Aujourd’hui, journée chaude.  Gros soleil plombant. Les animaux s’animent.  Et le photographe fond de toute cette chaleur.  Car il n’enlève pas son p’tit manteau de plastique…noir [en plus].  Malgré le fort soleil dont je parlais justement tantôt.  Alors pourquoi ne pas l’enlever?  Par peur des tiques à pattes noires voyons!

Malgré les frayeurs du petit photographe peureux, n’en demeure pas moins que les oiseaux s’activent [enfin] et virevoltent dans tous les coins.  Ils ont du temps à rattraper, faut dire.  Les nids doivent se construire au plus vite.  Et les oeufs être pondus au plus sacrant. Pour que les oisillons soient fins prêts pour affronter l’hiver qui ne nous oubliera pas.  Ou pour voler jusqu’où l’hiver ne se rendra pas.  Avec le temps qui se réchauffe constamment, c’est peut-être plus si loin que ça finalement.

Près de mon étang, un couple de tyrans tritri s’est installé.  Un oiseau que je ne croise pas sur la Côte-Nord, là où je pense toujours vivre malgré mon enracinement à Montréal.  Peut-être parce que je ne regarde pas bien parmi les épinettes rabougries. Car la carte de répartition du tyran dit qu’il occupe bien ce territoire.

Le tyran tritri, c’est un oiseau qui aime se percher bien haut afin de surveiller le vol des insectes qui passent par là. Insectes dont il se nourrit. Évidemment. C’est bien l’fun pour l’oiseau. J’veux dire d’avoir une aussi bonne position. Mais pour le photographe, cette position, c’est pas terrible.  En contre-plongée, il est bien difficile de témoigner de la beauté de l’oiseau.

Mais aujourd’hui, le tyran m’a fait plaisir.  Il s’est perché bas.  À hauteur de yeux.  Faut dire qu’il était très tôt quand c’est arrivé.  6h30 du matin, heure du marais. À cette heure, les insectes n’étaient peut-être pas assez nombreux en vol à son goût. Ou le tyran n’avait peut-être pas envie de déjeuner. Peu importe. En ce qui me concerne, c’était une situation parfaite. Et j’ai enfin pu prendre une photo du tyran qui me plaît!

Faut dire que j’aime de plus en plus cet oiseau.  D’accord, il n’est que gris-foncé et blanc.  Son chant intéressant, mais pas tellement mélodieux.  On peut faire mieux.  Mais il a de la gueule ce foutu tyran.  Et le nom!  Quel nom! Tout pour attirer l’attention!

Gris et blanc.  Le tyran.  C’est ça que je vous disais.  Mais c’est quand même pas brun tout ça.  Quand j’y pense, ça me rappelle un souvenir de jeunesse, alors que je grandissais, là-bas sur la Côte-Nord, et que j’entendais les gens autour de moi dire que les animaux qu’on avait au Québec étaient ternes.  Que nos poissons étaient rien de moins qu’invisibles dans notre fleuve noir.  Et nos oiseaux: tous bruns.  Voilà ce qu’on disait dans le temps.  Et qu’on dit encore, sûrement. Or, c’est bien le contraire!

Dans mes explorations du Saint-Laurent, masque sur le bout du nez, j’ai rencontré une vie ultra colorée. Qui n’a rien à envier aux mers du sud que j’ai visitées. Et les oiseaux d’ici sont plus souvent qu’autrement flamboyants.  Tout le contraire de ce que mes gens disaient à mon époque de plus en plus lointaine.  Je vous l’disais!

Cette conception erronée de nos animaux démontre bien une chose.  Nos gens d’ici connaissent bien mal les habitants de ce territoire.  Ils se connaissent tout d’abord mal eux-mêmes.  Faut bien le dire.  Tout comme ceux qui les entourent. Encore plus s’ils ont des plumes et [beaucoup] de poils.

Partant de là, ça va bien mal pour protéger ce territoire qui est si grand… et le libérer !

***

Mes images du jour, récoltées quelque part près de vos maisons de banlieue:

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