Depuis que le mercure a chuté, les grenouilles étaient disparues de mon écran-radar. Je ne les voyais plus en forêt. Ce qui était drôlement inquiétant quand on connaît l’importance de cette famille d’animaux.

Aujourd’hui, j’étais dans le boisé du Tremblay avec Tommy Montpetit, un expert de ces milieux.  Et lui aussi est très inquiet quant au printemps que l’on connaît cette année.  Les grenouilles se font très discrètes.  Les insectes prennent du temps à occuper l’espace.  Et les oiseaux trouvent encore peu de nourriture.  Je m’en rends compte.  Et lui aussi, bien sûr.

Dans de telles circonstances, on ne croyait pas voir ce qu’on a vu aujourd’hui.  C’est-à-dire un marais qui revit peu à peu.  D’accord, les oiseaux sont encore peu nombreux.  Surtout les insectivores comme les parulines.  Les insectes aussi.  Mais au moins, ça commence à verdir.  Et à fleurir.  Nous sommes d’ailleurs aujourd’hui tombés sur un tapis de claytonies. Hallucinant! Il y en avait à perte de vue! Et nous avons vu aussi des trilles et des érythrones! Et les fougères commencent à sortir vraiment du sol. C’est bon signe!

Mais la découverte la plus encourageante de la journée fut très certainement ces flaques d’eau remplies de…tétards!  Plusieurs (dont nous) s’inquiètent de l’actuelle saison de reproduction des amphibiens dans la grande région de Montréal.  Il fait tellement froid que les chants ont cessé depuis plusieurs jours maintenant.  De voir des tétards, même si ce furent les seuls que nous avons aperçus jusqu’à maintenant cette saison, c’est quand même rassurant.  Faudra attendre de voir pour la suite des choses.  De voir si l’impact de la météo ne sera pas trop dévastateur sur les grenouilles…et la rainette faux-grillon spécialement.  Rainette qui est en voie d’extinction au Québec, je le rappelle.

Parmi les fleurs, des insectes commencent enfin à faire leur apparition.  Bien campé sur un trille, j’ai d’ailleurs vu un impressionnant réduve.  Celui-ci frappe ses proies à l’aide de son rostre (genre de trompe qui lui fait office de bouche).  Il injecte de la sorte dans l’insecte ainsi capturé une genre de salive toxique.  Il consomme ensuite bien tranquillement son repas.

Plus loin, une mouche velue se faisait chauffer au soleil, lui qui peinait vraiment à percer le couvert nuageux.  Alors qu’un peu plus loin des escargots des bois se reproduisaient frénétiquement quoique bien lentement.

L’escargot des bois (Cepeae nemoralis) est une espèce exotique au Québec.  Elle provient d’Europe.  L’espèce a été introduite aux États-Unis en 1857.  Au Québec, elle est présente depuis une douzaine d’années mainteant.  Elle ne cause cependant guère de problèmes ici car elle dévore surtout des plantes mortes.

L’escargot des bois est hermaphrodite.  Mais il a quand même besoin d’un collègue pour donner naissance à une nouvelle génération.

Tout le long de nos pérégrinations en forêt, un beau tyran huppé nous suivait.  Cet oiseau curieux aime les forêts de feuillus relativement clairsemées.  Il les égaie de son chant mélodieux.

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