il arrive fréquemment de les voir sur les crabes.

oeil crabe araignée (1 sur 1)

D’autres animaux préfèrent quant à eux récolter les restes qui tombent de la gueule des animaux plus gros.  Dans les profondeurs du Saint-Laurent, l’anémone rouge du nord est un prédateur redoutable.  J’en ai vues dévorer des lançons vivants.  De tels repas produisent des miettes et des restes.  Des genres de gammaridés ont bien compris le profit qu’elles pouvaient tirer de la situation.  Elles vivent donc entre les tentacules des anémones.

Alors que des copépodes préfèrent eux vivre tout près des buccins.  Pour profiter des restes des repas eux aussi.

Et il y a ces animaux qui ne se cassent pas la tête du tout.  S’accrocher aux yeux des poissons pour consommer les fluides corporels de l’hôte, voilà une stratégie rentable!

chaboisseau oeil (1 sur 1)

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