Ce que j’aime probablement le plus en plongée, c’est de partir en bateau, un oeil sur l’horizon et l’autre sur le sonar, pour ainsi découvrir de nouveaux endroits où plonger le Saint-Laurent.

Ça tombe bien car la Côte-Nord est l’endroit par excellence pour ce type d’exploration.

Je passe des journées entières sur le fleuve sans à peu près voir âmes qui vivent.  On croise bien la route d’un voilier parfois, mais c’est à peu près tout.  Et question plongée, le terrain est quasi vierge.

Ces jours-ci, j’avais une plongeuse d’expérience avec moi.  On en a profité pour aller virer du côté de la Pointe-à-la-croix et de la Pointe-à-la-perche.  C’est à environ 40 kilomètres de la marina de Baie-Comeau.  On a sauté à l’eau à deux endroits où je n’avais jamais été auparavant.  Et ç’a en a valu la peine!

Le premier site était constitué de falaises rocheuses qui plongeaient profondément dans le Saint-Laurent.  Sur place, l’eau était très claire.  On a donc pu bien voir le récif.  Il y avait de la vie partout qui recouvrait les parois rocheuses.  Des framboises de mer (corail mou) à profusion.  Des anémones plumeuses, dont certaines affichaient une belle teinte orangée.  Et de gros concombres de mer.  Côté poisson, c’était assez tranquille.  Mais disons que depuis le début de la saison, les poissons se font assez discrets.

Le second site présentait lui une côte douce qui dévale les profondeurs du Saint-Laurent.  Une plongée pas très profonde.  Autour de 60 pieds je dirais. La pente à cet endroit est recouverte de gros rochers qui procurent bien des cachettes aux animaux.  Et là, des poissons il y avait.  On a vu un loup atlantique.  Des morues.  Des sébastes.  Des stichées arctiques.  Des petites poules de mer. Etc.

J’ai aussi pu observer une crevette striée qui semblait être en parade nuptiale.  Ses couleurs étaient éclatantes.  Et elle agitait constamment les deux espèces de plumeaux qu’elles ont au bout du nez.  Et ses plumeaux étaient tellement colorés!  Je n’avais jamais vu ça auparavant.

 

Un peu plus loin, je suis tombé sur un groupe de caprelles.  Ce sont de petits crustacés prédateurs qui ressemblent à des mantes religieuses.  Sur mon terrain, les caprelles sont minuscules.  Peut-être un centimètre de long tout au plus.  Un défi pour le photographe!

Quand je suis rentré à la maison et que je scrutais mes photos, j’ai découvert que je n’avais pas seulement posé une caprelle.  Mais également sa proie.  Sous l’eau, mes yeux ne me permettaient pas de voir la scène qui se jouait pourtant devant moi.  C’est dire si les images qui suivent relèvent du microscopique!

 

 

Partout il y avait des nudibranches.  Et je suis parvenu à trouver des pontes.  Avec la loupe que j’utilise sur mon caisson Aquatica, ça m’a permis de voir les petits oeufs dans les filets tournés en spirale.  C’est quand même hallucinant ce que permet le système macro de ce caisson!

nudi oeufs (1 sur 1)

En examinant bien, on peut même apercevoir un copépode qui se trouve avant les deux dernières rangées du centre de la spirale (à gauche).  Le copépode fait partie du zooplancton!

Ce caisson me permet d’observer les animaux comme je ne pouvais le faire auparavant.  C’est-à-dire en tentant de repérer les  micro-organismes qui vivent sur ceux-là.  C’est le cas de l’anémone rouge du nord.  C’est une grosse anémone qui en impose dans les fonds du Saint-Laurent.  Venimeuse, elle mange même des poissons.  Mais quand on regarde bien sous ses tentacules, on découvre qu’une espèce de gammaridé y a établi son domicile.

puces (1 sur 1)

Mais le clou du spectacle de la fin de semaine a quand même été lorsque nous avons croisé la route d’une gorgonocéphale!  Il s’agit d’un espèce d’ophiure qui habite normalement les grandes profondeurs du Saint-Laurent.  Là où les plongeurs ne vont pas.  Lorsque ces derniers veulent observer cette espèce, ils vont plonger dans le Saguenay, là où les gorgonocéphales pullulent.  Mais dans le secteur de Baie-Comeau, je n’en avais jamais vues.  Et encore moins à seulement 30 pieds de profondeur!

D’accord, l’animal était minuscule en comparaison des gorgonocéphales du Saguenay.  Mais c’est une gorgonocéphale quand même!

gorgono (1 sur 1)

La suite de la récolte:

 

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